Certains sur ce site par leurs commentaires, diffusent des caricatures du genre: les éleveurs et exploitants agricoles normands seraient trop grippesous pour être intelligents et faire la conversion de l'agriculture et l'agroalimentaire normands vers la haute qualité labelisée et le bio.

On pourra rétorquer que si l'agriculture normande n'est pas à la pointe en terme de surfaces pour le bio c'est que les exploitants Normands plus prudents mais aussi plus individualistes que leurs collègues d'une région voisine où par la force d'un véritable collectivisme paysan des terroirs entiers avaient basculé dans l'enfer agro-industriel productiviste, n'ont tout simplement pas besoin d'avoir recours à la démarche d'une certification bio (même si elle intéresse de plus en plus aussi en Normandie) pour la bonne et simple raison que la plupart des éleveurs normands (à l'exception notable il est vrai du département de la Manche ou du bocage virois quelque peu contaminés par l'exemple d'une région voisine) n'ont jamais voulu cesser de faire le métier qu'ils savaient faire et qu'ils aimaient faire à l'instar de certains grands crus de la Bourgogne qui ont toujours fait du vin bio sans pour autant le faire savoir car la réputation et la tradition pouvaient suffire.

Les Bretons vont désormais faire du bio avec l'acharnement qu'on leur connait comme des Chinois. Il leur faut sortir de l'enfer qu'ils ont eux-mêmes créé à condition que ce nouvel acharnement pour un nouvel idéal ne finisse comme le précédent: une solidarité paysanne pour vivre au pays et faire vivre le pays qui a laissé ses initiatives et ses coopératives se transformer en monstres anonymes d'un agro-business qui ravage les campagnes bretonnes.

Rien de tel ou si peu en Normandie...

Exemples dans le Perche (article récemment paru dans l'hebdomadaire Marianne) et dans les prairies du Pré d'Auge (à l'Est de la plaine de Caen):

éleveur normand 2

éleveur normand 1

éleveur normand 3

Dans le Pré d'Auge, à Mery-Corbon:

ferme des pâtis 1

ferme des pâtis 2