Faudrait-il appliquer en Normandie la saine devise de la ville de Paris? "Fluctuat nec mergitur": il flotte mais ne coule pas... Selon nos ami granvillais de l'association Strang Hugg, spécialisée dans les chants de marins de nos côtes normandes, la valorisation du patrimoine maritime normand a du plomb dans l'aile ou pour le dire autrement, il y a une voie d'eau sous la ligne de flottaison et un grand carénage en cale de radoub s'impose! Notamment à Granville où la maire n'a pas hésité à fermer le musée local consacré au patrimoine historique et maritime de Granville pour faire des économies en faisant fuir les touristes...

Mais s'il n'y avait que le cas de Granville! Car la valorisation institutionnelle du patrimoine maritime normand ressemble à ... ça:

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A savoir un demi-drakkar qui fait naufrage en voguant vers la Bretagne...

En effet, alors qu'il existe depuis des années une association normande des amateurs de patrimoine maritime normand du Couesnon à la Bresle, la région Basse Normandie sous la mandature de Laurent Beauvais avait cru bon créer à ce sujet une agence spécialisée bas-normande faute de pouvoir naviguer de conserve avec son mauvais coucheur de camarade haut-normand, un breton nommé Le Vern.

Avec la réunification normande c'était l'espoir d'y voir enfin plus clair avec la nouvelle majorité actuelle mais il y a tant à faire par ailleurs qu'il est manifeste que la valorisation du patrimoine maritime normand passe largement au second plan. Et pourtant il est urgent d'affirmer que la Normandie est l'autre grande région maritime française comme la Hollande est l'autre pays du fromage...


 

http://www.ouest-france.fr/normandie/granville-50400/granville-pour-strand-hugg-le-patrimoine-maritime-est-oublie-4555796

Granville. Pour Strand Hugg, le patrimoine maritime est oublié

Pour Pierre Hédouin, président de l'association Strand Hugg, Granville (Manche) délaisse son passé historique portuaire et côtier depuis des années. Il dresse un état des lieux alarmant.

Le Granvillais Pierre Hédouin, a la tête de l'association Strand Hugg, dont l'objectif est de restaurer le bateau du même nom et de préserver le patrimoine maritime, les exemples du manque d'intérêt de la Ville pour son passé historique portuaire et côtier sont nombreux : pas de musée ou conservatoire maritime, pas de valorisation des sites existants... 

« Rien ne bouge »

L’ancien canot de sauvetage jouerait les belles endormies dans un hangar à Longueville. « Cela fait 46 ans maintenant que l’on demande la réhabilitation de la cale sèche. À chaque municipalité, on rencontre les élus, mais rien ne bouge », rappelle le Granvillais. 

La remise en service de la cale de radoub pourrait permettre d'accueillir de grosses unités pour des travaux de carénage

La remise en service de la cale de radoub pourrait permettre d'accueillir de grosses unités pour des travaux de carénage | Archives OF

Perte du patrimoine maritime

Le 17 septembre, Pierre Hédouin faisait partie des nombreux curieux présents pour la visite guidée de l’ancien four à rougir les boulets et de son corps de garde, sur la pointe du Roc. « On ne parle des richesses maritimes et de l’architecture défensive que pour les grandes occasions, comme les Journées du patrimoine, regrette-t-il. Ça dure deux jours et c’est terminé. » 

« Granville est en train de perdre son patrimoine maritime », assure-t-il.


 

Et du côté de Fécamp, qu'en est-il?

http://france3-regions.francetvinfo.fr/haute-normandie/seine-maritime/fecamp/fecamp-espere-enfin-ouvrir-son-musee-des-pecheries-l-automne-2017-1036597.html

Fécamp espère enfin ouvrir son musée des Pêcheries à l’automne 2017

Quinze ans après le lancement du projet, les défenseurs de la mémoire des Terre-Neuvas de Fécamp reprennent espoir. Le chantier du futur Musée des Pêcheries repart, au bout du Grand-Quai. Il faudra patienter jusqu'à l'automne 2017 toutefois pour voir son ouverture... si tout va bien.

Prudence... prudence

Les travaux dont la facture est passée de 6,9 à 15 millions d’euros (financés par les collectivités publiques) ne devraient pas permettre une ouverture du musée des Pêcheries avant l’automne 2017.
“Nous sommes extrêmement prudents sur ce dossier”, commente Marie-Agnès Poussier-Winsback, maire (LR) de la ville, maître d’ouvrage.

Un retard énorme

L’idée de l’ancienne municipalité, sous la houlette de Patrick Jeanne, maire PS de 1998 à 2014, était de regrouper sur un même lieu ses deux musées municipaux : le musée des Terre-Neuvas et de la pêche (consacré depuis 1988 à la mémoire des marins qui pêchaient la morue dans les eaux de Terre-Neuve) et le musée des Arts et de l’Enfance, fermé au public depuis 2004.
La municipalité avait choisit alors de réhabiliter un bâtiment symbolique: l’usine des Pêcheries, installée sur le port, face à la mer, à l’angle du quai de l’Entrepôt. A l’origine, ce bâtiment était une sécherie de morue.
Construit en 1948, cet immeuble témoin de l’architecture industrielle du milieu du XXème siècle et de l’activité de l’ancienne capitale des Terre-Neuvas était inoccupé depuis 1995.
La cabinet Basalt Architecture, basé dans la région parisienne remporte le concours de maîtrise d’oeuvre du futur musée, installé sur 5.500 m2 de l’immeuble réhabilité et complété d’une extension, avec un belvédère à 360°. Ouverture annoncée : fin 2008. Public attendu : plus de 60.000 visiteurs par an.

Une succession de difficultés

Problèmes techniques, malfaçons, défaillances d’entreprises, contentieux, longueur des procédures d’un marché public… les retards et les soucis s'accumulent.
En février 2014, 2.000 visiteurs participent à deux journées Portes ouvertes, et à cette époque l'ouverture est affichée dans les dépliants touristiques. Mais “le bureau de contrôle avait déjà relevé des non conformités, avec trois points blocants liés à des raisons de sécurité”, accuse Marie-Agnès Poussier-Winsback qui, maire depuis 2014, a hérité du dossier.
Absence de protection contre le feu des poutres secondaires, dysfonctionnement du système de désenfumage, non conformité des issues de secours : les travaux ont nécessité une dernière rallonge de 300.000 euros.

Qui est responsable ?

Marie-Agnès Poussier-Winsback, alors dans l’opposition, avait prôné la rénovation du musée existant, “réservée sur la réhabilitation d’un lieu fragilisé par ses activités”. Aujourd’hui, elle se dit “pressée d’ouvrir”.
Ensuite seulement, dans un deuxième temps,“nous rechercherons les responsabilités”. Sébastien Loiseau, chef de projet chez Basalt, reste laconique, préférant s’inscrire dans “la dynamique de reprise actuelle”. Quant au président de l’association des Terre-Neuvas, Daniel Savoye, il déplore la fermeture de l’ancien musée, dès 2012, alors que le musée des Pêcheries n’était pas ouvert, et l’absence de "Terre-Neuvas" dans le nom du musée. L’association de près de 200 adhérents se bat pour "préserver leur mémoire" et a lancé, fin décembre, une souscription pour ériger une stèle, qui serait posée dans l’enceinte du futur musée. Elle a collecté 7.000 euros. 


 

Commentaire de Florestan:

Dans le cadre de la mission attractivité, il faudrait une agence dédiée à la promotion du très riche patrimoine maritime normand des doris aux paquebots de la CGT en passant par nos esnèques normands...

Il faudrait aussi une association des villes terreneuvas normande: Granville, Honfleur, Fécamp et Dieppe.

Et dire enfin à tous ceux qui se font du beurre avec la Normandie maritime qu'il n'y a pas qu'en soufflant dans des bombardes bretonnes que l'on faire humer l'air du large aux Normands: la Normandie est, bel et bien, l'autre grande région maritime française mais tout le monde s'en fout ou presque à commencer par la plupart des Normands... faute de le savoir assez!