L'idéal serait que la "tripolitaine" normande Caen Rouen Le Havre soit aussi un triangle ferroviaire complet de part et d'autre de l'estuaire avec un RER ferroviaire régional joignant les trois villes en une heure maximum avec un aller-retour toutes les heures.

On notera que 44 trains Nantes / Rennes A/R circulent tous les jours. Même chose entre Strasbourg- Colmar et Mulhouse ou entre Lyon et Saint Etienne...

Tout le mépris pour la Normandie symbolisé en un seul cliché...

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La Normandie ferroviaire écartelée en deux sur des radiales dominantes Paris- Province, voire Paris-Grande banlieue a été méprisée par la SNCF ces trente dernières années. Les liaisons inter-normandes n'étaient pas la priorité de la SNCF et encore moins celles de deux demi-régions normandes qui avaient tendance à s'ignorer l'une l'autre.

Comble du mépris: Alain Le Vern, le fossoyeur de la belle idée d'unité normande de 1998 à 2013 avait été exfiltré de la vie politique en passant par les confortables bureaux de la direction nationale de la SNCF...

Cette triste période aussi peu socialiste qu'elle fut néo-féodale étant définitivement derrière nous avec le retour à l'unité normande depuis plus d'un an, la remise à niveau, sinon la reconstruction d'une offre normande des transports ferroviaires s'impose d'autant plus qu'il faut faire fonctionner le partage des rôles institutionnels entre ROUEN la métropole préfecture et CAEN la technopole capitale politique de la Normandie...


Lire l'enquête suivante proposée par Paris-Normandie:

http://www.paris-normandie.fr/accueil/deux-nouveaux-allers-retours-directs-en-train-pour-rouen-caen-FM8592362?utm_source=Utilisateurs+du+site+LA+NEWS&utm_campaign=2a53fab514-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_233027d23b-2a53fab514-137315997

Deux nouveaux allers-retours directs en train pour Rouen-Caen

Christophe HUBARD

Transports. Depuis deux mois, la Région Normandie propose deux allers-retours directs en semaine pour relier Rouen à Caen. Une mesure avant tout symbolique, faute de tarifs attractifs, qui vise à renforcer l’offre existante.

«Le train de 16 h 08 sera sans arrêt jusqu’à Caen. » L’annonce a priori banale ne passe pas inaperçue auprès des habitués. « Sans arrêt ? » Oui, direct. Pas encore à la vitesse de la lumière, mais les trains qui arrivent à l’heure méritent aussi d’être signalés.

Depuis le 12 décembre, le message revient tous les jours de la semaine dans la gare de Rouen. Le trajet Rouen-Caen en 1 h 23 au lieu de 1 h 33 (aux meilleurs horaires), c’est dix minutes de gagnées grâce à l’absence d’arrêt. Toujours ça de pris. Depuis cette date, le nombre de dessertes quotidiennes est passé de neuf à onze, grâce à l’ajout par la Région Normandie de deux allers-retours : 8 h 08 et 16 h 08 pour Rouen-Caen et 8 h 05 et 16 h 17 dans l’autre sens.

Les usagers apprécient

Bien entendu, la mesure contente les usagers de la ligne. « C’est très bien ces horaires supplémentaires », apprécie Yann, « surtout le fait que ce soit direct. Après, le seul reproche que l’on puisse faire, c’est que cela n’est toujours pas assez rapide ». Le Normand résidant à Granville, dans la Manche, emprunte la ligne « une à deux fois par semaine » dans le cadre de son travail dont l’activité est partagée entre les deux capitales régionales. « Avant, je prenais celui de 17 h 04 », ajoute le quinquagénaire, pour une arrivée à 18 h 41, soit une heure et dix minutes plus tard qu’en partant à 16 h 08. De quoi profiter de l’avant-soirée sur Caen ou de reprendre la route pour son domicile plus tôt.

« L’idée n’était pas de satisfaire une clientèle en particulier, mais plutôt d’équilibrer l’offre dans la journée », explique Jean-Baptiste Gastinne, vice-président en charge des transports à la Région. « Je ne suis pas sûr qu’il y ait beaucoup de navetteurs [personnes utilisant le train quotidiennement pour les trajets domicile-travail, NDLR] sur la ligne. » Les profils des usagers sont variés. Sur le quai, Pascal est venu conduire à la gare son fils en études à Caen. « Nous habitons à Louviers, donc selon les horaires qui lui conviennent le mieux, nous emmenons notre fils à Elbeuf, à Évreux ou à Rouen », raconte le père de famille qui découvre, ce jour, la nouvelle offre. « L’avantage, c’est qu’il est direct. Après, tout le monde ne pourra pas vous dire que c’est super », sourit le Lovérien en référence aux villes non desservies. « Si vous écoutez tous les élus, le train s’arrêtera toujours partout. C’est bien d’alterner les deux. »

Satisfaire tout le monde mais à quel prix ? « J’espère surtout que ces deux nouveaux horaires seront pérennes, car si ce n’est pas rentable ils ne les garderont pas », anticipe Alexis, Rouennais de 37 ans utilisant pour la première fois ce direct. « Ce n’est pas une expérimentation, assure Jean-Baptiste Gastinne. Il y a la volonté de mieux relier par le fer les deux capitales régionales. Cette ligne est devenue très symbolique. Depuis la réunification, la préfecture de Région est à Rouen et le conseil régional à Caen. »

Symbolique et opportun pour les agents des collectivités locales et des services de l’État. « Je ne sais pas où ils sont », tranche un agent SNCF rencontré sur un quai de la gare. « On nous avait dit que cela serait utile aussi pour eux, mais je n’en vois pas. » Pour le cheminot, l’intérêt d’un train direct est faible. « Ça ne fait gagner que cinq minutes [dix en réalité, NDLR]. S’il s’arrêtait ne serait-ce qu’une fois cela permettrait de ramasser du monde et de rentabiliser un peu plus. » Cette ligne Rouen-Caen, « on la suit de très près, car c’est là qu’il y a le plus de potentiel par rapport au nombre d’habitants », défend le vice-président de la Région Normandie. En semaine, 1 700 voyages par jour sont enregistrés contre 1 250 le week-end. « La ligne est plus rentable que les autres avec 40 % des dépenses de fonctionnement couvertes par la vente des billets contre 30 % en moyenne. » Mais l’équation restera-t-elle valable avec un trajet sans arrêt ? Dans tous les cas, « il est trop tôt pour faire un bilan », estime le vice-président. « Pour que les gens utilisent ces nouveaux horaires, encore faudrait-il qu’ils soient au courant », pointe une dernière fois l’agent SNCF. Pour l’instant, des opérations sont menées dans les centres commerciaux de Rouen et Caen pour communiquer sur la nouvelle desserte en proposant de gagner des billets allers-retours. Il en faudra peut-être un peu plus pour permettre à la ligne de décoller.

Le comparatif n’est pas glorieux...

Quelle meilleure campagne de communication autour de la desserte Rouen-Caen qu’une annonce de la baisse des tarifs ? À 55 € (sans réduction) l’aller-retour (non échangeable et non remboursable !), le choix du rail se résumerait-il à un acte militant ? D’autant qu’un rapide comparatif est cruel pour le train : comptez environ 40 € en voiture (péages inclus), maximum 20 € en covoiturage (par Blablacar), 10 € en bus (par Flixbus, en s’y prenant tôt), gratuit au bord de la route, le pouce en l’air.
Le train peut devenir intéressant dès lors qu’il est pris fréquemment. La Région propose des abonnements : hebdomadaire à 69 € et mensuel à 249 €.
Bien sûr, le train normand est ce qu’il est et le temps de trajet enfonce encore un peu plus le clou. 1 h 25 au mieux par le rail contre 1 h 15 en voiture, mais le train permet d’être libre de travailler ou de se reposer.
La Région récupère la politique tarifaire
En 2017, le principal frein reste donc le prix ; la seule variable d’ajustement que l’on puisse faire évoluer dans l’immédiat. D’ailleurs, la Région Normandie vient de récupérer l’intégralité de la politique tarifaire. De nouveaux tarifs seront présentés pour début 2018. Pour l’heure, le vice-président de la Région, Jean-Baptiste Gastinne, ne fera aucune annonce dans un sens comme dans l’autre. « Si on baisse les tarifs et que l’on arrive à faire venir plus de monde, grâce à ça les recettes peuvent se stabiliser voire augmenter », théorise l’élu. La question sera de savoir jusqu’où la Région pourra consentir un effort et s’il sera suffisant pour rendre le train compétitif. À titre indicatif, cette année, la Région consacrera 130 M€ pour faire rouler les trains régionaux. « On peut envisager de varier les prix dans le temps », avance Jean-Baptiste Gastinne, avec un avantage tarifaire en prenant son billet à l’avance.
Du côté de la SNCF, « on va proposer en lien avec la Région des nouveaux tarifs attractifs pour les TER », explique-t-on sommairement. Quand est-ce ? En 2018 ? « Bientôt ». En espérant que ce teasing ne soit pas survendu...

Révolution !

Seule la Ligne nouvelle Paris Normandie (LNPN) permettra un véritable gain de temps sur le trajet. Rouen-Caen en 50 mn... mais en 2030 au plus tôt. À cette date, les tronçons prioritaires de la LNPN devraient être achevés. Hervé Morin s’était engagé à ce que la collectivité finance l’intégralité des études (20 M€) pour aménager les tronçons Rouen-Évreux et Rouen-Bernay, afin d’accélérer l’édification de ces tronçons non retenus comme prioritaires. Ils sont pourtant indispensables pour relier les deux capitales régionales. Ces améliorations ne seraient effectives qu’en cas de financement croisé État-Région ».
  Christophe HUBARD