La réunification du pilotage politique normand combiné à la crise de l'agro-industrie conventionnelle produit un effet positif puissant:

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Le secteur agricole et agro-alimentaire normand qui demeure, en nombre d'emplois et en chiffres d'affaires le second secteur de l'économie régionale, prépare sa conversion quasi intégrale vers les filières de la qualité agricole et agro-alimentaire: au coeur d'un mouvement qui s'emplifie et qui semble emporter les dernières résistances corporatistes et les conservatismes, la conversion vers l'élevage biologique de la majeure partie de la filière laitière normande pour d'évidentes raisons de survie économique et financière après les deux terribles années 2015 et 2016 vécues durement par les éleveurs laitiers normands du Cotentin au Pays de Bray en passant par le bocage Virois, est devenue incontournable: on se souvient de cette colère paysanne du début de l'été 2015 avec le blocage des accès des grandes villes normandes (notamment à Caen) ainsi que des ponts sur la Seine ou le saccage des supermarchés.

Malgré les aides d'urgence du gouvernement, la situation reste préoccupante depuis la déréglementation européenne des quotas laitiers, la signature de l'accord de libre-échange avec le Canada et l'emprise contractuelle des laiteries industrielles, à commencer par la plus grosse d'entre elle (par ailleurs numéro 1 mondial de la transformation industrielle du lait), sur les éleveurs qui ne peuvent évidemment pas vivre décemment de leur travail avec un prix du litre de lait inférieur à 30 centimes: il est donc devenu urgent pour les éleveurs de valoriser leur lait en changeant plus ou moins radicalement de modèle agricole pour pouvoir proposer un prix supérieur au prix d'un marché laitier devenu mondial.

La conversion des exploitations laitières normandes vers la bio avec retour d'un troupeau de vaches normandes de taille raisonnable pâturant à l'herbe et au foin devient l'horizon des éleveurs normands notamment pour les jeunes courageux qui s'installent, d'emblée, en production bio. La situation présente est donc très délicate car le modèle économique de la filière laitière est totalement destabilisé entre une tendance au retrait de la production dans le système conventionnel pour ne pas aggraver la chute des prix du lait sur un marché mondial dérégulé en état de surproduction et la baisse drastique, voire l'arrêt de toute production laitière, chez des éleveurs de plus en plus nombreux à opter pour la conversion vers la bio puisqu'il faut un délai de deux ans pour passer d'un système agricole à l'autre.

Cela explique pourquoi on observe actuellement une crise inédite de l'approvisionnement de certains produits laitiers: le beurre vient lui-même à manquer ainsi que certains yaourts tandis que la demande des consommateurs pour l'agro-alimentaire bio explose ce qui entraine des ruptures d'approvisionnement en produits lactés bio dans les magasins spécialisés.

Le rôle d'accompagnement de la nouvelle région Normandie et de la Chambre d'agriculture de Normandie est donc fondamental.

Et il est heureux que le nouveau pouvoir régional normand ait décidé de mettre l'accompagnement de la reconversion du modèle agricole normand, notamment sa filière latière, au coeur de la stratégie régionale car il en va de l'identité même de la Normandie.

De leur côté, les organisations professionnelles de l'agriculture biologique normande jusque là séparées en trois entités (Interbio, Agrobio BN et le Grab HN) préparent leur fusion en une seule entité normande pour l'année prochaine avec l'objectif de faire de la filière laitière normande la première filière laitière biologique en France par la production avec, (et c'est nous qui l'ajoutons) la possibilité, à terme, d'aller chercher une AOC/AOP lait bio de Normandie au moment où, avec l'entrée en vigueur du tout nouvel accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne (le CETA voté par le Parlement européen le 15 février 2017), le marché agro-alimentaire français va être inondé de produits agro-alimentaires canadiens beaucoup moins chers car il n'y a pas au Canada l'équivalent de nos AOC/AOP ou de nos labels BIO avec leurs cahiers des charges exigeants.

En un mot: avec l'entrée en vigueur, en avril prochain, du CETA c'est la filière agro-alimentaire conventionnelle qui est menacée directement.

La Normandie dispose déjà de 13 AOC/AOP sur son territoire et c'est déjà en soi un record national, c'est déjà un avantage comparatif indéniable. En revanche, elle était en retard dans la conversion biologique notamment dans la partie ex Haute de son territoire. C'est ce retard qui doit être repris face à l'explosion de la demande des citoyens consommateurs pour les produits biologiques mais aussi face à la menace nouvelle du CETA.

A n'en pas douter ce sera le grand enjeu de la Normandie enfin réunifiée totalement sur un stand commun de plus de 500m² au prochain salon de l'Agriculture de Paris à partir du 25 février 2017

 Pour en savoir plus sur la question agricole et rurale normande nous vous proposons de découvrir le site :

Logo

 

http://www.agri-culture.fr/article/agriculture-economie/une-journee-agricole-pour-le-president-de-la-region-normandie

http://www.agri-culture.fr/article/agriculture-marches/lagriculture-biologique-normande-se-moque-de-la-crise


Lundi 20 février 2017, Stéphane LEFOLL nous rend visite à Rouen et alentours pour constater sur le terrain la conversion de l'agro-alimentaire normand vers la bio et les labels de qualité: ce breton qui a fait carrière comme député dans le bocage du Maine aura peut-être plus d'arguments pour reprendre sa discussion avec Monsieur Emmanuel Besnier...

Ministre de l’Agriculture, de

l’Agroalimentaire et de la Forêt

Porte-parole du Gouvernement

Paris, le 16 février 2017

 NOTE AUX REDACTIONS

Déplacement de Stéphane LE FOLL en Seine maritime - Lundi 20 février

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 Stéphane LE FOLL, Ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, Porte-parole du Gouvernement sera en déplacement en Seine maritime lundi 20 février.

A l’occasion de ce déplacement, le Ministre se rendra à  la cuisine centrale Syndicat intercommunal de restauration collective Rouen – Bois-Guillaume. Cet établissement qui fournit les repas pour les écoles, centres de loisirs, crèches et restaurants municipaux des communes de Rouen et Bois-Guillaume se distingue par une démarche exemplaire tant en terme d’approvisionnement local que de nutrition.

Stéphane LE FOLL se rendre ensuite, avec Madame Estelle GRELIER, Secrétaire d’Etat chargée des Collectivités territoriales, sur deux exploitations agricoles engagées dans des démarches agro-écologiques, un éleveur laitier cofondateur d’une laiterie ainsi que l’exploitation de grande culture d’un agriculteur également animateur de l’association Sol-en-Caux impliquée dans la lutte contre l’érosion des sols ( pour en savoir plus cliquez ici).

Pour finir, le Ministre visitera, l’entreprise Eco-Technilin, leader français dans la fabrication des matériaux non-tissés à base de fibres naturelles. Eco-Technilin produit 7 000 tonnes/an de matériaux à base de fibres naturelles telles que le lin (en provenance de Normandie), le chanvre (en provenance du Grand Est), le kenaf, la jute, la fibre de verre ou de matériaux recyclés. Cette entreprise qui produit principalement pour l’industrie automobile s’inscrit pleinement dans une démarche de Bioéconomie, en adéquation avec la stratégie gouvernementale bioéconomie présentée par Stéphane LE FOLL en Conseil des ministres le 18 janvier dernier (cliquer ici pour en savoir plus)

 

Programme presse :

 

10h00    Visite de la cuisine centrale de Rouen

               26, rue Charles Cros à Rouen

12h00    Visite de l’exploitation de Monsieur Aldric Vandermeersch

               300 route du Gros Chêne à Bréauté

12h45    Visite de l’exploitation de Monsieur Antoine Chedru

               910 route de Longueil à Goderville

15h00    Visite de l’entreprise Eco-Technilin

               Z.A. Caux multipôles Valliquerville (à côté d’Yvetot)

16h30    Fin de la visite