C'est grave! Une fois de plus, la Normandie et les Normands sont aux avant-postes pour défendre l'ETAT de DROIT en France.

"C'est mon dreit et j'y ti!" dit le célèbre dicton normand.

La Normandie qui fut l'un des berceaux de la tradition occidentale de l'Etat de droit au XIIe siècle, reste la région de France où la question du droit public fait l'objet d'une longue tradition de vigilance et de réflexion: la matière juridique de l'ancienne coutume de Normandie en témoigne et elle nous rappelle que le souverain se doit d'être au service de l'Etat de droit et non l'inverse.

Le patrimoine juridique normand nous rappelle que le pouvoir du prince qui plus est élu démocratiquement, doit respecter l'indépendance du pouvoir judiciaire. La justice et les lois ne peuvent être considérées comme de simples auxilliaires de l'action publique au pouvoir car l'enfer politique est trop souvent pavé des plus nobles intentions au service de l'intérêt général.

Depuis 1204, date du rattachement de la Normandie au domaine royal français, la tradition juridique normande et, au delà, les hommes de lettres, les savants, juristes, les hommes politiques ayant fait leur carrière publique en Normandie nous rappellent que le service authentique de l'Etat de droit est incompatible avec une conception impériale romaine du pouvoir que ce soit sous Philippe Auguste, Louis XI, Louis XIV, Robespierre, Napoléon 1er, Napoléon III, Clémenceau, Pétain, De Gaulle, Mitterrand, Sarkozy ou Manuel Valls...

Montesquieu, pour finir, (car entre Bordeaux et la Normandie il y a quelques affinités) rappelait dans sa théorie de la séparation des pouvoirs que la vraie séparation n'est pas entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif (car le pouvoir exécutif ne devrait être que celui d'exécuter les lois) mais entre le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire (pour garantir l'indépendance de la justice et la sérénité nécessaire à l'acte toujours grave de juger).


 C'est ainsi que le cherbourgeois Bernard CAZENEUVE, ultime Premier ministre du rouennais Hollande, va devoir démontrer, une fois de plus, qu'il est un véritable "homme d'état":

http://www.tendanceouest.com/actualite-205033-independance-de-la-justice-la-vive-inquietude-une-magistrate-de-normandie.html

Indépendance de la justice : la vive inquiétude d'une magistrate de Normandie

Indépendance de la justice : la vive inquiétude d'une magistrate de Normandie

Les magistrats de la cour de la cassation en appellent à Bernard Cazeneuve.

Le 07 décembre 2016 à 21:00

Dans un courrier en date du mardi 6 décembre 2016 et rendu public sur les réseaux sociaux, la Cour de cassation en appelle au premier ministre, Bernard Cazeneuve, pour s'expliquer sur la parution d'un décret controversé au Journal Officiel. Marie-Antoinette Houyvet, déléguée régionale adjointe de l'union syndicale des magistrats et magistrate à la cour d'appel de Caen (Calvados) dénonce une atteinte à l'indépendance de la Justice.

La Cour de cassation est inquiète. En cause, un décret rendu public au journal officiel qui "placerait la cour de cassation sous le contrôle direct du gouvernement par l'intermédiaire de l'inspection des services du Ministère de la Justice".

Le nouveau locataire de Matignon et ancien premier flic de France connaît une prise de fonction mouvementée. La cour de cassation a en effet sollicité par le biais d'un courrier de son procureur général, Jean-Claude Marin, un entretien avec le Premier ministre, Bernard Cazeneuve, pour qu'il puisse fournir des explications sur les raisons de ce décret paru au Journal officiel.


 Voir l'original du courrier envoyé par le Premier président de la Cour de Cassation au Premier ministre: