On connaît ici même l'importance que revêt la question ferroviaire dans nos affaires normandes et le volontarisme de l'actuelle et nouvelle majorité régionale normande pour trouver enfin une solution pérenne à la dégradation presque continue du service public ferroviaire en Normandie: la Normandie (ainsi que d'autres régions, on pensera notamment à l'Auvergne) a un besoin urgent de matériels roulants neufs, locomotives et voitures...

Or, dans le même temps on apprend qu'une entreprise encore contrôlée à hauteur de 20% par l'Etat (via Bouygues qui a échangé avec l'Etat ses participations...) se permet des décisions qu'un vrai conseil d'administration peuplé de vrais administrateurs travaillant réellement pour l'intérêt de l'entreprise qu'ils administrent n'aurait jamais osé prendre: la direction d'Alstom a annoncé la fermeture de son site historique de Belfort, là où les locomotives indispensables aux Normands pourraient être fabriquées sans que l'Etat, qui ne semble pas savoir ce qu'être actionnaire veut dire, ne soit mis au courant...

Une nouvelle "macronnerie" ont dit certains! En attendant, c'est le train Hollande pour 2017 qui risque de dérailler. A moins que des solutions n'existent pour sauver durablement le site belfortain d'Alstom.

Le maire PCF de Dieppe et conseiller régional Sébastien Jumel vient de faire une suggestion pour le moins intéressante à Hervé MORIN, grand chef de la gare normande:

Le coup de patte des léopards normands au lion de Belfort?

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  • Lire la note suivante proposée par Ginette Bléry pour la feuille d'informations Normandie XXL:

http://www.normandiexxl.com/article.php?id=1682

Sébastien Jumel, Conseiller Régional communiste de Normandie, demande à Hervé Morin d’intervenir pour sauver Alstom « Au moment où 720 millions d’euros doivent être investis dans du matériel ferroviaire roulant à destination de la Normandie, notre Région ne saurait se désintéresser de la situation du site Alstom de Belfort » argumente t il.

Pour mémoire, on ne sait pas pour l’instant à qui la Région a prévu de confier le marché, comme nous l’écrivions récemment, puisque le projet technique est à l’étude à la SNCF qui mène une analyse sur le gabarit des nouveaux trains. Etant donné que la Région a choisi du haut de gamme on peut penser qu’il ne s’agit pas d’Alstom qui serait plutôt spécialisé sur fret. Mais ce point de vue n’engage que nous.

L’idée de Sébastien Jumel ne va pas manquer de rassembler un vaste public, elle semble de bon sens, elle est sympathique et généreuse, comme l’est souvent son approche des sujets. Mais elle oublie que nous sommes encore en Europe, qu’il y a des appels d’offres européens et que Bruxelles a son nez à mettre dans de tels choix.

Même en faisant l’impasse sur ce que certains prendront pour des arguties administrativo-politiques, une telle démarche, comme toujours, fait l’impasse sur la justesse des analyses des choix des chefs d’entreprises ; ce n’est pas de gaité de cœur, ni par caprice que l’on choisit de sacrifier le site d’une entreprise mais parce que les études montrent que les perspectives d’avenir sont obérées.

En 2015 la situation d’Alstom était déjà catastrophique et l’entreprise n’a poursuivi son activité qu’à cause des élections régionales…et l’Etat fait un gros mensonge en faisant semblant de découvrir les problèmes d’une entreprise dont il est actionnaire.

Comme le rappelle les Echos du 13 septembre : « Depuis deux ans qu’Akiem, filiale de location de la SNCF, pioche dans les catalogues de Bombardier, de Siemens et de Vossloh, les pouvoirs publics n’ont pas jugé opportun de siffler la fin de l’amour vache entre l’exploitant du TGV et son inventeur. L’Etat, présent au conseil d’Alstom, n’a pas non plus eu l’opportunité de confronter la liste des méga-contrats (Inde, Afrique du Sud, Dubaï) à celle des effectifs. Ceux-ci sont aux trois quarts en Europe, alors que 39% des commandes provenaient l’an dernier d’Asie-Pacifique (8% des collaborateurs). »

Le Gouvernement qui ne veut pas terminer son mandat sur un nouveau Florange va évidemment battre le rappel pour trouver des commandes, on évoque des TGV et des RER et si cela ne passe très bien dans les trésoreries des entreprises qui feront les commandes…pas de problème le contribuable est là.

A preuve, sort cet après-midi un nouveau projet où pour renflouer les caisses vides de  Agence de financement des infrastructures de transport de France, une nouvelle hausse de 1 à 2 centimes par litre de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) est envisagée. Les bas prix actuels du baril de pétrole permettront sans doute de faire passer la pilule. Si elle n’est pas encore confirmée cette taxe a été annoncée aujourd’hui par Alain Vidalies, secrétaire d’état aux transports, comme très probable.

Ce qu’il faut savoir c’est que si la Région est obligée de changer de fournisseur de train pour complaire au Gouvernement, cela remet en chantier les études et fait perdre au minimum un an. La promesse de 2020 d’Hervé Morin reculerait, laissant les usagers encore plus longtemps dans leurs désagréments quotidiens.


Ginette Bléry


 

Commentaire de Florestan:

Aux dernières nouvelles, le site belfortain d'Alstom pourrait fournir les locomotives spécialisées dans le fret: la pression politique de François Hollande en personne pourrait permettre de débloquer une situation qu'un certain Emmanuel Macron connaissait parfaitement tout en ne faisant rien. Gouverner c'est prévoir à ce qu'on dit!

Lire par ailleurs:

http://www.ville-rail-transports.com/content/23237-TER-L%E2%80%99exemple-allemand-peut-il-nous-inspirer