Il nous est apparu intéressant de publier cet article proposé par Paris-Normandie à propos de la pratique encore trop peu connue (et encore sujette à caution chez quelques belles âmes qui se croient de "gauche") de la reconstitution historique spécialisée sur le XIe siècle normand: en Angleterre, elle se pratique de façon rigoureuse depuis des années et elle associée aux démarches scientifiques et universitaires de l'archéologie expérimentale.

En France, ces pratiques se multiplient et deviennent plus rigoureuses: la Normandie du fait de son monumental passé historique et de son immense héritage patrimonial pourrait se positionner comme LA région française du patrimoine historique... vivant selon les critères de "l'histoire publique", un concept qui a fait l'objet d'un colloque international au Mucem de Marseille en octobre 2015.


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Ce week-end, des passionnés font revivre l’histoire de la Normandie à Hastings

Publié 14/10/2016 á 22H48

Événement fondateur pour les Britanniques, épisode méconnu pour beaucoup (trop ?) de Français, la bataille d’Hastings fête ses 950 ans. D’importantes festivités sont organisées tout ce week-end de l’autre côté de la Manche, dont une reconstitution auxquels prendront part, entre autres, les Français de la Confrérie normande, emmenés par le Seinomarin Didier Vimond. Des dingues d’histoire tout autant animés par leurs rêves de gosses que par leur souci scrupuleux de réalisme. Ces derniers rejoueront la victoire de Guillaume le Conquérant, parti des côtes normandes à la conquête de la couronne d’Angleterre, en octobre 1066.

 

Du haut de la colline d’Hastings, ce week-end, plus de neuf siècles contempleront les combattants venus rejouer la célèbre bataille qui vit basculer le destin de l’Angleterre. Précieuse dans le cœur des Britanniques, elle l’est aussi dans celui de Didier Vimond, coordinateur de La Confrérie Normande, collectif d’associations (22 au total, issues de toute la France) réunissant des passionnés de reconstitution historique. Ou d’« histoire vivante», préfère Didier Vimond, qui aura troqué ce week-end son uniforme de gendarme - basé à Mont-Saint-Aignan, près de Rouen - contre celui d’un soldat de Guillaume le Conquérant.

Cette année marque les 950 ans de la célèbre bataille d’Hastings, qui s’est déroulée le 14 octobre 1066. L’anniversaire donne lieu, aujourd’hui et demain, à d’importantes festivités dans la petite ville du sud-est de l’Angleterre, où le site de la reconstitution affiche « sold-out » (complet).

« Une question d’odeurs, de sensations »

Comme chaque année, la commémoration de la victoire de Guillaume le Conquérant sur le Saxon Harold suscite une ferveur populaire incontestable outre-manche. « C’est là que commence l’Angleterre, résume Didier Vimond. Le public y est toujours très enthousiaste.» La Confrérie normande a embarqué 191 de ses membres pour participer aux combats (135 se mêleront aux troupes de Guillaume, les autres se joindront aux Saxons). Son coordinateur n’a pas manqué une seule édition depuis sa première fois, en 2000, alors vécue comme « un shoot d’adrénaline» par celui qui découvrait depuis peu le monde fascinant de la reconstitution historique.

Une fois dans la mêlée, « c’est une question d’odeurs, de sensations», raconte Didier Vimond. « Il y a les vibrations provoquées par les chevaux, les cris de guerre, le bruit du métal qui s’entrechoque... Il y a beaucoup d’échanges de regards, aussi.» Bien sûr, tout cela est scénarisé et obéit à des règles très strictes, selon une discipline toute britannique. Le « western style », qui implique de « frapper uniquement avec le plat de l’épée et à hauteur du torse», précise Didier Vimond. Un premier coup reçu oblige à se retirer dix secondes. Un deuxième signe votre trépas. Oui, admet le Seinomarin, il y a dans tout cela un côté « grand gamin », mais « c’est tout à fait assumé, cela nous fait du bien!» Cela n’empêche pas le souci du réalisme. À Hastings, chaque guerrier fera l’objet d’une inspection par des spécialistes, ce week-end, avant d’être autorisé à rejoindre le champ de bataille. Un simple détail vestimentaire non-certifié d’époque, et c’est la fin de l’aventure.

C’est avec cette même exigence que la Confrérie normande se consacre exclusivement à reproduire les us et coutumes du XIe siècle normand. Celui de Guillaume, donc, mais aussi « le plus prestigieux, celui où débute la féodalité», détaille Didier Vimond, qui veille à enrichir sans cesse ses connaissances. Et pas uniquement pour le plaisir de guerroyer : « Nous avons développé nos connaissances sur la cuisine de l’époque, et je me suis mis à la couture...» Au fil des quinze dernières années, la Confrérie normande a acquis une solide réputation en matière de pédagogie et de sérieux historique, qui la distingue du tout-venant de l’animation médiévale. Cela lui a valu de participer à quelques tournages cinématographiques, d’avoir animé avec succès la Fête des Jeux, cet été à Falaise, ou encore d’avoir contribué à la dernière édition de « Cathédrale de lumière », à Rouen, consacrée aux Vikings...

S’emparer de cette histoire en Normandie

« Nous avons rattrapé le niveau des Anglais, qui étaient très en avance sur le niveau des reconstitutions», explique Didier Vimond. Outre les multiples sollicitations dont sa confrérie fait l’objet, ce dernier nourrit aujourd’hui l’ambition de « recréer un grand festival autour de l’an mille en Normandie».

Or, si la bataille d’Hastings et ses festivités suscitent l’enthousiasme côté britannique, force est de constater qu’elle ne déchaîne pas les passions côté français. À l’heure de la réunification régionale, l’occasion est pourtant trop belle de s’emparer de cette histoire, lance Didier Vimond à l’attention des Normands en quête de racines glorieuses et communes. « Il faut un déclic chez nos décideurs», assure le meneur de la Confrérie normande. En particulier à Rouen, « qui était un grand port viking, le début du duché, la plaque tournante de la Normandie». Didier Vimond et ses combattants de l’histoire, en tout cas, se tiennent prêts.

Thomas Dubois

t.dubois@presse-normande.com

www.facebook.com/confrerie.normande


Commentaire de Florestan:

Après 50 années de division normande et après les 15 années de glaciation anti-normande de l'ère Le Vern, il y a un chantier immense à conduire!