L'unité normande réelle et concrète se construit petit à petit avec la chance d'avoir une idée plutôt précise et positive des objectifs: faire rayonner encore plus fortement des réalités normandes pour certaines pluri-séculaires et reconnues dans le Monde entier et qui préexistaient largement à la collectivité territoriale régionale normande qui doit en avoir la charge.

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Le paradoxe normand consiste a faire l'inverse de ce qui doit se faire ailleurs, péniblement, dans les autres grands machins régionaux: harmoniser les politiques publiques régionales pour enfin les mettre au service d'une région qui existait déjà tandis qu'il faudra, ailleurs, créer une région qui n'existe pas à partir de politiques publiques régionales totalement divergentes et étrangères qu'il faut fusionner pour... fusionner.

Nous avons donc la chance, sinon le luxe unique, d'avoir une vraie région fondatrice de toute une civilisation reconnue dans le Monde entier et dotée d'un patrimoine et d'un potentiel d'une qualité et d'une densité exceptionnelles pour que la réorganisation des politiques publiques régionales normandes (malgré la stratégie de la terre brûlée anti-normande menée jusqu'en 2013 par Alain Le Vern dans l'ex Haute Normandie) soit un exercice ayant, tout simplement, du sens tant pour les élus en charge de la région que pour les personnels territoriaux qui vont devoir les mettre en oeuvre concrètement.

La fierté d'être normand, mieux, d'être concrètement au service de la Normandie est donc une force extraordinaire dans un moment particulièrement inquiétant de notre histoire contemporaine française où, dans l'effondrement moral dans lequel nous sommes tombés, il est convenu de douter de tout et d'aboyer après toutes les rares caravanes qui passent encore.

Mais il est de la responsabilité essentielle des élu(e)s régionaux normands qui pilotent l'actuelle réorganisation en cours de ne pas gâcher ce précieux avantage en imposant concrètement sur le terrain des réalités qui seraient contraires à l'idéal normand que l'on doit servir.

Ainsi, le chantier normand aborde-t-il, ces temps-ci, un domaine particulièrement sensible où il importe plus qu'ailleurs que les réalités soient en accord avec les discours publics des élus régionaux: ce champ tout particulièrement normand est celui de la culture.

Pourquoi?

1° Parce qu'en soi, la Normandie matrice de la civilisation anglo-normande aux XI et XIIe siècle, terre d'écrivains, de juristes, d'artistes et de scientifiques, région où furent inventés le tourisme culturel et balnéaire et la notion de monument historique est un objet culturel déjà pour partie labellisé sur la liste de l'UNESCO du patrimoine mondial de l'Humanité.

2° Parce qu'étant désormais la seule vraie région sur la carte, la Normandie a le devoir d'approfondir les politiques publiques de décentralisation culturelles dans une certaine proximité géographique avec l'une des régions les plus rayonnantes du monde en matière de culture, à savoir, la région parisienne ce qui implique de passer clairement de l'idée un peu paresseuse de diffuser la culture en "région" (la collectivité territoriale régionale ne serait qu'un robinet à finances de plus pour aider à la diffuser d'une offre culturelle dont la prescription se fait à Paris) à l'idée de soutenir une authentique "culture régionale" en assurant , en priorité, la promotion des acteurs normands de la culture, l'émergence des talents et des savoir-faire normands, en valorisant le patrimoine culturel et historique normand comme l'une des voies possibles vers l'universel.

La réorganisation des politiques publiques culturelles normandes commencent donc par ce qui est le plus évident: la Normandie des livres, de l'édition, des librairies, des imprimeries et des hommes de lettres dont le nouveau fleuron, relevant une vieille tradition normande remontant au XVIe siècle d'imprimer tous les livres lus sur la place parisienne, est, sans nul doute, l'abbaye d'Ardenne près de Caen devenu cet écrin abritant un exceptionnel Institut de la Mémoire de l'Edition Contemporaine (IMEC) qui subit actuellement la concurrence frontale d'institutions parisiennes soucieuses du déclin de Paris comme capitale mondiale des lettres...

Seconde évidence: la Normandie de l'image et l'image de la Normandie.

Depuis la révolution picturale de l'Impressionnisme voire, depuis l'arrivée des coloristes anglais qui hantèrent notre littoral dès les années 1820, la Normandie est une terre privilégiée de fabrication des images: peinture, photographie et cinéma y sont des réalités anciennement implantées. Mais avec les quarante dernières années de déclin dans la division, le rayonnement normand en cette matière essentielle de l'image s'était affaibli parce qu'il semble plus enthousiasmant de se mobiliser pour créer ou valoriser à partir de rien (intellectuellement c'est plus simple et c'est moins exigeant) plutôt que de porter la lourde responsabilité complexe de transmettre tout un patrimoine, tout un héritage dèjà riche et précieux en matière d'image avec le risque de faire passer la Normandie pour un objet de musée n'intéressant que des vieux faute d'attirer à lui les plus jeunes...

Il y a un aristocratisme culturel normand qu'il faudrait totalement assumer de façon élégante et décontractée: il suffit d'observer le savoir-faire en ce domaine de nos cousins britanniques.

La prochaine étape sera celle du futur FRAC (Fonds régional d'art contemporain) qui va être prochainement installé dans l'ancien couvent de la Visitation rue Caponière à Caen (dans des bâtiments historiques restaurés et transfigurés par l'architecte Rudy Riciotti): nous suivrons de près l'opération, notamment pour rappeler qu'il faudrait enfin  "normandiser" le FRAC.

Viendra ensuite, le tour de la musique et du spectacle vivant avec la perspective de récupérer pour la Normandie, un label de scène nationale d'Opéra pour combler l'immense trou en matière d'Opéra et d'enseignement supérieur de la musique et de la danse existant entre Bordeaux et Paris: l'opéra et l'enseignement supérieur de la musique classique n'étant pas, semble-t-il, une priorité à Nantes ou à Rennes, profitons-en!

Mais il faut faire vite car les "ligéro-bretons" viennent de s'apercevoir de l'opportunité en lançant un projet "d'opéra scène nationale de l'Ouest":

http://www.courrierdelouest.fr/actualite/culture-angers-nantes-opera-envisage-un-label-national-avec-rennes-en-plus-17-10-2016-287610

Viendra enfin, pour assurer une "normandisation" complète des politiques publiques régionales culturelles, la création d'une véritable politique culturelle valorisant le patrimoine culturel authentiquement normand avec une urgence: le sauvetage du patrimoine linguistique normand en associant le collectage, l'archivage pour sauver une mémoire collective qui est en train de disparaître (travail indispensable fait actuellement par la Loure) et le soutien actif à la création culturelle contemporaine d'expression normande ainsi qu'à la transmission de ce patrimoine linguistique aux jeunes générations normandes dans un cadre scolaire ou associatif.

Cela passe aussi par la diffusion à tous les jeunes lycéens normands entrant en classe de seconde d'un manuel présentant toutes les ressources régionales normandes.

Car la friche la plus déplorable au coeur de la jachère culturelle normande c'est le constat que les jeunes normands ne connaissent pas ou peu la Normandie et quand ils la connaissent un peu, ils en ont une image tellement négative qu'ils préfèrent  la quitter à la première occasion:

Si les nouvelles politiques publiques culturelles normandes devaient avoir un seul objectif ce serait celui d'en finir au plus vite avec ce scandale!


 

Lire l'article ci-dessous proposé par la feuille d'informations Normandie XXL (28/11/16):

http://www.normandiexxl.com/article.php?id=1830

La culture en Normandie : phase 1 – soutien au livre et au cinéma

 Emmanuelle Dormoy

Culture. C’est une approche par les deux bouts extrêmes de la transmission de la culture qu’ont présenté le 25 novembre, Emmanuelle Dormoy, vice-présidente de la Région Normandie en charge de la culture et du patrimoine, en présence de Jean-Paul Ollivier, Directeur Régional des Affaires Culturelles de Normandie.

Nous parlons des deux bouts extrêmes car le livre, à l’origine de la vulgarisation de la connaissance, s’il garde cette vocation a largement perdu son monopole et est même totalement ignoré d’une certaine partie de la population au profit de l’audiovisuel pris dans toutes ses formes de la photographie au cinéma en passant par l’invasion de la vidéo. C’est sur ces deux points que la Région a choisi d’intervenir pour présenter ce que l’on peut considérer comme le début de sa politique culturelle, car n’en doutons pas théâtre, peintures, musiques et autres formes d’expression ne seront pas oubliés.

Une Normandie plus attractive pour la production et l’accueil des longs métrages

Pour que la Normandie devienne une des plus belles destinations cinématographiques françaises d’ici 2019, la Région doublera son soutien financier en direction de la création et de la production de longs métrages.

Dès 2017 la Normandie se dotera d’une agence régionale dédiée au cinéma et à l’audiovisuel, fusion de la Maison de l’image (ex-Basse Normandie) et du Pôle image (ex-Haute Normandie). Cette agence sera située à Rouen. Elle est le fruit d’un travail commun débuté en septembre et associant les divers partenaires.

A noter que la Mission Photographie actuellement portée par le Pôle Image Haute-Normandie sera à terme confiée à une autre structure dans le cadre d’un projet de politique régionale dédiée à la photographie. En accord avec Ville de Rouen, la galerie photo de Rouen continuera d’être soutenue dans le cadre ce nouveau projet en construction.

Pour le développement de cette action il est prévu la création d’un fonds de soutien au cinéma et à l’audiovisuel harmonisé, avec un élargissement et un doublement des aides dédiées à la production de longs métrages.

Jean-paul Ollivier

Développer et moderniser la filière économique normande du livre

Le soutien à la lecture relevant des échelons communaux et départementaux, la Région intervient principalement en direction de la filière économique du livre, à savoir les éditeurs, les libraires et les auteurs.

La Région Normandie renforcera son appui à ces acteurs économiques « pas comme les autres », en intervenant de manière plus uniforme en direction de l’ensemble de la filière. A titre d’exemples, les aides à la structuration des librairies et maisons d’éditions, au développement numérique et à la formation professionnelle continue seront élargies à l’ensemble des bénéficiaires du territoire. Moyens d’action :

- Une nouvelle agence régionale dédiée au livre et à la lecture, rassemblant l’actuel Centre Régional des Lettres et l’Agence Régionale du Livre et de la Lecture, s’implantera à Caen. Elle fédèrera l’ensemble des acteurs et des compétences dans le domaine du livre et de la lecture : écrivains, éditeurs, bibliothécaires, libraires, responsables d’associations à vocation littéraire. Elle sera un centre de ressources sur l’éco-système du livre, de la lecture et de l’écriture.

- Un fonds d’aide au développement de l’économie du livre unique sera créé dès 2017. Associant la Région Normandie, Le Ministère de la Culture, la DRAC de Normandie et le Centre National du Livre, ce dispositif unique d'aide au développement de l'économie du livre, viendra se substituer aux dispositifs précédents,  FAEL en Basse-Normandie et FDEL en Haute-Normandie, et les développer.

Il s’agit de préserver l’équilibre économique de la filière du Livre, contribuer à son développement et à sa structuration, de soutenir la création littéraire, la diffusion du livre et l’ensemble des professionnels de la chaine du livre, de ravoriser l’accès au livre et à la lecture de tous les publics.


 

 voir aussi:

http://france3-regions.francetvinfo.fr/haute-normandie/agences-regionales-du-cinema-du-livre-normandie-vont-fusionner-1143133.html