Avant de prendre connaissance de la vision (assez pauvre) de l'Axe Seine proposée par Valérie Pécresse, présidente de la région Ile de France, on rappelera à tous nos lecteurs normands quelques évidences:

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http://normandie-magazine.fr/hot-news/2489-au-sommaire-du-numero-de-dec-2016-janvier-2017.html

1) L'influence maritime dans la vallée de la Seine est stoppée au barrage de Poses (pour ce qui est de la marée remontant le cours de la Seine depuis l'estuaire)

2) Mais elle est aussi contrecarrée par une certaine Valérie Fourneyron à Rouen quand son actuelle communication politique revient à préparer les esprits à la transformation de ce qui est encore le dernier Grand Port Maritime de fond d'estuaire d' Europe (avec Hambourg) en un port secondaire surtout fluvial dans le cadre d'un futur "bassin Seine Escaut" dont la colonne vertébrale sera le fameux canal Seine Nord Europe branchant directement le marché de la mégalopole parisienne et ses 12 millions d'habitants sur une autre façade maritime et portuaire que la façade historique et naturelle normande.

http://normandie.canalblog.com/archives/2016/11/19/34586525.html

 3) La nature ayant horreur du vide, le port de Rouen pourrait se reconvertir dans l'accueil de super-bateaux mouches pour promener les touristes depuis la Tour Eiffel jusqu'au Havre: l'essentiel du trafic du fret de marchandises généré par le marché parisien passant par le futur canal Seine Nord Europe depuis le port municipal belge d'Anvers ou le GPM de Dunkerque appelant à lui les trafics céréaliers de tout le Nord Est de la France (y compris la Beauce) qui, autrefois, allaient au GPM de Rouen. L'Axe Seine deviendrait un axe secondaire pour le fret et un axe majeur pour le tourisme (pour le plus grand profit des voyagistes parisiens).

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4) Sur le blason de la ville de Paris figure une nef. Et la devise en latin dit: "elle flotte mais ne coule pas". On a vu beaucoup plus ambitieux quant à concevoir des transports sur l'eau ou une marine! On ne peut pas demander à des bateliers d'être des marins hauturiers. C'est aux Normands de faire monter l'air du grand large jusqu'à Paris et non l'inverse!

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5) Quelques proverbes: "charité bien ordonnée commence par soi-même!" "On n'est jamais si bien servi que par soi-même!" "On ne voit midi qu'à sa porte." "Pour dîner avec le diable le manche de la cuillère n'est jamais assez long" etc... Si on laisse la définition de l'enjeu national et normand de l'Axe Seine (à savoir maintenir en France le 4ème système portuaire européen en situation d'avant port sur la mer la plus fréquentée du Monde) à d'autres que nous-mêmes, au mieux ils s'en contrefichent, au pire ils s'en occupent à l'aune de l'idée qu'ils peuvent s'en faire selon leurs intérêts les plus immédiats. Il est donc URGENT que les NORMANDS s'occupent enfin un peu d'eux-mêmes! Personne ne le fera à leur place! Bien au contraire...

6) Il faut donc NORMANDISER l'AXE SEINE pour que la Normandie soit force de propositions et le pilote de l'affaire: il est essentiel de ne plus laisser ce rôle aux pouvoirs parisiens (que cela soit l'Etat central ou la région Ile de France). C'est urgent, car à Paris on n'a toujours pas compris la nécessité de confier à une région Normandie suffisamment autonome et organisée la direction de l'enjeu national maritime de l'Axe Seine pour la bonne et simple raison que les réalités les plus élémentaires de l'économie maritime sont méconnues pour ne pas dire méprisées par les élites parisiennes.

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7) Pour éviter, à terme (2030?), la fusion- absorption de la Normandie utile à la région parisienne sous prétexte d'un manque d'organisation et de volonté politique en Normandie (c'est la thèse du géographe Jacques Lévy qui justifie ainsi le projet de l'urbaniste Antoine Grumbach de banlieusardisation de la Seine maritime normande et son rattachement au Grand Paris) il va falloir faire un sérieux travail de remise à niveau de l'organisation et de la gouvernance des infrastructures logistiques et portuaires normandes: le choc du canal Seine Nord est prévu pour 2024 alors que le GPM du Havre n'est toujours pas désenclavé correctement au niveau ferroviaire (notamment par la rive Sud de l'estuaire), qu'il demeure toujours mal relié au fleuve, que la métropole de Rouen n'est toujours pas correctement contournée par la route ni bien desservie sur tous les axes qui pourraient en faire autre chose qu'une banlieue industrialo-portuaire en sursis solidement attachée à tous les terminus parisiens comme la corde attache le pendu...

Il faut donc une très grande force d'impulsion politique: elle ne peut pas être à Paris. Elle doit être normande.

Hervé MORIN nous promet des annonces et une grande volonté politique à l'occasion d'une conférence de presse commune avec Valérie PECRESSE prévue le 13 janvier 2017...

En attendant, Valérie PECRESSE s'exprime dans le dernier numéro disponible de Normandie Magazine sur les enjeux de l'AXE SEINE: elle en a une vision appauvrie puisqu'il s'agit de la vision parisienne de l'amont. Les Normands de l'aval ont tout simplement le devoir de ne pas donner leur aval... pour se faire avaler!

Les décideurs normands ont donc l'immense responsabilité de prendre en mains cette affaire essentielle:

Il en va tout simplement de la survie de l'idée normande.

 

Pécresse 1

Pécresse 2

 


 

 Commentaire de Florestan:

Les Normands demeurent divisés

Dans le domaine pourtant stratégique de la logistique et du portuaire qui pèse d'un poids supérieur à la moyenne nationale en Normandie, les professionnels normands restent divisés et peinent à s'unir:

Du côté des ports, il y a, certes, le GIE HAROPA depuis 2012 mais les GPM de Rouen et du havre n'ont pas forcément mis un terme à de vieilles rancunes: si l'idée évidente d'un franchissement de l'estuaire par un tunnel ferroviaire pour désenclaver le port du Havre par la rive Sud n'est toujours pas mise en oeuvre c'est surtout parce que le foncier disponible sur la rive Sud en amont de Honfleur (avant-port de Rouen) appartient au... GPM de Rouen. Si nous étions dans une structure portuaire normande réellement unique, un tel blocage n'aurait pas lieu d'être. En outre, Ports Normands Associés n'associent que les ports de l'Ouest de la Normandie: Dieppe, port régional, reste toujours en dehors.

La mise en place d'un grand réseau régional cohérent des ports normands devrait être le grand chantier à mener pour renforcer la Normandie portuaire face au choc de concurrence du futur canal Seine Nord Europe.

On constatera aussi le même manque de cohérence du côté des logisticiens normands qui sont toujours divisés entre Haut et Bas Normands (Logistique Seine Normandie et la Fédération des Clubs logistiques de Basse Normandie): faute de pouvoir fusionner les deux structures, les ex Bas-Normands ont décidé de choisir d'adhérer au cas par cas à LSN.

Là encore, l'enjeu devient pressant: il s'agit de se préparer à l'impact futur du Canal Seine Nord Europe.

Rien ne vaut un danger commun pour forger une communauté: dure et vieille loi humaine... Les professionnels normands commencent à comprendre qu'il leur faut "chasser en meute".

  • Pour plus de précisions et d'informations, lire l'article ci-dessous proposé par la feuille d'informations Normandie XXL:

http://www.normandiexxl.com/article.php?id=1865

Economie


LSN la filière logistique normande met en place sa stratégie

 Alain Verna, Président de LSN - PDG de Toshiba TEC Europe et Florence Guentcheff - DG de LSN

Economie. Les transports et l’entreposage représentent 9,4% de l’économie normande alors qu’à l’échelle de la France ils ne comptent que pour 8,4%, c’est dire la dynamique de la Région en la matière. 68.000 salariés travaillent dans ce secteur et réalisent 4,8 % de la valeur ajoutée régionale. La présence des grands ensembles portuaires (Haropa – PNA) n’est pas étrangère à cette situation et pas moins de 5.400 entreprises vivent sur ce créneau. Pas étonnant que la Région ait choisi d’en faire une de ses filières d’excellence à travers lesquelles elle souhaite dynamiser l’économie normande.

L’accouchement d’une filière unique fut un peu …délicat. En ex Basse-Normandie, la Fédération de Clubs Logistiques (FCL BN) ; en ex Haute Normandie Logistique Seine Normandie (LSN), deux entités qui idéalement auraient dû fusionner.

Alain Verna président de LSN dit avoir tout tenté pour qu’un rapprochement équitable se fasse. On précisera que l’offre n’entraînait aucun licenciement. Des sièges étaient ouverts au Conseil d’Administration et une représentation proportionnelle proposée au Bureau. En vain.

Finalement la FCL BN a choisi de dissoudre l’association à la fin de cette année et ses membres rejoindront à leur gré LSN.

LSN : un poids lourd de la logistique

A ce secteur d’importance, correspond une structure significative puisque LSN rassemble 180 adhérents, fonctionne avec un budget annuel de 1,5 million d’euros et une équipe de 7 personnes. Les frais de fonctionnement sont inférieurs à 30% du budget. Pas possible de connaître le chiffre d’affaires de l’ensemble des adhérents pour l’instant, ils règlent leur cotisation aux clubs logistiques auquel ils adhérent qui en reversent une partie à LSN, une procédure qui devrait s’inverser dans les années à venir.

La structure de l’organisation est donc en évolution. Elle a pour président fondateur, Jacques Brifault, le président est Alain Verna, PDG de Toshiba TEC Europe et le Vice-Président Jean-Yves Franco, directeur Terminaux de Normandie.

Le conseil d’administration se compose de 4 collèges :

- Structures publiques et parapubliques c’est là qu’on trouve Haropa, PNA (en cours d’adhésion) Port de Dieppe, Nov@log etc.

-Les organisations et unions professionnelles comme UPR, OTRE, TLF, UMEP etc.

-Les représentants des entreprises et les clubs logistiques pour plus de 50% des sièges

- Les collectivités locales

Les grands axes d'action de LSN

6 portes pour la réussite

C’est un véritable plan d’attaque qui a été élaboré par Alain Verna, Florence Guentcheff (DG de LSN) et son équipe pour structurer la filière logistique.

6 portes d’entrée conduisent les membres de l’amélioration des performances de leurs activités  en passant par l’innovation, la conquête de l’international, l’essor de la compétitivité à la quête de la réussite.

Les thèmes assemblés dans des polygones hexagonaux, c'est-à-dire en forme de nids d’abeilles, symboles du courage, nous parlent de business, d’innovation, d’influence, d’attractivité, d’international et de performance car LSN entend guider ses membres vers l’excellence.

D’ailleurs l’association porte le label 6PL (créé par le club logistique du Havre) pour guider les entreprises vers une performance logistique durable, conquête qui se déroule sur plusieurs années et va au-delà de la performance économique : il s’agit d’aller vers une meilleure appropriation des réglementations et des normes et de favoriser le progrès social. Mais les candidats à la performance seront aussi initiés au lean management, aux métiers de la supply chain ou aux groupements d’achats.

Côté international, LSN et Haropa ont décidé de faire pavillon commun et iront en 2017 au SITL le grand salon de la logistique à la rencontre du monde entier, ils iront aussi au SIMI salon de l’immobilier d’entreprises de Paris car, en matière portuaire, l’offre foncière est essentielle et sur ce point la Normandie a encore une grande potentialité.

Construire l’influence

Grâce à sa notoriété LSN est consultée sur les grands projets stratégiques qu’il s’agisse de Caen la Mer, de l’Axe Seine ou du Canal Seine Nord, l’association a vocation à pratiquer le lobbying national et international. Dans ce cadre elle collabore avec les grandes structures que sont Nov@log pôle de compétitivité de la logistique, l’AURH, avec lequel elle a participé, par exemple, au projet européen Westflows, elle collabore aussi avec l’Institut international du droit du transport  (Idit) ainsi que le CRITT.

Des petits déjeuners thématiques, des rencontres avec les « chargeurs »…tout un ensemble d’actions co-pilotées avec les Clubs logistiques permettent aux chefs d’entreprise de développer leur relationnel.

La logistique…beaucoup plus que du transport

Pour Alain Verna, la logistique est désormais beaucoup plus que du transport et verra ses activités se diversifier de plus en plus. L’économie numérique, l’industrie du futur, le transport du futur, la logistique 4.0, la marétique…autant de chemins à explorer pour la logistique. LSN  porte aux côtés de Rouen Normandy Invest le projet Serv’induslab dont l’objectif est de créer les conditions favorables à l’acquisition par les PME/ETI industrielles de la région, de connaissances et d’outils numériques liés à la logistique.

Reste à LSN à être adoubée par la Région pour bénéficier des aides prévues pour les filières, une démarche annoncée pour le début de 2017 mais Alain Verna a créé un tel programme riche, ouvert et audacieux, qu’il devrait retenir l’attention des élus.