L'actualité normande ce n'est pas la victoire de François Fillon au second tour de la primaire de la droite et du centre...

Dernières nouvelles du jacobinisme français:

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Alors que l'Etat central parisien, travaillé au corps par le copinage politicien ad hoc, a décidé sans vergogne de transférer la direction nationale de l'IFREMER à Brest, nous venons d'apprendre, selon une source bien informée, que le Grand Accélérateur National des Ions Lourds (GANIL) l'une des pièces maîtresses de la décentralisation française en matière de recherche fondamentale (décidée après le colloque de Caen de 1971), équipement de recherche scientifique unique en son genre en France et qui fait rayonner la Normandie dans le monde entier et dont les activités suscite l'organisation régulière d'un grand symposium international de chercheurs non pas sur le plateau de Saclay mais sur le "Plateau Nord de Caen côte de Nacre", le GANIL, donc, pourrait fusionner avec un laboratoire francilien.

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Raynald Pain, de passage à Caen au GANIL le 2 décembre 2016. Après le passage, le 7 novembre 2016 de...

François Hollande a inauguré le nouvel accélérateur de particules SPIRAL2 au GANIL

http://www.ganil-spiral2.eu/spiral2/actualites/francois-hollande-a-inaugure-le-nouvel-accelerateur-de-particules-spiral2-au-ganil

... Etrange!

En effet, nous avons appris que sur fond d'un conflit déjà ancien entre le CNRS et le CEA qui coopèrent pourtant depuis le début pour permettre l'aventure du GANIL et de difficultés dans le pilotage local du GANIL via le Groupement d'Intérêt Economique (GIE) CYCERON où les collectivités territoriales concernées sont représentées (à savoir: Caen La Mer et la région Normandie), un certain Raynald Pain, par ailleurs directeur de l'institut national de physique nucléaire et de physique des particules (IN2P3) du CNRS, doit venir à Caen, le 2 décembre 2016 présenter ce projet de fusion du GANIL avec ce laboratoire francilien qui n'a pas l'air d'enchanter les personnels du GANIL à en croire leurs syndicats...

Bien entendu, on ne trouvera rien sur ce déplacement à Caen de M. PAIN sur le site officiel du GANIL:

http://www.ganil-spiral2.eu/leganil/actualites

Nous n'en savons pas davantage. En revanche, il est possible de placer cette information dans un contexte qui devrait mettre en alerte tous les Normands authentiquement attachés à l'avenir de leur région:

Ce contexte n'est pas favorable à la Normandie, fut-elle réunifiée, enfin! depuis quelques mois.

Car le grand pari normand consiste à faire exister l'idée d'une certaine autonomie de commandement régional, dans la seule vraie région de France, à moins de trois heures de voiture à l'Ouest de la mégalopole parisienne et ses 12 millions d'habitants, première région urbaine d'Europe.

Car le grand pari normand consiste aussi à faire comprendre aux pouvoirs parisiens qu'une région peut gouverner un enjeu stratégique national: l'axe Seine et le maintien d'une économie maritime française forte, en l'occurrence.

Or force est de constater qu'il n'y a que les Normands pour s'intéresser à l'avenir de la Normandie et que les Normands se sont désintéressés de la Normandie pendant plus de 40 années de division.

Car à Paris, de la Normandie, au mieux, on s'en fout.

Pire! on s'y intéresse parfois mais seulement dans la perspective d'une subordination de la Normandie utile et stratégique pour la France et la région parisienne avec, à terme, sans mot dire, la fusion absorption de la Normandie à la région parisienne au nom de l'intérêt national d'ouvrir le Grand Paris sur une façade maritime dominée.

Napoléon 1er, Paul Delouvrier, Antoine Grumbach et toute la haute fonction publique d'Etat ainsi que les grands élus franciliens ont pensé et pensent la même chose voire même certains élus régionaux soi-disant "normands" tel Alain Le Vern qui anticipait une Haute-Normandie banlieue de Paris et la disparition définitive de Rouen de la carte de France des métropoles régionales qui comptent.

Répétons-le:

Les Normands ne pourront compter que sur eux-mêmes pour démontrer l'utilité de la Normandie en tant que région un tant soit peu autonome vis-à-vis de l'hypercentre parisien.

Répétons-le:

Le géographe médiatique Jacques Lévy ne cesse de dire que la Normandie n'aurait pas les "ressources spatiales suffisantes" pour exister comme une vraie région à part entière si près de Paris.

Le moment est donc venu d'apporter un ferme démenti à ces prophètes de malheur avec le courage politique nécessaire:

Concrètement et précisément, le nouvel exécutif régional normand présidé par Hervé Morin qui a démontré depuis janvier 2016 son attachement authentique à la Normandie et son dévouement pour notre région doit dénoncer le SCHEMA STRATEGIQUE DE DEVELOPPEMENT DE LA VALLEE DE LA SEINE concocté par les hauts-fonctionnaires de Matignon pour le compte de l'actuelle majorité gouvernementale, voté par les majorités régionales normandes sortantes au printemps 2015 qui n'ont pas pris la peine d'en prendre vraiment connaissance et piloté par l'actuel préfet François Philizot, délégué interministériel au développement de la Vallée de la Seine.

Ce texte programmatique et directeur (dont vous pouvez consulter le contenu en page d'accueil de l'Etoile de Normandie) organise, de fait, la mise sous tutelle de la Normandie utile et stratégique celle de l'Axe Seine par la région parisienne.

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Le périmètre de la délégation interministérielle à la vallée de la Seine ignore le département de l'Orne qui, aux dernières nouvelles, s'interroge (notamment du côté d'Alençon) sur son appartenance au cadre régional normand: si le siphonnage de la Normandie par l'Axe Seine et le siphonnage de l'Axe Seine par la région parisienne devait se poursuivre, Alençon se verrait bien en carpette mancelle voire... ligéro-bretonne à défaut d'être la fière porte Sud d'une Normandie subordonnée à la région parisienne.

Sous le vain prétexte d'agréger à une plus vaste échelle au profit d'un cadre territorial n'ayant aucune existence ni identité au nom d'un pseudo critère de performance et de visibilité plus grosse ou plus forte de la région parisienne à l'international, la méthode est celle des regroupements, des fusions et, à terme, de l'intégration dans la subordination aux grands pôles de commandement parisiens, des infrastructures, initiatives, institutions et autres "pépites normandes" qui font, tant bien que mal, encore rayonner la Normandie bien au-delà d'elle-même dans une région qui a un besoin cruel de garder le peu de matière grise qui lui reste après plus de 40 années de déclin et de siphonnage des énergies régionales d'une Normandie divisée pour le seul profit des métropoles et régions voisines.

Nous n'avons pas (encore) la preuve du lien qui pourrait être fait entre l'application concrète de ce fameux schéma stratégique et l'annonce d'une fusion du GANIL normand avec un laboratoire grand parisien mais la cohérence de ces deux faits doit être relevée et susciter l'inquiétude sinon l'alerte des décideurs normands les plus lucides alors qu'on nous rebat les oreilles avec les nécessités de l'intelligence territoriale régionale.

Un retroplanning pour finir:

2016 / 2020: consolidation de l'unité normande retrouvée

2020 / 2025: normandisation de la Normandie et normandisation de l'Axe Seine

2025 /2030: rétablissement du rayonnement régional normand autour de la tripolitaine Caen/ Rouen / Le Havre

Pour éviter un autre scénario:

2016 / 2020: unité normande inachevée, normandisation insuffisante

2020/ 2025: Axe Seine dépassé au profit du corridor "Amsterdam- Marseille"

2025: Rouen banlieue de Paris... définitivement. Caen technopole secondaire de la métropole universitaire de Rennes... définitivement.