Le 25 octobre 2016, Hervé Morin donnait pour le journal Paris-Normandie un entretien important dans lequel on en sait davantage sur notre avenir ferroviaire: le bout du tunnel sera pour 2019 ou 2020...


 

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Hervé Morin, président de la Normandie : « Nous gagnons la bataille du rail »

Interview. Les dernières études attendues de la SNCF sont arrivées sur le bureau du président de la Région Normandie. Hervé Morin le confirme : les quarante futurs trains qui assureront les liaisons Le Havre-Rouen-Paris et Cherbourg-Caen-Paris seront commandés le 23 novembre auprès de Bombardier.

Les trains commandés le 23 novembre seront des modèles Bombardier Omneo premium à deux étages (photo Bombardier)

Les trains commandés le 23 novembre seront des modèles Bombardier Omneo premium à deux étages (photo Bombardier)

La SNCF devait vous remettre des études sur les futurs trains normands le 10novembre. Vous avez déjà les conclusions. Quelles sont-elles?

Hervé Morin : « Le président de SNCF Réseau m’a appelé lundi soir pour m’assurer que les études dites d’entraxes montrent qu’il n’y a pas de points noirs qui pourraient nous empêcher de passer commande des nouveaux trains le 23 novembre, comme convenu. Ces études portaient sur des points très techniques. Par exemple : faire en sorte que, dans la complexité de la gare Saint-Lazare et parmi les dizaines de milliers d’hypothèses au milieu d’un trafic colossal, les trains puissent se croiser sans aucune difficulté car les futurs trains Bombardier sont un peu plus larges que les trains actuels. Nous avons besoin de trains à la fois rapides, de grandes capacités et destinés à des quais relativement courts, comme en gare de Rouen. Pas de grands travaux en perspective, juste des aménagements. »

Le budget sera-t-il respecté?

« La commande portera sur quarante trains Bombardier pour un budget de 720 millions d’euros. Nous sommes actuellement dans les dernières discussions budgétaires mais nous serons dans l’enveloppe. Bombardier a besoin de cette commande. Ce que l’on peut dire en tout cas, c’est que le 23 novembre, nous aurons gagné la première bataille du rail en Normandie avec du matériel neuf d’un niveau de confort équivalent à celui des TGV, avec un niveau de service à la hauteur de ce qu’on peut attendre au début du XXIe siècle. »

Qu’en est-il du wifi à bord des trains réclamé par les usagers?

« Je suis en discussion avec deux opérateurs de téléphonie mobile. J’ai vu récemment Patrick Drahi, le patron de SFR, et je verrai bientôt Stéphane Richard, le patron d’Orange. L’objectif est que nous ayons les installations nécessaires pour permettre d’avoir le wifi dans tous les trains et tout le long du trajet. »

« La gare d’Evreux doit être un facteur de dynamisation »

Plus de confort, cela ne veut pas dire pour autant des trains plus rapides et des trajets plus courts entre la Normandie et Paris.

« Dans un premier temps, ce qui compte pour les usagers, c’est le confort, la régularité et la fiabilité. Les nouveaux trains, qui pourront rouler à 200 km/h, permettront de gagner quelques minutes par leur capacité d’accélération. En accord avec Valérie Pécresse [présidente LR de la Région Ile-de-France, N.D.L.R.], il faut revoir le schéma des voies à Paris-Saint-Lazare qui est d’une incroyable complexité. Nous devons arriver à faciliter la sortie des trains de Saint-Lazare et cela nous conduira peu à peu à une sorte de « normandisation » des quais, d’abord mobile en 2017, puis fixe et définitive en 2018. Tout cela permettra de gagner du temps. »

Quels seront les effets provoqués par l’arrivée de ces trains?

« Le fait que nous ayons décidé d’être à la fois volontariste et ambitieux avec la prise en main de la gouvernance fait bouger tout le reste. Par exemple, 500 millions d’euros de travaux sont engagés sur les voies normandes. Sotteville-lès-Rouen va devenir le cœur du système. C’est à cet endroit que sera assurée la maintenance des trains. Ce qui va se traduire par une centaine d’emplois. En plus de Sotteville-lès-Rouen, il y aura deux ateliers secondaires pour la maintenance, à Caen et Granville. »

En ce qui concerne la future Ligne nouvelle Paris-Normandie, qu’en est-il de la future gare d’Evreux: où doit-elle se situer selon vous?

« Il y a plusieurs hypothèses. L’une d’elles, qui semble privilégiée, est que la future gare d’Evreux soit dans la campagne. Il n’en est pas question ! La gare doit être positionnée pour être un facteur de dynamisation et de développement de la ville. »

Quand verra-t-on les futurs trains normands?

« Les premiers arriveront en 2019. Nous proposerons aux municipalités qui le souhaitent de parrainer une rame (1). Actuellement, environ 7 000 personnes ont répondu à notre consultation sur le choix des sièges, les couleurs. Par ailleurs, nous avons demandé à Bombardier de faire en sorte que les entreprises normandes puissent avoir des retombées de la fabrication de ces trains, pas seulement pour les sièges mais aussi pour la métallurgie par exemple. »

propos recueillis par stéphane siret

s.siret@presse-normande.com

(1) - La communauté de l’agglomération havraise a déjà procédé de la même manière: chacune des dix-sept communes formant la Codah a son nom sur l’une des rames de tramway en service depuis 2012.