C'est à croire que l'on trouve désormais plus de volonté d'agir, plus d'ambition et plus de vision de long terme à la tête d'un conseil régional plusqu'à la tête d'un grand ministère parisien, voire à la tête de l'Etat lui-même...

Hervé Morin ne fait pas mystère de son "bonheur d'être président de la Normandie". Outre le fait qu'il soit sincèrement et authentiquement attaché à sa Normandie (contrairement à d'autres), il y a aussi et surtout qu'il trouve en Normandie plus d'occasions stimulantes et enthousiasmantes qu'ailleurs de préparer l'avenir d'un vrai et beau projet de territoire dont le nom prestigieux résonne favorablement aux oreilles du Monde entier.

Sauf que la région aussi forte, aussi vraie, aussi belle soit-elle ne peut être toute seule stratège de l'avenir si l'Etat français abandonne cette fonction essentielle qui est la seule qui pourrait encore justifier qu'il concentre son pouvoir en un lieu central.

Le dossier industriel complexe des énergies marines renouvelables en est la plus dérisoire illustration: l'Etat central qui est remué en ses ministères et ses cabinets par toutes sortes de coalitions d'intérêts qui n'ont plus qu'un lointain rapport avec l'intérêt général, se montre incapable d'assumer sa fonction stratégique en matière industrielle, en laissant jouer les seuls intérêts financiers dans l'architecture quelque peu complexe et mouvante de nos grandes entreprises industrielles. On a vu le fiasco d' Areva, celui d'Alstom, ou encore celui d'Alcatel: nos savoir-faire stratégiques sont en déshérence ou placés sous la coupe d'intérêts étrangers, du côté des Etats-Unis, entre les mains de Donald Trump pendant au moins les quatre prochaines années.

Le pouvoir régional normand va faire tout ce qu'il pourra pour sauver ce qui reste. Mais il ne pourra pas le faire seul.

Lire l'article suivant, édition de Ouest-France (24/02/17):

éoliennes cherbourg