Ce qui fait la différence entre l'Histoire et la Mythologie c'est que les faits historiques sont têtus...

A l'heure où les élus socialistes des métropoles de Rennes et de Nantes envisagent une promotion touristique de toute la Haute-Bretagne élargie jusqu'au Mont Saint Michel, au moment où il faut élaborer une nouvelle gouvernance de la baie et du site du Mont Saint Michel car l'actuel syndicat  mixte, présidé d'ailleurs par Hervé Morin, doit être remplacé par une structure définitive (un établissement public national)...

Alors qu'on attend la publication du rapport sur l'avenir du Mont Saint Michel que doit remettre Mme Nicole Klein, la préfète de région Normandie et qu'une réunion des élus tant normands que bretons concernés par le Scot de la baie du Mont St Michel vient d'avoir lieu, il nous parait URGENT de rappeler quelques vérités historiques et géographiques sur les origines du Mont Saint Michel dont on dira, sans peine et sans aucun délire chauvin, qu'il est devenu ce monument insigne témoignant du génie national français comme de celui de l'Humanité toute entière parce qu'il fut d'abord une solide création normande dès 966 voire même avant...

EXPLICATIONS en SEPT grandes leçons historiques...

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Avant d'être normand, le Mont Saint Michel fut italien...

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Abbaye Saint Michel de la Cluse près de Turin...

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Sanctuaire de Saint Michel du Mont Gargan avec sa grotte...

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  • Leçon n° 1: Le cadre institutionnel de la fondation religieuse chrétienne du Mont Tombe devenant Mont dédié à l'archange St Michel sur le modèle italien du Mont Gargan en l'an 708 proposée par l'évêque d'Avranches Aubert est le cadre institutionnel... de la province ecclésiastique de Rouen (héritière de la Seconde Lyonnaise du Ve siècle) car le diocèse d'Avranches avec ceux de Coutances, Bayeux, Sées, Lisieux et Evreux sont tous et encore aujourd'hui suffragants de l'archidiocèse de Rouen. L'actuelle région apostolique de Rouen a été reconstituée en 2003 pour renouer avec la géohistoire millénaire issue de la Seconde Lyonnaise et l'archevêque de Rouen porte encore aujourd'hui le titre de Primat de Normandie pour les six diocèses normands (Avranches-Coutances, Bayeux-Lisieux, Sées, Evreux, Rouen, Le Havre)

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Les contours de l'ancienne province ecclésiastique de Rouen jusqu'en 1790 étaient ceux de l'antique Seconde Lyonnaise romaine (Ve siècle): c'est la matrice géo-historique séculaire de la Normandie de la période ducale jusqu'à aujourd'hui (2016). On remarquera que les frontières de l'ancien diocèse d'Avranches sont aussi celles de l'actuel département de la Manche: depuis 1500 ans, ça n'a donc pas bougé!

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Carte communale de la Normandie superposant l'ancien duché sur l'actuelle région administrative découpée en cinq départements: excepté le cas particulier du Perche occidental qui dépendait de l'ancien diocèse de Sées, la superposition est quasi parfaite: la stabilité géo-historique de la Normandie est donc d'une longévité et d'une légitimité exceptionnelles.

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Reliquaire du Chef de Saint Aubert (XIXe siècle) conservé dans la basilique Saint Gervais d'Avranches.

La commune du Mont St Michel se trouve encore aujourd'hui dans le diocèse d'Avranches-Coutances, actuel département de la Manche (1790) région de Normandie...

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  • Leçon n°2: à partir des années 840, suite aux menaces des invasions scandinaves, le roi carolingien Charles Le Chauve décide de réorganiser la défense des côtes de la Manche (Neustrie maritime) en privilégiant la défense du Val de Seine afin de protéger Paris: l'archevêque de Rouen devient le chef d'un "missaticum" en cumulant son pouvoir spirituel et pouvoir temporel (il devient aussi comte de Rouen) mais la contrepartie c'est que sa province ecclésiastique perd son unité: la défense du diocèse de Bayeux est confiée à une colonie militaire saxonne, le "Litus saxonicus" tandis que les diocèses de Coutances et d'Avranches sont confiés à la garde des Rois Bretons qui, effectivement, vont occuper militairement le Sud Ouest de l'actuel département de la Manche dans le cadre d'un "tractatus armoricanus" passé avec le souverain carolingien.
  • Leçon n°3:  Le raid scandinave contre Paris de 845 démontre que le système mis en place ne fonctionne pas tandis que dans le Nord du diocèse de Coutances officiellement occupé par les Bretons, s'installent, à partir de 860, des réfugiés norvégiens chassés d'Irlande: l'occupation bretonne d'Avranches et de Coutances n'est pas bien vécue puisque le clergé de ces diocèses préfère fuir non pas à Rennes ou Nantes mais à... ROUEN pour solliciter l'aide et l'appui de l'archevêque de ROUEN qui leur ouvre sa ville ainsi qu'aux clercs fuyant l'arrivée des Iro-norvégiens dans le Nord Cotentin mais aussi dans le diocèse de Bayeux.

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 Confirmation qu'il n'y a pas eu de présence scandinave dans l'Avranchin sous occupation militaire bretonne: insinuer que le site du Mont Saint Michel a été saccagé par un raid viking est totalement FAUX!

  • Leçon n°4: Les archéologues fouillant le Sud Manche ne cesse de le démontrer, il n'y a aucune trace d'attaques scandinaves violentes dans le secteur d'Avranches (pas de traces d'incendie, ni de trace de campement, pas d'armes etc...). La toponymie restée largement gallo-romaine dans l'Avranchin en témoigne: ça veut dire que l'occupation militaire bretonne de l'Avranchin a été, somme toute efficace, peut-être même un peu trop car si elle avait été clémente, le clergé d'Avranches n'aurait pas cherché refuge à... Rouen! (cf. travaux universitaires de l'archéologue médiéviste Jacques Le Maho université de Rouen).


Pendant cette période troublée, l'évêque de Dol tente de mettre la main sur Avranches tandis que celui du Mans tente de contrôler le diocèse de Sées.
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Rolf le Marcheur...

  • Leçon n°5: Dans les années 880, le proscrit norvégien Rollon arrive avec, environ 5000 danois chassés du Daneland anglais, dans le Val de Seine qui était déjà un centre de commerce maritime important avec de nombreux monastères qui possédaient des ports et des flottes de navires (d'où aussi l'idée de Charles le Chauve de privilégier la défense, déjà, de l'AXE SEINE): pour permettre l'établissement de ces hommes de guerre chassés d'Angleterre deux accords importants sont passés autour de l'année 890 l'un avec l'abbé de Jumièges et l'autre avec l'archevêque-comte de Rouen.

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Le but est simple:

Assurer la sécurité du Val de Seine, de la ville de Rouen qui est alors un grand camp de réfugiés: Rouen ne sera plus jamais pillée par les scandinaves. Et Rollon commence à s'intégrer à l'aristocratie franque puisqu'il va épouser Poppa la fille du comte de Bayeux

 

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Conséquence: l'archevêque de Rouen demande à Rollon et à ses guerriers de repartir à la reconquête de son ancienne province ecclésiastique qui va servir de cadre conceptuel et moral à la création du nouveau duché de Normandie.

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Le traité de St Clair sur Epte de 911 ne fait donc qu'entériner une situation et des accords antérieurs avec l'aristocratie neustrienne et le clergé de Rouen: c'est une officialisation. Rollon accepte d'être baptisé dans la cathédrale de Rouen (Robert 1er) et l'archevêque de Rouen lui remet le pouvoir comtal avec comme projet une véritable croisade de reconquête de la province ecclésiastique contre les autres scandinaves (les Iro-norvégiens installés à Bayeux et dans le Nord Cotentin) et contre les Bretons occupant Avranches et Coutances. (lire: "Rollon" de l'historien médiéviste Pierre Bouet, paru en 2015 chez Tallandier).

Rollon en fin politicien a compris qu'il ne fallait pas faire l'erreur de son allié Ragenold chef viking de la Loire installé à Nantes ou celles commises par ses frères d'armes en Angleterre et en Irlande: il faut s'intégrer au pays conquis, en épouser religion et coutumes pour s'en faire le maître.

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  • Leçon n°6: De 890 à 950, la reconquête de l'ancienne province ecclésiastique de Rouen est entièrement réalisée. En 933, le clergé d'Avranches et de Coutances rentre et retrouve ses églises qui sont immédiatement réparées sinon reconstruites.

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Etat probable du Mont Saint Michel en l'an Mil juste avant le début des grands travaux normands...

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La grande abbatiale normande au sommet de sa splendeur dans les miniatures du Livre des "Très riches heures" du duc de Berry (1390)

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Le Mont Saint Michel à la fin du XVIIe siècle (d'après un plan relief)

  • Leçon n°7:  En 966 pour solenniser la reconstruction de la province ecclésiastique de Rouen, à la demande de l'archevêque de Rouen et de l'évêque d'Avranches, les moines bénédictins venus de l'abbaye de Saint Wandrille Rançon reprennent en main l'ancienne collégiale canoniale Saint Michel pour en faire la puissante abbaye qui va créer le Mont Saint Michel tel que nous le connaissons aujourd'hui, avec, notamment le grand chantier de construction d'une très grande église neuve au sommet du rocher qui sera achevé dans la seconde moitié du XIe siècle.

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La communauté de l'abbaye bénédictione de Saint Wandrille-Rançon dans les boucles de la Seine, mère de l'abbaye du Mont Saint Michel, existe... toujours.


CONCLUSION:


La période bretonne de l'histoire du futur Mont Saint Michel commence dans les années 845 pour s'achever dans les années 930: c'est une période troublée marquée par une occupation militaire qui a fait fuir le clergé du diocèse d'Avranches à... Rouen

Les Bretons n'ont donc que très peu contribué à la mise en place architecturale du Mont St Michel tel qu'on le voit aujourd'hui: peut-être pourrait-on leur attribuer l'appareil cyclopéen du mur situé au fond de l'actuelle crypte de Notre Dame sous Terre dégagée dans les années 1960 par l'architecte en chef des MH Yves-Marie Froidevaux qui aurait été construit largement après 708 pour évoquer la grotte du Mont Gargan.

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Pour le reste, ce ne sont que conjectures fallacieuses au regard de l'histoire et de l'archéologie si bien que la seule contribution bretonne à l'histoire monumentale du Mont St Michel qui soit avérée et documentée c'est d'y avoir... mis le feu en 1204 à l'occasion du siège par l'armée du Roi de France Philippe Auguste lors de la conquête de la Normandie sur Jean Sans Terre: ému par ce forfait commis par ses mercenaires bretons, Philippe Auguste va réparer les dégâts sur les deniers de sa cassette personnelle en finançant l'extraordinaire bâtiment Nord dit de la "Merveille"...

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Mais ceci est le début de l'histoire française d'un Mont Saint Michel créé tel qu'il est par les Normands en 966 et fondé en 708 par un évêque d'Avranches qui reconnaissait le pouvoir spirituel de son archevêque de... Rouen.

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Avranches, à l'origine du Mont Saint Michel...

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