Vous remarquerez avec moi qu'un " Vikingland" cela manque de sérieux: ne pas prendre pour des glands justement ceux qui s'intéressent à la civilisation viking et scandinave avec sérieux!

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On connait la boutade de notre ami géographe François Gay, le doyen du collectif des 15 géographes universitaires: "les Vikings sont fatigués" pour déplorer le manque de fierté normande et l'abandon des ressources stratégiques normandes dans l'ombre envahissante de la région parisienne: concrètement, le Normand (sutout celui de l'ex Haute) ressemblait de plus en plus à un léopard crevé flottant dans la Seine, qui s'était noyé en tentant de nager vers l'amont, vers Paris. C'était le sous-entendu symbolique du logo de l'ex Haute Normandie. Maintenant, la Normandie est réunifiée n'en parlons plus! Parlons des Vikings donc. Parlons-en sérieusement surtout car les Vikings sont de retour et sérieusement.

Dans le cadre de l'actuelle démarche de la région Normandie pour créer une grande politique intégrée d'attractivité régionale mettant en valeur les potentiels normands, j'ai eu l'occasion de dire à Philippe Augier, le maire de Deauville et futur président de l'agence pour l'attractivité normande que la Normandie avait le potentiel d'être LA région française du patrimoine et de l'Histoire en développant des dispositifs encore innovants en France mais habituels dans les pays du Nord de l'Europe, à savoir ceux de "l'Histoire publique" (Public history) qui consiste à mettre le savoir scientifique et universitaire au service de projets à destination du grand public pour une vulgarisation de qualité: au point de départ des premières expériences d'histoire publique aux USA, au Canada, au Royaume-Uni, aux Pays Bas, ou au Danemark, des chantiers d'archéologie expérimentale pour une reconstitution concrète et précise d'une civilisation matérielle disparue mais ayant laissé des traces patrimoniales importantes pour notre identité culturelle.Afficher l'image d'origine

Le château de Guédélon (Bourgogne) créé ex nihilo dans le cadre d'un chantier de maçonnerie médiévale expérimentale: les porteurs du projet s'étant cassé le nez devant l'administration des Monuments Historique qui leur refusait de leur donner une ruine médiévale authentique à restaurer, ont donc été contraints de s'installer au milieu de nul part pour partir dans cette belle aventure d'histoire publique. (La France, étant toujours un pays d'ancien régime administratif...)

Dans cette perspective d'une démarche régionale normande d'histoire publique (qui pourrait être soutenue par la région Normandie) les compagnies de reconstitueurs vont devoir jouer le premier rôle en proposant des reconstitutions historiques scientifiquement vérifiées à partir du riche patrimoine historique normand (des Vikings à la Seconde Guerre Mondiale): pour dire les choses plus abruptement, le patrimoine historique normand est tellement important qu'il mérite mieux qu'un Puy du Fou!


 

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Évreux : qu’attendent les associations de reconstitution médiévale du parc de loisirs viking ?

Publié 01/11/2016 á 23H00

Loisirs. Le cabinet retenu pour mener l’étude de faisabilité d’un parc sur l’identité médiévale et viking près d’Évreux doit bientôt être désigné. Qu’attendent les associations de reconstitution normandes de ce projet ?

Jimmy Blin est impliqué dans la construction d’un parc en région parisienne (photo Heyoka LaSquaw)

 Pendant que le maire d’Évreux et président du Grand Évreux agglomération (GEA) planche sur le projet de parc de loisirs sur l’identité médiévale et viking de la Normandie et tente de réunir les millions d’euros nécessaires à sa construction - lire notre édition du 1er juillet -, les associations locales de reconstitution historique fourbissent déjà leurs armes, convaincues qu’elles ont un rôle à jouer dans ce vaste projet.

« Il faut cesser de véhiculer des clichés »

Daniel Bes est emballé par l’idée. Depuis vingt ans, l’Eurois installé à La Neuve-Lyre préside l’association Les Compagnons de Roland, une troupe d’archers du XIe siècle qui se veulent aussi potier, cordier, vitrier, musicien, calligraphe... Il «adhère mais met en garde. Attention à ne pas sombrer dans l’attraction et le n’importe quoi. Finissons-en avec les joutes brutales, les combats bidons, les grandes oreilles elfiques et les casques à cornes. Le Moyen Âge, c’est autre chose», rappelle-t-il.

Un sentiment que partage Aurélien Quinquempois. Ce trentenaire est impliqué dans plusieurs associations, dont Herkonungar, basée à Pavilly (76). Depuis trois ans, « Les Rois guerriers » s’attachent à présenter la vie à l’époque de l’arrivée des Vikings en Normandie. «Il faudra voir le parc est censé être ludique ou sérieux. Le mélange des deux n’est pas gênant. Un pôle attractif peut générer du tourisme. Mais il faut veiller à cesser de véhiculer des clichés sur les Vikings, présentés comme des gros barbares avec des peaux de bêtes. Des images dignes des vieux films hollywoodiens.»

Aurélien, alias Veland lorsqu’il enfile son costume médiéval, aimerait y trouver un «mini-archéosite avec un village où les reconstituteurs pourraient proposer des animations».

Évoquer les modes de vie culturels, vestimentaires, gastronomiques, les manières de combattre, l’art de la guerre et des sièges, la création des villes, des écoles, les échanges culturels après les invasions vikings, reconstituer l’habitat viking et normand... Autant de sujets qui, selon Daniel Bes, mériteraient d’être évoqués mais en sortant des «discours universitaires ou historiques». Le géophysicien à la retraite prône l’explication par la démonstration. L’histoire vivante en somme ! «De nombreuses associations en France ont déjà cette pratique et ce concept du Moyen Âge. Des acteurs tout trouvés pour un tel site», estime-t-il.

Jimmy Blin en est le parfait exemple. Ce professeur d’espagnol âgé de 25 ans préside depuis trois ans l’association Vegvisir, basée à Rouen. Son but est de «reconstituer le plus fidèlement possible, à partir de sources, ce que pouvait être la vie des Scandinaves au Xesiècle», explique-t-il. Il est également trésorier national de la Fédération française médiévale. À ce titre, il s’est retrouvé impliqué dans la réflexion autour de la création d’un projet de parc médiéval en région parisienne. Parc dédié, contrairement au projet ébroïcien, à la fin du Moyen Âge et au début de la Renaissance.

« Le bon dosage »

«J’apporte une aide sur le plan historique, sur la cohérence d’ensemble à avoir par rapport à la période définie, ainsi que des contacts», précise cet habitant de Louviers. Jimmy Blin sait qu’il est possible d’allier «authenticité historique» et spectacles «impressionnants. À condition de se faire conseiller, que ce soit par des associations ou des professionnels de la reconstitution et pas uniquement par des promoteurs qui ne voient que l’aspect mercantile. Cette aide permet d’éviter les écueils et de trouver le bon dosage entre vulgarisation et approche universitaire. Ces deux aspects ont leur place à partir du moment où ils ne sont pas mélangés.»

La Normandie, terre des hommes du Nord, foisonne de reconstituteurs amateurs ou professionnels dont la «plus-value» est de «bien connaître le territoire et l’histoire des hommes qui l’ont construit», estiment-ils.

C. R.

« Le but n’est pas de faire venir Mickey »

Le nom du cabinet retenu par le Grand Évreux agglomération pour réaliser l’étude de faisabilité ne devrait pas tarder à être dévoilé.
Les postulants avaient jusqu’au 19 septembre pour répondre à l’avis d’appel public à la concurrence mis en ligne le 4 août. «Nous avons reçu plusieurs candidatures intéressantes, dont quelques-unes émanant de cabinets sérieux qui ont de bonnes références. L’analyse de ces candidatures se termine», déclare-t-on dans l’entourage de Guy Lefrand.
Le coût de cette étude, validée lors du conseil d’agglomération du 29 juin, est de 150 000 €. Elle est financée par la Région Normandie, via le Fonds régional d’aide au conseil et à l’ingénierie touristique (Fracit), à hauteur de 20 000 €, et par l’Europe, à travers le Fonds européen de développement économique et régional (Feder), pour 60 000 €. Le reste de l’enveloppe, 70 000 €, est pris en charge par le GEA.
Le projet consiste à construire un parc de loisirs d’une superficie d’environ 40 ha à l’ouest d’Évreux, à Gauville-
la-Campagne
, sur le secteur de La Roque.
150 employés
et 300
000 visiteurs
Guy Lefrand imagine quelque chose de «sérieux et de travaillé. Mon but n’est pas de faire venir Mickey à Évreux. Il y aura une partie davantage tournée vers la détente mais cela va servir à parler du patrimoine», expliquait-il dans nos colonnes, cet été (Liberté Dimanche du 17 juillet). Y seraient ainsi déclinées des animations et spectacles autour de la fin de l’empire romain, la création de la Normandie, les échanges culturels et économiques par les Vikings...
Ce parc de loisirs devrait permettre d’employer 150 personnes et pourrait accueillir 300 000 visiteurs. Reste à trouver les financements. Et là, ce n’est pas gagné. La réalisation d’un projet d’une telle ampleur est estimée à 60 M€, dont la moitié devant être financée par des fonds publics.