La question en 2016 est la même posée par Louis XV en 1763 lorsqu'après le traité de Paris et la défaite française lors de la Guerre de Sept ans perdue contre l'Angleterre, il se posait la question de la disparition de notre marine tout en se consolant de la retrouver dans les "marines" peintes par Joseph Vernet.

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Le port de Marseille en 1753.

Les navires français naviguant encore sous le pavillon national ne seraient plus que 300 en 2016 alors que la France possède le second domaine maritime et océanique mondial et que le port du Havre associé à Haropa est encore le 4ème ensemble portuaire européen pour le trafic des marchandises (Marseille étant le premier port français pour les hydrocarbures).

Alors, faute d'avoir une politique maritime continue et des traditions maritimes suffisamment reconnues à Paris où malgré la présence d'une "nef" qui ne coule pas sur un blason, on n'a jamais vu un navire de haute mer appareiller pour des horizons lointains, y aura-t-il encore une économie maritime en France digne de ce nom au XXIe siècle?

Disons-le les choses abruptement:

Plus on fait des colloques et des discours sur une réalité plus on peut se dire que cette réalité n'existe pas assez ou, hélas, n'existe plus...

Pendant que Manuel Valls palabrait ainsi à Marseille, on ne pouvait pas s'empêcher de penser que d'ici une dizaine d'années si le mépris parisien pour l'économie maritime française continuait sur son actuelle lancée, le premier grand port maritime français pourrait être... un port municipal belge.

Nous l'avons déjà dit et nous le redisons:

Le plus beau cadeau que l'on pourrait faire aux Havrais à l'occasion du 500ème anniversaire de la fondation de leur ville et port par le roi de France François 1er, serait la municipalisation du Grand Port Maritime du Havre et le transfert définitif en Normandie de la direction stratégique commerciale du GIE Haropa car ce n'est pas à un hinterland fut-il grand parisien de piloter à la marge un grand port maritime: c'est l'inverse que l'on observe partout ailleurs dans le Monde.

Certaines exceptions françaises sont donc suicidaires...


 

http://www.lantenne.com/La-competitivite-des-ports-francais-et-du-pavillon-reaffirmee-par-Manuel-Valls_a34063.html

La compétitivité des ports français et du pavillon réaffirmée par Manuel Valls

Amélioration de la compétitivité des ports français et du pavillon national, emploi, sûreté et sécurité maritimes... C'est en tirant les conclusions du Comité interministériel de la mer 2015 de Boulogne-sur-Mer et avec, dans ses bagages, les mesures contenues dans la loi Arnaud Leroy sur l'économie bleue que le Premier ministre, Manuel Valls, est venu présider vendredi 4 novembre à Marseille le Cimer 2016.


Le Premier ministre, Manuel Valls, est venu présider vendredi 4 novembre à Marseille le Cimer 2016 © Vincent Calabrèse
Le Premier ministre, Manuel Valls, est venu présider vendredi 4 novembre à Marseille le Cimer 2016 © Vincent Calabrèse
Après s'être tenu en 2015 dans un port du Nord de la France, à Boulogne-sur-Mer, le Comité interministériel de la mer (Cimer) s'est empreint cette année de couleurs méditerranéennes en se déroulant vendredi 4 novembre à Marseille, conformément aux souhaits formulés par Manuel Valls, lors de sa dernière visite dans la Cité phocéenne.
Après avoir indiqué que le port de Marseille-Fos est "la porte du Sud de l'Europe", qu'il vit depuis cinq ans au rythme d'une croissance annuelle de 4,5 % en subissant moins de mouvements de grèves que le port d'Anvers, le Premier ministre est entré dans le vif du sujet en annonçant des mesures s'inscrivant dans le cadre de la loi Arnaud Leroy sur l'économie bleue.

Exonération fiscale pour les ports

Rappelant que "50 % des marchandises françaises transitent encore par les ports étrangers", il a réaffirmé la volonté du gouvernement de "renforcer la compétitivité des ports français". Il s'est engagé à "maintenir une exonération fiscale" en faveur des ports nationaux.

"Nous encourageons les initiatives pour améliorer les EMR"


Abordant la desserte ferroviaire des ports, il a indiqué que "le dossier de la ligne Serqueux-Gisors serait déclaré d'utilité publique en 2017".
Autre mesure sur laquelle le gouvernement de Manuel Valls s'engage, le déblocage de 40 millions d'euros dans le cadre de l'appel à projets concernant les "ports à énergie positive". L'objectif est de "renforcer le contrôle des gaz à effets de serre (GES)", a-t-il précisé.
Sur le thème du renouvellement de la flotte, il a souligné que "l'appel à projets concernant le navire du futur sera renouvelé en 2017".
Quelques heures après avoir rencontré dans la Cité phocéenne quelques armateurs nationaux ainsi que les représentants du Cluster maritime français (CMF), il a expliqué que, sur le millier de navires opérés par des compagnies tricolores, 300 battent aujourd'hui pavillon national. Sujet sur lequel il estime que le pays, "placé au 30e rang mondial, revient de très loin". En d'autres termes, il a déjà réalisé beaucoup de progrès. Il dit continuer à croire aujourd'hui au "made in France" grâce à "ses atouts". Il a évoqué la "bonne réputation de notre pavillon et les talents reconnus de nos gens de mer".
Quant au dossier du sauvetage en mer, il a affirmé qu'il sera déclaré "grande cause nationale en 2017".
À propos des énergies marines renouvelables, Manuel Valls a déclaré : "Nous encourageons les initiatives pour améliorer les EMR. Car la France, sur ce sujet, devait rattraper son retard".
"Si nous sommes une grande nation, c'est parce que nous avons une ambition maritime. Je porte aujourd'hui cette ambition que nous allons réaffirmer la semaine prochaine lors des Assises de l'économie de la mer qui se tiennent à La Rochelle", a déclaré le Premier ministre. Et de se faire le porte-parole des armateurs entendus quelques heures avant, en lançant : il faut savoir tenir bon la barre !"

© Vincent Calabrèse
© Vincent Calabrèse
Dragage : prise en charge par l'État

Sur le dossier de la réforme de la loi de 1992, le secrétaire d'État aux Transports, Alain Vidalies, a déclaré, pour sa part : "Des négociations sont compliquées, elles sont encore en cours. Nous souhaitons qu'elles aboutissent. J'espère qu'elles seront conclusives dans les prochaines semaines".
Quant aux frais de dragage pour les ports français, ils devraient s'alléger dans les prochaines années. Alain Vidalies a expliqué que "d'un coût de 96,5 millions d'euros par an, 59 % de cette somme est prise en charge par les établissements portuaires". Ces frais devraient être assumés dès 2017 à 100 % par l'État. Une mesure qui contribuera à alléger les frais d'exploitation auxquels doivent faire face les ports.

Vincent Calabrèse

Vendredi 4 Novembre 2016