Le temps est désormais bien loin quand une Fabiusie rouennaise arrogante regardait de la Haute, les efforts des Bas, à l'époque un Beauvais et un Cazeneuve soucieux de tirer la Normandie de son "angle mort" avec un projet de LNPN sarkozyste affublé d'un Y normand. C'était au printemps 2009. Le 30 janvier 2009, Bernard Cazeneuve lançait la pétition "pour une Normandie à Grande Vitesse".

Près de dix ans plus tard, la Normandie est enfin réunifiée, le Rouennais Hollande ayant été capable d'imposer l'unité normande à Laurent Fabius qui n'en voulait pas. Et on dira que c'est, à peu près tout! Car les grands projets de l'Axe Seine et notamment la LNPN se sont évanouis dans les sables mouvants de l'alternance politique de 2012: la Fabiusie rouennaise ne pouvant pas admettre qu'un projet "sarkozyste" puisse être, avant-tout, un projet normand.

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Alors, on trouvera touchant de voir passer, en coup de vent à Rouen, le Cazeneuve à grande vitesse venu passer la pommade sur un Axe Seine au point mort, il faut le dire alors que le Canal de Martine Aubry, de Xavier Bertrand, de Gérald Darmanin, de Rémy Pauvros ou de Frédéric Cuvillier, lui va se faire...


 http://www.ouest-france.fr/normandie/normandie-le-premier-ministre-bernard-cazeneuve-en-visite-rouen-4778528

Normandie. Le Premier ministre Bernard Cazeneuve en visite à Rouen

  • Bernard Cazeneuve dans le silo Maison Bleue du groupe Beuzelin. Bernard Cazeneuve dans le silo Maison Bleue du groupe Beuzelin. | Xavier Oriot

Xavier ORIOT.

Le Premier ministre Bernard Cazeneuve est arrivé à Rouen en milieu de journée, ce vendredi 3 février. Il y a visité un silo à grains nouvelle génération.

Le Premier ministre Bernard Cazeneuve est arrivé à Petit-Couronne, près de Rouen, peu avant 13 h, ce vendredi 3 février. Il a visité la Maison bleue, un silo nouvelle génération du Groupe Beuzelin, inauguré l’été dernier.

C’est un silo adapté pour les graines fragiles et les grains spécifiques. Les grains y sont triés avant exportation sur tous types de navires. L’ambition du trafic annuel est de 500 000 tonnes.

Bernard Cazeneuve a ensuite traversé la Seine sur une vedette, et doit s’exprimer devant des responsables du monde économique, dans l’immeuble Vauban.


Malgré l'actualité terroriste de retour à Paris, le cherbourgeois Cazeneuve a maintenu sa visite rouennaise après son passage à Bayeux et en a profité pour déclarer son "amour pour la Normandie": y aurait-il encore de la pédagogie normande à faire à Rouen? Voir le compte-rendu proposé par Tendance Ouest:

http://www.tendanceouest.com/actualite-213185-bernard-cazeneuve-rassure-sur-engagement-de-Etat-a-rouen-et-sur-axe-seine.html

Bernard Cazeneuve rassure sur l'engagement de l'État à Rouen et sur l'Axe Seine

Bernard Cazeneuve rassure sur l'engagement de l'État à Rouen et sur l'Axe Seine

Lors de son passage à Rouen (Seine-Maritime), Bernard Cazeneuve s'est entretenu avec les élus locaux, ici avec la préfète de région Nicole Klein.

Le 03 février 2017 à 18:12

Après une visite à Bayeux (Calvados) dans la matinée du vendredi 3 février 2017, le Premier ministre Bernard Cazeneuve s'est rendu à Rouen (Seine-Maritime) où il a tenu à rassurer les acteurs économiques de l'axe Seine sur l'engagement de l'État, et le sien, en Normandie.

Malgré "l'attaque à caractère terroriste" qui a frappé Paris dans la matinée, le Premier ministre Bernard Cazeneuve a maintenu sa visite à Rouen (Seine-Maritime) dans l'après-midi ce vendredi 3 février 2017, après son passage à Bayeux (Calvados).

Déclaration d'amour à la Normandie

L'occasion d'une visite sur le port mais surtout de rappeler son attachement à la Normandie, et à Rouen. L'ancien maire de Cherbourg (Manche) et vice-président de Région a ponctué ses déclarations de souvenirs et d'échange de politesse avec les élus locaux, rappelant qu'il "compte dans cette salle de nombreux amis (...) qui font toujours l'objet de toute mon attention".

Le Premier ministre a assuré : "Je n'oublie pas que je suis un ministre normand qui doit d'être aux responsabilités où il se trouve grâce aux racines très profondément plantées dans cette région." Région qu'il visite régulièrement ces derniers mois: après une visite à Rouen déjà en octobre, il s'est rendu deux fois dans la Manche en décembre et janvier.

Rassurer sur l'engagement de l'État autour de l'Axe Seine

Après avoir visité le silo Beuzelin, à Petit-Couronne (Seine-Maritime), Bernard Cazeneuve a tenu à rappeler le soutien de l'État pour le port rouennais qui subit les conséquences de la baisse de la production céréalière cette année. "J'affirme la conviction de l'état que ces difficultés conjoncturelles n'affecte en rien la compétitivité structurelle du port de Rouen, a déclaré le Premier ministre. Il restera le premier port pour les exportations de céréales de l'Europe de l'Ouest."

Il a également rappelé l'investissement de l'État dans le développement de l'axe Seine, "sur les près d'un milliard d'euros d'investissements compris dans le plan État/Région, 300 millions sont portés par l'État, ce qui en fait le contrat le mieux doté en 2015".

Bernard Cazeneuve a insisté sur l'avancement de gros projets au coeur du développement de l'axe portuaire: le chantier de Ligne Nouvelle Paris Normandie"le calendrier est tenu et comité de pilotage regroupera les acteurs du dossier le 28 février" – et l'aménagement de la ligne Serqueux-Gisors avec la déclaration d'utilité publique signée il y a quelques mois.


Commentaire de Florestan:

Nous avons du respect et de la sympathie pour Bernard Cazeneuve en tant qu'homme d'état mais aussi comme partisan historique de l'unité normande. Mais dire comme il est rapporté ici que le CPIER Vallée de la Seine est le "contrat le mieux doté en 2015" c'est quand même jouer sérieusement avec la réalité: on est loin des 5 milliards nécessaires au bas mot pour réaliser la seule LNPN et avec "300 millions" apportés par l'Etat on est surtout très loin de l'exigence des Fabiusiens qui, dans une conférence de presse restée mémorable de mars 2012 à Rouen, exigeaient une clef de financement en trois tiers: Etat, Europe et collectivités normandes. Sur l'Etoile de Normandie, nous avons la mémoire longue...


Voir aussi le compte-rendu proposé par Normandie actu:

http://www.normandie-actu.fr/visite-normandie-bernard-cazeneuve-veut-faire-rayonner-vallee-seine_254437/

En visite en Normandie, Bernard Cazeneuve veut « faire rayonner la vallée de la Seine »

Bernard Cazeneuve était en visite en Normandie, vendredi 3 février 2017. Il est venu rassurer sur les engagements de l'État concernant le développement de la région.

Mise à jour : 03/02/2017 à 18:36 par Raphaël Tual

Bernard Cazeneuve était à Rouen (Seine-Maritime) pour soutenir l'axe Paris, Rouen, Le Havre, vendredi 3 février 2017. (©RT/Normandie-actu)

Bernard Cazeneuve était à Rouen (Seine-Maritime) pour soutenir l'axe Paris, Rouen, Le Havre, vendredi 3 février 2017. (©RT/Normandie-actu)

« On a un Premier ministre normand, pourquoi ne pas en profiter ? » Le maire Rouen (Seine-Maritime), Yvon Robert, ne cache pas sa satisfaction d’avoir un interlocuteur à l’écoute.

Bernard Cazeneuve est venu, si cela était nécessaire, confirmer la présence de l’État en Normandie, vendredi 3 février 2017. Sans vouloir créer des inégalités avec les autres territoires français, à Rouen, le Premier ministre a précisé qu’il n’oubliait « pas [ses] racines, très profondément plantées dans cette région ».

> LIRE AUSSI : Bernard Cazeneuve (encore) en Normandie : sa destination préférée

Le port de Rouen « un atout pour la France »

Au pupitre, au 8e étage de l’immeuble Vauban à Rouen, situé sur les bords du fleuve, le Premier ministre a confirmé que l’aménagement de la vallée de la Seine, « engagé sous le quinquennat précédent », était bien une priorité gouvernementale : « Il y a une mobilisation totale du gouvernement pour faire rayonner la vallée de la Seine », notamment en garantissant la compétitivité du grand port maritime de Rouen, « un atout pour la France ».

200 millions d’euros ont été engagés pour l’activité portuaire, « et il faut aller plus loin », en permettant le dragage plus en profondeur des accès du port, notamment.

> LIRE AUSSI : Pourquoi l’Europe accorde près de 10 millions d’euros à la Métropole Rouen Normandie

Le Premier ministre n’a pas masqué les « difficultés conjoncturelles » auxquelles est confronté le port de Rouen, leader européen à l’exportation de céréales. Le contexte de crise n’a permis d’exporter que quatre millions de tonnes en 2016, contre près de sept millions habituellement. Sur l’année 2016, c’est bien l’ensemble portuaire de l’axe Seine Haropa, qui réunit les ports du Havre, de Rouen (Seine-Maritime) et de Paris, qui a souffert.

Bernard Cazeneuve a voulu également souligner la reprise économique qui touche la Normandie, avec une baisse de « 4,6 % en un an » du nombre de chômeurs.

> LIRE AUSSI : Chômage en Normandie. Le nombre de demandeurs d’emploi a baissé en 2016

La Tapisserie de Bayeux se métamorphose

Toujours dans cette logique d’engagement de l’État pour la vallée de la Seine, des avenants aux contrats de plan État-Région et vallée de la Seine ont été signés à Bayeux (Calvados), lors de la venue de Bernard Cazeneuve. Ainsi, pour 230 millions d’euros, le musée de la Tapisserie de Bayeux, va devenir un centre de compréhension de l’Europe autour du Moyen-Âge en 2023.

Grâce à ce contrat, entre autres choses, un restaurant universitaire flottant sur les bassins du centre-ville du Havre (Seine-Maritime), pourra voir le jour pour un montant total de 3,2 millions d’euros.


Commentaire de Florestan:

Yvon Robert, le maire de Rouen se réjouit d'être écouté par un "Premier ministre normand" bas-normand. On a envie de dire: enfin! Quant au reste: pas un mot sur le Canal Seine Nord, rien sur la mise en grand gabarit de l'Oise en amont de Gennevilliers ou sur le désenclavement routier de la métropole de Rouen (contournement Nord Est). Et pour cause: son financement n'est pas inscrit dans le CPIER Vallée de la Seine.


Voir enfin l'analyse précise du contexte de cette nouvelle visite normande de Bernard Cazeneuve proposée par Paris-Normandie:

http://www.paris-normandie.fr/actualites/economie/en-visite-en-normandie-ce-vendredi-bernard-cazeneuve-rassurera-t-il-le-monde-portuaire-rouennais-EE8372215?utm_source=Utilisateurs+du+site+LA+NEWS&utm_campaign=1c82695577-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_233027d23b-1c82695577-137315997

En visite en Normandie ce vendredi, Bernard Cazeneuve rassurera-t-il le monde portuaire rouennais ?

Le groupe Beuzelin est installé en bord de Seine à Petit-Couronne

Bernard Cazeneuve est aujourd’hui sur ses terres normandes. Ce matin, il signe à Bayeux une nouvelle mouture du Contrat de Plan État-Région, qui prévoit plusieurs projets, comme un « RU » flottant au Havre ou un centre d’interprétation du Moyen-Âge dans le Calvados. En début d’après-midi, le Premier ministre sera sur la zone portuaire de Rouen pour visiter l’entreprise Beuzelin avant d’aller à la rencontre des acteurs de l’économie. Lesquels attendent des moyens pour le développement de la vallée de la Seine.

Un restaurant universitaire installé dans une barge au cœur du Havre, sur un bassin, un projet de centre d’interprétation à Bayeux, une rallonge budgétaire pour la reconversion du site Petroplus près de Rouen, un contournement sud à Gournay-en-Bray : ces quatre éléments figurent dans la nouvelle mouture du Contrat de plan Etat-Région (CPER) qui sera signé ce vendredi matin en Normandie, à Bayeux (Calvados), par le Premier ministre, Bernard Cazeneuve. Ces projets vont faire l’objet d’aides financières supplémentaires de la part de l’État (1,7 million d’euros à Bayeux, 1 million sur le site Petroplus, 800 000 euros au Havre) et de la Région (1 million d’euros à Petit-Couronne chez Petroplus, 500 000 euros pour le futur « RU » flottant, quatre millions pour les études concernant Gournay-en-Bray).

Des projets d’infrastructures

Le CPER avait été initié à Honfleur par le prédécesseur de Bernard Cazeneuve, Manuel Valls, et les deux anciens présidents des Normandie, Nicolas Mayer-Rossignol et Laurent Beauvais. Au changement de majorité régionale, en décembre 2015, une nouvelle concertation avait été engagée. Elle débouche sur la signature d’un document aujourd’hui à Bayeux qui concrétisera donc plusieurs projets. Il faut y ajouter un second contrat, signé celui entre l’État, la Normandie et l’Ile-de-France. Il concerne les projets de l’axe Seine. Parmi eux par exemple, le financement de la modernisation des écluses de Tancarville, indispensable pour le développement du transport fluvial.

Après Bayeux ce matin, Bernard Cazeneuve est attendu à Rouen en début d’après-midi. Parler, discuter, faire un point sur l’Axe Seine. C’est l’objet de la rencontre avec les responsables économiques de la région rouennaise. Mais quel est cet « Axe Seine » ? Pour mémoire, les premiers signataires de la déclaration finale et initiateurs du colloque « Une Seine d’avenir » qui s’est tenu le 4 mai 2010 au Havre s’appellent Antoine Rufenacht, Bertrand Delanoë et Laurent Fabius. Tous trois ont alors demandé aux agences d’urbanisme de proposer, ensemble, les modalités d’un travail partenarial afin de poursuivre leur réflexion sur le projet de développement de « l’Axe Seine ».

Lien fédérateur de l’Ile-de-France et de la Normandie, rassemblant 15 millions d’habitants et 7 millions d’emplois, l’Axe Seine attend un schéma stratégique pour l’aménagement et le développement de la Vallée de Seine, en marge d’un contrat de plan inter-régional Etat-Régions (CPIER). À la manœuvre notamment, depuis avril 2013, l’ancien préfet de Saône-et-Loire, François Philizot, qui coordonne l’action des régions Haute-Normandie, Basse-Normandie (Normandie aujourd’hui) et Ile-de-France, en vue justement de l’élaboration du contrat de plan État-Régions pour le développement de la vallée de la Seine.

Au cœur de la stratégie se trouve la Seine, voie navigable la plus fréquentée de France avec plus de 20 millions de tonnes de marchandises qui y transitent chaque année. Alors les ports de Paris, de Rouen et du Havre (Haropa) sont très attentifs au devenir de cet axe puisqu’il conditionne une bonne partie de leurs activités. D’un rapport à l’autre - notamment en juillet dernier avec Valérie Fourneyron (députée PS de la Seine-Maritime) et Charles Revet (sénateur LR de la Seine-Maritime), des préconisations sont faites sur la fiscalité, les infrastructures, l’organisation portuaire, tandis que les professionnels portuaires insistent sur les projets d’infrastructures comme l’aménagement de la ligne ferroviaire Serqueux-Gisors ou la « chatière » de Port 2 000 (accès fluvial direct) au Havre, indispensable pour faire face au projet de Canal Seine-Nord qui créerait « une autoroute à conteneurs » entre l’Ile-de-France et les ports nord-européens.

« Une direction unique des Douanes »

Bernard Cazeneuve est en tout cas attendu par les professionnels du port de Rouen, sous la bannière de l’UPR (union portuaire rouennaise). « C’est bien de placer l’Axe Seine comme une église au milieu d’un village, donc Rouen au niveau de la Seine par rapport à Paris et au Havre, songe Pierre-Marie Hébert, directeur de l’UPR. Peut-être vient-il faire un point sur la mission Philizot... Ce qu’attendent les 120 professionnels de l’UPR, ce sont des décisions concrètes : une direction unique des douanes par exemple. Qu’on abandonne les directions régionales et interrégionales ! Je sais bien que lorsqu’on passe d’une région douanière à une autre, on fait travailler les douaniers. Nous, on attend un document unique, comme il en existe du côté de Bordeaux. On attend aussi qu’une Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) unique soit désignée, expérimentale, pour traiter les implantations logistiques de façon plus rapide. Car on est loin du choc de simplification. Alors il faut que l’État se mette en ordre de marche ».

Le programme : 10 h, tapisserie de Bayeux ; 13 h, visite du nouveau silo Beuzelin, à Petit-Couronne ; 14 h 30, rencontre avec les acteurs du monde économique à l’immeuble Vauban, à Rouen.

« Le port de Rouen est très performant »

Chercheur associé à l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS), et directeur du club Demeter Sébastien Abis est spécialisé sur les enjeux stratégiques de l’agriculture, des céréales et du bassin méditerranéen. Il est aussi l’auteur de « Géopolitique du blé » (éditions Armand Colin, 2015).
Après une récolte 2016 catastrophique, les exportations de blé depuis le port de Rouen ont lourdement chuté au cours des six derniers mois. Faut-il craindre une perte de position de Rouen à court ou moyen terme ?
Thierry Abis. « 2016 doit être une année d’exception dans le paysage agricole et céréalier français avec une baisse des récoltes de l’ordre de 30 % à cause de très mauvaises conditions climatiques. Ainsi 2016 ne doit pas être considérée comme une année de référence. Si la campagne de commercialisation actuelle est impactée, je ne crois pas que l’année 2016 sonne le début des difficultés pour le port de Rouen à moyen terme. Il y a moins de blé à faire sortir sur la campagne 2016-2017. Mais il faudrait que le climat soit de nouveau compliqué dans les mois à venir pour connaître deux campagnes de commercialisation consécutives en déclin ».
Le port de Constantza en Roumanie est-il la principale menace pour Rouen ?
« Il faut d’abord rappeler que le port de Rouen est le premier port céréalier français et européen et qu’il est très performant. Le fait est que la Roumanie produit de plus en plus de blé, de bonne qualité, et que forcément elle en exporte davantage. Le port de Constantza est bien placé sur la Mer Noire, pas très loin de l’Afrique du Nord et du Proche-Orient. Comme les ports russes et ukrainiens, Constantza a bénéficié ces dernières années d’investissements importants pour son développement. Mais il y a la place pour deux grands ports céréaliers au sein d’une Union Européenne à 28 qui produit du blé de qualité en quantité ».
Une normalisation des relations entre la Russie et l’Ukraine - deux pays qui sont de gros producteurs de blé - et entre la Russie et l’UE pourrait-elle rebattre totalement les cartes du marché du blé. Et quelles seraient les répercussions pour Rouen ?
« Pour l’instant, on est encore loin d’une normalisation des relations entre d’une part la Russie et l’Ukraine, et d’autre part entre la Russie et l’Union Européenne. Des changements politiques dans les grands pays européens pourraient faire bouger les lignes. La Grande-Bretagne s’est engagée dans la voie du Brexit, il pourrait y avoir demain des changements en France ou en Allemagne. Mais aujourd’hui, les répercussions pour Rouen sont difficiles à estimer ».
Dans votre livre, vous ne voyez pas le canal Seine-Nord comme une menace pour le port de Rouen alors que les acteurs portuaires rouennais et havrais sont vent debout ?
« Cela fait plusieurs années que ce projet est dans les cartons. Il y a aujourd’hui une volonté de faire avancer ce dossier puisque des fonds supplémentaires ont été débloqués. Je note d’ailleurs que ce projet est financé à 100 % par des fonds publics. Il faudrait peut-être regarder ce canal d’une autre façon et voir quels avantages il pourrait apporter à Rouen et à la Normandie, plutôt que de voir que les problèmes qu’il serait susceptible d’engendrer ».
Quels efforts doit faire le port de Rouen pour rester compétitif ? Quelles modernisations faut-il entreprendre ?
« Quand on discute avec les acteurs agricoles et industriels français, ils vous disent tous que la France a beaucoup investi ces dernières décennies dans le transport ferroviaire des voyageurs avec notamment les lignes à grande vitesse mais qu’il a en revanche trop peu investi dans les lignes de marchandises. Ces lignes commencent à être vétustes. Et elles sont parfois reprises par des opérateurs privés. L’État ne joue pas forcément son rôle d’accompagnateur des territoires. Pour que Rouen qui est déjà un grand port céréalier européen reste performant, il est indispensable que le mode de pré-acheminement des marchandises agricoles dans le terminal soit amélioré. L’État doit s’engager et/ou conclure des partenariats public/privé ».
Senalia, acteur majeur du port de Rouen, pourrait-il un jour quitter la Normandie ?
« C’est une question qui n’est pas à l’ordre du jour. Senalia est un groupe qui permet au port de Rouen d’être performant en exploitant de grands silos. Senalia, c’est 60 % de la collecte des céréales en France. Un groupe comme Senalia est l’expression que la logistique est un maillon essentiel ».
Propos recueillis par Thierry Rabiller

Visite chez Beuzelin sur le port de Rouen d’un nouveau silo pour les céréales

Bernard Cazeneuve visite ce vendredi après midi la Maison Bleue du groupe Beuzelin à Petit-Couronne, silo d’une capacité de 50 000 tonnes. Un pari qui pèse 25 millions d’euros. Créé dans l’Eure il y a trente ans, le groupe souhaite ainsi développer ses activités à l’export dans des filières qualitatives mais aussi importer des grains, dont la France est déficitaire (certains légumes secs par exemple). Et, à plus long terme, le groupe Beuzelin a une autre idée en tête : l’ancrage d’un hub agro-industriel. « Derrière ce silo, en arrière-quai, il y a des terrains disponibles. Une vision de l’avenir pourrait être que des investisseurs viennent, qu’il y ait des transformateurs des grains que nous collectons dans un rayon de 250 km aux alentours », déclarait en substance à Paris-Normandie, fin juin dernier, le PDG du groupe familial, Florent Beuzelin. Outre son excellente desserte (fluviale, maritime, routière, ferroviaire), l’originalité de l’entrepôt réside dans sa capacité à rendre prêt à l’emploi tous les grains qu’il reçoit grâce à une unité de séchage et de triage.

Des moyens attendus

Ils n’ont rien en commun politiquement mais Thierry Foucaud, sénateur PCF de la Seine-Maritime, et Édouard Philippe, député-maire LR du Havre, réclament de vrais moyens pour l’Axe Seine et le développement du port du Havre.
Hier, le sénateur communiste a demandé « un plan d’investissement d’un milliard d’euros sur cinq ans dédié à l’Axe Seine, budget correspondant à la moitié de ce qui a été débloqué par l’État pour la construction du Canal Seine-Nord », ce projet « menaçant de transformer la Normandie en Finistère touristique ».
« Nous attendons des engagements dans un territoire en péril, dont la situation économique et sociale continuera de se détériorer si une stratégie et des investissements ne viennent pas rapidement consolider et développer les places portuaires et industrielles de l’Axe Seine. »
De son côté, Édouard Philippe - invité hier par Matignon mais retenu par une réunion au Havre pour les 500 ans de sa Ville -, ne sera pas à Rouen qui « doit être la capitale portuaire de la Normandie puisque Cazeneuve s’y rend après Valls ».
Mais il a un message à (re) faire passer au Premier ministre : « La priorité c’est le ferroviaire pour concurrencer Anvers et Rotterdam ». Pour Édouard Philippe, cela ne peut passer que par la « construction d’une nouvelle ligne dédiée au fret qui permettrait de relier Le Havre à l’Est, en passant par Rouen et en contournant Paris ».
Boris MASLARD
Commentaires de Florestan:
Thierry ABIS le spécialiste de la géopolitique des céréales interrogé ici par le journaliste de Paris-Normandie, n'a pas l'air de connaître l'existence du Grand Port Maritime de Dunkerque qui est déjà un port céréalier et qui ambitionne de l'être plus encore au détriment de Rouen grâce au canal Seine Nord Europe.
On ne pourra qu'applaudir la sortie de Thierry FOUCAUD, le sénateur communiste de la Seine-Maritime: un véritable financement pour développer l'économie maritime de l'Axe Seine c'est ce que nous cessons de réclamer sur l'Etoile de Normandie
Quant à Edouard PHILIPPE on lui suggèrera d'arrêter de chroniquer dans les pages de Libération et de prendre concrètement et activement la tête d'un lobby du fret ferroviaire en France dont il trouvera un programme complet et cohérent de développement dans le livre programme écrit par... Jean-Luc Mélenchon.
C'est effectivement stratégique de désenclaver Le Havre vers l'Est et l'Allemagne comme il le serait tout autant par la rive Sud de l'Estuaire pour éviter l'effet terminus parisien et la concurrence frontale avec les ports du Nord sur le corridor "Amsterdam/ Marseille"...