Dans la dernière livraison de la Chronique de Normandie éditée par Bertrand Tierce en date du 7 novembre 2016, on trouvera enfin un véritable coup de gueule que nous partageons TOTALEMENT:

L'Axe Seine, les Parisiens s'en foutent?

Eh bien NORMANDISONS l'Axe Seine!

Car attendre que des incompétents en matière d'économie maritime, fussent-ils parisiens, décident de s'intéresser à un sujet qu'ils ne connaissent pas, qu'ils ne comprennent pas, pour ne pas dire qu'ils méprisent... On pourra toujours attendre!

Comme nous l'avons déjà dit et ce n'est pas de la provocation mais une véritable analyse tactique pour assurer l'avenir de la Normandie vis-à-vis de la région parisienne et de l'Etat central, nous devons profiter qu'à Paris (tant du côté de l'Etat central que du côté des grandes collectivités territoriales) ils se contrefichent de nous, Normands!

Car quand les pouvoirs parisiens s'intéressent à la Normandie, ils s'y intéressent d'une façon si "intéressée" qu'ils ont mis plusieurs fois, ces 70 dernières années, notre Normandie en danger de mort:

1) La reconstruction/ nationalisation d'une Normandie dévastée en 1944 dans la division

2) La disparition de Rouen, ancienne seconde ville de France, noyée dans une banlieue industrialo-portuaire de Paris étendue jusqu'au Havre de Paul Delouvrier (1965) à Antoine Grumbach (2009)

3) La fusion, succion, absorption d'une Haute-Normandie séquanienne utile à la seule région parisienne au nom de l'intérêt national de l'Axe Seine

4) La "décapitation" de la Normandie de ses fonctions de commandement qui se sont concentrées en région parisienne.

Avec un Contrat de Plan Interrégional Etat-Régions pour l'Axe Seine largement sous-financé (ex: la LNPN mise sur une voie de garage financière en 2013) mais doté d'un pernicieux Schéma stratégique de développement concocté dans un bureau de Matignon et visant à fusionner, de fait, à l'horizon 2030 la Normandie et l'Ile de France au nom des grands enjeux de l'Axe Seine (par ex: fusion entre la COMUE Normandie universités et les universités de l'ouest parisien; la transformation du festival "Normandie Impressionniste"  en "Seine Impressionniste"; oubli de l'Orne dans le périmètre d'action du délégué interministériel à l'Axe Seine, le préfet fantômatique François Philizot)... On pourra se dire que si les Parisiens se foutent de nous et de la Normandie, c'est une chance historique pour nous...

Mais à une seule condition...

Que tous les élus Normands et ceux qui les élisent  ainsi que les acteurs et décideurs de la société civile régionale s'intéressent enfin à la Normandie et cessent de se foutre d'eux-mêmes en cessant d'être tentés par le localisme, la méfiance, l'égoïsme, le replis sur soi...

2016 / 2030: on a quinze ans pour démontrer que c'est possible!

Lire, donc, les analyses plutôt édifiantes proposées par Bertrand Tierce avec, en seconde partie, quelques nouvelles de la contractualisation à venir entre la région Normandie et les cinq départements normands pour renforcer la coopération et la solidarité territoriale normandes après des dizaines d'années de déclin régional normand dans l'éparpillement localiste...


 Résultat de recherche d'images pour

Paris s’en fout...

• La Normandie, c’est loin...

L’aménagement touristique, logistique, industriel et portuaire de la Vallée de la Seine est le projet de développement le plus important de la Normandie pour les 15 ans à venir. Mais les Normands ne peuvent pas le réaliser seuls ; ils doivent obtenir l’appui des “Parisiens”, comprenez de la Région Ile de France et de ses départements de l’Ouest, qui doivent - à leur tour - y trouver leur intérêt pour en faire une priorité. De cette union stratégique dépend le portage politique et financier du projet ; sans elle, l’Axe Seine ne restera qu’une belle idée, une idée dont on parle depuis plus de 8 ans sans la concrétiser.

Mon commentaire : pour l’État, François Philizot rappelle l’existence du CPIER de la vallée de la Seine. Mais il attend surtout de connaître les volontés communes des 2 Régions et des autres collectivités pour le mettre en oeuvre ; autrement dit, il attend le duo “Morin/Pécresse” pour vraiment “démarrer”.

Commentaire de Florestan sur le commentaire précédent: qui peut dire que le préfet Philizot sera encore en poste après le mois de mai 2017? Il faut reprendre la main sur l'Axe Seine. Une main normande.

• Que font les “Parisiens” ?

À première vue, tout va bien, ils sont mobilisés.
- Le 30 août dernier, Valérie Pécresse et Hervé Morin se sont enfin rencontrés et ont indiqué leur volonté de travailler ensemble pour relever les défis
logistiques et ferroviaires de l’Axe Seine. C’est bien, on est content.

- De leur côté, les Départements de l’Eure, de la Seine-Maritime, des Yvelines, du Val-d’Oise et des Hauts de Seine ont créé, le 7 juillet, une association
dédiée à l’Axe Seine pour “construire une vision partagée de son développement”. C’est bien, on est content...

Commentaire : tous les acteurs semblent “chauds bouillants”...et maintenant ?

Commentaire de Florestan sur le commentaire précédent: Sébastien Lecornu a beau être "chaud bouillant" mais sa position de franc-tireur sans moyens financiers réels et surtout en l'absence d'un portage politique normand puissant, n'est pas crédible. On attend donc le "patron Morin" sur ce dossier essentiel!

Rien... ou si peu

Aujourd’hui, quand on demande au cabinet de Valérie Pécresse de décrire les coopérations engagées avec la Normandie, il y a d’abord un long silence
embarrassé qui se termine par un laconique “on vous rappellera”.

- Quand on rappelle (car il faut rappeler), on recueille des “banalités” : “la Région Ile de France est consciente de l’importance de la vallée de la
Seine”, “c’est le vice-président Bariani qui s’occupe des coopérations interrégionales”, “nous honorerons nos engagements du CPIER”, “Valérie Pécresse et Hervé Morin ont une relation politique privilégiée” ; “le financement de la LNPN est compliqué... mais il n’est pas d’actualité.”

- Quand on appelle les cabinets des présidents des Départements - Patrick Devedjian (92), Pierre Bédier (78) et Arnaud Bazin (95), il y a d’abord un long silence embarrassé qui se termine par un laconique “on vous rappellera”. Et quand on rappelle (car il faut rappeler), on nous promet toujours des informations, qui finalement, ne viennent pas.

Mon commentaire : non, la Normandie n’est pas une priorité de Paris qui “s’en fout un peu”. Non, les Normands ne sont pas entendus quand ils défendent l’Axe Seine au-delà de leurs propres frontières ; il faut dire que leurs grands élus (qui attendent les repositionnements de 2017) sont trop divisés pour que leurs voix portent ; il n’existe pas de “pack normand” ; Hervé Morin monte au créneau mais il reste seul sur la scène ; chez Manuel Valls comme chez Valérie Pécresse, on continue d’affirmer que l’Axe Seine est une belle idée.

Commentaire de Florestan sur le commentaire précédent: L'Axe Seine piloté par les pouvoirs parisiens c'est un bureau des pleurnicheries normandes entre deux colloques lénifiants.

FAISONS L'AXE SEINE NORMAND: au lieu de contempler les promesses parisiennes depuis nos berges normandes descendre la Seine vers l'aval comme des chiens crevés au fil de l'eau, faisons le contraire! REMONTONS la Seine jusqu'à Paris avec un PROJET NORMAND (comme autrefois les Vikings!)

Afficher l'image d'origine

2017-2021
La nouvelle contractualisation territoriale en Normandie

Devant les maires du 14, Hervé Morin vient donc de préciser les modalités des futurs contrats de territoire qu'il signera en 2017 avec les nouveaux EPCI.
- Comme il l'avait déjà dit à Saint-Lô (notre Chronique n°466), c'est "un jeu à trois" qui va se mettre en place, comprenez que la Région s’engagera avec les Départements aux côtés des EPCI pour financer leur projet d’intérêt régional. Dès 2017, les nouveaux contrats seront signés pour 5 ans.

- Citation d'Hervé Morin : “Nous allons étendre à l’ensemble du territoire ce qui existait en ex-Haute-Normandie (NDLR : il parle du "276"). Entre la Région et les deux Départements, il y avait une forte tradition de contractualisation avec les territoires. Les engagements des 3 partenaires représentaient 180 M€ sur la période 2014-2020 contre 38 M€ sur la même période en ex-Basse-Normandie. J’ai considéré que nous devions renouveler cette contractualisation et c’est ce que nous avons commencé à faire avec les territoires de l'Eure et de la Seine-Maritime. Nous avons également engagé ce processus avec la Manche, le 8 octobre dernier”.

Mon commentaire : Hervé Morin élargit donc à toute la région "l'alliance du 276" qui existait en Haute-Normandie. Rappelons que le "276" avait été créé en 2004 par Alain Le Vern, Jean-Louis Destans et Didier Marie pour co-financer les projets de territoires et que cette “alliance socialiste” avait été souvent critiquée par la Droite. Hervé Morin reconnaît aujourd’hui son efficacité.

Commentaire de Florestan sur le commentaire précédent: on rappelera aussi et surtout que cet excellent outil de solidarité territoriale que fut le "276" en Haute-Normandie fut aussi le moyen utilisé par Alain Le Vern pour faire passer au second plan l'urgence des coopérations structurelles entre les deux régions normandes de l'époque. Le "276" avait donc un double but: renforcer la cohérence d'une Haute-Normandie qu'elle n'avait jamais eue et la faire diverger définitivement de la Basse-Normandie.

Pas de temps à perdre...
Pour Hervé Morin, il n’y a pas de temps à perdre. Les nouveaux schémas départementaux de coopération intercommunale redéfinissent la géographie
des EPCI : "les élus vont devoir prendre des décisions, abandonner des projets et en porter d'autres. La Région doit jouer son rôle en matière d'aménagement du territoire et de développement économique".

Commentaire : les Départements seront (modestement ?) associés aux actions qui les concernent, notamment dans les domaines du tourisme et de la culture.

Dans quel but ?
Cette politique de contractualisation répond à 4 objectifs régionaux :

- Soutenir la compétitivité et l’attractivité des territoires.
- Renforcer l’investissement local.
- Intégrer une dimension de solidarité entre territoires.
- Valoriser le rôle de centralité assurée par certains territoires.

Elle doit permettre l’émergence de projets structurants qui ne pourraient se faire sans l’aide régionale ou départementale.

Commentaire : La Région et les Départements s'engageront avec les intercommunalités volontaires ; le message est clair : elles doivent prendre l’initiative. Notons que les “Pays” s’effacent dans l’opération ; beaucoup vont disparaître le 1er janvier prochain ; le rôle des derniers sera marginal.


Combien ?
À ce jour, la maquette financière de cette politique n’est pas encore définie. Hervé Morin ne sait pas chiffrer la part de son budget qui lui sera consacrée.
- Seule indication : "Le soutien régional correspondra à un montant de 10 % à 40 % de l’assiette éligible du projet d’investissement. Il s’agira de crédits
proprement régionaux ou de crédits européens gérés par la Région."

Mon commentaire : on y verra peut-être plus clair en décembre prochain lors de la présentation du dispositif devant l'assemblée.

Le bonus des "22"

Pour lutter contre les disparités territoriales, la Région veut faire "plus pour ceux qui ont moins".

- Une bonification s’effectuera dans le cadre du dialogue que la Région va engager avec les 22 villes moyennes assurant une fonction de centralité.
- Des bonifications pourront également être mises en place pour les territoires ruraux qui disposent de faibles ressources fiscales. Hervé Morin constate en effet que l'aide de la Région aux grandes agglomérations s'élève à environ 300 à 400 € par habitant alors qu'elle est dix fois moins importante pour les territoires ruraux : “de 30 à 40 €”.

Mon commentaire : le succès de cette politique va dépendre de la capacité des élus des EPCI à construire un projet de territoire. Pour les grandes agglomérations, pas de problème, elle possède l'ingénierie nécessaire ; pour les autres c'est plus compliqué, notamment pour les EPCI qui résultent de "mariages forcés"; leurs élus vont devoir être aidés par des "accoucheurs de projets".


 Commentaires de Florestan:

On espère aussi que cette excellente initiative de généraliser l'acquis du "276" à toute la Normandie va pouvoir mettre un terme aux tensions (que l'on n'espère pas personnelles) entre Hervé Morin et Alain Lambert, le président d'un département de l'Orne qui ne doit surtout pas se sentir comme le parent pauvre de la famille normande.

Car après les critiques d'Hervé Morin de passage à L'Aigle sur le manque de présence ou de réactivité d'Alain Lambert en ce qui concerne la volonté de l'Orne de contractualiser avec la Région...

http://normandie.canalblog.com/archives/2016/10/07/34411984.html

 Il y a eu le mot tout récent et peu amène d'Hervé Morin concernant un Versailles du Cheval présidé par un certain Alain Lambert où, après le départ des étalons de l'ancien haras national du Pin, il n'y aurait que des "fantômes"...

http://www.ouest-france.fr/normandie/caen-14000/cheval-herve-morin-veut-chasser-les-fantomes-du-haras-du-pin-4590375

http://www.ouest-france.fr/normandie/cheval-fantomes-du-pin-et-respect-de-l-orne-4596372