Et on sent que les journaleux bobos de Ouest-France frétillent d'aise à la vue de la carte suivante:

l-emploi-surtout-dans-les-grandes-metropoles

Lire l'article suivant qui nous propose un dialogue plutôt édifiant entre une journaliste de Ouest France et Fabrice Lenglart, commissaire général adjoint à France Stratégie:

http://www.ouest-france.fr/europe/france/l-emploi-surtout-dans-les-grandes-metropoles-4812959?utm_source=neolane_of_newsletter-generale&utm_medium=email&utm_campaign=of_newsletter-generale&utm_content=20170221&vid=1376411&mediego_euid=1376411

L’emploi ? Surtout dans les grandes métropoles

Le labo d’idées France stratégie, rattaché au Premier ministre, s’est penché sur le dynamisme de l’emploi dans les territoires. Les grands pôles urbains font florès, les plus petites villes sont à la peine. Décryptage avec Fabrice Lenglart, commissaire général adjoint à France Stratégie.

L’emploi se développer surtout dans les grandes métropoles ?

Oui, c’est un phénomène récent, qui date du début des années 2000. Jusque-là, l’emploi des 25-54 ans se développait de manière diffuse, sur l’ensemble du territoire.

Depuis une quinzaine d’années, on constate ce que l’on appelle une « métropolisation du développement économique », sachant que par « métropole », nous intégrons les grandes villes centre, leurs banlieues et leur couronne périurbaine de villes et villages.

(Commentaire de Florestan: cette conception géographiquement large de l'idée de métropole n'est pas pertinente)

Parallèlement, dans les villes plus petites, l’emploi s’est moins développé.

C’est un phénomène propre à la France ?

Non, on observe cette « métropolisation de l’emploi » dans l’ensemble des pays d’Europe et développés.

Nantes et Rennes illustrent ce phénomène ?

Oui. Elles font partie de douze des seize métropoles de plus de 500 000 habitants sur lesquels nous nous sommes penchés. Nantes, c’est une ville très dynamique. L’emploi y a progressé de 7,5 % entre 2006 et 2013. Pareil à Rennes, où il a progressé de +5 %.

(Commentaire de Florestan: Rouen, la métropole oubliée)

Comment expliquer ce dynamisme ?

Nantes et Rennes font partie de ces grandes métropoles où l’on constate une surconcentration de cadres, un type d’emploi qui se développe très vite en France. Par ailleurs, elles sont toutes les deux spécialisées dans un secteur d’avenir, l’informatique.

Nantes compte aussi beaucoup d’emplois dans le secteur administration/gestion. À Rennes, celui des services commerciaux.

Globalement, notre étude révèle qu’il s’agit surtout de métiers aux tâches non répétitives, comme des ingénieurs en informatique ou en recherche et développement.

Pour quelles raisons ?

Il y a une logique « d’agglomération ». Une forte demande en biens et services. Par ailleurs, dans ces métiers qui ont une teneur plus créative, peu répétitive, la diffusion des savoir-faire se fait par proximité, par réseau. Le fait d’être ensemble et plus près les uns des autres est favorable à ces emplois.

(Commentaire de Florestan: s'il y a une géographie urbaine régionale adaptée aux logiques collaboratives en réseau c'est bien la géographie normande...)

Ce qui joue aussi, c’est la présence, dans ces métropoles, des universités, grandes écoles… Qui attirent une population jeune et diplômée.

(Commentaire de Florestan: Caen technopole universitaire subit la concurrence frontale de celle de Rennes depuis 30 ans en lisant la propagande Ouest-France)

Le dynamisme des métropoles profite-il aux zones périphériques ?

L’emploi est dynamique dans le centre des grandes métropoles, mais peut-être plus encore dans leur couronne périurbaine.

Au centre, il y a des emplois de cadres, un peu stratégiques, mais ils irriguent, dans la couronne, des emplois plus intermédiaires ou de service, de logistique ou de services aux populations (garde d’enfants par exemple).

Et au-delà ?

L’étude se penche sur l’évolution de l’emploi dans les zones situées à 60 ou 90 km des grandes métropoles. Et révèle… qu’il n’y a pas de règles. Tout dépend du territoire. Autour de Rennes et Nantes, l’emploi est plutôt plus dynamique qu’ailleurs.

Toutes les grandes métropoles se portent bien ?

Non, leur dynamisme et la fragilité des villes moyennes ou petites ne sont pas une règle absolue. Rouen fait aussi partie des douze grosses métropoles étudiées, mais contrairement à ses voisines de l’Ouest, elle a perdu de l’emploi (-2,6 %). C’est une ville plus industrielle. Elle a donc été plus frappée par la désindustrialisation, comme une grande partie du nord-est de la France.

(Commentaire de Florestan: Rouen n'est donc pas oubliée. C'est même LE contre exemple...)

Autres exemples : à Brest, l’emploi a progressé faiblement. À Saint-Brieuc, il a régressé, mais à La Roche-sur-Yon en Vendée, il est resté très dynamique. Il y a des spécificités liées au territoire.

Il y a un risque d’isolement des petites communes où l’évolution de l’emploi est en berne ?

Bien sûr. Et le but de cette étude est précisément de chercher quelles politiques publiques mettre en place pour favoriser un développement plus harmonieux des territoires en matière d’emploi.

(Commentaire de Florestan: quelle stratégie pour éviter le cauchemar diagnostiqué par le géographe Christophe Guilluy?)

http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/01/05/christophe-guilluy-sortir-de-la-posture-de-superiorite-morale_5058089_3232.html

On peut imaginer, à terme, que certains métiers se développent à distance, via le télétravail, par exemple dans le secteur informatique. Cela passe aussi par le développement des équipements publics, des transports, d’Internet à très haut débit, d’une politique de logement. Et l’attractivité des territoires eux-mêmes. Il faut donner envie aux gens de venir vivre dans ces plus petites communes.

(Commentaire de Florestan: Si Alain Lambert, le président de l'Orne était moins stupidement localiste, l'Orne pourrait être la patrie des Télétravailleurs normands et d'ailleurs !)

Vous rendez public cette étude en pleine campagne présidentielle…

France Stratégie est un laboratoire d’idées public. Il est placé sous la tutelle du Premier ministre, mais il possède une indépendance éditoriale. Ce que l’on écrit n’engage pas le gouvernement.

Mais le dynamisme des territoires est un thème sur lequel on a déjà travaillé et qu’il nous semble important de creuser. Il soulève des questions sur le pacte social, la cohésion nationale.

Les territoires délaissés peuvent conduire à une fracture territoriale. Or ce n’est pas inéluctable.


 Commentaire supplémentaire de Florestan:

La Normandie, la belle endormie... Le comparatif des dyamiques entre la Normandie et la Bretagne en ce qui concerne le marché du travail fait toujours aussi mal:

em-l-emploi-surtout-dans-les-grandes-metropoles

La première carte ci-dessus montre aussi que la Normandie est à cheval entre la géographie dynamique de l'Ouest et du Sud et la géographie dépressive du Nord et de l'Est dominée par le système colonial et mégalopolitain parisien avec les conséquences sociales et électorales que vous savez...

L'enjeu de la réunification de la Normandie c'est aussi de réveiller l'attractivité métropolitaine normande car l'avenir, notamment celui de la jeunesse normande, ne se fixe que dans les villes d'une certaine importance et qui ont un certain rayonnement. La Normandie dispose d'un maillage urbain exceptionnel par sa densité, sa répartition équilibrée sur tout son territoire. Mais le localisme et le manque de culture collaborative des élus stérilise les énergies.

90016092_o

Pourquoi trois "pôles métropolitains" autour de Caen, Rouen et Le Havre alors qu'il n'en faudrait qu'un seul?

On peut toujours rêver... Avec nos amis géographes universitaires normands !

96828029_o

Du côté de la métropole de Rouen qui devrait être la locomotive de toute notre région, c'est une panne autobloquante que l'on observe:

Le président de la métropole n'est pas le maire de la commune centrale principale: les chiens en faïence d'une rive à l'autre se toisent...

Parmi les 14 métropoles de loi de 2014, la métropole de Rouen est celle qui dispose du plus grand nombre de communes membres (localisme) mais c'est aussi celle où la population de la commune centre pèse du poids relatif le plus faible.

C'est donc une métropole originale où c'est l'agglomération qui dicte sa loi à sa commune centre et non l'inverse avec un rayonnement sur le territoire régional proche de zéro: le contraire absolu du modèle français du "petit Paris de Province" qui fait frétiller d'aise les bobos lecteurs de Ouest France à Rennes ou à Nantes.

D'où l'urgence nécessité d'inventer autre chose avec la région Normandie nouvellement réunifiée qui, pour l'instant, est la seule grande collectivité territoriale normande à faire preuve de volontarisme sur les questions essentielles de l'attractivité, de l'intelligence territoriale ou de l'aménagement du territoire:

Le fait que la métropole de Rouen soit obligée de composer avec elle-même (équilibre entre la commune centre et son agglomération, entre sa rive gauche et sa rive droite) qu'elle doit aussi composer avec les communautés urbaines du Havre et de Caen qui est la plus dynamique de Normandie pour l'instant, le fait, enfin qu'en terme de budget et de compétences, la métropole de Rouen et la région Normandie sont presque à égalité, le fait que la Normandie dispose de la géopolitique la plus équilibrée de France, voire du Monde entier, impose que tous les grands élus normands changent d'URGENCE de logiciel mental:

Sortir de la concurrence et de la compétitvité territorale localiste pour faire du réseau coopératif entre collectivités à l'instar de ce qui se fait très bien dans la RANDSTAD HOLLAND ou le MITTELAND SUISSE: il n'y a pas que le modèle métropolitain IMPERIAL COLONIAL ROMAIN PARISIEN qui existe sur la surface de la Terre !

L'Etoile de Normandie suggère à MM. Morin, Sanchez, Robert, Bruneau, Philippe mais aussi à MM. Dupont, Bas, Lecornu, Martin, Lambert... un petit voyage d'études (à leurs frais bien évidemment...) du côté d'Anvers, Rotterdam ou Hambourg pour voir comment des territoires coopératifs animant une économie régionale urbaine et maritime peuvent fonctionner avec un certain succès.

Car il est temps de se mettre au service de la géographie régionale normande au lieu de faire vainement l'inverse!

Et vite !

Car on peut craindre que sous le quinquennat de Marine LE PEN l'idée régionale soit réellement mise à mal...