L'Etoile de Normandie ne pourra que partager la colère des étudiants et des professeurs de l'université de Caen. L'Alma mater normande depuis près de six siècles, institution qui fait notre fierté commune par les talents et les recherches qui s'y développent tans les domaines de la science, ne devrait faire l'objet d'aucun soupçon... Et pourtant !

A l'heure où de nombreux étudiants normands poursuivent leurs études sur le seuil de la pauvreté, le fait que cinq dirigeants de haut niveau administratif de l'université normande décident de se partager quelques 150000 euros de primes est tout simplement scandaleux!

Lire cet article du Figaro étudiant:

http://etudiant.lefigaro.fr/article/les-150-000-euros-de-primes-qui-embarrassent-de-l-universite-de-caen_e9ac6868-ef8e-11e6-9bb8-10306b5c30df/

Les 150.000 euros de primes qui embarrassent l’université de Caen

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Plus de 150.000 euros de primes pour 2016 ont été versés à cinq dirigeants et comptables de l’université de Caen. À l’heure où l’université doit se serrer la ceinture pour une rénovation urgente, ces montants élevés font grincer.

Les étudiants du bâtiment B de l’université de Caen Normandie (Calvados) sont en colère. Pour étudier les sciences humaines, ils devront désormais se passer de bibliothèque, absente des nouveaux plans de rénovation. «Sans concertation avec les professeurs, ni avec les étudiants, la nouvelle direction a décidé de nous retirer notre lieu d’étude, explique Thomas, étudiant en sciences humaines en M2. On nous promet qu’elle sera reconstruite quelque part, mais pour l’instant, on ne sait ni où, ni quand.»

La rénovation du bâtiment engagée en juillet dernier pour quatre ans -et 21 millions d’euros- semble bien utile. «Notre campus a plus de cinquante ans et certains bâtiments n’ont jamais été rénovés, s’insurge Thomas. Tout est vétuste. Bourré d’amiante, l’immeuble dans lequel nous travaillons aurait pu prendre feu en un quart d’heure!»

Interrogé en novembre par France 3, le vice-président de l’université délégué à l’immobilier Stéphane Ropiquet estimait à 160 millions d’euros le montant global des travaux sur vingt ans. Soit huit millions par an. «Nous ne sommes aujourd’hui capables de mettre que deux millions par an.» déclarait-il à l’époque. Alors quand l’université a décidé de communiquer la répartition de ses 500.000 euros de primes sur l’année 2016, une partie des étudiants, des syndicats et du corps professoral est resté sans voix. 43.000 euros pour la directrice générale, 36.000 pour l’agent comptable, 33.000 pour le directeur général des services adjoints... des montants qui ne sont pas passées inaperçues.

La CGT monte au créneau contre le montant des primes versées

Parmi les contestataires, la CGT s’insurge dans un communiqué du montant de la partie variable de ces primes, appelée complément indemnitaire annuel (CIA) et évaluée de façon trop subjective selon le syndicat. «Faites les comptes: 5 personnels de l’université de Caen perçoivent l’équivalent de 368 primes (157 000€) sur proposition du président de l’université avec l’approbation du Conseil d’Administration.» peut-on lire dans son tract.

«Ce ne sont pas les primes en soi qui nous dérangent, détaille encore Thomas. Elles sont même très utiles pour de nombreux salariés qui sont très peu payés. Le problème, c’est que ceux dont on conteste déjà la gestion de l’établissement s’allouent eux-mêmes des primes bien trop élevées, alors que 200 postes ont été gelés puis en partie supprimés depuis 2012 et qu’on ne cesse de retarder les travaux de rénovation par manque de moyen.»

« Nous sommes plutôt dans la moyenne basse. »Pierre Denise, président de l’université de Caen, à propos des primes versées

Amphithéâtres dégradés, profs absents et cours envoyés par mails

200 étudiants se sont donc réunis lundi 30 janvier devant le bureau du président Pierre Denise pour faire savoir leur malaise. Ce 10 février, ce même groupe essayait d’interrompre l’assemblée générale qui se tenait dans l’université. Les deux fois, pas de réponse du président. «Nous ne désespérons pas, M. Denise finira bien par nous parler, explique Thomas, à l’origine du mouvement. Notre colère est globale, nous n’en pouvons plus des professeurs absents et pas remplacés, des cours envoyés par mail et des amphithéâtres pourris où les chaises sont cassées. Ce n’est pas avec 157.000 euros que l’on aurait pu tout changer, nous en sommes conscients, mais ça aurait été un bon début.»

Contactée par le Figaro, l’université n’a pas donné suite à nos appels. Son président avait toutefois précisé à Ouest France et France 3 que «les montants des primes individuelles des cinq personnes mises en avant sont exactes. Ils peuvent paraître élevés s’ils sont isolés du reste. Ces primes sont liées au poste et pas à la personne, ni à la performance. Ces montants sont rendus publics, dans une volonté de transparence. Peu d’administrations communiquent là-dessus.» Selon lui, ces primes sont distribuées dans toutes les universités de France et sont en général bien plus élevées. «Nous sommes plutôt dans la moyenne basse» conclut-il.