L'été 2016, notamment le mois de juillet, restera dans l'Histoire pour sa triste météo... humaine. Ou quand il a été possible d'hésiter pour dire s'il pleut ou s'il pleure. Et on se souviendra qu'un mot normand existe pour nommer cette expérience sensible: la rippleure quand il pleut et fait soleil en même temps!

Résultat de recherche d'images pour    Résultat de recherche d'images pour  

Afficher l'image d'origine

image006

ci-après, nos amis de l'Office de documentation et d'information normandes nous ont fait parvenir leur dernier bulletin consacré à un panorama de l'actualité normande de ce mois de juillet 2016 pas comme les autres.


 

 

                                                 LE COURRIER MENSUEL DE L’O.D.I.N.

                        OFFICE DE DOCUMENTATION ET D’INFORMATION DE NORMANDIE

 

                                    ACTUALITES NORMANDES DU MOIS DE JUILLET 2016

 

                Commencé en apothéose pour la Normandie, le mois de juillet s’achève en tragédie.

                Les trois étapes du Tour de France dans la Manche ont connu un inoubliable succès populaire et les Normands, réputés pour leur réserve, se sont enthousiasmés, malgré un temps incertain : il n’était que de voir à la télévision ces foules joyeuses le long de nos routes agitant à qui mieux mieux des drapeaux normands. Jamais nous n’en vîmes autant. Une fois de plus la silhouette sacrée du Mont, avec son Saint Michel resplendissant d’or, a fait le tour de la planète par médias interposés. Ce sera l’une des visions les plus caractéristiques d’un Tour de France cycliste par ailleurs assez terne.

                Le drame de Saint – Etienne du Rouvray a soulevé une légitime émotion dans toute la Normandie. Normandie, terre de saints, terre de bienheureux, Tu comptes désormais un nouveau martyr de la foi en la personne du Père Jacques Hamel, exécuté cruellement en son église, à l’issue de l’office qu’il venait de célébrer.

                Evidemment, ces deux événements – le second surtout – éclipsent les autres actualités de ce mois d’été qui, cependant, ne sont pas à négliger.

                Le Mouvement Normand, par son communiqué n° 242 (semaine 31) a largement commenté l’odieux attentat de St Etienne du Rouvray : que nos lecteurs s’y réfèrent le cas échéant. De même, cette fois par le communiqué n° 241 (semaine 29), les six premiers mois de la nouvelle Normandie ont été largement étudiés et, notamment, la gestion et la gouvernance du nouvel exécutif régional conduit par Hervé Morin. Nous n’y reviendrons donc pas.

L’AVENIR DES PORTS DE LA BASSE SEINE

                C’est une nouvelle fois le dossier du moment, tant il est vrai que la dimension maritime est consubstantielle à la vocation et à la prospérité de la Normandie.

                Le Grand Port Maritime de Rouen affiche des records en matière d’exportation de céréales. En sera-t-il de même pour la prochaine campagne étant donnée la médiocrité de la récolte céréalière de cette année ? Le Grand Port Maritime du Havre se lance dans de grands travaux, notamment sur le Canal de Tancarville et tous les ports normands se félicitent de la décision du Conseil d’Etat qui a rejeté la requête d’Eurotunnel voulant remettre en cause les liaisons transmanche à partir de Dieppe, du Havre, de Caen – Ouistreham et de Cherbourg. Il n’y a, bien entendu, pas de concurrence déloyale et Eurotunnel a été débouté.

                Comme dans tous les ports français, on s’interroge sur la remise en cause de la fiscalité soi-disant avantageuse des établissements portuaires. La Commission de Bruxelles cherche la petite bête  et menace ainsi l’équilibre économique de nos ports.

                La grande affaire du mois en la matière est la publication du rapport parlementaire Revêt – Fourneyron.  Il en sera fait une analyse plus complète dans un prochain communiqué du Mouvement Normand : en attendant, nos lecteurs peuvent se référer aux commentaires de nos amis de l’Union pour la Région Normande et du « think –tank » nouvellement créé, le Centre d’Etude et de Prospective normand (C.E.P.N.)… Les 33 mesures préconisées par le rapport Revêt – Fourneyron se heurtent au problème fondamental d’un financement qui reste aléatoire, voire nébuleux, du fait de choix gouvernementaux contraires aux intérêts normands.

LA FILIERE EQUINE RESTE UN FLEURON DE LA NORMANDIE

                Alors que l’expertise équine normande s’exporte largement en Chine et en Egypte, l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort fait le choix de la Normandie où les activités cliniques liées au cheval sont transférées à Goustranville. Le CIRALE (Centre d’Imagerie et de Recherche sur les Affections Locomotrices Equines) y est déjà  installé depuis 1998. La Région va participer aux investissements qui vont se monter à trois millions d’euros.

                Le devenir de nos haras de Saint – Lô et du Pin continue à nous inquiéter. Au Pin, le problème de gouvernance n’est pas résolu. On parle de l’Aga Khan pour en prendre la présidence. Que va devenir Saint – Lô ? Les collectivités locales (Région, département, ville) sont prêtes à en prendre le contrôle, mais leur offre (un million d’euros) est jugée insuffisante.

                En attendant le monde équestre normand affiche une belle santé : l’hippodrome de Clairefontaine, à Deauville, obtient le label « Normandie qualité tourisme ». La vente des pur-sang dans la cité de Morny a battu des records et Argentan a organisé le championnat de France d’endurance équestre.

AU PLAN ECONOMIQUE ET SOCIAL, LA NORMANDIE SOUFFRE

                Sans être pessimistes, observons qu’en Normandie le chômage continue d’augmenter… plus que dans le reste de la France. Avec un P.I.B. de 26 946 euros par habitant, inférieur au P.I.B. français (27 600 euros), la Normandie se situe au 8ème rang (sur 12) des régions françaises. Ce P.I.B. est particulièrement stagnant pour la période 2008 – 2013. Des entreprises, pourtant solides, « dégraissent » : Dermophil Indien et Melisana, à Magny -  le Désert, Sanofi (Doliprane)  à Lisieux. Point qui mérite réflexion (lu dans La Manche Libre – 7 juillet), la Normandie serait la championne de la pression fiscale par salarié. La Normandie représenterait 5 % des impôts collectés en France alors que son poids économique, d’après le P.I.B., n’est que de 4,1 %. Chaque salarié normand paierait 2279 euros (contre 2082 euros ailleurs en moyenne nationale). Voilà un dossier qu’il faudra expertiser plus avant.

                Cela étant, des secteurs des évolutions contrastées : en matière touristique, l’âge d’or des casinos est révolu (Liberté – Dimanche, 10 juillet), le transport par autocar connaît une période florissante (cars Macrons), l’agriculture courbe l’échine : aucun progrès par rapport à l’an passé, notamment dans l’élevage, et la récolte s’annonce mauvaise.

                Aussi faut-il être attentif à des initiatives prometteuses : symbolique certes, mais le lancement de la production de bière par l’Abbaye de Saint – Wandrille, les efforts en matière de production cidrière de qualité sont autant de clins d’œil pour la promotion des produits enracinés (et cela passe par la reconstitution des vergers de pommiers et de poiriers, par exemple) et, surtout, par une attention particulière pour la recherche de la qualité. On annonce un peu vite la fin de la bataille du camembert, entre le camembert AOP de Normandie et celui « fabriqué en Normandie » (notre confrère de Ouest-France, Guillaume Le Du, nous paraît bien optimiste dans son article du 28 juillet : les industriels du lait ne vont pas capituler facilement devant les producteurs de camemberts AOP. Les premiers représentent 65 000 tonnes de fromages par an ; les seconds… 5 000 tonnes !). Sans oublier que les grands groupes rachètent les producteurs d’AOP : Lactalis a racheté Graindorge et les Maîtres Laitiers (capitaux en partie chinois !) prennent le contrôle de Gillot – Réault (camembert Réo).

EN VRAC… DE TOUT UN PEU !

                 Le Président Morin, comme il s’y était engagé, a démissionné de son mandat de député et, de ce fait, est à 100% patron de la Normandie.

                Une bonne nouvelle ferroviaire (cela arrive !) : la ligne Bréauté – Fécamp est en pleine rénovation. D’autre part, la Commission d’enquête a donné un avis favorable à la réalisation pour le fret du tronçon Serqueux – Gisors.

                Les bacs de Seine resteront gratuits bien que le Conseil départemental de l’Eure se défile pour en assurer sa part de financement.

                Cherbourg va devenir « la capitale des énergies marines » (cf. Le Marin), en organisant une importante manifestation de tous les professionnels de la filière. Les préfets ont donné leur feu vert pour les projets éoliens off – shore de Courseulles et de Fécamp. A l’inverse, on est dans l’incertitude concernant l’implantation d’une usine AREVA au Havre assemblant les éoliennes en mer.

                Nous terminerons ce panorama des actualités normandes de juillet 2016 par une attention toute particulière portée aux différentes manifestations d’esprit médiéval, avec troupes de reconstitution, à Bayeux, Crévecoeur, Jumièges, etc.  Liberté – Dimanche (du 17 juillet ) ne consacre – t- il pas une double page au phénomène à la mode sous le titre « Le Moyen – Age, l’avenir de la Normandie ? ». Il ne faudrait pas que ce ne fût qu’un feu de paille, un effet de mode… A suivre…

 

                                                                                              Guillaume LENOIR

                                                               Assisté d’Edwige LE FORESTIER et Geneviève FLAMENT

O.D.I.N.

37, rue de la République – 76940 La Mailleraye sur Seine