Sur l'Etoile de Normandie nous suivons depuis plusieurs mois la colère brayonne contre le manque de démocratie d'usage dans le dossier sensible et essentiel de la ligne de fret ferroviaire du Serqueux-Gisors indispensable pour le désenclavement du port du Havre vers la région parisienne et l'Est: ce dossier résume, à lui tout seul, les impérities normandes:

1) Manque de vision globale et de long terme: le projet a été saucissonné pour des raisons financières et politiques. La liaison Gisors- Cergy-Pontoise posant encore plus de problème que la partie normande et brayonne du projet. Sachant, en outre, que le plus pertinent aurait été de relier Le Havre à Tergnier-Metz via Amiens pour brancher le grand port maritime normand au coeur de l'Allemagne rhénane. Le port du Havre ne doit plus avoir seulement la région parisienne comme terminus.

2) Mépris pour les usagers et les riverains de la part des grands élus et les hauts-fonctionnaires qui "bouinent" ce dossier depuis des années pour le résultat que l'on sait: c'est dramatique mais c'est ainsi, un Alain Le Vern ou un haut-fonctionnaire de RFF ou de Sncf Réseaux ne savent pas ce que "maîtrise d'usage" démocratique veut dire!

3) Manque de portage politique et financier de la part de la principale collectivité territoriale concernée, à savoir, la Normandie en l'absence, aussi d'un lobby maritime normand capable de relayer régulièrement et efficacement les intérêts des grands ports maritimes normands. On dira simplement que ce n'était pas possible avant 2016 puisque la région Normandie n'existait pas. Avant il y avait le potentat demi-régional haut-normand Le Vern et sa vision bornée par la Picardie et le Val d'Oise, tandis que du côté du Havre, depuis le départ d'Antoine Rufenacht, on ne peut pas dire qu'Edouard Philippe a fait "le job": quand on fait l'amuseur chez Ruquier on n'a pas le temps de se salir les mains pour pousser des gros trains de fret sur les rails!

Alors il reste Hervé Morin qui, dans des déclarations récentes, a bien cerné le double aspect du problème:

1) l'acceptabilité sociale et politique du projet de ligne fret Serqueux-Gisors par les riverains brayons en mettant 4 millions sur la table pour mettre l'huile indispensable dans des rouages prêts à se gripper: Bernard Cazeneuve, l'autre jour à Rouen, a annoncé une rallonge budgétaire pour financer la déviation routière de Gournay. Ce n'est pas suffisant. Il faut obliger l'Etat à faire un plus gros effort sur le Serqueux-Gisors pour permettre le financement de tous les équipements d'accompagnement (ex: remplacement de tous les passages à niveaux supprimés par des tunnels ou des ponts; mettre en place les murs anti-bruit partout où c'est nécessaire...)

2) Concentrer les investissements à venir sur le désenclavement du port du Havre vers le fleuve (ex: la chatière et écluses à moderniser) et vers le fret ferroviaire avant l'inauguration du futur canal Seine Nord Europe: ça nous laisse à peine dix ans! Et il faudrait au moins un milliard d'euros pour faire ces travaux. Pour mémoire, Hervé Morin avait déclaré ceci: "Le canal Seine Nord ne peut pas se faire au détriment d'un grand port de Normandie et de France. Oui à sa réalisation si l'Etat met les investissements qu'il faut pour assurer le développement du port du Havre. Sinon, il représente un risque majeur" pour l'avenir de près de 30000 emplois normands (c'est nous qui ajoutons).

Le travail d'Hervé Morin va consister à à regonfler un CPIER Vallée de la Seine sous doté voire à plat sur des sujets aussi importants que le contournement routier de Rouen ou le Serqueux-Gisors: la pommade cherbourgeoise n'ayant qu'un effet placebo comme les autres pommades... du côté de Rouen!

Sauf qu'il ne faudrait pas qu'Hervé Morin perde son sang-froid et fasse du... Le Vern dans ce dossier qui a besoin d'avancer avec les moyens financiers supplémentaires car, dans le Pays de Bray, personne n'est contre le principe de sauver l'avenir du port du Havre et de respecter l'environnement en mettant les conteneurs sur des trains:

Le vrai responsable de nos difficultés brayonnes et normandes c'est l'actuel locataire de l'Elysée qui a ouvert grand toutes les vannes financières pour ses amis nordistes. Résultat? Il n'y a plus de pognon pour les projets normands!


 Lire l'article complet proposé par Paris-Normandie qui reprend, par ailleurs, l'un de nos titres récents sur ce sujet qui mériterait d'être placé au coeur de l'actualité régionale normande:

http://www.paris-normandie.fr/accueil/vers-un-notre-dame-des-landes-normand-KL8397419?utm_source=Utilisateurs+du+site+LA+NEWS&utm_campaign=c689dced73-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_233027d23b-c689dced73-137315997

Vers un Notre-Dame-des-Landes normand ?

Publié 03/02/2017
Mise à jour 04/02/2017

Notre débat. Lancée fin 2010, la modernisation pour le fret de la ligne Serqueux-Gisors déchaîne les passions le long de son tracé. Le bras de fer menacerait de faire dérailler le projet. Vraiment ?

«La desserte ferroviaire, ce n’est pas Serqueux-Gisors, c’est le contournement de Paris permettant d’aller à la conquête de l’Est », devait dire Hervé Morin le 5 septembre 2015 à la Fête de la pomme d’Épreuville-en-Lieuvin. Alors candidat à la présidence de la Normandie, il s’opposait à ce projet enclenché par Alain Le Vern et défendu par Nicolas Mayer-Rossignol, socialistes. Élu depuis, il a changé d’avis. Il a salué le 29 novembre 2016 « une avancée capitale pour les ambitions portuaires normandes », après la signature de la déclaration d’utilité publique (DUP) par les préfets de Seine-Maritime, de l’Eure et de l’Oise.
Un énième changement d’aiguillage dans un dossier qui marche à vue, sur lequel Hervé Morin n’a pas voulu s’exprimer.

La modernisation de la ligne Serqueux-Gisors a commencé par la reprise du trafic voyageurs fin 2013. La seconde étape consiste en l’électrification du tronçon, fermé de 2009 à 2012, pour qu’il accueille du fret. Avec deux objectifs : mieux desservir le port du Havre et désengorger l’axe historique Le Havre-Rouen-Paris. « Assurer une meilleure connectivité entre les ports et l’hinterland », promettent ses défenseurs, reprenant le jargon du transport maritime désignant l’arrière-pays.

Plus de trains, moins de camions, pour un port dont 85 % des containers transitent par la route. « De 60 trains par semaine aujourd’hui, nous passerons à 25 par jour », compte Jean-Baptiste Gastinne, vice-président LR de la Région en charge des transports. « Pas d’un coup, il y aura une montée en puissance, avec d’abord dix trains par jour. » À Rouen vendredi, Bernard Cazeneuve a réitéré l’importance de ce « projet stratégique, condition du développement des ports du Havre et de Rouen ». « Les travaux débuteront prochainement », s’est engagé le Premier ministre.

Initialement prévue pour la fin 2017, la finalisation est maintenant reportée à 2020. Avec de multiples inconnues. « Si la DUP est rejetée, le projet ne se fera pas », craint Jean-Baptiste Gastinne. Il se déclare « très attentif » sur la question des financements. L’Union européenne doit injecter 71 millions d’euros, soit un quart du projet.

Le hic ? Ce chèque européen, promis dans le plan de relance signé par la Commission européenne en 2014, est conditionné à la réalisation des travaux avant 2020. « Il y a un risque important », admet Jean-Baptiste Gastinne, aussi élu havrais.

Ce qui le pousse à sortir les crocs : « Les élus des communes qui s’opposent à ce projet d’intérêt régional ne peuvent espérer attendre le soutien de la Région pour d’autres projets sur leurs territoires, que nous étudierons avec un œil nouveau ». Une menace à laquelle Michel Lejeune, maire de Forges-les-Eaux, a réagi, « estomaqué ». « Cela ressemble à du chantage, je n’ai jamais vu ça ! », fustige l’élu, assurant qu’il « ne changera pas d’avis ».

Il avait déjà été ciblé par Hervé Morin, après avoir déposé un recours au tribunal administratif : « Je saurai m’en souvenir », intimidait le président normand le 20 janvier. Une épée de Damoclès pécunière qui amène d’autres élus locaux à adopter « une démarche politique et non judiciaire ». C’est le cas d’Alexandre Rassaert, maire LR de Gisors. Si son conseil municipal a délibéré à l’unanimité contre la modernisation de la ligne Serqueux-Gisors le 23 avril 2016, pas question de déposer un recours. « Je comprends l’intérêt régional mais les Gisorsiens doivent en tirer un intérêt aussi, et ne pas seulement voir passer le train », équilibre l’édile, soutien d’Hervé Morin pendant sa campagne. Une requête entendue par la Région, qui s’est engagée à financer la rénovation de la gare de Gisors « à hauteur de 20 millions d’euros ». En plus de ça, l’institution régionale a promis de mettre des fonds dans « un terrain de football synthétique, la rénovation du château... ». Ce qu’Alexandre Rassaert définit comme « des contreparties indirectes » tout en assurant comprendre « le rapport procédurier de certaines communes ».

Au moins une quinzaine de recours, en contentieux ou gracieux, ont été déposés contre la DUP au tribunal administratif de Rouen ce 18 janvier, par des communes, des associations et des particuliers. Et pas qu’entre Serqueux et Gisors. Un collectif d’élus du Val d’Oise s’est dressé contre le projet, accompagné du Collectif alerte riposte fret, qui rassemble des associations de défense, en Normandie et en Île-de-France. Une opposition qui a fait réagir Valérie Pécresse, présidente francilienne LR. Elle s’est engagée à financer 25 millions d’euros « d’aménagements et de murs antibruits » sur son territoire. D’abord hostile, la région parisienne a assuré qu’elle ne s’opposerait pas au projet, « s’il se fait », doutait Valérie Pécresse lors d’une rencontre avec Hervé Morin à Gaillon, le 12 janvier.

Un doute qui, malgré la confiance affichée par les défenseurs de cette ligne, s’instillerait jusqu’au sommet de l’État, créancier pour un tiers des travaux. Lors d’une réunion consacrée au projet, à l’automne, Ségolène Royal aurait partagé sa crainte « d’un nouveau Notre-Dame-des-Landes ». Ces paroles, rapportées par le président de l’Union maritime et portuaire du Havre, Michel Segain, lors de ses vœux, n’ont pas été confirmées par le cabinet de la ministre de l’Environnement. « Aucun risque ! », balaie Jean-Baptiste Gastinne. « Contrairement à NDDL, ici il n’y a pas de terrain à défendre. » Les opposants apprécieront.

Comme alternative au passage du fret entre Serqueux et Gisors, ces derniers militent pour le choix de rénover la ligne passant par Amiens. « C’est une idée, pas un projet », repousse Jean-Baptiste Gastinne. « Il y en a besoin aussi, ce serait complémentaire, pas alternatif. C’est un grand Serqueux-Gisors qui coûterait à la louche 700 millions d’euros. Nous n’avons pas les financements. »

Pas question donc de se lancer à la conquête de l’Est, le « combat » qu’Hervé Morin voulait mener dès son élection.

La fermeture des passages à niveau, c’est « la mort de Ferrières »

REPORTAGE. « Nous sommes un village d’irréductibles brayons », revendique Philippe Patris. Conseiller municipal de Ferrières-en-Bray, il se bat contre « l’hérésie » du projet de modernisation de la ligne Serqueux-Gisors. Il a rejoint Denis David, président de l’Association ferriéroise de défense de l’environnement, dont il fait partie, et Jean-Marc Wissart, de l’association Voies et Voix en Pays de Bray, chez ce dernier, le jeudi 26 janvier. Dans son salon aux allures de quartier général, il revient sur la lutte que mènent les opposants à ce projet. « Ils veulent fermer les PN 40, 41 et 42, cela va créer une frontière entre Ferrières et Gournay-en-Bray ».
Les PN, passages à niveau, sont le premier point d’achoppement d’une longue liste. « Cela va couper nos villes en deux, hallucine Jean-Marc Wissart, séparer le sud où sont les commerces, et le nord ». Il pointe une autre conséquence, moins évidente : « les pompiers volontaires de Ferrières ne pourront plus l’être, puisque la fermeture des passages à niveau les empêchera de rejoindre la caserne de Gournay dans les temps ». Sans compter le « mur de la honte ». Deux murs antibruit longs de 800 mètres longeront la voie, pour espérer réduire la pollution sonore du passage de trains de 750 mètres jusqu’à 25 fois par jour. « Il me faudrait deux jours pour tout vous expliquer », assure Jean-Marc Wissart, qui se bat contre ce projet depuis octobre 2012.
Pour compenser, une déviation doit être créée, qui traverserait la zone industrielle de Ferrières. « Déjà que nos usines ferment ou n’embauchent plus, on va en plus les encombrer avec une départementale, sur laquelle devront passer voitures, camions et les engins agricoles ! », vitupère Philippe Patris. « Ce projet emmerde tout le monde, tout le long de la ligne. Il n’a d’intérêt que pour Le Havre ! » Il a lancé, à titre personnel, un recours gracieux contre la déclaration d’utilité publique du projet, signée par les préfets des départements concernés le 18 novembre dernier. « Sans savoir ce qu’ils faisaient », ricane le conseiller municipal. « Ce n’est pas la première fois que des préfets autorisent des choses sans savoir... Vous savez, Papon ne savait pas ce qu’il faisait non plus ! », ose-t-il.
Avec les opposants, cela fait longtemps que le point Godwin est atteint, théorie selon laquelle « plus un débat s’éternise, plus il est probable d’y trouver une référence au nazisme ». Philippe Patris prévient : « C’est un Notre-Dame-des-Landes en puissance ici, tous les éléments sont réunis. On ne fume pas de cigarettes qui font rigoler, mais on est structurés, on se défend ». Sans s’avancer sur d’éventuelles actions en préparation. « Il est trop tôt. »
L’impossibilité du dialogue se confirme le soir même. Un « atelier de travail » (sic!) est organisé par SNCF Réseau en mairie de Ferrières. Deux mondes s’y opposent. D’un côté, sur trois petites tables, une quinzaine d’habitants. De l’autre, les représentants de SNCF Réseau, du Département et du cabinet d’études Era. Ces derniers ont demandé aux riverains de plancher sur le tracé prévu de la future départementale.
Quand un agriculteur impacté déplore « la destruction de mon outil de travail », un ingénieur routier voit lui dans ces terrains expropriés « une formidable opportunité urbaine ».
Tous ceux présents ont un bout de cette route sur leur terrain. « Sachez que la municipalité est contre ce projet », a posé d’emblée Marie-France Devillerval. Maire divers droite depuis 2008, cette fille de cheminot « se lève, vit et se couche SNCF », tant ce projet l’obsède. « Nous ferons tout pour qu’il ne voit pas le jour », affirme-t-elle. « Nous n’avons rien contre le train, quand il s’agit de voyageurs », assure la maire. « M. Le Vern (ex-président PS de la Haute-Normandie) nous avait promis plus de trains pour que nos habitants puissent aller travailler à Paris en laissant leurs voitures, c’était formidable ».
En 2011, les communes avaient délibéré en faveur du projet, sous sa première forme. « Une fois que nous avions dit oui, on nous informe de la fermeture des passages à niveau et des travaux pour le fret ! » Sans obtenir davantage de trains de voyageurs. Quatre trains, vers Serqueux et Gisors, s’arrêtent en gare de Gournay-Ferrières, « à des horaires insensés ».
Pendant que la maire rappelle la genèse des tensions, les habitants ont fini de travailler sur le tracé de la nouvelle route. Avec toujours la même conclusion : « On ne veut pas que les passages à niveau ferment ». Anne-Pascale Patris, la femme de Philippe, accuse les représentants du projet « de les avoir pris pour des enfants de cinq ans » en « jouant les professeurs », dénonçant un simple « travail de communication ». La bonne volonté affichée des promoteurs du projet n’aura rien changé. Sadirith Pheng, chef de projet, se défend : « Oui, il y a des nuisances, je n’ai rien à cacher, mais on peut discuter pour les minimiser. La SNCF n’y gagne rien, au contraire ».
Exactement comme les habitants de Ferrières-en-Bray.
S. L.

L’intérêt économique à l’épreuve de la colère locale

Est-ce nécessaire de moderniser la ligne Serqueux-Gisors alors que le fret maritime venant du Havre ne cesse de chuter ?
Agnès Canayer : « Il est vrai qu’il y a aujourd’hui une crise économique mondiale, donc une baisse des échanges commerciaux. Mais justement, plus le port du Havre sera relié à l’hinterland, plus il pourra capter du trafic et être performant. Encore faut-il que cela soit respectueux de l’environnement, il est donc vital de développer ferroviaire et fluvial. L’objectif est de 25 trains par jour, ce n’est pas beaucoup. Tout dépend de la manière dont ces trains s’insèrent dans les communes concernées. »
Michel Lejeune : « Tout le monde est d’accord pour développer le port du Havre, mais ce projet détruit des maisons, ferme des passages à niveau indispensables à l’économie locale. Imaginez, 25 trains d’un kilomètre de long, de jour comme de nuit ! Ici, tout le monde est catastrophé. Ce projet paraît vital pour les Havrais. Ils ont une belle ville et un grand port, mais ça ne justifie pas de saccager nos communes ! »
D’autres itinéraires ne sont-ils pas envisageables ?
A.C. : « Les sillons actuels, via Rouen ou Amiens, sont bouchés. L’objectif de cette modernisation est aussi de développer l’axe Seine. Le tronçon Serqueux-Gisors permet de désengorger l’itinéraire Le Havre-Rouen-Paris, saturé parce que voyageurs et fret roulent dessus. C’est en contournant Rouen par le nord qu’on peut densifier le trafic. »
M.L. : « Il aurait été plus logique d’utiliser les lignes de fret existantes vers Amiens. Cela aurait aussi permis de relier plus facilement Le Havre aux lignes ralliant la Belgique et l’Allemagne. Et vers Amiens, ça ne gêne personne ! Certes, cela prend plus de temps, mais est-ce que c’est vraiment un problème de perdre une demi-journée quand la marchandise prend des semaines à être acheminée depuis la Chine ? »
Déjà en retard de deux ans sur le calendrier initial, pensez-vous que le projet se fera ?
A.C. : « C’est un dossier clé de ma mandature. Je suis confiante dans l’engagement des élus régionaux en sa faveur. C’est normal que les élus locaux utilisent tous les recours à leur disposition. Il faut trouver un équilibre entre l’intérêt économique du territoire et celui des communes impactées. La question est difficile, d’où ces discussions qui ont retardé le projet. »
M.L. : « Je n’ose pas imaginer que cela arrive... Je suis quelqu’un de bon sens, je souhaite donc que le bon sens triomphe. J’espère qu’il y a encore des gens qui défendent vraiment les citoyens. Nous avons déposé notre dernier recours au tribunal administratif lundi dernier. Il peut annuler la déclaration d’utilité publique et abandonner le projet. Sinon, il nous restera le Conseil d’État. Ce sera la dernière chance. »
Une « zone à défendre » type Notre-Dame-des-Landes est-elle possible ?
A.C. : « Je ne pense pas que l’on puisse comparer NDDL et ces travaux. Certes, il y a des réticences et des craintes, mais les discussions sont encore ouvertes. Les élus et responsables locaux ont conscience des enjeux pour leurs territoires. Il faut échanger pour les faire accepter. »
M.L. : « Nous n’en sommes pas encore là, mais il y a une vraie colère locale. Quand le commissaire enquêteur est venu, il a reçu des sacs entiers de doléances écrites par les gens concernés, qu’il n’a pas lues, puisqu’il a émis un avis favorable. Il faut se mettre à la place des habitants ! »
Commentaire de Florestan:
Ce qui est rapporté ci-dessus par le journaliste de Paris-Normandie est consternant: nos grands élus et nos grands ingénieurs sont vraiment NULS en... démocratie! Le jacobinisme français est en panne. Et d'autant plus que la finance publique qui lubrifie les rouages du jacobinisme français se fait rare quand elle n'est pas raréfiée par des arbitrages politiciens faits en haut lieu: François Hollande ouvrant toutes les vannes budgétaires pour le canal Seine Nord de Martine Aubry a provoqué l'assèchement financier des projets de l'Axe SEINE quand bien même il soit labellisé "priorité nationale" dans des discours et des colloques officiels d'enfumage à Rouen et au Havre.
La colère citoyenne (et non pas seulement et stupidement "nimbyste") du Pays de Bray est la première conséquence concrète de ce bilan DESASTREUX de François Hollande dans la Normandie qu'il a pourtant décidé de réunifier en 2014.
La monarchie présidentielle jacobine de la 5ème République est donc à abolir et je suggère à nos grands élus et à nos haut-fonctionnaires ingénieurs d'aller en ... Hollande et à Rotterdam faire un voyage d'étude pour observer le fonctionnement normal d'une démocratie de la maîtrise d'usage: c'est, en effet, par les décisions d'un débat public réunissant tous les usagers et tous les riverains du port de Rotterdam, débat prescriptif et évolutif qui a duré plusieurs années, que le projet d'extension du plus grand port d'Europe (Maasvlakt 2) a été conçu parce que, là-bas, les ingénieurs et les élus ne prennent pas ceux qui ne le sont pas pour des... cons!