A Epreville en Lieuvin, c'est la 5ème édition de la Fête de la Pomme qui met en valeur la culture et les traditions normandes. Mais cette année, cette fête de la Pomme est la première édition dans le cadre de la Normandie recouvrant son unité: la manifestation prend désormais une nouvelle dimension et une nouvelle signification plus forte, plus symbolique pour ne pas dire politique... Elle pourrait devenir la fête normande lançant la rentrée politique régionale normande: non sans intelligence, Hervé Morin a choisi d'y faire, une seconde fois, sa rentrée politique au point que la manifestation d'Epreville en Lieuvin, village situé dans le coeur renaissant de la Normandie, à équidistance entre Rouen et Caen, pourrait être considérée comme "l'université d'été" de la politique normande. En tout cas, c'est une suggestion que nous faisons...

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Hervé Morin, président de la Région Normandie et chef de chantiers

Publié 02/09/2016 á 21H50

Politique. Le président de la Région Normandie, Hervé Morin - par ailleurs président du Nouveau Centre -, fait sa rentrée aujourd’hui samedi 3 septembre à partir de 10 h 30 au Manoir de la Fortière à Epreville en Lieuvin (Eure), dans le cadre de la 5e fête de la pomme.

Dans cet entretien préalable, il appuie sur l’action régionale, répond aussi sur l’actualité nationale.

 

Quelle est l’actualité de votre rentrée?

Hervé Morin: « Elle est extrêmement dense. Durant ces six premiers mois, nous nous sommes attelés à faire bouger les choses, les lignes, à créer le mouvement, la dynamique. On l’a fait sur les trains, on l’a fait sur l’économie avec l’agence de développement Normandie (ADN), et un fonds de 100 M€ d’investissement dont on aura les premières concrétisations durant septembre. On l’a fait sur l’agriculture en débloquant 50 M€ d’aides à la modernisation pour les agriculteurs normands. On a relancé des grands programmes d’investissement ; on a ouvert des chantiers. Et ma volonté est de ne pas me faire étouffer par la lourdeur du système administratif. Non pas de la Région, mais du fait que partout il faut en permanence des interlocuteurs (État, Départements, agglomérations, métropoles...), et que tout cela est très lourd. Ma volonté est de continuer à mettre le maximum d’énergie dans une région dont la réorganisation administrative s’achève (nous serons la première en ce sens) ; dans une région qui a bâti l’architecture de ses instruments en matière économique, et qui par ailleurs a lancé toute une série de chantiers à partir d’une idée simple : la co-construction. C’est-à-dire construire avec les acteurs, avec une dynamique collective. Ainsi, on se trompe moins. »

« Pour que notre région se porte mieux »

Quels sont vos principaux chantiers, en matière économique notamment?

« Parmi les chantiers immédiats des toutes prochaines semaines, nous allons achever la négociation avec l’État sur les trains. Nous aurons le lancement du chantier fondamental de l’attractivité avec Philippe Augier, le maire de Deauville, fin septembre. Nous aurons un grand débat sur la région pour savoir qui nous sommes, quelles sont nos valeurs et comment on construit la marque territoriale. Comment on profite aussi de l’imaginaire de la Normandie pour bâtir une stratégie d’attractivité du territoire. Nous avons tant d’atouts, la Normandie doit avoir enfin le rayonnement qu’elle mérite. Nous présenterons à l’automne les nouvelles conditions de conclusion des appels d’offres pour faire en sorte de favoriser les entreprises régionales ; et qu’il n’y ait pas besoin de recourir - autant que possible - à des travailleurs détachés. J’espère, et je me suis beaucoup mobilisé cet été à ce sujet, que nos ports seront retenus pour accueillir la filière éolienne. Nous présenterons également un certain nombre de grands projets structurants : sur de grands équipements pour lesquels nous sommes en train de travailler, sur l’Axe Seine, sur la politique agricole... Autant d’énergie et de mouvement pour que notre région se porte mieux dans un contexte national sur lequel nous n’avons pas de prise. »

« Pas de mobilité obligatoire »

Quand présenterez-vous un premier bilan de l’action de votre agence de développement Normandie: l’ADN?

« Nous ferons une présentation bientôt des premières entreprises qui bénéficieront du soutien de l’agence, soit en capitaux propres, soit dans le cadre d’entreprises à qui nous apportons un coup de main au moment où elle pourrait basculer vers le tribunal de commerce, pour des questions de trésorerie, de perte d’un client majeur, de défaut de paiement d’un client... J’ai déjà des lettres d’entrepreneurs me disant : grâce à vous, à la rapidité de l’agence, on est encore en vie. »

Où en êtes-vous du nouvel organigramme de la Région, et des transferts de personnel entre Rouen et Caen?

« Les collaborateurs sont en train de déménager. J’ai voulu aller vite. Je pense qu’il n’y a pas plus inquiétant que de ne pas savoir ce qu’on va faire, ce qu’on va devenir. L’organigramme a été bâti ; chaque collaborateur a eu la possibilité soit de rester au poste qui était le sien, soit de demander à bouger. Il n’y a pas eu de mobilité obligatoire entre Caen et Rouen. En tout, une trentaine de collaborateurs passeront d’une ville à l’autre. Des services entiers ont déjà déménagé, un agent sur deux a changé d’affectation. À la fin de la semaine prochaine, le mouvement sera achevé. Les Normands sont en droit d’avoir une administration dotée d’une organisation rationnelle, sans qu’elle soit au détriment du personnel de la région. »

Que vous inspire la présentation météo de la Normandie jugée dévalorisante encore cet été? Sujet pour lequel vous avez été saisi.

« J’avais déjà abordé ce sujet durant la campagne électorale. Les chaînes de télévision reçoivent aujourd’hui de Météo France près de 50 points de références pour la Normandie. J’ai donc demandé aux patrons de chaînes de modifier la référence météorologique pour la Manche et de remplacer Cherbourg, qui est le lieu considéré comme le plus froid, par un autre point plus représentatif du climat de ce territoire. »

Les jeux Olympiques ont bien marché pour la filière équine normande. Quel bilan en tirez-vous?

« La filière équine, c’est une vraie filière d’aménagement du territoire. On a décidé de mettre le paquet. On a réussi en quatre mois à faire en sorte que Maison Alfort délocalise la totalité de sa filière de formation des vétérinaires à Dozulé en Normandie. Les labos seront là-bas. On continue à conforter la filière équine : sur le plan sportif, sur l’économie soutenant les principaux acteurs, l’excellence et la recherche. On bâtit une stratégie à dix ans ».

« Réduire le nombre de députés »

Vous n’êtes plus maire d’Épaignes. Vous n’êtes plus député... Un certain nombre de parlementaires prônent un retour du cumul des mandats. Qu’en pensez-vous?

« Ça n’a pas de sens. Peut-on penser un seul instant que la première décision d’une nouvelle majorité, ce serait : je vais d’abord m’occuper de moi avant de m’occuper de vous. Ce qui doit exister, c’est plutôt une réduction drastique du nombre de députés et de sénateurs : 300 députés, ça suffit largement ; 150 sénateurs, ça suffit largement. Voilà ce qu’on devrait avoir. »

Comment avez-vous appréhendé la rentrée scolaire au plan de la sécurité, sachant que vous avez les lycées en charge?

« C’est entre les mains de l’État. Je me suis beaucoup exprimé à ce sujet. Il faut aujourd’hui que l’État garantisse aux Français que tout est mis en œuvre contre le terrorisme. J’ai eu une conversation avec la Préfète à ce sujet. J’attends sa réponse. Je vais néanmoins signer une instruction au personnel de la région leur demandant de contribuer à l’effort de vigilance sur les signes de radicalisation auprès des chefs d’établissements des lycées.»

« Non au burkini »

Vous n’avez rien exprimé à propos du burkini. Quelle est votre position sur ce sujet?

« La question ne se résume pas à une question d’ordre public. Il s’agit de savoir, à travers cet acte de revendication politique, de radicalisation, si la République française peut accepter une posture qui abaisse les femmes. Je dis que non. Est-ce que la dignité de la femme commande ça ? »

Suite à l’attaque de François Fillon à l’adresse de Nicolas Sarkozy, vous avez parlé de «chant du cygne»?

« Je pense que l’électeur de droite et du centre, les Français qui rejettent profondément François Hollande, aspirent à autre chose que l’agression verbale comme celle de François Fillon. Il a été Premier ministre de Nicolas Sarkozy pendant cinq ans. Je ne l’ai jamais entendu un seul instant évoquer ces sujets-là. Quand certains ministres étaient en désaccord avec Nicolas Sarkozy en 2010, ils sont partis, comme moi. D’autres se sont accrochés, comme lui. L’agression verbale ne grandit pas le débat au sein de la majorité quand on est sur ce genre de coup. C’est le chant du cygne. Il tente son va-tout.»

Vous avez décidé de votre soutien pour la primaire au sein des Républicains?

« Ma décision est prise. J’apporterai mon soutien à un candidat vers le 15 octobre, avec mes amis. Je le ferai quand on aura la liste des candidats, et au moment où commenceront les débats. »

Propos recueillis par Marc BRAUN

m.braun@presse-normande.com

  • Lire aussi le compte-rendu proposé par Ginette Bléry pour Normandie XXL, présente à Epreville en Lieuvin: on lira avec intérêt ce qui est rapporté à propos de l'idée d'Hervé Morin d'approfondir la décentralisation régionale (en faisant référence à Michel Onfray...):

http://www.normandiexxl.com/article.php?id=1660

  • Voir, enfin, le reportage TV de FR3 (haute) Normandie:

http://france3-regions.francetvinfo.fr/haute-normandie/eure/la-rentree-politique-d-herve-morin-president-de-la-region-normandie-1077645.html


 

Commentaires de Florestan:

1° Hervé Morin, président de la région Normandie à 100% donne son entretien de rentrée à la vraie presse régionale normande (Paris Normandie et pas Ouest-France)

2° 2017 sera l'année de la refondation politique et identitaire de la Normandie avec la mission "attractivité et identité" commandée par le Conseil régional: nous avons bien l'intention de participer totalement à cette initiative pour porter une vision alternative, originale et authentique de l'identité régionale normande:

un existentialisme individualiste non identitaire qui tranche avec bonheur sur la banalité inquiétante d'un certain régionalisme communautariste et un patriotisme constitutionnel régional qui existe depuis 800 ans, véritable trésor de civilisation trop méconnu et qu'il faut, d'urgence, faire connaître à nos jeunes générations dans le cadre d'une politique publique régionale active et volontariste!

Nous proposons, par exemple, la distribution gratuite à tous les lycéens normands entrant en classe de seconde d'un manuel présentant la Normandie: son histoire, sa géographie passée et actuelle, son patrimoine culturel, sa civilisation et ses valeurs.

3° En conséquence: l'année 2017 doit être consacrée à un COMBAT CULTUREL NORMAND de LUTTE CONTRE LE DEFAITISME REGIONAL sciemment entretenu par certains entrepreneurs professionnels en défaitisme ( les Bretons de Ouest-France mais pas seulement...) et qui empoisonne en profondeur notre imaginaire collectif. 

La reconstruction d'un 'espace vécu normand' (Armand Frémont) a commencé.