Conférence de presse... à Paris (et non pas en Normandie) des trois directeurs des ports associés dans le GIE HAROPA (Le Havre Rouen Paris pour "harbours of Paris"), le 29 janvier 2017, histoire de répondre à la conférence de presse du 12 janvier dernier à Gaillon (en Normandie) de Valérie Pécresse (Ile de France) et d'Hervé Morin (Normandie) qui avait relancé la vieille idée de fusionner en un seul les deux GPM normands et le port fluvial de Paris avec un pilotage régionalisé, sinon "normandisé".

A lire entre les lignes des articles ci-dessous, on sent bien que ça les agace ces Messieurs "portuaires" de voir cette ingérence brouillonne du pouvoir politique légitime, il est vrai, dans leurs grandes affaires. Mais si ces dernières étaient aussi florissantes que celles qui sont gérées et développées, des années durant, par des grands ports maritimes du Nord de l'Europe toujours pilotés de près ou de loin par des élus locaux selon la vieille tradition de la Hanse, Hervé Morin n'aurait qu'à s'occuper de ses autres affaires.

Sauf que cette affaire maritime est essentielle à l'avenir même de la Normandie!

Voir l'article proposé par Paris-Normandie, le 30 janvier 2017: un bel exercice de communication de crise de la part du directoire HAROPA qui glisse sur les questions qui fâchent (le journaliste n'est pas dupe) quand il n'esquive pas des sujets entiers: la question du désenclavement ferroviaire des GPM normands n'est pas abordée. C'est pourtant, la question essentielle pour demeurer compétitif ou pour ouvrir de nouveaux hinterlands commerciaux face à la concurrence frontale des ports de la "rangée Nord européenne".

pn 1

pn 2

Un autre écho de cette conférence de presse nous est proposé par Xavier Oriot dans Ouest-France (édition du 31 janvier 2017) où l'on apprend que le fiasco fameux de la plateforme multimodale n'en est plus un avec une belle progression du trafic (on partait, de toute façon, de bien bas). L'article est intéressant car il évoque l'ouverture récente de nouvelles lignes de fret ferroviaire vers l'Est et l'Allemagne sur cet hinterland bien à l'Est de la région parisienne et croisant fort opportunément l'axe logistique principal du corridor "Amsterdam-Marseille" qui marginalise les grands ports maritimes normands de la Basse-Seine: c'est un espoir. Mais on s'interrogera sur l'état du réseau ferroviaire en place pour que cet espoir puisse en être véritablement un...

OF

Fort heureusement, on trouvera une description objective et exhaustive de la conjoncture dans laquelle naviguent à vue nos grands ports maritimes normands dans le dernier dossier spécial proposé le 19 janvier dernier par l'hebdomadaire "Le Marin": on verra à la lecture de ce qui suit qu'il faudrait que le commandant Martel et le capitaine Occis cessent d'avoir une vision émoliante ou pusillanime à court terme de l'économie maritime car nous persistons à penser que la devise de la Ville de Paris, "il flotte mais ne coule pas," n'est pas un objectif suffisant pour un vrai marin.

Vivement la "normandisation"!

Le marin 1

Le marin 2

Le marin 3


 Commentaires impertinents de Michel Duval sur une communication d'HAROPA... en crise:

Le 19 janvier 2017, Le Marin a publié le trafic 2016 de Calais (44,2 Mt), de Dunkerque (46,7 Mt) et même celui d'Anvers (214 Mt)... Mais le 30 janvier 2017, les représentants d'Haropa se sont contentés de "mettre en avant un trafic 2016 en recul de 4 Mt à 87,1 Mt après une hausse de 2 Mt en 2015" devant les journalistes dont celui de Paris-Normandie... et d'entrer dans les détails rassurants et/ou optimistes... Mais, quel est le trafic de chacun des trois ports membres du GIE Haropa, dont le premier affiche un trafic équivalent à trois fois celui du second ? Il doit être... anecdotique!

    C'est d'autant plus étrange que, quand il s'agit d'expliquer la croissance de trafic du port d'Anvers, M. Hervé Martel est capable de l'expliquer par un basculement de trafic entre Zeebrugge et Anvers...

Voir, par ailleurs, le lien suivant:

http://normandinamik.cci.fr/228463-haropa-ports-de-paris-rouen-le-havre-trafic-en-baisse-de-48-en-2016


Autre affaire sensible dont il n'a pas été question dans cette conférence de presse idéale donnée par les trois directeurs d'HAROPA, la question du clapage au large des côtes normandes de l'estuaire de la Seine des sédiments retirés du chenal d'accès au port de Rouen: outre la question de la prise en charge financière par l'Etat du dragage (car l'Etat a voulu se défausser sur les ports de sa responsabilité d'assurer la sécurité maritime), se pose la question écologique du dépôt au large de ces sédiments.

Une fois de plus, nos ingénieurs sont nuls en ingéniérie démocratique avec une enquête d'utilité publique favorable plutôt expresse assortie du refus obstiné du GPM de Rouen d'envisager les solutions innovantes de valorisation de ces sédiments à terre comme l'usage en est devenu courant du côté de Rotterdam ou de Hambourg: le refus de la valorisation écologique des activités industrielles est en train de devenir une preuve d'arriération intellectuelle. Là encore, on se demandera ce que nos grands ingénieux "X Ponts" peuvent avoir dans la tête!

Lire, ci-après, cet article de Ouest-France (02/02/17) qui témoigne de l'inquiétude sinon de la colère des élus de la "côte fleurie":

clapage Machu