Difficile de tenir un agenda lorsqu'on le programme longtemps à l'avance car l'agenda conjoncturel sur lequel personne n'a, semble-t-il, prise vient trop souvent mettre en pièce l'agenda mis en place par les plus savants "rétro-plannings"! Cela fait 950 ans qu'on attendait de pouvoir fêter en Normandie l'année héroïque d'Hastings fondatrice d'une formidable aventure commune entre la Normandie et l'Angleterre qui durera jusqu'en 1204 voire bien après...

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Face à la menace lancinante du terrorisme dit de "proximité" et face à ce robinet de propagande salafiste déversé sur les smartphones de certains, on peut céder à la facilité d'annuler ces événements, ces festivités depuis longtemps prévues, pour "raisons de sécurité".

On constatera ainsi que la Grande Braderie de Lille chère à Martine Aubry a été annulée tandis que le rassemblement de vieux gréements de Brest cher au Ministre de la Défense de la Bretagne a, quant à lui, bien eu lieu.


  • Lire l'article de Paris Normandie ci-après:

http://www.paris-normandie.fr/region/apres-la-braderie-de-lille-et-plusieurs-feux-d-artifice-en-normandie-faut-il-annuler-les-rendez-vous-populaires-DD6500603?utm_source=Utilisateurs+du+site+LA+NEWS&utm_campaign=4f5f731df4-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_233027d23b-4f5f731df4-137315997

Après la braderie de Lille et plusieurs feux d’artifice en Normandie, faut-il annuler les rendez-vous populaires ?

Publié 05/08/2016 á 22H36

Menace. Faute de pouvoir garantir la sécurité de la foule face au risque d’attentat, des fêtes et manifestations populaires sont réduites, déplacées ou annulées, la plus emblématique étant la braderie de Lille qui a été rayée du calendrier 2016. À Fécamp, le parcours du corso fleuri a été raccourci.

À Saint-Jouin-Bruneval, à Seyne-sur-Mer (14) et à Villers-sur-Mer (14), les feux d’artifice ont été supprimés. À Yport, ce sont des concerts qui ont été déprogrammés, faute de présence des forces de l’ordre fortement sollicitées par ailleurs. Partout, l’exigence de sécurité est montée d’un cran.

Le parcours a été revu. « Il comportait trop d’intersections avec des rues adjacentes, où il aurait fallu placer des barrages et des équipes de sécurité. Nous avons donc cherché à en limiter le nombre en réduisant le trajet, qui partira cette année de la Mâture et non plus de l’hôtel de ville, pour s’achever devant le casino», expliquent les organisateurs du Corso fleuri prévu le dimanche 28 août à Fécamp, où plus de 12 000 personnes sont, comme chaque année, attendues. « Nous avons aussi prévu de demander aux spectateurs de venir si possible sans sac. Cela réduira le temps de passage aux points de contrôle, avec une file d’attente pour les gens munis d’un sac et une autre pour ceux qui n’en auront pas», ajoutent-ils, désireux de rendre les accès aussi fluides que possible, tout en garantissant le niveau de sécurité exigé, depuis l’attentat de Nice, par les pouvoirs publics.

Des procédures renforcées

L’élévation de ce niveau, ordonné dès le lendemain du carnage par une circulaire ministérielle et rappelé le 27 juillet dernier par le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, à l’issue d’un Conseil de défense et de sécurité, s’est immédiatement traduit par un renforcement des procédures et de l’examen préalable des dispositions prises pour la sécurisation des fêtes et manifestations populaires. Et si ce ne sont évidemment pas ces mesures, mais bien les menaces d’attentats qui doivent être mises en cause, elles sont directement à l’origine de reports, réductions, déménagements ou annulations de nombreux événements estivaux, tels la fête du jasmin de Grasse, la Prom’Party du 15 août à Nice, ou encore des feux d’artifice de Collioure, de La Baule et, dans la région, de Seyne-sur-Mer et de Villers-sur-Mer, deux communes du Calvados. Ainsi que de celui de Saint-Jouin-Bruneval ce soir, tant par respect pour les victimes de Nice et de Saint-Étienne-du-Rouvray que pour raison de sécurité (lire par ailleurs).

Évidemment, l’annulation de la braderie de Lille, où deux millions de personnes déambulent traditionnellement le premier week-end de septembre, constitue un marqueur fort de ce renforcement de la sécurité, qui touche également des manifestations de dimensions infiniment plus modestes (lire par ailleurs). Ainsi, la première partie des concerts programmés dimanche prochain sur l’esplanade du casino d’Yport a été annulée faute de disponibilité des forces de l’ordre, mobilisées ailleurs. En revanche, les récitals en soirée de Fred Blondin et des Forbans, ainsi que le feu d’artifice, pourront se dérouler sous surveillance policière et avec le renfort de militaires du dispositif Sentinelle. « La suppression des concerts de l’après-midi est une déception, mais nous ne pouvions bien sûr pas faire l’impasse sur la sécurité», souligne Audrey Watbot, qui précise qu’environ 3 000 personnes se pressent habituellement, « par beau temps», devant le casino d’Yport.

« Il est impossible de fixer une jauge, d’avancer un chiffre en deçà duquel un événement n’est pas considéré comme présentant un risque d’attentat: cela dépend de sa nature, de la configuration des lieux, de sa sensibilité... Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a d’ailleurs rappelé que la menace est globale et protéiforme, explique Yvan Cordier, secrétaire général de la préfecture de la Seine-Maritime. C’est pourquoi chaque situation doit être soigneusement étudiée, au cas par cas.»

Déjà dans une posture « de très grande vigilance» renforcée par l’instruction ministérielle du 17 juillet, qui rappelle que la sécurité est d’abord une attention partagée entre les organisateurs, le maire au regard de ses pouvoirs de police, les forces de l’ordre et le préfet du département, les autorités ont décidé d’accentuer et de formaliser davantage les réunions préparatoires aux manifestations publiques. C’est ainsi que jeudi, en sous-préfecture de Dieppe, furent étudiées les modalités d’accès au festival « Rock sur les galets », où sont attendues, lundi 15 août, plus de 5 000 personnes dans une enceinte similaire à celles des « fans zones » de l’Euro 2016.

« Aucune mesure d’interdiction à ce jour »

« On vérifiera la qualité du barriérage, les contrôles d’accès, les filtrages avec fouille des sacs. Nous n’hésiterons pas à mettre en œuvre les nouvelles mesures de police administrative prévues par la loi du 21juillet dernier, qui proroge l’état d’urgence et autorise les forces de l’ordre à pratiquer des contrôles d’identité et des fouilles de véhicules. Évidemment, nous en informerons l’autorité judiciaire qui était seule, avant la déclaration de l’état d’urgence, à avoir la possibilité d’autoriser de telles mesures», indique Yvan Cordier.

Outre le festival de rock, la sécurité des cérémonies de commémoration du raid du 19 août 1942, mais aussi celle du festival des cerfs-volants, début septembre, ont été étudiées lors de cette réunion à Dieppe. Aujourd’hui, le doute plane sur la tenue de ce rendez-vous international.

« À ce jour, aucune mesure d’interdiction n’a encore été prise pour un événement en Seine-Maritime, rassure toutefois Yvan Cordier. Mais évidemment, madame la préfète n’hésiterait pas à le faire si les conditions de sécurité lui paraissaient insuffisantes.»

Franck Boitelle

f.boitelle@presse-normande.com

Les fêtes religieuses aussi

Moins de deux semaines après l’assassinat sordide du père Jacques Hamel à Saint-Étienne-du-Rouvray, et après l’appel à visiter et à prier dans des églises, particulièrement le 15 août, lancé par l’archevêque de Rouen Dominique Lebrun lors des funérailles du prêtre, les édifices religieux font l’objet d’une surveillance accrue. Comme du reste tous les autres lieux de culte, quels qu’ils soient.
À Rouen, l’organisation de la procession traditionnelle des fêtes mariales, entre la cathédrale et la basilique Notre-Dame de Bonsecours, édifice dédié à la Vierge et dominant l’agglomération, fait cette année l’objet de mesures de sécurité renforcées.
Seul pèlerinage marial de Seine-Maritime, remontant au Moyen Âge, il devrait attirer cette année plusieurs centaines de fidèles, compte tenu des circonstances particulières et de la volonté des chrétiens de répondre à l’invitation de l’archevêque et de rendre une fois encore hommage au prêtre assassiné.

« C’est une question de décence »

Le traditionnel feu d’artifice de Saint-Jouin-Bruneval, entre LeHavre et Etretat, n’aura pas lieu. François Auber, le maire, a préféré l’annuler.
Pa. L.

Pourquoi Lille annule sa braderie 2016

«Nous avons vraiment tout fait pour, mais il y a des risques que nous n’arrivons pas à réduire. C’est une décision douloureuse», a expliqué hier la maire de Lille Martine Aubry, très émue au moment d’annoncer l’annulation de la Braderie de Lille qui devait avoir lieu les 3 et 4 septembre. Cette décision fait suite à d’autres du même type en France (feu d’artifice de La Baule du 15 août, meeting aérien de la Patrouille de France à Marseille le 13 août...).
L’élue socialiste a évoqué un «problème de responsabilité morale» en cas de maintien de la manifestation qui fait «toute la fierté d’une région», lors d’une conférence de presse au côté du préfet du Nord, Michel Lalande.
Bien que les conditions de sécurité aient été «revues à la hausse» avant même l’attentat de Nice du 14 juillet qui a fait 85 morts, la municipalité, en accord avec les services de l’État, a estimé que le risque était finalement trop important dans ce contexte d’état d’urgence. Les autorités avaient ainsi prévu de réduire le périmètre des exposants tout en augmentant la présence policière ou en interdisant encore toute présence de bonbonnes de gaz.
Mais en raison des «camionnettes qui entrent en permanence sur les lieux», du «fort volume de marchandises» et de la «présence massive d’un certain nombre de personnes dans un périmètre restreint», l’annulation «était la seule décision raisonnable».
«Faire la braderie avec des tireurs d’élite sur tous les toits, des CRS à chaque coin de rue et des hélicoptères et des drones qui tournent partout, pour moi ce n’est pas l’esprit de la braderie», a estimé Martine Aubry.
Cette décision «brutale» est «incompréhensible», a immédiatement critiqué le président de l’UMIH (Union des métiers et industries de l’hôtellerie) des Hauts de France, Thierry Grégoire. «Elle a été prise sans concertation des forces économiques. C’est un coup très dur, en termes économiques et en termes d’image renvoyée, notamment à l’étranger. Le risque zéro n’existe pas. La France est en état d’urgence depuis longtemps, un format nouveau de la braderie aurait pu être inventé pour cette édition.»

Comme on sait, la Normandie a été frappée en l'un de ses coeurs spirituels par ces nouveaux "barbares" le 17 juillet dernier à Saint Etienne du Rouvray et on pouvait craindre après un tel traumatisme collectiff une vague d'annulations d'événements festifs ou culturels en Normandie. Certes, quelques feux d'artifices ont été supprimés sur la côte mais M. Ollivier, DRAC de Normandie, rencontré à l'occasion d'un beau concert donné à l'abbaye de la Lucerne (Manche) par l'Ensemble vocal féminin normand "De Caelis" entremêlant musiques médiévales occidentales célébrant la tradition de l'amour courtois et musiques traditionnelles persanes du "Ghazal" célébrant la poésie et l'amour (tout un symbole...), semblait rassuré: en Normandie contrairement à d'autres régions, les annulations d'événements restent l'exception...

Dans ce contexte particulier, on ne pourra alors que saluer l'engagement et le courage 100% normand de Pierre Mouraret maire communiste de Dives sur Mer (Calvados) qui annonce le maintien des festivités du 950ème anniversaire de l'embarquement de Guillaume duc de Normandie et de ses hommes pour la conquête de l'Angleterre.

  • Voici, en intégralité ce message du Normand Pierre Mouraret:

"Après les odieux attentats de Nice et de St Etienne du Rouvray, la tentation est forte d’annuler les manifestations de l’été. Pourtant, avec les maires de Houlgate et de Cabourg, nous avons décidé de maintenir les fêtes du 950ème anniversaire du départ de Guillaume le Conquérant les 6, 7, 8 et 9 août et d’en assumer toutes les contraintes liées aux mesures de sécurité nécessaires.


"Maintenir cette fête, c’est vouloir continuer à vivre tout simplement, à vivre ensemble. C’est, en quelque sorte, un acte de résistance face aux barbares qui veulent nous diviser, briser notre pacte républicain, défaire notre société qui s’est construite au fil du temps dans la tolérance, la fraternité, la démocratie.


"Si nous voulons commémorer cet évènement historique, ce n’est pas pour valoriser la conquête guerrière, mais parce que cette histoire est notre histoire et comme l’a dit si bien Arcisse de Caumont, historien, membre fondateur de la société des antiquaires de Normandie en 1862, lors de l’inauguration de la plaque installée dans l’Eglise de Dives et où figurent les noms des compagnons de Guillaume : « Nous sommes de notre siècle, mais nous respectons le passé. Le passé, c’est l’échelle que les générations ont parcourue pour arriver où nous sommes et l’on ne sait pas assez combien il a fallu d’efforts pour obtenir le progrès dont nous jouissons aujourd’hui ». C’est ce progrès qu’il nous faut, ensemble, aujourd’hui, protéger.


"Pendant ces trois jours, à Cabourg, Dives, Houlgate, nous allons faire la fête, nous divertir et nous instruire. (Programme à consulter sur le site: guillaume2016.fr)


"Nous vous invitons à venir fêter, avec nous, cet évènement historique considérable, magnifiquement illustré par la célèbre tapisserie de Bayeux et qui a profondément marqué notre territoire. Vous y serez bien accueillis.

Chaleureusement,

Pierre MOURARET