Premier bilan de l'action de la première majorité régionale normande dans l'histoire séculaire de notre région: Hervé Morin ne cache pas sa satisfaction et son plaisir à être le premier président de la Normandie réunifiée.

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A lire ci-après les entretiens d'Hervé MORIN accordés à la presse normande: d'abord pour Normandie ACTU

http://www.normandie-actu.fr/economie-transports-apres-un-an-tete-region-normandie-herve-morin-dresse-bilan-action_246392/comment-page-1/#comment-273769

Economie, transports... après un an à la tête de la Région Normandie, Hervé Morin dresse le bilan

Après un an à la tête de la Région Normandie, le président Hervé Morin dresse le bilan de son action et évoque ses projets pour les années à venir. Interview.

Mise à jour : 09/12/2016 à 17:37 par Amandine Briand

Après un an à la tête de la Région Normandie, Hervé Morin dresse un premier bilan de son action. (photo : Fabien Massin/Normandie-actu)

Après un an à la tête de la Région Normandie, Hervé Morin dresse un premier bilan de son action. (photo : Fabien Massin/Normandie-actu)

De la marque normande à son soutien « enthousiaste » pour François Fillon en passant par sa politique en matière d’économie, de transports ou de culture, le président de la Région Normandie, Hervé Morin, dresse, pour Normandie-actu, le bilan de son action après un an de gouvernance. Interview.

Normandie-actu. Quel bilan tirez-vous de cette première année de mandat ?

Hervé Morin. Nous avons fait pas mal de choses mais il en reste encore à faire ! Je trouve qu’en 11 mois, nous en avons déjà fait beaucoup, dans une région qui a beaucoup souffert économiquement, plus encore que le reste de la France.

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Nous avons mis en place une Agence de développement unique en Normandie, basée à Caen et Rouen, réactive, simple et, je crois, saluée par tous les acteurs économiques. Nous avons également crevé les plafonds en matière de financements et nous avons financé, en cinq mois, des projets à l’export au même niveau que les deux régions Haute et Basse-Normandie en un an, avant la réunification.
Nous avons mis en place des mécanismes simples pour l’innovation, pour l’investissement et nous avons largement réduit les délais de traitement pour les entreprises.
Nous avons développé notre politique d’attractivité et construit une marque, qui sera en place dans quelques mois et partagée par tous les acteurs de Normandie dans les domaines culturel, sportif, patrimonial, économique, touristique.

Notre objectif est clair : nous voulons faire rayonner la Normandie. Là où on est bons, nous voulons devenir les meilleurs.

« Six à sept millions d’euros d’économies » et plus encore à venir

Normandie-actu. Avez-vous réussi à faire les économies que vous souhaitiez réaliser pour la Région  ?

Hervé Morin. Nous nous étions fixés des objectifs en termes de réduction d’effectifs que nous n’atteindrons pas, soyons clairs. En réalité, nous partions sur des estimations d’effectifs qui n’étaient pas les bonnes. En clair, les éléments qui nous avaient été donnés par un syndicat se sont avérés inexacts, tant la gestion des ressources humaines en Haute-Normandie était opaque…

Nous avons tout de même réduit le nombre de directeurs, passant de 28 à 21 ; nous avons supprimé le journal régional – ce qui représente deux millions d’euros d’économies par an ; et nous avons arrêté les emplois aidés, économisant au passage un million d’euros. Au total, nous avons dû faire six à sept millions d’euros d’économies cette année.

Par ailleurs, nous avons créé des dépenses nouvelles : nous avons notamment créé une bourse pour les étudiants internationaux, qui va nous coûter trois millions d’euros par an. L’objectif était que les étudiants, quelque soit la situation financière de leur famille, puissent effectuer leur mobilité à l’étranger. Cela n’existait pas en Haute-Normandie et en Basse-Normandie, c’était un régime assez modeste.

Normandie-actu. D’autres économies sont-elles prévues pour les années à venir ? Y aura-t-il des coupes importantes ?
Hervé Morin. Eh bien écoutez, rendez-vous en janvier ! Nous sommes en train d’y travailler et nous vous présenterons cela en temps et en heure. Des économies seront effectivement faites sur les dépenses qui ne relèvent pas de la compétence régionale ainsi que sur une multitude de petites niches qui n’ont pas de sens, comme le financement de partitions de musique pour une collectivité par exemple…

Il est clair que nous avons besoin de faire des économies de fonctionnement dans la mesure où nous avons des dotations qui sont en forte baisse puisque l’État a décidé de réduire nos ressources l’années prochaine de 45 millions d’euros. Si nous voulons conserver notre capacité d’investissement, il faut que l’on puisse faire des économies.

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Normandie-actu. Combien comptez-vous économiser ?

Hervé Morin. Suffisamment pour ne pas dégrader notre capacité d’investissement futur.

Normandie-actu. Les concerts de la Région peuvent-ils faire partie de ces économies ?

Hervé Morin. Oui. C’est à dire que si l’on dégrade notre capacité d’auto-financement, il est clair qu’à terme, c’est notre capacité d’investissement qui va se dégrader fortement… Pour les concerts de la Région – qui coûtent un million d’euros – les choses vont évoluer mais nous en parlerons en janvier.

Normandie-actu. A quel niveau comptez-vous augmenter la capacité d’investissement de la Région ?

Hervé Morin. La capacité d’investissement est effectivement un sujet majeur. Nous voulons passer de 390 à 560 millions d’euros, en moyenne, par an, sur cinq ans.

« La Normandie est redevenue une priorité pour la SNCF »

Normandie-actu.  Trains, réseaux routiers, contournement Est de Rouen, aéroports… quel est le bilan en matière de transports ? Et quels sont les projets ?

Hervé Morin. Il faut reconnaître au moins une chose, c’est que la Normandie est redevenue une priorité pour la SNCF alors que nous avions été un peu oubliés. En moins de dix mois, nous avons commandé des trains neufs pour l’ensemble du territoire. Coût de l’opération : 720 millions d’euros, plus 700 millions d’euros pour les infrastructures et 100 millions d’euros pour que la maintenance se fasse désormais en Normandie, alors qu’elle se faisait à Paris. Nous avons ainsi créé un grand centre de maintenance à Sotteville, avec une centaine d’emplois créés.
Nous avons également amélioré la desserte de la gare Saint-Lazare où le système de voies est compliqué. Personne ne peut contester qu’il y a eu là un vrai effort de la Région pour sortir de la misère dans laquelle on était !

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Sur le routier, nous avons repris les infrastructures routières que la précédente majorité refusait de financer. Nous avons financé la moitié du Granville-Avranches, apporté 30 millions d’euros à l’Orne pour la quatre voies Flers-Argentan et nous avons décidé de financer des échangeurs comme celui de la Haie Tondue dans le Calvados et celui d’Heudebouville, près de Louviers. Nous allons maintenant faire en sorte que l’État remette à l’ordre du jour des chantiers comme celui de la RN12, de la desserte de Dieppe ou celle du Caen-Flers.
Il y a un autre dossier absolument stratégique qui est celui du contournement Est de Rouen. Ça doit se faire. Je ne peux pas accepter que ça ne puisse pas se faire. Je pense que nous sommes au bout du calvaire.

Enfin, sur les aéroports, il faut absolument aller vers une offre aéroportuaire commune. Nous allons déjà avoir une direction commune Caen-Deauville qui va favoriser l’évolution des choses. Nous ne devons pas être dans la concurrence mais la complémentarité entre les plateformes et il est essentiel d’arriver à bâtir une gouvernance commune.

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Normandie-actu. Quel est le dossier dont vous êtes le plus fier pour cette année ?

Hervé Morin. Le dispositif de soutien à l’économie et aux entreprises « Arme ». Nous avons mis en place ce dispositif pour éviter le dépôt de bilan et le tribunal de commerce à des entreprises fondamentalement saines mais qui ont un problème de trésorerie. Nous avons sauvé 2 000 emplois et 58 entreprises en quatre mois, toutes branches et tous types d’entreprises confondus.
Nous sommes également la seule région française à avoir mis en place un fonds d’investissement de 100 millions d’euros pour entrer dans le capital des entreprises et ainsi favoriser leur développement.
Je suis assez fier de l’écho très favorable que nous recevons du milieu économique.

Normandie-actu. Et celui dont vous êtes le moins fier ?

Hervé Morin. Aucun dossier en particulier. Ce qu’il y a, c’est que je trouve que tout va toujours trop lentement. C’est un combat de tous les jours pour ne pas être enlisé par les démarches administratives. Tout est compliqué…

« Le gouvernement 2017, ce n’est pas pour moi »

Normandie-actu. En début de mandat, vous aviez pris l’engagement ferme de ne pas quitter la région. Est-ce toujours d’actualité à l’approche de 2017 ?

Hervé Morin. Le gouvernement 2017, ce n’est pas pour moi. Vous me retrouverez donc l’année prochaine !

Normandie-actu. Le choix de François Fillon, tout de même très à droite par rapport à vos convictions, vous convient-il ?

Hervé Morin. Ca me va très bien. Je suis favorable à une politique de l’offre de manière générale. Je pense que c’est de ça dont nous avons besoin pour le pays.
Favoriser l’investissement, la croissance des entreprises, faire en sorte que les riches soient en France plutôt qu’à l’étranger, que l’investissement se fasse en France plutôt qu’ailleurs, que nos jeunes sortant de grandes écoles ne considèrent pas que leur avenir est ailleurs qu’en France, harmoniser les régimes de retraite ou faire en sorte que l’école redevienne un lieu de l’égalité… tout cela me va bien. Je soutiens François Fillon avec enthousiasme !

Normandie-actu. Quelle est votre position vis-à-vis des centristes ? Allez-vous quitter la famille ?
Hervé Morin. En clair, je veux des centristes fiables et loyaux à la prochaine majorité. Des centristes qui ne changent pas de cap en permanence. Très clairement, si tel n’est pas le cas au sein de l’UDI, nous partirons.


 

Puis, de façon plus complète, au quotidien Paris-Normandie:

http://www.paris-normandie.fr/region/herve-morin-un-apres-sa-victoire-aux-elections-regionales-en-normandie--j-ai-le-sentiment-d-etre-utile-a-ma-region-EF7711251?utm_source=Utilisateurs+du+site+LA+NEWS&utm_campaign=d627ef5d05-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_233027d23b-d627ef5d05-137315997#.WE5xK3opo1g

Hervé Morin, un après sa victoire aux élections régionales en Normandie : « J’ai le sentiment d’être utile à ma région »

Publié 11/12/2016 á 22H48

Hervé Morin célèbre demain le premier anniversaire de sa victoire aux élections régionales en Normandie. Le 13 décembre 2015, il l’emportait en effet de 4 709 voix face à l’ancien président de l’ex-Haute-Normandie, Nicolas Mayer-Rossignol (PS). En douze mois, l’ancien ministre de la Défense estime avoir fait bouger les lignes, avoir bousculé les habitudes et mis la Région sur les rails avec une initiative qu’il juge « pionnière » en matière ferroviaire, même si les modalités financières, elles, sont critiquées par son opposition. Hervé Morin veut maintenant agir sur la fierté d’être Normand et renforcer l’attractivité de la région.

La Normandie aura quarante nouveaux trains en 2020, financés par l’État en contrepartie d’une prise en charge de la gouvernance par la Région. Le PS souligne le fait que, contrairement à d’autres régions, le déficit annuel des lignes Intercités, environ 35 M€, n’est pas pris en charge par une aide financière de l’État. Qu’en pensez-vous ?

Hervé Morin. « L’accord normand est financièrement plus avantageux que les accords qui ont suivi entre l’État et les autres Régions. Et je trouve curieux ce défaitisme qui consiste à affirmer que les deux lignes qui étaient à l’équilibre - Paris-Rouen-Le Havre et Paris-Caen-Cherbourg - il y a quelques années ne pourraient pas le redevenir. N’oublions pas que les déficits se sont creusés parce qu’il y a beaucoup d’usagers qui ne veulent plus prendre le train à cause d’un matériel en fin de vie, qui accumule les retards et les pannes. La Région, après l’accord historique signé avec l’État, devient la seule autorité en matière de transport pour toute la Normandie, tout mode de transport confondu. J’ai bien l’intention d’avoir une étude extrêmement fine et précise sur les besoins des consommateurs pour que l’on fasse évoluer l’offre de transport dans la région. Prenons un exemple : Caen-Tours est une ligne Intercités alors qu’en vérité, il s’agit de deux lignes régionales. Nous voyons bien que ce n’est pas un train Intercités dont nous avons besoin, mais d’une ligne au Sud desservant bien les Normands vers Le Mans et Tours et l’autre au Nord vers Caen. Regardons le Paris-Serquigny : il n’y a quasiment personne à certaines heures à partir d’Evreux. Quand on est à Alençon, le problème est souvent d’aller récupérer un TGV au Mans. Est-ce que nous ne pouvons pas penser à l’amélioration de la desserte en l’adaptant aux horaires des TGV ? Nous devons aussi pouvoir améliorer l’offre en pensant non pas aux trains mais aux bus. Tout est à repenser et ce sera tout le travail de l’année 2017 puisque les conventions entrent à nouveau en discussion. Mon intention n’est pas d’être à 25 ou 45 M€ de déficit quand la Région prendra la main sur le sujet en 2020 ».

Valérie Pécresse, la présidente de la Région Ile-de-France, partage-t-elle votre ambition ?

« La Normandie était totalement laissée pour compte. Elle est redevenue une des régions prioritaires de la SNCF. Le fait qu’il y ait quinze collaborateurs SNCF, qui s’installent à Rouen, est bien la preuve que la Normandie redevient une priorité. Les 720 M€ engagés par l’État pour l’achat des nouveaux trains et le fait que la gare Saint-Lazare, qui n’a pas fait de réfection sur sa desserte depuis 1937, fasse l’objet d’une grande étude que Valérie Pécresse et moi sommes prêts à financer, avec l’État bien entendu, ce n’est pas rien. Les 700 M€ sur la rénovation des voies, ce n’est pas rien. Les 100 M€ pour le centre de maintenance à Sotteville-lès-Rouen, ce n’est pas rien. Par ailleurs, nous allons enfin « normandiser » la gare Saint-Lazare. Ce que je revendique, c’est que d’une situation où nous n’avions aucun espoir, où l’on renvoyait à la ligne nouvelle Paris-Normandie, que les politiques se dédouanaient de leur incapacité à faire évoluer les choses hormis faire des communiqués vengeurs, nous avons fait bouger les choses. D’autres régions font comme nous. Nous avons été pionniers dans cette affaire ! »

« Sur le Transmanche,je suis ouvert à la discussion »

La LNPN est-elle remise aux calendes grecques ?

« Je suis pour et je me bats pour la LNPN. La Région a d’ailleurs décidé au printemps de financer le barreau Caen-Rouen qui est stratégique pour la région, pour l’économie, l’emploi, les universités, etc. Je regrette que cela n’ait pas été fait plus tôt ».

210 M€ d’excédent budgétaire à votre arrivée à la tête de la Région, n’est-ce pas un signe de bonne gestion de vos prédécesseurs ?

« Non. C’est plutôt la preuve d’une absence d’ambition, d’aucune vision. Quand on a 210 M€ d’excédent sur un budget, c’est signe qu’on n’a pas de projets alors qu’il y a pourtant tellement besoin d’investir dans notre Région ».

Vous êtes donc un président heureux, assis sur un tas d’or.

« Non parce que leur majorité présidentielle réduit chaque année la dotation de la Région de 100 M€ ! Ce qui fait que nous sommes dans une situation où nous avons, en effet, des capacités d’investissement, mais où, en termes de dépenses de fonctionnement, nous devenons très exsangues. Comme nous voulons maintenir nos investissements et ne pas augmenter les impôts, il nous faudra faire des économies pour compenser ces pertes de recettes ».

Êtes-vous toujours favorable à un aéroport unique à Deauville, comme vous l’étiez il y a quelques années ?

« C’était une erreur. Nous avons besoin de construire une offre aéroportuaire normande comme il y a une offre aéroportuaire bretonne. Je viens d’ailleurs d’obtenir une direction commune entre Caen et Deauville ».

Qui doit faire quoi selon vous ?

« Je veux que nous jouions une carte simple : un interlocuteur unique faisant la promotion et le développement avec les patrons des quatre offres aéroportuaires existantes (Caen, Deauville, Le Havre et Rouen-Boos). C’est le modèle breton avec ces multiples aéroports pour lesquels une offre commerciale unique est proposée mais où chacun a ses spécificités. L’idée n’est pas de dire que nous allons tous faire la même chose mais de dire que nous allons attirer des compagnies capables d’offrir de meilleures prestations pour la Normandie ».

À quelle échéance ?

« Début 2018 est mon horizon ».

Plusieurs fois, Pascal Martin, le président du conseil départemental de la Seine-Maritime, a fait des appels du pied pour que la Région entre dans le tour de table du Transmanche Dieppe-Newhaven. Qu’allez-vous faire ?

« Je suis ouvert à la discussion dès lors que la situation est stabilisée. Je suis convaincu du rôle essentiel de la liaison transmanche pour Dieppe mais je souhaite que ce soit avec une délégation de service public stabilisée et opérationnelle. N’oubliez pas que la Région a également à sa charge d’autres ports avec d’autres délégations sur le Transmanche, à Ouistreham et Cherbourg ».

« Une équipe cycliste sur le Tour de France »

Où en est votre projet d’agence d’attractivité ?

« Le sujet est majeur : c’est faire en sorte, en développant l’image d’une Normandie fondée sur ses nombreux atouts, que nous soyons en capacité d’attirer des habitants, des investissements ou encore des étudiants. La Normandie, c’est le Mont-Saint-Michel et les plages du Débarquement. C’est aussi, et c’est beaucoup moins connu, des numéros 1 mondiaux économiques et portuaires, une terre à la pointe dans le domaine de la recherche, de la santé, des merveilles culturelles, un formidable vivier de start-up talentueuses ou encore une qualité de vie extraordinaire. Je le dis souvent, la Normandie elle-même est un « champion caché » ! Changer les regards sur la Normandie ne sera possible que si les Normands, au-delà de la fierté qu’ils éprouvent de l’être, sont convaincus de l’excellence normande. C’est tout le sens de la démarche engagée par Philippe Augier ».

Avez-vous l’impression que les choses bougent ?

« J’observe que la participation à la co-construction de cette stratégie est forte. Il existe une passion normande et nous souhaitons qu’elle s’exprime. Nous avons mille ambassadeurs, mille personnes qui se sont proposées pour porter la région. Un club des Parisiens qui ont des attaches en Normandie a été créé et l’objectif est de constituer des clubs d’ambassadeurs normands dans tous les pays. Nous allons, par exemple, envoyer des drapeaux aux mairies de la région et leur demander de pavoiser la Normandie. Nous allons proposer que les lycéens aillent visiter un élément du patrimoine normand chaque trimestre. Développer l’attractivité, c’est aussi des investissements matériels synonymes de rayonnement. Le train avec Paris en est un. La modernisation du campus du Madrillet sur laquelle nous allons accompagner la Métropole de Rouen en est un second. La Région entend également développer Normandie Impressionniste et lancera dès le printemps un premier événement international sur le thème de la Normandie pour la paix. Autre exemple : j’essaie aussi de trouver un grand partenaire industriel pour avoir une équipe cycliste pour le Tour de France afin que l’on puisse agiter le drapeau normand sur toutes les routes de France ; même si c’est très difficile ».

L’agence de l’attractivité verra-t-elle le jour ?

« Dès que nous aurons notre plan global d’attractivité, il faut que nous soyons immédiatement dans l’opérationnel. Ce plan arrivera en juin, l’agence sera en place en septembre 2017 ».

En matière d’économie et d’emploi, vous aviez annoncé il y a quelques semaines des implantations industrielles. Où en sont-elles ?

« Nous avons des projets sur lesquels nous travaillons mais il faut être prudent en la matière. Par exemple, un projet autour de la métallurgie et deux grands groupes industriels devraient faire des annonces prochainement. L’un doit annoncer des investissements très importants, qui sont le signe que le groupe va rester sur le long terme. L’autre est lié à un grand centre de recherche dans la Manche porté par Agrial avec une centaine d’emplois à la clef. Il est important que la Région montre aux entreprises qu’elle les aime ».

« Nous sommes à 2 000 emplois sauvés »

De quelle manière ?

« En finançant une partie des investissements. Mais je considère que mon action est surtout sur le réseau des PME. Avec le dispositif Arme [Anticipation, redressement, mutations économiques, N.D.L.R.], nous sommes à 2000 emplois sauvés, 177 dossiers, dont 58 aidés. Mais nous avons aussi refusé de subventionner des entreprises qui gagnaient beaucoup d’argent et où la subvention aurait été un effet d’aubaine. Nous allons mettre en place un tableau de bord avec 2016 comme point de référence qui permettra, d’ici trois ou quatre ans, de démontrer que nos dispositifs ont eu de l’effet et que nous faisons mieux qu’ailleurs ».

L’éolien offshore est-il toujours une priorité ?

« Oui bien sûr mais on avance discrètement ».

Sur le champ éolien de Dieppe-Le Tréport, quelle est votre position ?

« J’ai fait en sorte qu’Engie et les pêcheurs se parlent dans mon bureau, à Rouen. Nous ne voulons pas se passer du parc du Tréport et si nous pouvons le faire évoluer un peu, c’est plutôt bien. Je trouverais bien que nous arrivions à un point de synthèse ».

« Un président de Région n’est pas à la niche ! »

Êtes-vous pessimiste sur les usines d’éoliennes du Havre ?

« Je trouve au contraire que ça progresse que ce soit pour Le Havre et Cherbourg. Je ne veux pas que l’on se retrouve avec des friches et je souhaite que les deux villes puissent se dire qu’elles sont gagnantes ».

Vous aviez dit que vous seriez président à 100 %. Vous n’avez plus de mandat mais vous créez un parti politique (lire en page France-Monde). Est-ce conciliable ?

« Un président de Région n’est pas quelqu’un qui est à la niche ! Ce serait une faute que de ne pas s’intéresser à la politique nationale. Un président de Région est d’autant plus efficace quand il a le portable du président de la République, ou celui qui a de bonnes chances de le devenir, François Fillon. Un président de Région doit avoir de l’influence ».

Est-ce qu’un portefeuille ministériel peut se refuser ?

« Je l’ai dit récemment à François Fillon qui voulait que l’on se voie pour bâtir la majorité de demain : ce que je fais pour lui et la majorité de demain, je le fais de manière totalement désintéressée. Je suis enthousiaste dans ma fonction. Je suis très heureux et j’ai le sentiment d’être utile à ma région ».

Avez-vous renoncé à toute ambition nationale ?

« L’ambition nationale ne se construit pas simplement en étant ministre. Si je peux contribuer à construire une majorité solide à travers une formation politique, c’est aussi une ambition nationale. Si je suis capable d’influencer le président de la République dans l’idée que la refonte et le renouveau du pays passent par les territoires et par une décentralisation affirmée, je serais heureux d’y avoir contribué. Et soyons clairs, avec aujourd’hui treize régions en France, un président de Région est un responsable politique national du fait même de la taille de ces nouveaux territoires ».

Quelle est l’étape suivante de la décentralisation selon vous ?

« Je souhaite très clairement qu’on nous laisse seul maître à bord sur un certain nombre de sujets, comme la formation et l’orientation des jeunes. D’une manière générale, il faut permettre à la réglementation d’être adaptée aux problèmes spécifiques de chaque Région. »

« Nous avons fait la réorganisation en six mois »

Un système à l’allemande ?

« Nous avons du chemin à parcourir. Si vous prenez le champ de l’économie, nous avons la main sur l’essentiel mais il faut maintenant que la Région puisse avoir une fiscalité adaptée à ses compétences. Avec le plan 500 000 formations du gouvernement, nous avons montré que l’on sait faire. Nous avons un couple Région-intercommunalité qui est de toute évidence le binôme de l’avenir ».

Êtes-vous satisfait du fonctionnement de la nouvelle Région ?

« J’ai une administration publique de très bon niveau, très engagée et fière de sa mission. Nous avons fait la réorganisation en six mois. Je ne veux plus que l’on soit un guichet ou une banque, je veux que nous soyons un moteur, que nous fassions des choses par nous-mêmes dans l’intérêt de la Région ».

Est-ce un handicap d’avoir la préfecture à Rouen et la Région à Caen ?

« Pas du tout. C’est au contraire l’assurance d’un juste équilibre entre les territoires, ce que j’ai toujours défendu ! »

Propos recueillis par Thierry Rabilleret Stéphane Siret

 


 Commentaires de Florestan:

Une question qui n'a pas effleuré l'esprit de Madame la rédactrice en chef de Normandie Actu: que va faire Hervé Morin pour reprendre en mains l'AXE SEINE? Normandiser l'Axe Seine? Va-t-il dénoncer l'actuel Schéma stratégique? Refinancer le CPIER?

Réponse le 13 janvier 2017 avec une conférence de presse commune avec Valérie Pécresse...

Quant au reste: on donnera un satisfecit normand à Hervé Morin pour sa gestion réactive et innovante des deux plus grandes urgences normandes, à savoir le ferroviaire et le réarmement financier de l'économie et de l'industrie normandes dans une logique d'intelligence territoriale totalement assumée. L'Agence de Développement de Normandie est un vrai succès ainsi que l'idée très innovante et stratégique d'avoir créé un fonds d'investissement normand: la Normandie industrielle possède enfin ses outils d'intelligence économique pour permettre d'assurer le présent et de préparer l'avenir afin de ne plus confondre, dans la résignation, la conjoncture économique et la météo...

Sur l'attractivité et la "marque" Normandie, nous sommes, avec beaucoup d'autres, dans les tuyaux: on attend donc de voir comment tout cela va déboucher. Nous avons déjà dit que nous ne voulons pas que la Normandie soit lancée sur le marché comme une savonnette... De même, dans un billet précédent ici même, nous avons rappelé que la société civile normande était suffisamment mature pour savoir par elle-même ce que la fierté d'être Normand ou une marque "Normandie" peuvent signifier: le cabinet Co-Managing définit pour des raisons d'ordre pratiques le contenant de la mission attractivité. Il n'a aucune légitimité pour définir le contenu: ça ira mieux en le disant.

En revanche on s'inquiètera de n'avoir pas encore beaucoup d'informations sur le futur projet normand pour la culture et l'allusion à la suppression d'une subvention régionale aux partitions de musique ne semble pas aller dans le bon sens: la culture ne doit pas être la variable d'ajustement d'une austérité budgétaire régionale annoncée suite à une énième défausse de l'Etat en matière de dotation globale de fonctionnement: cela pose une nouvelle fois la question d'aller, avec la création d'une vraie autonomie financière régionale, vers une nouvelle étape de la décentralisation.

Sur la question des politiques publiques culturelles, nous aimerions qu'Hervé Morin tranche clairement: s'agira-t-il de financer la culture en région (avec un conseil régional simple robinet à subventions) ou de promouvoir réellement la culture régionale? (avec un conseil régional d'abord au service de la valorisation des acteurs, créateurs normands et de la culture régionale normande)

Enfin, les échos que nous pouvons avoir en provenance des personnels du Conseil Régional de Normandie réorganisé sur ces deux sites de l'abbaye aux Dames caennaise et de la caserne Jeanne d'Arc rouennaise nous inquiétent:

Alors que tous les agents adhèrent sans réserves à la belle idée normande, certains se plaignent de se sentir abandonnés dans le cadre d'une organisation trop verticale qui laisserait peu de place à l'initative des équipes et des agents au profit de l'action du Président de région et de son cabinet.

Il est vrai qu'il y a tant à faire et que dans notre Normandie longtemps restée en déshérence sur des sujets essentiels (ex: le ferroviaire), le Président Morin doit passer d'une urgence à l'autre.

La question de la trop grande distance entre les services de la région (qu'ils soient à Caen ou à Rouen) et les territoires normands (avec l'ensemble des acteurs locaux) est posée:

La Normandie doit être un manifeste de girondinisme géographique contre toute forme de centralisation JACOBINE...

Le grand pari normand consiste à s'extraire de la centralisation parisienne: ce n'est donc pas pour la reproduire au niveau normand à partir de Caen ou de Rouen.

C'est pourquoi, la question du maintien de la stricte parité du nombre d'agents à Caen et à Rouen qui correspond à des nécessités politiques va se poser pour des raisons pratiques: il y a plus de travail à faire sur le site de l'abbaye caennaise (siège officiel de la Région Normandie) où les agents croulent sous les dossiers à traiter que sur le site de la caserne rouennaise où les agents ont moins de choses à faire désormais et se sentent en déshérence.

Un nouveau redéploiement des agents de la région Normandie semble donc, à terme, inévitable et il ne serait pas idiot de créer dans le réseau des villes moyennes de Normandie une dizaine de "maisons de la Normandie" où des agents de la région pourraient se trouver pour rencontrer les acteurs de la société civile normande où ils vivent et travaillent: le contact humain dans une région ayant des valeurs humanistes ça compte... Non?