Parmi les critères essentiels d'une souveraineté régionale à restaurer, il y a la préparation de l'avenir dans les laboratoires et les salles des campus universitaires. Depuis plus de quarante années, la Normandie grande région industrielle a été décapitée: la proximité de la mégalopole parisienne a failli nous anéantir définitivement entre les années 1960 et aujourd'hui en nous réduisant à une zone de services utiles au fonctionnement de la région parisienne qui concentre les emplois de direction, de création et de commandement au point qu'aujourd'hui encore, un emploi sur deux dans l'industrie normande dépend d'un donneur d'ordres extérieur à notre région.

Reconstruire une souveraineté régionale normande à deux pas de la mégalopole parisienne qui a littéralement asséché notre région dans la division et la subordination pendant plus de 40 années en transformant, l'une des provinces les plus opulentes de France en angle mort sous prétexte de la reconstruire après l'urbicide tragique de 1944 est un pari.

C'est le pari normand à côté d'un Grand Paris qui est tellement complexe qu'il ne devrait penser qu'à lui-même: c'est notre chance.

Que Paris, trop occupé par lui-même avec un Etat central n'ayant plus les moyens financiers de mettre le nez dans nos affaires, nous fiche enfin la paix!

Ainsi si le but final de la COMUE Normandie universités est de préparer sa future fusion avec la COMUE universitaire de l'Ouest parisien alors tous les prophètes de malheur qui affirment encore que le pari normand ne saurait être gagné faute de "ressources spatiales suffisantes" pour parler comme le géographe Jacques Lévy auront alors hélas raison.

Nous n'avons pas beaucoup de temps: 2016 /2030 en quelque sorte...

Le temps de démontrer la pertinence de l'évidence normande, le temps d'une seconde reconstruction régionale après la première reconstruction des années 1950/1970 qui fut surtout une modernisation brutale au nom d'un intérêt national confondu avec l'intérêt grand parisien qui devait, par exemple, rayer de la carte de France la ville de Rouen en temps que métropole régionale!

La réunification de la Normandie enfin décidée en 2016 après qu'un président de la République Française d'origine rouennaise l'ait imposée à un grand baron socialiste qui n'en voulait pas, est une divine surprise: ce n'était pas le "choix du passé" comme aura pu le dire stupidement le "munichois" Alain Le Vern mais plutôt un pari pour l'avenir pour faire revenir un avenir normand de la Normandie en Normandie:

Car charité ordonné commence par soi-même et parce que l'on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même: ne laissons plus le soin à quelques haut-fonctionnaires depuis leurs bureaux de la rive gauche de Paris de décider de notre avenir!

Que les grands schémas directeurs ou stratégiques de Paul Delouvrier à Antoine Grumbach jusqu'au dernier avatar pensé sous la casquette du préfet Philizot ne voient jamais le jour !

Mais qu'en revanche, l'action régionale prenne enfin le relais du côté normand pour que l'idéal de décentralisation autrefois porté par les "datariens" ait un début de commencement de réalisation.


 

C'est ainsi que le technopôle du Madrillet dans l'agglomération de la métropole de Rouen (rive gauche), ambitionne, à terme, de rassembler sur un même site les principaux acteurs de la recherche-développement industrielle française:

http://france3-regions.francetvinfo.fr/haute-normandie/seine-maritime/metropole-rouen-normandie/rouen/seine-maritime-cesi-rouen-va-rejoindre-technopole-du-madrillet-saint-etienne-du-rouvray-1123273.html

Seine-Maritime : le CESI de Rouen va rejoindre le technopôle du Madrillet à Saint-Etienne du Rouvray

L'école d'ingénieurs va quitter Mont-Saint-Aignan à la rentrée 2019 et travailler en synergie avec les autres grandes écoles afin de constituer un site pilote de niveau international

Une des réalisations de Fablab du CESI de Rouen dans le domaine de la fabrication addictive © Richard PLUMET / France 3

Un projet ambitieux

Créé à la fin des années cinquante, pour former des ingénieurs (et permettre de faire évoluer des techniciens à d'autres postes) le Centre Etudes Supérieures Industrielles (CESI) a une solide expérience dans le domaine de la formation et de la connaissance et des besoins des entreprises. Deuxième plus grand site français (sur 25 établissements), le CESI de Rouen est implanté depuis 30 ans à Mont-Saint-Aignan, en bordure du parc d'activité de la Vatine, tout au nord de l'agglomération rouennaise.

Ce 4 novembre, le CESI a annoncé son déménagement vers le site du Madrillet, au sud de l'agglo de Rouen, à la rentrée 2019. Trois architectes sont sollicités pour un imaginer et  proposer un projet d'école d'un nouveau type. Il s'agit de regrouper les trois bâtiments actuels en un seul  sur une surface de 10.000 m2.
Coût de l'opération : 28 millions d'euros.

Préparer l'avenir

Le projet du CESI, avec cette implantation au Madrillet, est d'imaginer et de concevoir, à la fois les métiers du futur, l'usine de demain et une nouvelle manière d'enseigner.
Un projet pilote soutenu au niveau national pour faire de ce futur centre du CESI, un démonstrateur "usine du futur" qui aura pour objectif de préparer les étudiants, apprentis et stagiaires aux métiers de demain : métiers liés à la performance industrielle (production, maintenance, cycle de vie), au bâtiment (BIM, performance énergétique) ainsi qu'à l'exploitation et l'analyse de données (big data, objets connectés…)

Autre ambition du futur CESI de Rouen en 2019 : être un vecteur de transition et de transformation vers l'industrie et les services du futur : numérique, fabrication addictive (impression 3D) réalité virtuelle et augmentée, sobriété énergétique.

VIDEO : Vincent Cohas, directeur général du CESI (France) explique les enjeux et la nécessité d'imaginer l'usine du futur, après la révolution numérique, et l'actuelle mutation de l'industrie française.

Ce déménagement correspond à une volonté politique de densification de l'enseignement supérieur afin d'attirer des étudiants et de mettre en place une synergie entre toutes les écoles déjà présentes comme l'INSA ou l'ESIGELEC, mais aussi l'UFR de Sciences et les labos et entreprises de ce technopôle.

VIDEO : Christine Dispa, directrice régionale du CESI Nord-Ouest résume les raisons de l'arrivée, en 2019, du CESI au Madrillet et donc du rapprochement avec les autres grandes écoles d'ingénieurs comme l'ESIGELEC et l'INSA.


 

Commentaire de Florestan:

Le renforcement du plateau rouennais en matière de recherche dévéloppement industrielle et technologique est un enjeu normand essentiel: reconstruire la souveraineté régionale normande dans les fonctions supérieures de commandement, de création et de recherche.

Enjeu essentiel pour Rouen notre métropole normande qui revient de très loin lorsqu'en 1965 Delouvrier ou Grumbach en 2009, encore! voulaient ne faire de l'ancienne seconde ville de France qu'une banlieue industrialo portuaire du Grand Paris!

La réunification de la Normandie est donc un pari face au Grand Paris et notre chance c'est que le Grand Paris soit trop occupé par ses propres problèmes pour avoir le temps et la curiosité de s'intéresser à notre sort: ils devraient donc nous foutre la paix pendant quelques temps...

C'est pourquoi nous avons donc le devoir urgent de nous occuper enfin de nous même!

Ce n'est pas le moment de flancher lorsqu'on entend dire que le but final de la COMUE Normandie universités serait de fusionner avec l'Ouest parisien universitaire!