Quelle fut la contribution du Rouennais Hollande, président de la République Française, à la longue histoire normande?

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Celle d'avoir décidé quelques jours avant le 6 juin 2014 et le 70ème anniversaire du débarquement de 1944, de rétablir l'unité de la Normandie (contre l'avis de Laurent Fabius) ou d'avoir confirmé par la loi de décembre 2014 le statut de métropole pour sa bonne ville de Rouen, sa ville natale.

Et puis quoi d'autre?

Rien... Voire le contraire: subtilité de l'art de la synthèse à la sauce hollandaise.

D'un côté je donne l'unité normande à des Normands qui se trouvent être les plus modérés des régionalistes français, histoire de mettre un terme à une véritable absurdité administrative qui insultait une évidence connue et reconnue dans le Monde entier. De l'autre je verse une pluie de milliards d'euros sur la Bretagne (qui a si bien voté Hollande en 2012) ou sur le Nord de la France (qui a su faire l'union sacrée contre Marine Le Pen et qui aura son canal Seine Nord Europe pour brancher l'Ile de France sur la centralité logistique Nord-européenne et allemande.

La Normandie est, certes, réunifiée mais elle passe du statut d'angle mort divisé en deux à celui de périphérie géo-politique: parce qu'à Paris, la Normandie n'est que le prolongement plus bucolique et maritime de la banlieue Ouest et parce que le projet national d'AXE SEINE était un projet sarkozyste qui pouvait passer après le "canal de Madame Aubry".

Après l'octroi de l'unité normande confirmé par la loi de novembre 2014 que n'a pas voté Hervé Morin (il s'est abstenu), nous eûmes droit à trois belles années d'enfumage de tous les grands dossiers normands.

Voilà comment nous pourrions résumer le bilan normand du Rouennais Hollande...

Ceci étant, dit, merci quand même, Monsieur le président, pour la "réunification"!


  • François Hollande, de retour chez lui en Normandie à Rouen le 24 février 2017:

http://www.ouest-france.fr/normandie/chez-lui-francois-hollande-defend-l-excellence-4820038

Chez lui, François Hollande défend l’excellence

  • François Hollande à la rencontre des salariés de Renault à Cléon. François Hollande à la rencontre des salariés de Renault à Cléon. | Ouest-France

Jean-Christophe LALAY.

Le Président de la République était à Rouen, sa ville natale, ce vendredi 24 février 2017. Pour y découvrir le moteur électrique de Renault et le nouveau Medical training center du CHU.

Reportage

Décidément, la loi Travail colle comme un vieux sparadrap à la plupart des visites sur le terrain du Président de la République. Hier après-midi, François Hollande vient de découvrir les lignes de fabrication des moteurs thermiques de l’usine de Renault Cléon dans l’agglomération de Rouen (Seine-Maritime).

Il se dirige vers les ateliers du moteur électrique de la Zoé. Sur son chemin, une petite manifestation de syndicats maison. Le dialogue s’engage. Un syndicaliste CGT interpelle le Président : « Si vous vous étiez représenté, je n’aurai pas voté pour vous. Quand on fait le bilan de vos cinq ans… La loi Travail et tout le reste ! »

Pour compenser, quelques minutes plus tôt, un autre syndicaliste, CFDT cette fois, a remis un tract à François Hollande. Un texte plutôt favorable aux accords de compétitivité signés par certains partenaires sociaux. « Merci de vous être engagé », lance François Hollande en le quittant.

Cuba Libre et attentat

À Cléon, François Hollande a voulu saluer Renault, « un symbole de l’esprit de conquête, du dialogue social, de la réussite et de la qualité ». L’occasion aussi de passer en revue les mesures prises par ses gouvernements et qui, selon lui, « ont participé au redressement de l’industrie automobile en grande difficulté au début de mon quinquennat ».

Un peu plus tard dans l’après-midi, François Hollande a mis à l’honneur un autre champion de l’excellence française, le secteur de la santé, en inaugurant le Medical training center du CHU de Rouen. Un centre dédié à la formation des professionnels de santé, unique en France.

Cette deuxième étape a permis au Président de la République de saluer des équipes d’intervention présentes lors de deux drames qui ont récemment frappé Rouen : l’incendie du Cuba Libre, un bar où sont morts 14 jeunes, en août, et l’attentat qui a coûté la vie au père Hamel à Saint-Étienne-du-Rouvray, en juillet.

Au CHU, François Hollande s’est aussi livré à une petite séquence émotion personnelle. « Je suis né ici, à Rouen. Je reviens sur les lieux de ma naissance. Je ne vous dirai pas il y a combien de temps. Mais en tout cas, l’hôpital a beaucoup changé. Il est devenu un centre exceptionnel. »

En conclusion, le Président a passé en revue les qualités de sa ville natale : « Rouen a beaucoup d’atouts historiques, géographiques mais aussi un savoir-faire industriel, agricole, scientifique et médical. Je suis toujours heureux d’être dans votre ville qui, pour moi, est toujours la mienne. »


Voir surtout l'article proposé par les journalistes de Paris-Normandie, plus complet bien évidemment...

http://www.paris-normandie.fr/actualites/economie/francois-hollande-multiplie-les-visites-a-cleon-et-a-rouen-MJ8685068?utm_source=Utilisateurs+du+site+LA+NEWS&utm_campaign=9218478d5a-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_233027d23b-9218478d5a-137315997

François Hollande multiplie les visites à Cléon et à Rouen

Alain LEMARCHAND , Franck BOITELLE
Publié 24/02/2017
Mise à jour 24/02/2017

François Hollande multiplie les visites. En particulier dans les circonscriptions socialistes, celle de Guillaume Bachelay à Cléon et de Valérie Fourneyron à Rouen. Mais hier vendredi, lors de cette visite normande, il s’agissait aussi de mettre en valeur l’excellence tricolore, dans le domaine de l’industrie sur le site de Renault, et dans celui de l’innovation, de la recherche et de la formation médicale au Medical Training Center. Détendu, attentif, le président en a profité pour défendre, dans son bilan, les initiatives prises en faveur de l’économie.

Ils étaient de l’équipe du matin. Mais hier vendredi Jérémy, 18 ans, Nicolas et Thibault, 21 ans, tous trois employés sous contrat d’intérim sur les chaînes de Renault Cléon, ont joué les prolongations pour assister à la visite présidentielle dans l’usine où ils espèrent signer prochainement leur premier CDI. « Pour nous aussi, c’est quand même une fierté », lâche l’un, heureux d’avoir serré la main de François Hollande « qui m’a demandé mon âge ».

Si la conversation avait pu durer, tous trois lui auraient parlé des tests qu’ils viennent de subir, de leurs espoirs d’être dans le bon wagon des 200 embauches promises cette année dans le cadre de l’engagement « Renault France-Cap 2020 », et de leur volonté de participer au développement d’un site qui investit et innove en permanence. Mais déjà, le président et sa suite ont tourné les talons pour se diriger vers une ligne de production où des robots fabriquent 250 000 vilebrequins par an. « Bientôt 450 000 », se réjouissent deux hommes penchés sur une console de commande.

« D’après moi, l’action du gouvernement a été déterminante pour la modernisation de l’usine et l’installation des nouvelles chaînes », souligne Philippe Foucher, délégué CFDT et « pilote environnement pour l’assemblage des moteurs », employé depuis 35 ans à Cléon où il a vu, depuis quelques années, « beaucoup de positif ». Ainsi, 160 M€ ont été investis dernièrement pour la mise en place de quatre nouvelles lignes d’usinage. « On voit que ça bouge et on est heureux de pouvoir le montrer au président », ajoute-t-il.

La centrale syndicale s’est d’ailleurs fendue d’une lettre ouverte au président pour « se réjouir » de cette visite et de « la mise en valeur du travail des salariés ». Pour parler des recrutements en CDI promis avec une « priorité » donnée aux intérimaires déjà présents. Pour vanter le moteur 1,6 l diesel R9 et l’électrique 5Agen2. Mais aussi pour dénoncer le « fossé qui se creuse » entre les rémunérations de la base et celles des hauts dirigeants. Enfin pour s’inquiéter des déclarations de certains candidats à l’élection présidentielle, concernant les moteurs diesel qui représentaient ici 87 % de la production en 2016.

La CGT, elle, aura un ton plus offensif (lire ci-dessous). Mais l’incident n’aura pas assombri l’humeur du président, qui plaisantait ensuite avec un cadre d’origine argentine, Hector Arrachea, et se faisait présenter dans le détail le moteur électrique de Renault, leader européen sur ce créneau. « Plus l’échéance de la fin du mandat approche, plus le rythme des déplacements s’accélère : il veut aller partout, tout voir et surtout montrer les réussites françaises. C’est sa manière à lui de répondre aux propos que tiennent les populistes sur l’économie du pays », glisse l’un de ses proches conseillers.

« Le groupe Renault va bien ! », lançait d’ailleurs Thierry Bolloré, responsable des opérations, en accueillant François Hollande sur une tribune dressée face à plusieurs centaines d’employés portant, pour certains, une tenue flanquée du slogan « Les meilleurs s’équipent chez nous. Fiers. Performants. Audacieux ». Et si Renault va bien, si le groupe a signé l’an passé « un double record, en volume et en compétitivité », c’est le fruit de l’investissement, de l’innovation, mais aussi du coup de pouce de l’État et du dialogue avec les syndicats.

« Les résultats sont là »

L’ensemble de ces éléments, expliquait Thierry Bolloré, s’est conjugué pour permettre à Renault d’améliorer les performances de ses usines, la productivité de ses équipes - avec un objectif de 90 véhicules produits par personne et par an en 2019, soit le double qu’en 2013 - et de conquérir de nouveaux marchés. 500 M€ seront investis dans les prochaines années, dont 220 M€ dans la formation, annonçait-il en outre, insistant sur la nécessité « d’adapter sans cesse les métiers et les processus », et d’imaginer la voiture du futur comme « un espace mobile et connecté ».

Pour François Hollande, « Renault est un symbole pour tous les Français ». Celui d’un fleuron de l’industrie qui vient de traverser une périlleuse zone de turbulences, mais qui a su redresser sa trajectoire avec le soutien du gouvernement et l’implication des salariés. « Vous avez vous aussi participé directement au redressement de l’entreprise, déclare-t-il aux salariés. Mais aujourd’hui les résultats sont là. » Ainsi, l’industrie automobile a construit l’an passé un million de véhicules de plus qu’au début de son quinquennat en 2012, tandis que le nombre d’immatriculations progressait de deux millions.

Abordant l’avenir, François Hollande insistait sur la nécessité de « moderniser encore notre industrie » en prenant en compte la « révolution énergétique indispensable » et des contraintes écologiques qui, selon lui, doivent constituer autant de leviers pour imaginer la production de demain. Une production qui sera plus largement électrique et hybride, beaucoup moins diesel même si la « transition » ne devra pas se faire « trop vite ». Il y avait là sans doute matière à rassurer les salariés inquiets, on l’a vu, des procès faits aux moteurs diesel. Des salariés qu’il invitait à se former en permanence grâce au compte personnel d’activité dont il faisait, en conclusion de son discours, la promotion.

Une rencontre impromptue avec la CGT

« Si on avait su, on n’aurait pas voté François Hollande en 2012 », a lancé l’un des membres de la petite délégation de syndicalistes qui, pancarte sur l’épaule pour réclamer l’embauche de davantage de salariés en CDI, n’avait pas que des amabilités à formuler à l’égard du président de la République. « Avec votre accord de compétitivité, nous avons perdu 21 jours de RTT par an depuis 2013 », enchaînait un autre, tandis que le leader CGT Pascal Le Manach disait à François Hollande tout le bien qu’il pense de la loi Travail et de l’usage qui a été fait du 49-3. Pour les manifestants, qui ont provoqué l’arrêt du cortège au beau milieu du site, il s’agissait aussi de dénoncer le recours « massif » à la main d’œuvre intérimaire sur les chaînes d’assemblage de l’usine. Selon les comptes présentés sur un tract, le site aurait perdu en trois ans 441 emplois en CDI, sur 3 684 à la fin mars 2013, tandis que le nombre d’intérimaires serait passé dans le même temps de 314 à 1 662. Une situation qui place les travailleurs, affirme la centrale syndicale, dans une grande précarité. « Les 200 embauches, si elles sont les bienvenues, ne compenseront pas les départs et surtout, elles ne régleront pas le problème des intérimaires employés sur les lignes d’assemblage », estiment les syndicalistes.
Repères

Le MTC
en chiffres

L’acquisition du terrain, la construction du bâtiment de 3 étages de 3 000 m2, les équipements hôteliers, biomédicaux, informatiques et vidéo représentent un montant de 14 millions d’euros. Le CHU de Rouen a financé à hauteur de 5,70 M€, l’État 3 M€, la Région Normandie 3 M€, l’université de Rouen 1,70 M€, la Métropole Rouen Normandie 0,50 M€. Le coût de fonctionnement annuel est de 3 M€.

Le MTC : l’excellence rouennaise

Si Isabelle Lesage, la directrice de l’hôpital Charles-Nicolle a parlé de « créativité hospitalo-universitaire rouennaise » et « de terreau » de l’innovation, c’est l’« excellence » de la réalisation et des formations qu’a saluée le président Hollande en inaugurant hier le Medical Training Center du CHU de Rouen, un centre de simulation médicale unique en Europe.
En préambule, François Hollande a rappelé que « c’était avec grand plaisir qu’il venait à Rouen. Encore faut-il que je trouve une raison pour venir visiter cette capitale régionale. Valérie Fourneyron trouve toujours de bons sujets et là je ne pouvais pas refuser. Je suis né à Rouen, j’ai un lien avec l’hôpital. Je reviens sur les lieux de ma naissance... Mais l’hôpital a beaucoup changé et c’est un centre exceptionnel que nous inaugurons aujourd’hui. »
Soulignant sa « qualité architecturale » et celles de ses activités médicales de formation et de recherches, le président de la République a dit avoir conscience « qu’ici, nous avons ce que peut être une préfiguration de ce que doit être l’excellence française. Ce centre donne à voir une voie nouvelle en matière de formation et d’innovation et vient combler un retard que la France avait pris il y a plus de dix ans en matière de formation » alors qu’Américains et Canadiens étaient les précurseurs de ces nouvelles techniques. Mais l’enseignement « au lit des malades » est en train d’être comblé grâce à ces lieux de formations, une quarantaine en France désormais, « pour les jeunes professionnels et aussi pour ceux qui sont expérimentés. »
« À Rouen, où tout est exceptionnel et où l’on doit défendre plus que jamais la langue française - pas contre, mais à côté de la langue anglaise - le Medical Training Center a été porté par Bernard Daumur, disparu prématurément en 2014, un homme qui avait la vision de la médecine de demain, a souligné le président Hollande. Un homme qui a su fédérer les bonnes volontés, trouver les financements et créer ce centre. » L’équipe de « renommée mondiale » du professeur Alain Cribier, le directeur médical du MTC, a été saluée par le président de la République. Un cardiologue qui a voulu que se côtoient la robotique, la chirurgie, la chirurgie non-invasive, l’apprentissage des soins et la prise en charge des victimes de catastrophe. « Et ici hélas à Rouen et à Saint-Étienne-du-Rouvray vous avez connu des drames et des catastrophes... J’ai salué les personnels qui s’étaient dévoués pour venir au plus près lorsque s’est produit l’irréparable », a confié alors François Hollande en se référant à l’assassinat du père Hamel ou à l’incendie du Cuba Libre l’été dernier.
Implanté au cœur de Biopolis, le MTC est ouvert aux start-up, « c’est un atout considérable pour Rouen et son agglomération », a-t-il souligné en citant les sociétés Robocath et Cardiawave. En conclusion, le président de la République a insisté sur « la France, un pays d’excellence » et Rouen qui a « beaucoup d’atouts grâce à son savoir-faire industriel, agricole, scientifique et médical. »
Alain Lemarchand
a.lemarchand@presse-normande.com

Le président fait le métier

Lorsqu’il a annoncé qu’il ne serait pas candidat à un deuxième mandat en mai 2017, François Hollande a aussitôt pris le soin d’indiquer qu’il serait un président jusqu’au bout. Après avoir vu son premier lieutenant Manuel Valls tomber dans le piège de la primaire de la Belle Alliance Populaire et assister incrédule et distant au succès du bon soldat Benoît Hamon, il garde pour lui ses ressentiments. Il n’affiche publiquement aucun regret. Il se permet quand même, comme au dîner du Crif, de lancer quelques piques. Et des mots. Hollande reste Hollande.
  Alain LEMARCHAND
  Franck BOITELLE