Le 24 octobre 2016, a été signé avec tous les partenaires concernés le contrat créant une filière agroalimentaire normande intégrée se fixant des objectifs importants pour l'avenir de la Normandie vu le poids stratégique joué par cette filière dans l'économie régionale mais aussi l'image, la culture, l'identité normande.

L'Etoile de Normandie ne peut qu'approuver cette initiative mais nous émettrons une réserve sur un point essentiel:

S'agit-il seulement de renforcer vaille que vaille l'existant dans un contexte de concurrence mondiale exacerbée, d'instabilité des prix, mais aussi d'inquiétude grandissante des consommateurs et des citoyens sur la question alimentaire?

Ou

S'agit-il d'orienter avec volontarisme la filière agro-alimentaire normande vers un créneau qui va exister de plus en plus, à savoir celui du luxe alimentaire sur un marché désormais mondial en organisant la conversion progressive mais déterminée de l'agro-alimentaire normand du conventionnel peu qualitatif au biologique-local labellisé qui seul, demain, sera valorisable lorsque les consommateurs en France et en Europe seront une majorité à réclamer une alimentation saine, respectueuse de l'environnement, des sols, plantes, bêtes et êtres humains?

La démarche de constituer une filière intégrée est bonne, c'est une bonne politique d'intelligence économique qui pourra nous permettre de ne pas subir sans bouger les diktats de la grande distribution ou des grandes multinationales de ce secteur clef!

Mais puisque ce secteur agro-alimentaire, en raison de la mondialisation et de ses conséquences (par ex: la méga-fusion Monsanto- Bayer), en raison de l'accroissement de la population mondiale qu'il faut nourrir ainsi qu'en raison des conséquences à craindre du réchauffement climatique (la question écologique) sera LE secteur économique stratégique du XXIe siècle (au même titre que le secteur pétrolier le fut pour le XXe siècle), il aurait peut-être fallu plus de vision à long terme dans ce contrat de filière qui s'apparente plutôt à un règlement de co-propriété...

Il est donc urgent que la Région Normandie puisse faire les choix politiques indispensables pour donner une feuille de route claire à cette toute nouvelle filière agro-alimentaire normande: cap vers l'extrême qualité en tout avec les AOC et le "biocal" en fer de lance et  promotion du luxe alimentaire normand dans le monde entier.

L'Italie s'est lancée dans cette aventure exigeante il y a trois ans: le bio, l'authenticité locale et les labels à la suite du mouvement "slow food" lancé, comme son nom ne l'indique pas, par des Italiens désireux de résister au "fast food" et écoeurés par des pizzas avec n'importe quoi dessus...

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  • Lire ci-après, le communiqué officiel de la région:

 

 

Hervé Morin, Président de la Région Normandie, Daniel Genissel, Président de la CRAN, Bertrand Declomesnil, Président de l’AREA Normandie, Sébastien Windsor, Président de l’IRQUA, Jean-Luc Perrot, Directeur de Valorial, et Jean-Pierre Delaporte, Président de Nov&atech, ont signé aujourd’hui le contrat de filière Agroalimentaire / Agro-ressource au siège de la société Agrial à Caen.

Les partenaires de la filière (AREA-Normandie, la Chambre Régionale d’Agriculture, IRQUA-Normandie, VALORIAL et NOV&ATECH) en lien avec l’ADN et le soutien de la Région se sont entendus pour déterminer les 3 enjeux majeurs de ce secteur :

  • l’attractivité des métiers et du territoire,
  • la compétitivité des entreprises,
  • la génération de valeur ajoutée.

Huit défis à relever pour maintenir la filière en tête de l’économie régionale
Pour satisfaire ces enjeux, ils s’engagent sur l’emploi, la formation, l’innovation, la promotion/communication, le développement commercial, du défi vert et de la RSE et l’intelligence économique.
Dans le but de maintenir la filière agroalimentaire / agro-ressource en tête de l’économie régionale, et positionner favorablement les entreprises normandes, l’ensemble des acteurs, accompagnés par la Région Normandie, se sont fixés comme objectif de :

  • consolider et créer des emplois, développer les compétences et l’attractivité des métiers,
  • stimuler les investissements et l’innovation pour moderniser les filières et renforcer leur compétitivité,
  • développer la qualité des produits et des process (commentaire de Florestan: cela devrait être le 1er objectif)
  • accroitre la notoriété et la renommée de la filière et contribuer à l’attractivité du territoire grâce à une communication et une promotion renforcées,
  • développer les marchés dans tous les circuits de distribution, en France et à l’international,
  • mettre en place les outils de mutualisation logistique au service de la compétitivité des entreprises,
  • engager la filière dans une démarche vertueuse alliant économie circulaire et performance énergétique (commentaire de Florestan: et la conversion vers le "bio"?)
  • accompagner les entreprises dans leur stratégie d’intelligence économique et leur démarche d’influence.

L’atteinte de ces objectifs, inscrits au sein de la vision stratégique de la filière, nécessite la mobilisation des entreprises, associée au soutien conséquent des pouvoirs publics.

Un plan d’actions collectif pour rationnaliser l’organisation de la filière
Le contrat de filière Agro-ressource / Agroalimentaire doit permettre à la Normandie, financièrement notamment, de concrétiser l’ambition commune aux industriels et à la profession agricole pour ce secteur.
L’objectif de ce contrat est également de rationaliser l’organisation de la filière en proposant un plan d’action collectif mis en œuvre par des structures dont les missions sont clairement définies dans le cadre d’une gouvernance unifiée.

Ainsi, le contrat prévoit la création de deux pôles principaux à l’automne 2017 :

  • le pôle agroalimentaire, véritable guichet unique de l’IAA, s’appuiera sur le rapprochement des activités agroalimentaires AREA/IRQUA et CRAN.  Le sens donné à cette évolution permettra de monter encore en efficacité et, de fait, gagner en visibilité et en performance au bénéfice des entreprises agroalimentaires. Le bénéfice immédiat sera d'établir une meilleure logique dans les missions des uns et des autres, eu égard à leur légitimité d'action et leurs champs d’intervention,
  • le pôle agricole, lié aux secteurs alimentaires et non alimentaires, regroupant à la fois les activités "Proximité-circuits courts-filières qualité - Salon Agriculture- promotion terroirs et qualité » très liées à l'agriculture et à la nouvelle politique agricole de la Région, et les activités non alimentaires de NOVEATECH, et portant ainsi  l'intérêt  d'un sourcing agricole régional sur les filières alimentaires et non alimentaires (bio énergies, biomatériaux ou chimie verte). 

A ce titre, et pour manifester son soutien à la filière agro-ressources / agroalimentaire, la Région apporte un financement de 2 millions d’euros, auquel s’ajoute 800 000 € pour le soutien à l’export des entreprises de cette filière.

« Le contrat de filière que nous signons aujourd’hui est un contrat de confiance entre la Région, la filière agro-alimentaire et agro-ressources. Nous allons pouvoir booster l’agriculture normande grâce à un plan ambitieux co-construit avec l’ensemble de la filière » a déclaré Hervé Morin.

Quelques chiffres-clés :

  • 70 % du territoire normand est agricole,
  • Près de 100 000 emplois agroalimentaires de l’amont à l’aval,
  • La Normandie est la 2e région qui a perdu le moins de salariés dans le secteur agroalimentaire sur 10 ans (-1% contre -17% de moyenne nationale),
  • Près de 800 établissements de production agroalimentaire (dont 250 IAA).
  • 6ème région agroalimentaire française,
  • 4ème place à l’export sur les marchés alimentaires (grâce aux ports Normands),
  • 1ère région productrice de lin,
  • 1ère région productrice d’agro-carburants.

 

  • Voir aussi le compte-rendu proposé par Normandie XXL:

Contrat de filière Agroalimentaire / Agro-ressource ou la fête du Ventre normand

http://www.normandiexxl.com/article.php?id=1771

Dernière mise à jour 26/10/2016 J. L. Perrot, S. Windsor, D. Génissel, H. Morin, A. Degoulet

Collectivités. Le contrat de filière est une des pièces maitresses de l’architecture de la Région qui, pour sortir du saupoudrage des subventions aux entreprises, souhaite qu’elles s’organisent en filière, définissent une stratégie, se fixent des objectifs. Elles reçoivent alors une substantielle subvention pour 3 années, à ce terme un point sera fait. Suppression de la paperasserie, incitation à l’action et à l’investissement, tels sont les crédos du président Morin.

La première filière fut NormandieAerosEspace mais en ce cas le travail était fait et il s’agissait simplement de la reconnaissance d’une action existante, NAE a reçu 2 millions d’euros, auxquels s’ajoute 1 million pour l’export.

2A aux racines nourricières de la Normandie

Rassembler entre l’ex haute et l’ex basse Normandie ne va pas de soi, certaines filières peinent à se constituer car il existait déjà des embryons dans les anciennes régions et les égos s’égratignent… La première création à voir le jour concerne l’Agriculture et l’Agroalimentaire (2 A) elle tient au cœur du Président car « elle touche aux racines même de la Région. »

Il y a de bonnes raisons à s’intéresser aux 2A puisque 70 % du territoire normand sont agricoles et les activités agroalimentaires de l’amont à l’aval ne représentent pas moins de 100.000 emplois dans 800 établissements. Pourtant la région n’est que la 6e  région agroalimentaire française, il y a donc une belle marge de progression. Si elle occupe la 4e place à l’export sur les marchés alimentaires, c’est grâce aux ports Normands, avec les céréales qui représentent le 1er poste du trafic de Rouen.

C’est une filière économiquement saine dont les activités ont bien résisté à la crise puisque la Normandie est la 2e région qui a perdu le moins de salariés dans le secteur agroalimentaire sur 10 ans (-1% contre -17% de moyenne nationale). Les industries agroalimentaires normandes réalisent un chiffre d’affaires de 6.2 milliards d’euros, de quoi nourrir bien des bouches au sens propre comme au sens figuré.

Un rassemblement de poids

La signature du contrat de filière a eu lieu à Caen, au siège d’Agrial, l’un des tous premiers groupes coopératifs français en matière d’agriculture et d’agro-alimentaire que préside Arnaud Degoulet. Les deux structures qui pilotent le contrat sont l’AREA, l'association régionale des entreprises alimentaires de Normandie présidée par Bertrand Declomesnil pour la partie agroalimentaire et l’IRQUA, Institut Régional de la Qualité Agroalimentaire que préside Sébastien Windsor pour la partie agro-ressources. A la signature se sont joints Daniel Genissel, Président de la Chambre Régionale d’Agriculture, Jean-Luc Perrot, Directeur de Valorial, et Jean-Pierre Delaporte, Président de Nov&atech et bien entendu le président de la région, Hervé Morin.

Au programme l’attractivité des métiers et du territoire, la compétitivité des entreprises, la génération de valeur ajoutée. Pour aider les entreprises à mener leur action, une subvention de 2,1 millions d’euros auxquels s’ajoutent 800.000 euros pour les aides à l’export une dotation pour 3 années d’action.

J. L. Perrot, S. Windsor, D. Génissel, H. Morin, A. Degoulet

Huit défis à relever pour maintenir la filière en tête de l’économie régionale

Huit défis ont été annoncés mais surtout immédiatement sont nommées les entreprises qui sur le terrain se lancent dans la bagarre sur une cible donnée. La théorie entre tout de suite en phase de concrétisation.

1 - Consolider et créer des emplois, développer les compétences et l’attractivité des métiers ce sont Les Tripes Paillard qui passent à l’action

2 - Stimuler les investissements et l’innovation pour moderniser les filières et renforcer leur compétitivité. On rencontre sur ce créneau fort logiquement HPE Ingredients qui produit des ingrédients à base d’escargot pour la nutrition et la santé, l’entreprise a été récompensée au Sial qui vient de se terminer. Avec les mêmes objectifs Eco Technilin promeut l’utilisation du lin dans d’innombrables formes du textile.

3 - développer la qualité des produits et des process, c’est le challenge de l’entreprise Busnel avec ses produits cidricoles du Pommeau au Calvados sans oublier le cidre.

4 - Accroitre la notoriété et la renommée de la filière, autrement dit se charger de l’attractivité ce sera la mission de Sepoa Delgove et ses harengs et saumon fumés

5 - Développer les marchés dans tous les circuits de distribution, en France et à l’international, c’est ce que mettent à leur programme les beurres et crèmes d’Isigny Sainte Mère et aussi le Moulin d’Auguste qui livre des blés écrasés conventionnels aux artisans boulangers et aux GMS.

6 - Mettre en place les outils de mutualisation logistique au service de la compétitivité des entreprises, ce sera l’affaire de Tipiak

7 - Engager la filière dans une démarche vertueuse alliant économie circulaire et performance énergétique, au menu de la Biscuiterie de l’Abbaye on trouve le développement durable de même qu’au programme de Derivery producteur de peintures

8 – Il s’agit aussi d’accompagner les entreprises dans leur stratégie d’intelligence économique et leur démarche d’influence.

Bien sur ces grandes lignes sont à aller vérifier sur le terrain ce qui nous promet des reportages fort gustatifs.

« Le contrat de filière que nous signons aujourd’hui est un contrat de confiance entre la Région, la filière agro-alimentaire et agro-ressources. Nous allons pouvoir booster l’agriculture normande grâce à un plan ambitieux co-construit avec l’ensemble de la filière » a déclaré Hervé Morin.