A Lisieux ce mercredi 14 décembre 2016 s'est tenu le premier grand sommet des villes moyennes normandes, dans les locaux de l'hôtel de ville: 22 villes étaient représentées.

A terme, il s'agit de créer et de faire un grand réseau urbain dans la région de France qui dispose de l'un des réseaux urbains les plus denses: une ville de 10000 habitants tous les 25 à 30 km en Normandie. C'est une chance formidable pour organiser un développement harmonieux et équilibré du territoire, à condition d'avoir une volonté politique suffisante pour coopérer au delà des rivalités partisanes ou locales dans un contexte institutionnel et financier difficile et mouvant: les fusions de communes se multiplient ainsi que les fusions d'EPCI dont les périmètres peuvent devenir problématiques. A Lisieux on en sait quelque chose. L'autre inquiétude des élus des villes moyennes normandes c'est la peur d'un réel décrochage territorial, économique et social entre le littoral et la vallée de la Seine normande branchée sur la région parisienne et tous les arrières-pays ruraux normands de l'Avranchin au Pays de Bray. La région Normandie présidée par Hervé Morin doit donc être dans son rôle de chef d'orchestre avec pour mission celle de réaliser une unité normande effective...

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Cette carte fort intéressante proposée par l'INSEE de la géographie des chambres d'hôtel permet d'illustrer totalement notre propos: on voit le semis très régulier des villes moyennes normandes sur les cinq départements tout en observant le déséquilibre entre le littoral et le val de Seine: l'Orne et le centre et l'est de la Seine Maritime (Pays de Caux central et Pays de Bray) sont sous équipés.

Lire l'article de Normandie XXL proposé ci-dessus:

http://www.normandiexxl.com/article.php?id=1868

collectivités


La hanse normande des villes moyennes prend forme

Dernière mise à jour 14/12/2016 Une partie de l'équipe des 22 maires avec Guy Lefrand, Sophie Gaugain et Hervé Morin

Collectivités. A Lisieux en ce 14 décembre les maires des 22 villes moyennes étaient réunis pour élaborer une politique spécifique de développement de leur cité.

Faire vivre et se développer l’ensemble du territoire, telle est la mission de la Région dans ses nouvelles attributions. A côté de la métropole de Rouen et des pôles métropolitains du Havre et de Caen comment dynamiser les autres parties du territoire ? Des dispositifs existent pour les zones rurales (programme LEADER) et le 30 mai 2016, Hervé Morin, Président de la Région Normandie et Guy Lefrand, Vice-Président en charge de l’aménagement du territoire, ont annoncé un programme d’action pour les 22 villes moyennes*. Car la densité urbaine est une des caractéristiques de la Normandie. D’Alençon à Yvetot, de Dieppe à Louviers, les difficultés rencontrées sont analogues, problèmes de transports, de santé, d’aménagement des centres villes, souvent détruits à la guerre et reconstruits avec les moyens du bord, c'est-à-dire qu’ils ne répondent plus aux exigences contemporaines…

Fidèle à sa méthode de co-construction, le Président a lancé des ateliers qui se sont tenus en octobre.

La synthèse de ces réflexions a été menée le 14 décembre à l’hôtel de Ville de Lisieux en présence des 22 maires concernés.

Des bonifications pour les villes moyennes

Les villes moyennes qui développeront une politique de contractualisation avec les territoires recevront outre le soutien régional standard qui va de 10 à 40% du projet d’investissement, une bonification de 15%.

«L'idée est qu’il puisse y avoir une bonification pour les villes moyennes, qui assument des charges de centralité, souvent au bénéfice de l’ensemble de l’intercommunalité. En clair, nous ferons plus pour ces villes dont les projets bénéficient à l’ensemble d’un territoire. » a déclaré Hervé Morin

Dans la pratique cette démarche risque de rencontrer des tiraillements locaux quand le maire de la ville centrale n’est pas le président de l’intercommunalité, puisque les intérêts peuvent ne pas converger. Ce cas ne concerne que trois villes : St Lô, Granville et Dieppe dont le maire Sébastien Jumel n’a pas manqué de souligner les tensions qu’il rencontre déjà.

Santé naissance de « Pôles de santé universitaire »

La lutte contre les déserts médicaux reste au cœur des problématiques de ces villes, alors à côté du classique pôle de santé pour les médecins libéraux, l’idée est de développer des « Pôles de santé universitaires » travaillant en liaison avec les CHU de Caen et Rouen. Les médecins y seraient employés par l’hôpital ou la collectivité et bénéficieront d’équipements pour la télémédecine. Il faut être conscient qu’avec le vieillissement de la population et les addictions les problèmes de santé vont aller en s’amplifiant. Un observatoire régional de la santé, en parti financé par la Région, sera mis au service des territoires pour répondre à des besoins d’études spécifiques.

Transports : des « Pôles d’Echanges Multimodaux »

L’association des villes moyennes à la multimodalité des transports est essentielle…que l’horaire du car corresponde à celui des trains n’est pas forcément une réalité !

Les villes moyennes doivent être associées à l’élaboration du schéma régional d’intermodalité par le biais de groupes de travail dédiés à l’information multimodale, à la billettique interopérable, aux conditions de correspondance et à la mutualisation de la distribution. Atoumod, abonnement mensuel chargé sur une seule carte qui permet de voyager en illimité en train, bus, métro et en car pourra être généralisé aux villes moyennes.

Un fonds friches

Le Fonds Friches constituera un outil au service du développement économique en permettant l’implantation de nouvelles entreprises sur les emprises foncières traitées ou au sein des bâtiments réhabilités. Un taux spécifique d’intervention sera défini pour les villes moyennes et leur EPCI pour créer un réel effet levier. L’ouverture prévue du Fonds Friches aux équipements publics obsolètes des collectivités locales permettra également l’implantation d’activités économiques au sein des villes moyennes.

Revitalisation des centres villes

Les villes moyennes pourront être maître d’ouvrage de la transformation des centres ville quand elles agissent dans le cadre de la contractualisation. Il s’agit de réhabiliter les anciens bâtiments, de reconquérir des îlots vacants ou des habitations dégradées. Les outils développés dans le cadre de la convention Région / Etablissement Public Foncier (EPF) Normandie 2017-2021 seront mobilisés pour permettre l’acquisition, la démolition et les restructurations lourdes, pour soutenir la création de logements locatifs publics et privés et favoriser l’accès à la propriété.

Adapter l’offre de formation aux besoins immédiats des territoires

Dans le cadre de la préparation de la nouvelle carte des formations en Normandie, des rencontres seront organisées entre la Région, les acteurs institutionnels locaux et les entreprises du territoire pour faire le point sur l’offre de formation existante et sur les besoins de formation non couverts. Objectif : favoriser le développement des entreprises en ajustant l’offre de formation aux besoins économiques du territoire.

Les Normands à l’origine du modèle hanséatique ?

Chacun se souvient vaguement des villes hanséatiques de l’Europe du Nord qui tinrent jusqu’au 17e siècle un rôle très actif dans le commerce. Ces hanses ou guildes de marchands curieusement nous rapprochent de l’histoire normande, la première fut créée par Olaf III en 1070 à Bergen et donna naissance à la hanse du Gotland. Or Olaf III fait partie des Vikings qui tentaient de conquérir l’Angleterre durant le règne de Guillaume Le Conquérant, mais il fut définitivement battu en 1066 et se replia sur ses terres en Norvège. En quelque sorte la première hanse fut une réponse au barrage que sut imposer Guillaume aux invasions normandes !

(*) Les 22 villes moyennes : Alençon, Argentan, Avranches, Bayeux, Bernay, Bolbec, Cherbourg-en-Cotentin, Coutances, Dieppe, Evreux, Falaise, Fécamp, Flers, Gisors, Granville, Lisieux, Louviers, Val-de-Reuil, Vernon, Vire, Saint-Lô, Yvetot.