La traversée de la Seine dans le méandre encaissé de Rouen est un problème ancien qui n'a jamais été totalement résolu. Rouen et son agglomération de près de 600000 habitants n'a toujours pas de périphérique continu: c'est la seule agglomération de cette taille en France à se trouver dans cette déplorable situation et il est à parier que la complexité politique a pesé d'un poids supérieur aux contraintes géographiques pour provoquer cette situation peu propice au rayonnement d'une véritable métropole régionale. Rouen a, en effet, la réputation non usurpée d'être un enfer routier. Sans compter que la ville continue d'être un grand port maritime international, le premier port européen exportateur de céréales en l'occurrence, générant les trafics poids- lourds afférents. 

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A cela il faut ajouter, à une échelle plus vaste, l'une des conséquences néfastes de l'affaiblissement normand dans la division depuis les années 1960: l'absence d'un contournement autoroutier Ouest-Nord Ouest de la région parisienne. Le barreau Rouen-Orléans n'existe toujours pas tout comme la fameuse "route du blé" qui pourrait connecter de façon plus efficace le grand port normand à la Beauce céréalière. Sur ce dernier point on pourrait dire qu'il eut été préférable de créer une ligne de fret ferroviaire dédiée aux céréales mais au pays du centralisme parisien, nos crânes d'oeufs aménageurs du territoire sont nuls en géométrie: ils sont incapables de penser et de dessiner la moindre tangente ou la moindre perpendiculaire aux grandes lignes radiales qui convergent toutes vers Paris!

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Le sujet du contournement Est de Rouen est donc un sujet très complexe car à la complexité géographique, pour ne pas dire géopolitique, s'ajoute une complexité financière car ce projet, sous prétexte de développement durable anti-transport routier, n'est pas financé par l'Etat (le projet est absent du financement prévu dans le dernier CPIER Vallée de la Seine signé en 2015 avec l'Etat et MM. Mayer-Rossignol et Beauvais, présidents des ex Haute et Basse Normandie) ce qui implique la concession du futur ouvrage à un opérateur BTP privé avec un péage qui risque d'être d'autant plus élevé pour les usagers normands que la subvention publique d'équilibre qui sera totalement à la charge des collectivités territoriales normandes, à commencer par la région Normandie, risque d'être insuffisante en l'absence de tout financement en provenance de l'Etat central.

On comprend donc mieux pourquoi Sébastien Lecornu, le jeune président vibrionnant d'un conseil départemental de l'Eure qui n'a plus un sou vaillant, refuse de financer ce projet au risque de réveiller d'antiques rancoeurs entre Bas-normands de l'Eure et Haut-normands de Rouen.


Rouen Contournement Est de Rouen. Pour le président de la CCI, il ne faut absolument « pas renoncer »

http://www.normandie-actu.fr/contournement-est-rouen-president-cci-rappelle-importance-projet-pas-renoncer_251431/

Vianney de Chalus, président de la CCI de Normandie rappelle l'importance du projet de contournement Est de Rouen (Seine-Maritime). Il défend un choix « du bon sens ». Détails.

Mise à jour : 17/01/2017 à 15:08 par La Rédaction

Le président de la CCI Normandie rappelle son attachement au projet de contournement Est de Rouen (Seine-Maritime) (©IV/Normandie-actu)

Le président de la CCI Normandie rappelle son attachement au projet de contournement Est de Rouen (Seine-Maritime). (©IV/Normandie-actu)

Il défend « un choix du long terme, un choix du bon sens ». Dans un communiqué, Vianney de Chalus, président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Normandie, défend bec et ongles le projet de contournement Est de Rouen (Seine-Maritime).

Des conditions de circulation « devenues intolérables »

Cette liaison entre les autoroutes A28 et A13 est « un projet vital pour la Métropole de Rouen et les territoires normands » affirme le président de la CCI.

Les conditions actuelles de circulation au sein de cette grande agglomération rouennaise sont devenues intolérables pour ses habitants, ses entreprises et leurs personnels et cela occasionne des nuisances pour la santé, une dégradation de la qualité de vie et génère de vives inquiétudes pour l’emploi, souligne Vianney de Chalus. Déjà, en 2005, lors du débat public, une majorité de ceux qui se sont exprimés l’ont considéré indispensable. Dévier du centre-ville de Rouen le trafic de transit afin d’améliorer l’accessibilité est donc d’une absolue nécessité !

Ce projet – véritable arlésienne depuis plusieurs décennies – suscite autant l’adhésion que la controverse. Pour le président de la CCI, nul doute que « le contournement facilitera les déplacements et réduira les temps de trajet domicile/travail pour les habitants de Val-de-Reuil, de la vallée de l’Andelle, des plateaux Nord et Est de Rouen car ce projet n’a pas vocation à développer les trafics mais à améliorer leur gestion ».

Sébastien Lecornu dans le viseur

Ce communiqué n’intervient pas par hasard. Selon le service communication de la CCI, interrogé par Normandie-actu, il s’agit d’adresser un message à ceux qui rechignent encore à soutenir ce projet, en premier lieu Sébastien Lecornu, président du Département de l’Eure.

Il y a en effet un risque de report de ce projet déjà très ancien du fait de la réserve du département de l’Eure pour s’engager à le soutenir notamment sur le plan financier.

Le président du Département de l’Eure a en effet exprimé à plusieurs reprises son refus de payer sans contrepartie. « On serait idiot de payer pour un contournement qui intéresse principalement les Rouennais, sans aucune contrepartie pour notre département », déclarait Sébastien Lecornu à la presse en janvier 2017, conditionnant son soutien financier. « On ne peut pas avoir tous les inconvénients, sans les avantages » martèle-t-il tout en soulignant « la nécessité de ce projet pour l’agglomération rouennaise » et affirmant n’attendre qu’un « coup de fil du président de la Métropole de Rouen pour en discuter ».

Mais Vianney de Chalus prévient : « Renoncer, reculer le calendrier, c’est empêcher notre région, ses entreprises, ses habitants, d’aborder l’avenir avec un jeu d’atouts corrects en main ».

Le rapport de force est donc toujours engagé entre les différents acteurs du projet.

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Avis favorable de la commission d’enquête publique

Le contournement Est semble cependant en bonne voie pour (enfin) voir le jour. En septembre 2016, la commission d’enquête publique a émis un avis favorable au projet. Un nouveau pas vers une mise en oeuvre prochaine de cette infrastructure.

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