Cela fait maintenant près de 9 ans que nous animons au sein de l'université populaire de Caen, à la demande de Michel Onfray, un séminaire de réflexion sur la question régionale normande.

Cette année, plus que jamais, c'était l'occasion de réfléchir aux alternatives politiques et citoyennes pouvant permettre le renouveau d'un contrat social républicain français à repenser totalement tant est grand le divorce dans notre pays entre gouvernants et gouvernés, tant est forte la colère, l'inquiétude mais aussi la résignation contre une superstructure politco-administrative centralisée, autoritaire, arbitraire et autiste.

Et s'il fallait dire un NON puissant au JACOBINISME qui nous étouffe pour ensuite dire OUI à toutes les initiatives d'une société civile intelligente, libre et responsable, il n 'y avait pas meilleur endroit pour le faire au regard de l'Histoire que CAEN en NORMANDIE et il n'y avait pas meilleur porte voix pour ce grand NON COLLECTIF que la voix de l'écrivain Alexandre JARDIN que nous eûmes le grand plaisir d'accueillir et d'écouter dans notre séminaire consacré à l'unité normande en tant que projet politique néo-girondin alternatif au jacobinisme parisien d'autant plus étouffant qu'il se sait mortel parce que, de plus en plus, contesté.

Devant le public d'un auditorium bondé comme jamais nous ne l'avions vu (400 personnes venues de toute la Normandie: Caen, Rouen, Le Havre, Lisieux, Alençon, Cherbourg... Voire de plus loin: Rennes, Le Mans), nous avons ouvert la soirée par une mise en perspective normande des idées mises en branle par tous ces "faiseux" qui ne sont pas des "diseux" mis à l'honneur par un Alexandre Jardin assumant les racines normandes de sa famille malgré les choix politiques terrifiants faits par son grand père lors de la Seconde guerre mondiale. Cette mise en perspective normande avait donc encore plus de sens et de profondeur pour nous rappeler cette évidence: occupons-nous de politique avant que la politique ne s'occupe de nous!

Alexandre Jardin a bien volontiers accepté de passer sous ce portique normand car il fallait bien dire un mot du droit normand reconnaissant dès le XIe siècle le droit des collectivités locales à se rebeller contre la souveraineté d'un prince devenant arbitraire, d'une charte aux Normands reconnaissant dès 1315 des droits aux justiciables et administrés; de dire un mot des hautes figures normandes de la Révolution française que furent Jacques Guillaume THOURET, le député de Rouen qui inventa les cahiers de doléances qui participa au débat sur la question du mandat impératif et notre Charlotte CORDAY martyre de l'Etat de droit, républicaine convaincue et tyrannicide d'un Marat appellant dans son journal au meurtre de masse et au terrorisme d'Etat. Il fallait nous souvenir de la belle figure d'un Armand CARREL qui fit une révolution, celle de 1830, pour défendre la liberté de la presse et l'autonomie de la société civile face à l'arbitraire de l'Etat; évoquer, bien entendu un Alexis de TOCQUEVILLE que l'on ne présente plus et qui, avec une finesse d'analyse visionnaire, a diagnostiqué le comportement politique de la nouvelle société démocratique individualiste éprise de liberté et d'autonomie.

Et au regard de ce magnifique patrimoine politique normand qui est celui d'une préférence séculaire pour un état souverain au service de loi et non l'inverse, il fallait dire un mot des pathologies politiques et démocratiques d'une république française trop centralisée, trop autoritaire ou arbitraire qui génère frustrations, résignations, dépressions, suicides, colères et violences.

Par exemple: la négation de la maîtrise d'usage démocratique dans la conduite des grands projets d'aménagement du territoire alors que la France a signé en 2002 la convention internationale d'Aarhus consacrant le droit à la société civile organisée par ses associations et collectifs de citoyens usagers habitants de participer à la décision publique institutionnelle...

Après cette entrée en matière normande et après avoir expliqué pourquoi les zèbres étaient rayés (pour emmerder les mouches), Alexandre JARDIN, avec une faconde communicative a pris la parole, d'abord pour saluer l'existence de l'Université populaire fondée par Michel Onfray à Caen (et non à Paris) et, ensuite, pour livrer une fois encore son diagnostic:

1) Le pays est politiquement bloqué. Le divorce entre la tour de contrôle parisienne et tous les terrains et les territoires est total.

A Paris: une fièvre obsidionnale politico-médiatique permanente, voire une suractivité normative, décisionnelle, qui devient délirante.

En province: des milliers d'initiatives aussi intelligentes, géniales et généreuses les unes que les autres, pour soigner, réparer le pays dans ses territoires vécus, initiatives trop souvent découragées, contrecarrées par une autorité institutionnelle assise quelque part, plus haut, dans un bureau...

2) 2017 ou l'élection présidentielle de trop dans la 5ème République. La possibilité d'une arrivée de Marine Le Pen à l'Elysée est désormais prise très au sérieux dans tous les bureaux parisiens. Haute fonction publique ministérielle, rédactions de la grande presse écrite et audiovisuelle, conseils d'administration des grandes entreprises. Il ne reste donc que cinq mois pour faire émerger une alternative venue des profondeurs du pays au cauchemar désormais anticipé d'un second tour Fillon / Le Pen qui pourrait être remporté par la seconde contre celui qui voudrait transformer la Sécurité sociale en pot de rillettes.

On se gardera bien de tout pronostic!  Mais on n'a jamais vu une élection présidentielle aussi incertaine que celle que nous allons prochainement vivre, que nous le voulions ou non.

3) Méthode La Boétie: Refuser ce que le tyran désire pour nous. Dire non et agir. Voilà comment nous pourrions résumer la proposition d'un Alexandre Jardin désormais candidat à l'élection présidentielle et qui semble emmener derrière lui une dynamique puissante venue de ce pays qui a disparu des radars parisiens. Il s'agit de mettre dans la lumière ce pays qu'ils ne voient plus. Conquérir la forteresse médiatique parisienne le temps d'une élection essentielle pour le principe auquel nous avons encore la faiblesse de croire de souveraineté populaire.

Voire, de prendre le pouvoir au nom du peuple pour le lui restituer.

Il ne reste plus que cinq mois. La dynamique Jardin reçoit un bon accueil dans la France rurale et dans toutes les villes moyennes de province. Les élus locaux ruraux se montrent sensibles aux analyses et constats d'Alexandre Jardin.

Nous avons proposé à Alexandre JARDIN de faire de la Normandie, le laboratoire régional privilégié de la révolution néo-girondine qu'il propose: avec son héritage politique et historique rappelé plus haut, avec son maillage de villes moyennes (une ville de 10000 habitants tous les 30km) l'absence d'un "petit Paris de province" écrasant un territoire régional (nous avons la chance d'avoir trois villes principales au lieu de n'en avoir qu'une seule dominante et dominatrice) et la proximité avec une région parisienne (qui n'existe pas en tant que telle) et qui mériterait de recevoir une bonne leçon de girondinisme, la Normandie nous semble être le jardin (gardin) idéal.

En fin de soirée, en laissant Alexandre Jardin à la porte de son hôtel, nous eûmes à peu près, cet échange:

Moi: "j'aime beaucoup le slogan de votre mouvement: "laissez-nous faire!" Cela nous change du slogan libéral classique: "laissez faire, laissez passer!"

Lui: "C'est toujours un grand bonheur de venir voir les gens. Quel énergie positive! J'ai bien aimé cette étape normande et j'aimerais que vous me rappeliez cette expression du Nord Cotentin dont vous m'avez parlé tout à l'heure. Elle est très belle..."

Moi: "Sire de sei!"

Lui: "Cela veut dire quoi déjà?" (il pianote sur son smartphone l'orthographe normande...)

Moi: "Seigneur de soi-même!"

Lui: "Magnifique!"


LA CAPTATION VIDEO INTEGRALE DE CETTE SOIREE EST SUR YOUTUBE sous les liens suivants:

  • Présentation du patrimoine constitutionnel normand:

https://www.youtube.com/watch?v=XvL70EnofEI&list=UUACwqgSNtOSNTp6CcWhvYRw&index=2

  • Intervention d'Alexandre JARDIN:

https://www.youtube.com/watch?v=3dZHdrEJKK8 

  • Echanges avec le public:

https://www.youtube.com/watch?v=Ib03ZrwRjUI&feature=youtu.be


Pour connaître toutes les informations disponibles sur le mouvement mis en branle par Alexandre Jardin, consulter les liens suivants:

  • Consulter la page Facebook d'Alexandre JARDIN:

https://www.facebook.com/alexandrejardin/

  • Consulter la page Bleu Blanc Zèbre:

http://www.bleublanczebre.fr/

  • Le mouvement lancé par Alexandre Jardin se structure en "maisons des citoyens" sur chaque territoire des cent départements de france. Ci-après, les pages facebook (à la date du 11 janvier 2017) des maisons des citoyens ouvertes en Normandie:

Aucun texte alternatif disponible.

  • La maison des citoyens de CAEN:

https://www.facebook.com/lamaisondescitoyensdeCaen/?fref=ts

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  • La maison des citoyens de ROUEN nous propose deux captations son et vidéo de la soirée: l'une sur les racines normandes d'Alexandre Jardin et l'autre sur les réflexions de notre invité concernant l'amélioration du service public de la... justice! Voilà une préoccupation bien... normande!

https://www.facebook.com/lamaisondescitoyensrouen/

  • La maison des citoyens du HAVRE:

https://www.facebook.com/lamaisondescitoyensduhavre/?fref=ts

  • La maison des citoyens de CHERBOURG:

https://www.facebook.com/La-Maison-des-Citoyens-Cherbourg-1793017894307098/?fref=ts


Commentaire de Florestan:

Nous ne l'avions pas oublié en cette soirée du 10 janvier 2017: face à Alexandre, Guillaume reste toujours... conquérant!

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