Nous plaidons ici pour un véritable "girondinisme" portuaire et maritime en Normandie qui devrait s'inspirer de ce "communalisme" toujours vivant dans les grandes places portuaires du Nord de l'Europe qui met à la première place les usagers et les professionnels locaux de l'outil portuaire et qui, grâce à des pratiques plus authentiquement démocratiques que les nôtres, met la maîtrise d'usage au dessus de la sacro-sainte maîtrise d'ouvrage pour conduire jusqu'à leur terme des projets d'aménagement et d'équipement parfois très ambitieux (cf. le projet d'extension portuaire de Rotteram Maasvlakte 2 piloté à partir d'un grand débat public local prescriptif).

En Afrique, un "éléphant blanc" désigne ironiquement une infrastructure généralement coûteuse et totalement inutile aux habitants du lieu sinon absurde au regard des traditions et du climat local. Ces éléphants blancs étaient souvent financés par l'argent de la coopération avec l'Union européenne...

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Il n'y a pas qu'en Afrique... Ainsi, le palais du Peuple de Bucarest en Roumanie, un bel exemple d'éléphant blanc... en marbre rose.

La France jacobine, centralisée et autoritaire préfère les ingénieurs aux marins, aux armateurs, aux dockers, aux chargeurs, aux routiers, aux logisticiens, aux marchands et quand les ingénieurs se piquent d'être des marins, des armateurs, des dockers, des chargeurs, des routiers, des logisticiens ou des marchands ça donne... le terminal multimodal du grand port maritime du Havre dont on aura les dernières nouvelles en lisant ce qui suit:


 Logistiques Magazine Par Claire Garnier FLUVIAL 24/10/2016

http://www.wk-transport-logistique.fr/actualites/detail/96510/la-deputee-valerie-fourneyron-defend-mollement-la-plateforme-multimodale-du-havre.html#.WCJP615n2N0.email

La députée Valérie Fourneyron défend mollement la plateforme multimodale du Havre

Au Propeller Club de Rouen, Valérie Fourneyron dénonce l’opposition à la modernisation de la ligne ferroviaire Serqueux-Gisors, et défend mollement la plateforme multimodale du Havre.

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Valérie Fourneyron était invitée au Propeller Club de Rouen pour évoquer la mission parlementaire qu’elle a conduite avec le sénateur LR Charles Revet. © Port du Havre

 "Les citoyens, ça vote, alors que les marchandises, ça ne vote pas !" C’est ainsi que Valérie Fourneyron, co-auteur d’un rapport parlementaire sur les moyens de "renforcer l’attractivité des ports de l’axe Seine", analyse les blocages autour du projet de modernisation de la ligne ferroviaire de fret Serqueux-Gisors qui contourne la région parisienne par le nord. (ndlr: il faut lire la région rouennaise... à croire que la journaliste est fâchée avec la géographie normande)

La députée socialiste de Seine-Maritime - par ailleurs vice-présidente du conseil de surveillance du grand port maritime de Rouen - était l’invitée du Propeller Club de Rouen le 14 octobre pour évoquer la mission parlementaire qu’elle a conduite avec le sénateur LR Charles Revet.

 Le syndrome "pas dans mon jardin"

 Valérie Fourneyron a montré une certaine impatience concernant ce projet de ligne Serqueux-Gisors qui n’avance pas du fait de l’hostilité des habitants du Val d’Oise opposés à une intensification du trafic. "Depuis mars 2016, il y a une enquête publique favorable, mais on est en même temps confronté au syndrome NIMBY ("Not In My BackYard" ou "pas dans mon jardin")".

Marchant sur des œufs sur le dossier de la plateforme multimodale du Havre - projet porté par Haropa - l’élue n’a cependant pas caché les "dysfonctionnements" de celle-ci. Cette infrastructure construite au bout du grand canal du Havre et réclamée par le port du Havre pour améliorer le report modal vers le fluvial (8 % aujourd’hui) et vers le rail (5 % aujourd’hui), peine à démarrer. Le 15 février 2016, le propriétaire et maître d’ouvrage a jeté l’éponge après avoir appris qu’il ne percevrait pas les loyers dus par l’exploitant, en redressement judiciaire.

La plateforme multimodale est, depuis cette date, la propriété du grand port maritime du Havre qui n’en n’était qu’actionnaire jusque là, à 49 %. Les critiques pleuvent sur cette infrastructure qui a coûté 140 M€ (120 M€ publics et 20 M€ sous forme d’emprunt financé par des loyers).

Elles émanent notamment de ceux qui, au moment de la conception de Port 2000, avaient insisté sur la nécessité de prévoir une liaison directe entre la Seine et les terminaux de Port 2000 (ndlr: la chatière) construits dans l’estuaire de la Seine. Dominique Perben, alors ministre des Transports, avait bien annoncé en 2006, au moment de l’inauguration de Port 2000, une écluse à grand gabarit mais elle n’a jamais vu le jour.

 Assurer les loyers au GPMH

 Valérie Fourneyron s’est sentie obligée de défendre cette plateforme censée réparer le vice de conception (sic!) de Port 2000, mais chacun a remarqué qu’elle l’avait fait sur un mode défensif. "Tout le monde a intérêt à ce que cette plateforme fonctionne", a-t-elle expliqué, ne serait-ce que pour "assurer des loyers au GPMH qui porte désormais le risque financier".

Elle a parallèlement indiqué qu’il fallait "accélérer les études pour la chatière" système qui permettrait à des barges fluviales d’accéder aux terminaux de Port 2000 au Havre par tout temps.

A l’heure des questions, un débat s’est instauré sur l’opportunité de continuer à miser sur cette plateforme multimodale. Plusieurs personnes ont fait valoir que l’urgence absolue était de réaliser la chatière.

 Trouver un équilibre

 Vincent Saurel, directeur Normandie de Marfret, compagnie qui exploite un service de navettes Fluviofeeder sur la Seine, a pris la parole à l’heure du dessert : "si l’on n’inscrit pas la chatière comme la priorité des priorités, si l’on continue à mettre le terminal multimodal comme premier axiome, il n’y aura pas de développement du fluvial et l’on continuera à stagner".

Réponse de Valérie Fourneyron : « Il n’est pas question de ne pas faire la chatière. Elle fait partie du contrat de plan et la Région s’est engagée à apporter 100 M€ pour la financer. Mais il faut trouver un petit équilibre pour la plateforme".


 

 Commentaire  de notre ami Michel Duval proposé le 07/11/16, et accepté par la rédaction de Logistiques Magazine:

Bien entendu, tout ce petit monde se garde bien d'invoquer le besoin de désenclavement ferroviaire par le sud du Grand Port Maritime du Havre pour stimuler le report modal ferroviaire et favoriser le sauvetage de la plate-forme multimodale...

                Il ne faut pas oublier que ça se passe à Rouen, dont la communauté portuaire continue à s'opposer par tous les moyens à tout ce qui risquerait de favoriser le vrai Grand Port Maritime de la Basse Seine et de lui permettre de résister à la concurrence des ports de l'Europe du Nord, principalement Anvers...

                Le dernier en date de ces moyens a consisté à censurer le sénateur Charles Revet, co-auteur du rapport sur l'attractivité des ports de l'Axe Seine, qui avait annoncé son intention de faire figurer le besoin de franchissement ferroviaire de l'estuaire de la Seine dans les recommandations !...