La grand messe nationale de l'Agriculture va débuter à partir du 24 février à Paris. Ce sera aussi la 143ème édition du carnaval à Granville. Tous les grands élus de la campagne des présidentielles vont passer dans les allées de la Porte de Versailles.

La grand messe agro-rurale va donc être célébrée... Mais avec bien peu de ferveur car les fidèles n'y croient plus et sont déboussolés. La mort de l'agro-businessman Xavier Beulin qui se prenait pour un syndicaliste paysan est un symbole: le vieux monde (en fait pas si vieux que cela) de l'agro-industrie intensive productiviste hydrocarbonée et chimique est en train de crever avec les exploitants agricoles qui ne peuvent plus en vivre tandis que le nouveau monde s'approche avec le grand retour du bon sens paysan non pas du côté du Crédit Agricole (qui volera toujours au secours de la victoire de ceux qu'il n'avait pas contribué à tuer des années durant) mais du côté de la nouvelle génération d'exploitants agricoles qui veulent revenir à l'authenticité, à la proximité, à la qualité, aux harmonies naturelles et culturelles entre les paysages, les bêtes, les plantes, les sols, les humains...

En attendant l'ouverture du "Mondial" de l'Agriculture où toute la Normandie sera enfin et pour la première fois entièrement représentée sur un stand unique de plus de 500 m² (l'un des plus gros stands annoncés), quelques brèves venues de nos campagnes car la réalité reste ce qu'elle sera toujours: rude !

  • Paradoxe: alors que l'agriculture biologique est l'une des principales solutions pour notre avenir agricole et rural, le secteur bio normand connaît une crise financière inédite en raison de la complexité administrative (informatique) de notre pays. Un comble !

colère agriculture bio

(source: OF édition du 24/02/17)


 

  • Une initiative qui va dans le bon sens mais qui ne va pas assez loin à force de ménager tout et son contraire:

http://www.tendanceouest.com/actualite-215801-un-projet-de-valorisation-du-lait-normand.html

Un projet de valorisation du lait normand

Un projet de valorisation du lait normand

L'organisme de sélection de la race normande lance un projet de valorisation du lait.

Le 23 février 2017 à 14:42
Par :

L'organisme de sélection de la race de vache normande recherche actuellement des producteurs de lait intéressés par un projet de valorisation, sur toute la Normandie, quels que soient leurs racés de bovins.

À la veille de l'ouverture du Salon International de l'Agriculture à la porte de Versailles à Paris: l'information va intéresser les producteurs de lait. Il s'agit d'un projet de meilleure valorisation du lait, donc de son prix, portée par l'OS Race Normande.

Toute la Normandie

Cela concerne tous les producteurs de toutes les races de toute la région Normandie, ainsi que des départements limitrophes. Coralie Rose, de l'Organisme de sélection de la Race Normande, basé à Domfront (Orne) espère boucler le cahier des charges d'ici mi-avril 2017.

Commentaire de Florestan:

A quand une AOC/AOP Lait BIO de vaches de race normande et n'ayant brouté que de l'herbe ou du foin en Normandie?


 

  • La Normandie agricole s'affiche dans les couloirs du métro parisien:

http://www.tendanceouest.com/actualite-215777-rodolphe-jeune-agriculteur-du-calvados-affiche-dans-metro-parisien.html

Rodolphe, jeune agriculteur du Calvados, s'affiche dans le métro parisien

Rodolphe, jeune agriculteur du Calvados, s'affiche dans le métro parisien

Rodolphe, agriculteur céréalier à Falaise (Calvados) s'affiche dans les métros parisiens depuis le 23 février 2017

Le 23 février 2017 à 12:23
Par :

Ce jeudi 23 février 2017, onze agriculteurs s'invitent dans le métro parisien à l'occasion d'une campagne publicitaire orchestrée par le syndicat agricole "Jeunes Agriculteurs. Parmi eux, Rodolphe, céréalier à Falaise (Calvados), qui explique la raison de cette campagne à l'approche du Salon de l'agriculture de Paris.

Rodolphe Lormelet, 34 ans, est céréalier à Versainville près de Falaise (Calvados) depuis 2010. Depuis ce jeudi 23 février 2017, il s'affiche dans le métro parisien en compagnie de onze autre agriculteurs, membre comme lui, du syndicat "Jeunes Agriculteurs".

Promouvoir le rôle des jeunes agriculteurs

"Le but c'est de présenter une autre vision de l'agriculture que celle qui prédomine aujourd'hui, notamment autour des polémiques liées à la pollution et au bien-être animal". Une opération markerting? Pas uniquement. "Nous voulons montrer les efforts entrepris. Que nous continuons de produire avec de nouvelles méthodes plus respectueuses".

Un partenariat avec les apiculteurs

"Sur mon exploitation, je travaille avec des apiculteurs pour réfléchir à la problématique agriculture-apiculture. Dans ce cadre j'interviens aussi sur la biodiversité".

Les jeunes agriculteurs d'aujourd'hui ont donc voulu démontrer qu'ils étaient sensibles à la cause écologique. Toutefois, l'équilibre à trouver entre nécessité de production et écologie nécessite de grandes réflexions.

 

Commentaire de Florestan:

Opération de "green washing" de la FNSEA ou réelle volonté de changer de modèle agricole? Ce qui est certain, avec la mort de Xavier Beulin la bataille idéologique est définitivement perdue...


  • A Argentan (Orne) comme chaque année se prépare l'antique foire de la "Quasimodo" (nom de l'Incipit latin de la liturgie propre au premier dimanche après Pâques). Mais comme la culture catholique française s'est littéralement effondrée, la vieille foire a changé de nom il y a quatre ans pour prendre celui de "fête de la Normandie" :

http://www.ouest-france.fr/normandie/argentan-61200/argentan-elevage-et-normandie-se-preparent-la-fete-4819616

À Argentan, élevage et Normandie se préparent à la fête

  • Les organisateurs du Festival de l'élevage et de la Fête de la Normandie. Les organisateurs du Festival de l'élevage et de la Fête de la Normandie. | Ouest-France

par Ouest-France Argentan

La 4e édition de la Fête de la Normandie et du Festival de l’élevage est sur les rails. Les organisateurs veulent asseoir la manifestation et ont prévu quelques nouveautés.

Le festival de l’élevage

Vaches et éleveurs seront encore une fois présents sous la chaumière. « 140 vaches normandes vont participer aux concours départementaux et régionaux samedi et dimanche », précise Anthony Leduc, président du Festival de l’élevage. Le dimanche matin, ce sont une trentaine de jeunes qui vont se frotter aux concours d’animaux. « On a de plus en plus de demandes », se réjouit le président.

Il y aura aussi la présentation de cinq animaux sélectionnés dans le département et qui pourront être achetés sur place. « On veut promouvoir notre race, poursuit Anthony Leduc. La Normande est sans doute gustativement l’une des meilleures de France. »

Teurgoule, dentelle et tailleur de pierre

80 exposants seront présents dans le hall. Si beaucoup viennent de l’Orne, toute la Normandie ou presque est représentée. Parmi les nouveautés : teurgoule, confiture de lait, soupe de pomme, fromages AOP normands, poterie traditionnelle, peinture sur bois, savons et un tailleur de pierre.

Le tourisme s’affiche

C’est aussi une nouveauté. L’association Normandie Sites, basée à Caen et qui regroupe plus de 110 sites touristiques de la région, sera présente avec une quinzaine de des adhérents de l’Orne et du Calvados : le Mémorial de Caen, La Roche-d’Oëtre, le zoo de Cerza, la maison du Camembert, le musée Bohin, etc.

Top chefs !

Sept chefs normands seront présents pour des démonstrations : samedi, à 12 h, Stéphane Pugnat (Le Dauphin, Caen) ; à 15 h, Yohan Lelaizant (Au bout de la rue, Flers) ; à 16 h, Élise Le Moël (La fine fourchette, Falaise) ; à 17 h, Thierry Desceliers (Prémanoir, Trouville-sur-Mer) ; dimanche, à 12 h et 15 h, Sardar Hamafarage (MFR d’Argentan), à 16 h, Catherine Coiffard (Le faisan doré, Fontenai-sur-Orne) ; à 17 h, Arnaud Viel (La Renaissance, Argentan).

Samedi 11 et dimanche 12 mars, de 10 h à 19 h, sur le champ de foire. Entrée gratuite.


 

Misère des exploitants agricoles: une bonne part d'entre eux vivent sous le seuil de pauvreté (moins de 1000 euros par mois). Exemple édifiant relevé dans le Pays de Bray par Paris-Normandie: "Michel" n'a que 120 euros par mois pour vivre après payé toutes les charges et frais de son exploitation.

http://www.paris-normandie.fr/actualites/economie/agriculture/temoignage--ces-paysans-oublies-du-salon-de-l-agriculture-EI8684574?utm_source=Utilisateurs+du+site+LA+NEWS&utm_campaign=9218478d5a-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_233027d23b-9218478d5a-137315997

Témoignage : ces paysans « oubliés » du salon de l’agriculture

Thomas DUBOIS
Publié 24/02/2017
Mise à jour 24/02/2017

Agriculture. Loin des festivités qui débutent ce samedi à Paris, rencontre avec l’un de ces nombreux paysans essorés par la crise laitière.

Le salon de l’agriculture ? « Je ne comprends pas pourquoi les agriculteurs ne le boycottent pas plus », lâche Michel*, depuis son exploitation du pays de Bray, non loin de Forges-les-Eaux. Aucune chance, donc, de le croiser à partir de ce samedi Porte de Versailles à Paris. L’actualité se rapprochant le plus de son métier, c’est plutôt le suicide de cette productrice de lait de 47 ans, en Bretagne, qui a choisi de se pendre jeudi pour cause de difficultés financières devenues insurmontables.

À 42 ans, Michel ne manque pas d’anecdotes similaires survenues dans son entourage professionnel. Lui-même fut à deux doigts de passer à l’acte. Après tant de matinées à pleurer, lui qui avait repris l’exploitation mourante de son père en 2010 pour préserver le patrimoine familial, « il s’est levé un jour en disant : soit je les [les bêtes, N.D.L.R.] tue, soit je me tue », raconte son épouse. Cette dernière l’a aussitôt poussé dans le cabinet d’un médecin. Résultat : une bonne dose d’antidépresseurs et la conviction enfin acquise qu’il n’était plus possible de poursuivre dans cette voie.

C’était en avril 2016 : depuis, l’agriculteur brayon a entièrement abandonné la production laitière. Un « esclavage », comme il le résume amèrement, aussi chronophage - « des journées moyennes de douze-quatorze heures, jamais de vacances » - que peu rémunérateur. Acculé par la pression financière, Michel a revendu une grande partie de son troupeau et les toiles d’araignées s’accumulent désormais dans la salle de traite déserte. « C’était dur, du jour au lendemain, de ne plus rien entendre sur l’exploitation », confie-t-il.

Agriculteur au RSA

Avec l’aide de l’association Solidarité Paysans, qui œuvre au soutien des exploitants en détresse, l’agriculteur s’est peu à peu reconverti. Ses surfaces autrefois dédiées au maïs pour les bêtes accueillent désormais du blé et l’orge. Et, surtout, l’ancien producteur laitier s’est orienté vers la viande bovine. L’activité a au moins le mérite d’offrir un rythme moins effréné, même si au bout du compte la situation financière reste tendue. En témoigne, ce matin-là, le passage du marchand de bestiaux lui apportant son dû, après la vente de trois vaches Prim’Holstein. « Regardez, je touche 400 € pour une bête qui m’en aurait rapporté 1 000 il y a trois ou quatre ans, montre Michel. Ça fait le kilo de viande à 2 €, alors que vous le retrouvez entre 17 et 20 € en supermarché... »

Le Brayon fait partie de ces nombreux agriculteurs qui touchent le RSA, malgré leur profession. « 120 €, essentiellement pour manger », précise-t-il. Grâce à l’aide de sa femme sur l’exploitation, l’agriculteur envisage de reprendre un deuxième boulot. Si possible comme peintre en bâtiment : c’était son métier, avant qu’il ne se décide à épouser celui de son père. Pour le meilleur, et surtout pour le pire.

* Le prénom a été modifié, par souhait de conserver l’anonymat.

  Thomas DUBOIS