Alors que le groupe multimédias 100% normand et indépendant La Manche Libre -Tendance Ouest affiche avec volonté son identité normande en diffusant une brochure hebdomadaire "Je suis Normand" à Caen et à Rouen tout en préparant un rapprochement avec le Courrier cauchois (déjà imprimé à Saint Lô), alors que le groupe Paris-Normandie lutte pour sa survie financière avec une diffusion en baisse de ses éditions papier en dépit d'un site Internet qui est devenu l'un des tous premiers sites d'informations générales sur la Normandie fréquenté par les internautes normands, on apprend que Ouest-France peine à s'implanter sur le territoire de l'ex Haute Normandie qui correspond à la zone de diffusion de Paris-Normandie.

Les Bretons de Ouest-France ont donc décidé, en conséquence, de s'incruster sur la pointe de Caux au Havre avec une édition particulière.

L'enjeu est de reconstruire un reflet régional normand, un espace médiatique normand cohérent et rayonnant à partir des trois principales agglomérations de notre région: c'est l'objectif poursuivi par le groupe La Manche Libre Tendance Ouest et c'est, à n'en pas douter, l'objectif conquérant des Bretons de Ouest-France ou l'idée de Paris-Normandie de pouvoir se réimplanter dans le Pays d'Auge et l'agglomération de Caen où l'on est content de pouvoir lire autre chose que Ouest-France en tant que quotidien régional.

D'ailleurs, la situation pour la presse quotidienne ou hebdmadaire régionale est plus difficile à Rouen qu'au Havre ou à Caen car à Rouen, la concurrence des quotidiens nationaux parisiens ou de l'édition nationale du Parisien "Aujourd'hui" est forte: c'est la presse que lisent les banlieusards ferroviaires rouennais.

La situation est donc complexe car il faut réunifier médiatiquement un territoire normand qui faute, d'un rayonnement métropolitain suffisant et après 50 années de déclin dans la division régionale et le localisme (savamment entretenu tant par les Bretons de Ouest-France que par les Rouennais de Paris-Normandie), a disparu des radars des journalistes et des consciences de nos concitoyens normands habitués à vivre dans l'ombre de la région parisienne à l'Est et de la Bretagne à l'Ouest.

La société civile régionale normande est en plein réveil depuis deux ans grâce à la dynamique positive du retour à l'unité normande: elle veut de plus en plus que les médias régionaux diffusés en Normandie parlent vraiment de la Normandie et des Normands à l'échelle pertinente.

Et les acteurs de cette société civile normande veulent de plus en plus qu'on leur parle de Normandie. A Hérouville Saint Clair, au buraliste de la galerie marchande qui a décidé de diffuser Paris-Normandie depuis décembre 2015, je posais la question récemment du bilan de cette diffusion d'un quotidien ex Haut-Normand dans la zone de diffusion de Ouest-France. Il m'a répondu qu'il y avait un réel succès de curiosité notamment parce que, je cite: "Ouest France ne parle pas assez de nous."


 

Lire l'article et le reportage qui suit proposé par France 3 Normandie:

http://france3-regions.francetvinfo.fr/basse-normandie/quotidien-ouest-france-peine-s-implanter-ex-haute-normandie-1178431.html

Le quotidien Ouest-France peine à s'implanter dans l'ex Haute-Normandie

Le quotidien régional Ouest-France a décidé d'arrêter la version numérique de son édition "Normandie" en Seine Maritime et dans l'Eure après avoir déjà cessé en octobre son édition papier.

© Richard PLUMET / France 3

 

Le plus grand quotidien régional français est distribué partout en Bretagne et reste aussi dominant en Basse Normandie (Manche, Calvados et Orne). Il tente avec difficulté de pénétrer le marché de l'ancienne Haute Normandie, dominé par le quotidien Paris-Normandie.

En octobre, les ventes décevantes de l'édition papier "Normandie" de Ouest-France, de Rouen à Evreux, avaient déjà entraîné son arrêt dans cette zone. Depuis le 14 janvier, c'est la version numérique que le quotidien a décidé d'interrompre.

"Il s'agit d'une optimisation opérationnelle et d'une rationalisation", a expliqué à l'AFP Philippe Toulemonde, directeur général délégué, soulignant que neuf éditions, à la fois en papier et numérique, diffusées dans le Pays d'Auge-Baie de Seine (Calvados), continuent à diffuser des pages "Normandie" avec de l'information locale. Les lecteurs de Haute-Normandie peuvent avoir accès à ces éditions numériques.

A Ouest-France, on se refuse à parler de repli et on définit cette mesure comme une étape dans un processus long pour s'implanter dans la zone. "C'est long. On le savait. On avait un rendez-vous institutionnel" avec la nouvelle région (la Normandie réunifiée), "on a répondu présent et on est encore dans l'apprentissage commercial", a observé M. Toulemonde. Ouest-France avait franchi la Seine fin 2015 à la faveur de la réunification de la Normandie.

Les petits pas du géant breton


Mais le géant breton était arrivé à petits pas, sans ouvrir de nouveaux bureaux, ni à Rouen, ni au Havre, ni à Evreux, ni faire d'information locale, envoyant seulement ses reporters basés en ex-Basse-Normandie réaliser une couverture institutionnelle et des magazines sociétaux et économiques.

L'ex-Haute-Normandie est peu fertile pour la lecture de quotidiens: le taux de pénétration y est un des plus faibles de France.