Nouveau coup de tonnerre dans le ciel serein du confort intellectuel d'élites politico-médiatiques ronronnantes...

Dimanche 20 novembre 2016, le soir du premier tour des primaires de la droite républicaine et du centre, un prototype de pot de rillettes sarthoises venu du fin fond de la ligne droite des Hunaudières, a fini par dépasser de près de 16 points le grand favori de la grande presse parisienne et des sondeurs. On a déjà vu cette cécité aux Etats-Unis avec l'élection surprise de Donald Trump, surprenante pour tous ceux et celles qui ont refusé de voir la réalité politique insupportable à voir. On dirait que le phénomène vient de se reproduire en France entre un Alain Juppé, grand favori de tous ceux et celles qui voudraient une continuité tranquille après le quinquennat Hollande et un François Fillon qui prône une vraie rupture idéologique.

On n'en dira pas davantage tant le psycho-drame politique de la droite française est commenté de tous côtés, notamment son premier effet qui restera dans l'histoire contemporaine de la politique française: le retrait (espérons définitif) d'un certain Nicolas Sarkozy qui, après avoir trop suscité de "passions publiques", pourrait exciter la passion des juges...

En revanche, nous devons aborder le match à venir et qui sera tranché dimanche 27 novembre 2016 entre François Fillon et Alain Juppé, à l'aune de l'intérêt supérieur de la Normandie et dire, d'emblée, que la droite normande aurait vraiment intérêt à choisir le plus "violemment modéré" des deux, d'une part et à choisir, d'autre part, celui qui serait le plus à même de ne pas confondre un porte-conteneurs avec un... pot de rillettes (et vice-versa).

Sur ce dernier point, essentiel pour tout bon Normand qui se respecte car l'avenir normand ne saurait ignorer la mer, reconnaissons qu'en juin 2016,  François Fillon avait su faire preuve de la curiosité nécessaire (enfin presque...):

http://www.normandiexxl.com/article.php?id=1551&PHPSESSID=p500ureee7gp6sq5hr5fvtriu4

Aussi le choix semble clair pour les électeurs authentiquement normands qui se préparent à voter pour le second tour des primaires de la droite républicaine et du centre:

Voulons-nous le redémarrage politique et financier de l'Axe Seine qui donne à notre région sa dimension d'enjeu national pour que la France puisse se doter d'une véritable économie maritime?

Dans ce cas il semble pertinent de voter pour Alain Juppé, un girondin,( tant par la géographie que par les idées), maire de Bordeaux, une ville qui fut un grand port maritime et dont le directeur de campagne, Edouard Philippe, le député-maire du Havre est pressenti pour être le futur Premier ministre du futur président.

Ou...

Voulons nous simplement manger nos cochonailles tranquillement dans un coin non moins tranquille du Grand Ouest ad vitam aeternam?

Dans ce cas, il faudrait voter pour François Fillon, un vrai jacobin qui compte ses sous, très soucieux de la famille et qui fait déjà sourire Tonton Poutine.

Au risque de la caricature, résumons:

FILLON, le jacobin parisien réac sorti du Grand Ouest

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OU

JUPPE, le girondin de l'AXE SEINE

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http://lelab.europe1.fr/alain-juppe-envisage-de-baptiser-un-futur-pont-de-bordeaux-nelson-mandela-9920

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Sauf que, sauf que... la plupart des électeurs normands de ce premier tour de la primaire de la droite ont voté pour les rillettes sarthoises.


 Lire, par exemple, le communiqué triomphal du directeur de la campagne de François Fillon dans la Seine-Maritime:

Communiqué de presse de Jérôme Besnard, délégué départemental de François Fillon

21/11/2016

François Fillon a rencontré le peuple de droite

François Fillon obtient 45,7 % en Normandie et 43,6 % en Seine-Maritime au premier tour de la primaire de la droite et du centre. C’est un raz de marée. Il est en tête à Rouen comme au Havre. C’est un vrai motif de satisfaction pour notre équipe. François Fillon a rencontré le peuple de droite. Son programme est en adéquation avec les attentes de nos électeurs. Il a réussi la synthèse de la tradition libérale et du gaullisme social. Il est le plus à même de contenir le Front National l’an prochain. Nous allons maintenant nous rapprocher des équipes de Bruno Le Maire et de Nicolas Sarkozy. Je salue dès à présent les ralliements de Françoise Guégot, député, de Marie-Agnès Poussier-Winsback, maire de Fécamp  et le soutien de Jean-François Bures, vice-président du département.

François Fillon est le candidat de la liberté : libertés économiques, libertés scolaires, libertés locales. C’est le candidat naturel de la droite pour 2017. Nous allons tout faire pour amplifier ce score dimanche prochain. François Fillon s’est rendu à plusieurs reprises en Normandie ces derniers mois, notamment à Rouen, Caen, Courseulles-sur-Mer et Forges-les-Eaux. Il connaît les problèmes de notre région. Il a des relais locaux. Nous appelons à un vaste rassemblement des droites autour de lui dimanche prochain.

Jérôme Besnard
Conseiller municipal de Mont-Saint-Aignan
Coordinateur de la campagne de François Fillon en Normandie


 Dans le camp opposé (la gauche socialiste) voir le billet laissé par Dominique Gambier, le maire de Déville-les-Rouen:

http://dominiquegambier.fr/2016/11/fillon-france-a-besoin-dun-choc-revolution-conservatrice/

Fillon : “La France a besoin d’un choc.” , ou la « révolution conservatrice » !

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Le succès de François Fillon résulte d’un double refus, dans l’électorat de droite, de Nicolas Sarkozy, jugé peu sûr, menacé par les « affaires », excessif dans ses propos, suspect d’insincérité, et  d’Alain Juppé, jugé, quant à lui, pas assez ferme dans ses options, et  trop proche de François Bayrou.

 Fillon a réussi à faire oublier son long passé politique ; un rien Pompidolien, il a présenté une synthèse politique, ultra-libérale en  économie, lui qui assurait en 2007 être à la “tête d’un Etat en faillite”, ultra-conservateur sur les questions sociétales, gaulliste en politique internationale, eurosceptique et proche de la Russie, défenseur de la tradition chrétienne.  Avec lui, le clivage entre la droite et la gauche reprend vigueur.

Qu’on en juge :

– Suppression de la durée légale du temps de travail : il veut laisser la place aux accords d’entreprise, prône un retour aux 39 heures dans la fonction publique.

– Retraite à 65 ans / Fillon veut le report de l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans, supprimer les régimes spéciaux.

– Refonte du Code du travail : Fillon  promet  une véritable refonte du Code du travail. Il ne veut garder que les normes fondamentales”, et négocier le reste par les branches professionnelles et les entreprises. Il promet le référendum d’entreprise en cas d’échec des négociations avec les syndicats.

– 500 000 emplois en moins dans la fonction publique : Le choc prôné par  Fillon est  aussi budgétaire et fiscal ; 100 milliards d’euros d’économies sur les dépenses publiques en cinq ans. Avec le retour aux 39 heures, il promet jusqu’à 500 000 emplois en moins dans la fonction publique.

– 40 milliards d’allègements de charges pour les entreprises, disparition de l’ISF ; il  propose également une flat tax (un impôt à taux unique) de 30% sur les revenus du capital, et la suppression de l’impôt sur la fortune (ISF). Par ailleurs, François Fillon prône une hausse de la TVA de 2 points .

– Des allocations chômage dégressives, plafonnées, sur une durée réduite ; il  appelle à la création d’une allocation sociale unique, “strictement” plafonnée pour ne jamais dépasser les revenus du travail.

Sur le plan sociétal :

– Il veut modifier  La loi Taubira, pour supprimer le droit à l’adoption plénière pour les couples homosexuels.

– Il veut Réduire de plus de moitié les arrivées d’immigrés :  Fillon prône “l’assimilation” des étrangers et l’instauration de quotas. Il entend  ne verser de prestations “qu’aux étrangers en situation régulière depuis au moins deux ans”. Il a des  propositions tranchées sur l’islam: ”Il n’y a pas de problème religieux en France. Il y a un problème lié à l’islam”.

– Rétrograde sur les mœurs, il s’est opposé successivement à la dépénalisation de l’homosexualité, au PACS, au Mariage pour tous et a été adoubé par la Manif pour tous. Il a également tenté d’imposer aux fournisseurs d’accès de censurer internet. Signalons tout de même qu’il est un des très rares députés de droite à avoir voté l’abolition de la peine de mort

Enfin Au plan international, Fillon ne cache pas sa proximité de vue avec le président Russe Vladimir Poutine. Il veut une “Europe des nations” respectueuse de “la souveraineté de la France”, et doter la zone euro d’un directoire politique, composé des chefs de gouvernement, présidé par l’un d’entre eux.

En matière d'Education,  Fillon souhaite entrer en guerre contre les “pédagogues prétentieux”. Il propose en outre de suspendre les allocations familiales pour les parents d’élèves absentéistes, abaisser le début de la scolarité obligatoire de 6 à 5 ans, et donner plus de pouvoirs aux chefs d’établissement.

Enfin, sur le plan environnemental, Fillon souhaite consolider la filière nucléaire française en prolongeant l’exploitation des centrales de 40 à 60 ans, et ne veut pas fermer la centrale de Fessenheim

Commentaire de Florestan:

François Fillon est très adroit pour faire passer Marine Le Pen pour une femme politique de... gauche! Quant à la gauche dite de "gouvernement" elle se trouve bien mal... à gauche, justement!


 Du côté de la presse régionale, on se limitera à Ouest-France (Caen) et à Paris-Normandie (Rouen), on souligne que les principaux grands élus de la droite normande n'ont pas vu venir François Fillon.

Ouest-France par exemple (édition caennaise du 22/11/16) nous a suggéré notre présentation: il semble assez clair que François Fillon soit le candidat archétypal d'un Grand Ouest catholique conservateur qui s'est réveillé sur les réseaux sociaux. Cela démontre qu'une minorité active peut se choisir un candidat et l'imposer. Mais un candidat ne fait pas forcément un président de tous les Français. Alain Juppé, en revanche, semble plus correspondre à la formule chère à André Siegfried pour définir le tempérament normand, celui d'un whig, "violemment modéré" se cherchant une porte de sortie sur sa gauche...

Fillon grand ouest

Juppé Axe Seine


 Lire ci-dessous, l'article de Paris-Normandie, sévère pour la droite normande, notamment pour Bruno LEMAIRE qui a annoncé soutenir François Fillon: les logiques claniques nationales et jacobines l'emportent toujours sur la plus élémentaire lucidité normande...

Après avoir appelé à voter pour le grand vaincu de l'Eure, Hervé MORIN nous fait savoir qu'il va soutenir désormais François Fillon:

http://www.ouest-france.fr/normandie/primaire-droite-herve-morin-votera-pour-francois-fillon-4628168

Il faudrait cependant que les aléas politiques de la primaire de la Droite n'éloigne pas le premier des Normands de la conduite de nos affaires régionales...

On peut se demander d'ailleurs si Morin le Normand, ayant tant à faire avec une Normandie qui lui donne "que du bonheur" n'a pas pris une certaine distance girondine avec cette joute politicienne nationale: il y a mieux à faire que la chasse aux maroquins à Paris!

http://www.paris-normandie.fr/region/premier-tour-de-la-droite-et-du-centre--un-echec-cuisant-et-des-surprises-en-normandie-AC7477417?utm_source=Utilisateurs+du+site+LA+NEWS&utm_campaign=648dc67ead-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_233027d23b-648dc67ead-137315997#.WDRfN30neM8

Premier tour de la droite et du centre : un échec cuisant et des surprises en Normandie

Publié 21/11/2016 á 22H50
Il comptait jouer les trouble-fête mais se retrouve en queue de peloton. Le député LR de l’Eure, qui se voyait président de la République, doit se contenter d’un très modeste 2,4 % des voix.

Bruno Le Maire a échoué dans sa tentative de devenir le candidat de la droite et du centre. Son positionnement sur le renouveau, qu’il entendait incarner, n’a pas été suffisant pour le faire émerger réellement.

Avant de reprendre son bâton de pèlerin, il maintient que son diagnostic était le bon et qu’il va maintenant chercher à comprendre les raisons de sa cuisante défaite. Y compris sur ses terres normandes.

Vous vouliez incarner « le renouveau » dans cette primaire. Visiblement, le thème n’a pas pris auprès des électeurs. S’agit-il d’une erreur stratégique ?

Bruno Le Maire. « Non, je ne crois pas qu’il s’agit d’une erreur stratégique. Nous n’avons pas réussi à défendre suffisamment bien nos convictions, notamment au cours des débats. En revanche, je maintiens qu’il y a une volonté de renouvellement de la vie politique chez les Français qui est très profonde et à laquelle il va falloir répondre. Mieux que je ne l’ai fait, c’est certain, et de manière plus claire, en étant peut-être plus précis sur un certain nombre de propositions que l’on fait et qui peuvent incarner ce renouvellement attendu. Mon diagnostic reste le même mais la réponse que nous avons apportée n’était certainement pas à la hauteur des attentes des gens ».

« Il aurait sans doute fallu expliquer plus clairement »

Au regard des enjeux comme l’emploi, l’économie, les questions de société, le thème du renouveau était-il vraiment adapté ?

« Je pense que oui mais, derrière, il aurait sans doute fallu expliquer plus clairement ce que cela représentait. Par exemple pour le travail et l’emploi, c’est effectivement la priorité numéro 1 des Français. Ce que je voulais défendre comme idée, mais qui n’est pas passé suffisamment bien, c’est que pour qu’il puisse y avoir du travail pour tous dans notre pays, il fallait justement renouveler les réponses que l’on apportait sur le marché du travail, sur l’accompagnement des demandeurs d’emploi, sur la formation des salariés, sur les contrats de travail... Tout cela, nous n’avons pas réussi à le mettre suffisamment en avant. Cela ne change rien à mon diagnostic : si on veut vraiment qu’il y ait du travail pour tous dans notre pays, il faut renouveler en profondeur notre modèle économique et social ».

Sur quels éléments François Fillon est-il parvenu à s’imposer et à prendre des points à tous les autres candidats ?

« Il a réussi, d’une manière claire, à avoir une ligne politique qui correspond aux attentes des électeurs de droite et du centre. C’est la clarté de sa ligne politique qui a fait sa force politique ».

Vous aviez dit que vous ne donneriez pas de consigne de vote. Or, vous avez indiqué dès dimanche soir que vous voteriez pour François Fillon au second tour.

« J’ai toujours dit que je ne me rallierais à personne et que je dirais pour qui je vote, sans demander quoi que ce soit. C’est rigoureusement ce que j’ai fait ».

Ce n’est donc pas un ralliement à celui dont vous fûtes le ministre de l’Agriculture ?

« Un ralliement, c’est négocier des places. J’ai appelé François Fillon à 20 h 30 dimanche soir, je me suis prononcé une heure plus tard pour lui. Je lui ai dit que je le soutenais et je n’ai absolument rien demandé. Rien, rien, rien. C’est la différence entre un soutien et un ralliement ».

Ce qui signifie donc qu’en cas d’élection de François Fillon en 2017, vous ne serez pas ministre ?

« Gagnons d’abord la primaire. Si j’apporte mon soutien à François Fillon c’est pour qu’il gagne la primaire. Ensuite, il y aura une élection présidentielle qui sera difficile à gagner et dans laquelle j’apporterai aussi mon soutien total à François Fillon si c’est lui le vainqueur de la primaire. Ne nous précipitons pas. Je pense qu’on a fait trop de calculs sur la planète ! Et plutôt que de faire des calculs sur la planète, il vaut mieux se battre tous les jours pour qu’on puisse se rassembler à droite et que l’on puisse gagner l’élection présidentielle ».

« Face à une défaite comme celle-là, il faut faire preuve de beaucoup d’humilité »

Vous avez réalisé environ 10 % des voix dans le département de l’Eure où vous êtes élu depuis près de dix ans. C’est une déception ?

« C’est plus de trois fois ce que je fais ailleurs ! C’est donc le signe que dans l’Eure, les soutiens sont plus forts que dans les autres départements. Je vais maintenant revenir très rapidement dans le département pour expliquer quelle a été ma stratégie, ce que nous allons construire ensemble dans les années qui viennent. Mais à partir du moment où l’on constate que l’électorat vous échappe, il vous échappe partout même si c’est un peu moins vrai dans l’Eure ».

Serez-vous candidat dans l’Eure aux législatives de juin 2017 ?

« Oui, je serai candidat dans l’Eure ».

Vous avez 47 ans. Dimanche soir, vous avez dit que vous alliez continuer le chemin tracé durant la primaire. Le rendez-vous de 2016 n’était qu’une première étape ?

« C’est une première étape, il y en aura d’autres. Je crois que face à une défaite comme celle-là, il faut faire preuve de beaucoup d’humilité. Bien comprendre ce qui s’est passé. Bien comprendre les messages qui n’ont pas été entendus par les électeurs, se donner du temps pour comprendre les raisons de cette défaite et ne pas se précipiter pour repartir immédiatement en campagne. Je vais donc me donner le temps pour comprendre et le faire avec beaucoup d’humilité ».

propos recueillispar Stéphane Siret

s.siret@presse-normande.com

La Seine-Maritime « explose les compteurs »

La mobilisation a bénéficié à François Fillon, tandis que le régional du scrutin, Bruno Le Maire, ne réalise qu’un score très modeste en Seine-Maritime.
Il avait fixé la barre à 40 000 votants. Hier, en comptabilisant plus de 65 000 bulletins dans les 183 urnes réparties sur le territoire de la Seine-Maritime, le président de la commission départementale pour la primaire, André Gautier, se disait « très satisfait » d’avoir ainsi « explosé les compteurs ».
« Cette mobilisation massive confère une légitimité incontestable aux deux finalistes », se réjouit l’élu (LR) de Dieppe, qui y voit aussi « le signe d’un ras-le-bol général » et « la volonté d’en finir avec ce quinquennat ». Sur le plan national, estime-t-il, la mobilisation de plus de 4,1 millions d’électeurs « surclasse largement les 2,6 millions de la précédente primaire socialiste », et laisse à penser que la primaire de la Belle Alliance en janvier « fera quoi qu’il advienne pâle figure ».
Reste qu’il faudra réussir aussi le second tour, dimanche. L’engouement pour ce deuxième round sera-t-il aussi fort que pour le premier, qui a signé « un exercice de démocratie réussi, avec des gens concernés et disciplinés » qui ont attendu pour certains près d’une heure avant de pouvoir déposer leur participation de 2 € dans une boîte et leur bulletin dans une autre ? « Il est difficile de faire des pronostics, car c’est une autre campagne qui commence », fait remarquer André Gautier, qui espère que les électeurs de la droite et du centre « ne considéreront pas que le match est joué d’avance » compte tenu de l’avance de François Fillon et des soutiens qu’il a reçus.
Or, en Seine-Maritime comme ailleurs, le premier tour a montré que les Français « n’ont pas voulu se faire imposer un match ».
La preuve en est avec les 28 453 bulletins collectés par François Fillon (43,8 %) dans les 183 bureaux dont les résultats étaient « redescendus » hier de la Haute Autorité vers la permanence départementale. On n’est pas loin des 44,1 % enregistrés à l’échelon national, avec là aussi des résultats encore incomplets hier après-midi.
Le vote urbain plus fort
Alain Juppé y totalise 26,8 % des voix, légèrement en retrait de son score national même si au Havre, dont le maire Édouard Philippe est son porte-parole, il recueille près d’un tiers (33,1 %) des suffrages.
Dans un département où le vote urbain a été légèrement plus fort que le vote en milieu rural, Nicolas Sarkozy fait un peu mieux qu’à l’échelon national. Mais une petite surprise réside dans le score extrêmement modeste de Bruno Le Maire (3,9 %), ex-chef de l’opposition au conseil régional de l’ex Haute-Normandie qui siégeait alors à Rouen. Preuve d’un réel déficit de notoriété du député hors de ses terres de l’Eure, dans une Seine-Maritime où il n’a fait que de rares apparitions.
Franck Boitelle

f.boitelle@presse-noramnde.com

Dans l’Eure

À peine plus de 10 % des suffrages. C’est l’objectif que Bruno Le Maire s’était fixé au début de sa campagne. C’est le score qu’il a atteint. Chez lui. Dans l’Eure, ce département qui n’a pas été si infidèle au député eurois quand la France électorale s’écroulait autour de lui. Pour autant que le cœur de la (sa) droite et du centre eurois lui aura été reconnaissant, BLM, essuie ici aussi une rebuffade électorale. Le député de la 1re circonscription se classe 4e loin derrière François Fillon (42,8 %), Nicolas Sarkozy (22,5 %) et Alain Juppé (21,6 %). Pas franchement un plébiscite malgré le maillot du régional de l’étape, l’incarnation du renouveau qui avaient payé aux municipales, départementales et régionales et une participation de 8,33 % (35 270 votants).
Une surprise ?
Le responsable de l’organisation des primaires, Frédéric Duché, maire des Andelys, expliquait dimanche après-midi sentir le vent du boulet Fillon. Ladislas Poniatowski, qui a sauvé sa tête et son siège de sénateur face à la machine à renouveler Le Maire, avoue ce lundi qu’il ne s’attendait pas à un tel succès de son candidat Fillon. Apprécié des maires, le parlementaire ne fanfaronne pas. Mais rappelle volontiers que « les très bonnes prestations dans les débats télévisés ont permis de découvrir un homme calme, serein, qui a toujours refusé toutes attaques personnelles. »
L’Eure a encore plongé dans le bleu profond, privilégiant une droite conservatrice et expérimentée après avoir donné carte blanche à une droite lemairiste. Laquelle a mis au pouvoir une jeunesse de droite décomplexée. Mais qui, dimanche soir, a été sonnée par une droite venue de nulle part.
G. Le.

fillon ou juppé : qui soutient qui dans la région ?

François Fillon.
Pendant longtemps, François Fillon a été soutenu dans la région par une petite poignée d’élus, comme Michel Lejeune, ancien député et maire de Forges-les-Eaux, Véronique Louwagie, députée LR et maire de l’Aigle (Orne), Ladislas Poniatowski, sénateur de l’Eure, ou encore Joël Bruneau, le maire de Caen, et Jérôme Besnard, conseiller municipal à Mont-Saint-Aignan en charge de la coordination de la campagne de l’ancien Premier ministre en Seine-Maritime. Dans le département, ces deux dernières semaines, plusieurs autres élus ont affiché leur préférence fillonniste. Parmi eux, Catherine Flavigny, maire LR de Mont-Saint-Aignan et conseillère départementale, Jean-Baptiste Gastinne, vice-président de la Région Normandie et adjoint au maire du Havre. À Dieppe, Jean Bazin, conseiller municipal d’opposition et ancien conseiller régional a fait une campagne active sur le terrain en faveur de François Fillon. Enfin, le président des maires du département, l’ancien député Denis Merville, conseiller départemental, s’est lui aussi prononcé pour François Fillon, tout comme Alfred Trassy-Paillogues, ancien député, conseiller départemental de la Seine-Maritime et maire de Yerville.
Alain Juppé.
Des comités de soutien à l’ancien Premier ministre sont actifs sur le terrain depuis des mois. Dans la région, le nom d’Alain Juppé est associé à celui d’un de ses lieutenants, Édouard Philippe, le maire du Havre. Fidèle parmi les fidèles, il travaille avec le maire de Bordeaux depuis une quinzaine d’années. Parmi les soutiens actifs, on trouve également le maire centriste de Deauville, Philippe Augier, mais aussi Pascal Martin, le président centriste du conseil départemental de la Seine-Maritime, et sa première vice-présidente, la Havraise Agnès Firmin-Le Bodo. Dans le pays de Caux, Charles d’Anjou, conseiller municipal à Yvetot et délégué LR de la 10e circonscription, est un fervent défenseur de l’ancien Premier ministre. A Yvetot également, l’ancien maire, Philippe Décultot, est lui aussi soutien d’Alain Juppé. Dans cette même ville, les deux hommes président chacun un comité de soutien. La sénatrice Agnès Canayer est, elle aussi, un soutien d’Alain Juppé, tout comme Patrick Herr, ex-député de Rouen, Bertrand Bellanger, conseiller départemental, ou encore Pierre Albertini, l’ancien maire centriste de Rouen. Dans l’Eure, Jean-Luc Miraux, ex-maire de Vernon, est aussi un juppéiste.