Le 7 mars 2017 lors d'une conférence de presse à Rouen, le CESER Normandie, à l'instar des autres corps intermédiaires d'une société civile française inquiète des propositions des uns et des autres dans une campagne élctorale hors-normes pour élire le prochain ou la prochaine président ou présidente de la République, a interpellé les candidats sur les véritables urgences du pays. Par exemple, l'Axe Seine, considéré comme un "enjeu national" mais qui n'a toujours pas reçu les financements nécessaires et ne bénéficie pas du pilotage politique qu'il mériterait d'avoir.

Nous avons déjà largement traité du sujet ici et déjà parlé de cette initiative du CESER Normandie qui représente officiellement les différentes composantes de la société civile régionale.

Mais nous rappelerons encore nos analyses et positions:

1) Du point de vue de l'économie maritime normande, Emmanuel MACRON est un mauvais candidat. L'inertie et la procrastination à la sauce hollandaise risqueraient de se poursuivre avec lui. Il soutient clairement le Canal Seine Nord et le Lyon Turin qui siphonent les rares fonds disponibles pour les autres projets. Avec Macron: des bus mais pas de LNPN car la banlieue normande du Grand Paris n'en aurait pas besoin...

2) Du point de vue de l'économie maritime normande, Jean-Luc MELENCHON est le meilleur candidat possible: son "plan Mer" travaillé sérieusement avec les principaux décideurs industriels de la filière marine française est taillé sur mesure pour l'économie maritime normande. En revanche, il n'est pas certain que la décentralisation régionale soit au coeur du projet de la "France Insoumise"...

3) L'urgence: éviter l'élection de Marine LE PEN qui veut supprimer les conseils régionaux

4) L'autre urgence: NORMANDISER l'Axe Seine face à un pouvoir central parisien et de grands élus parisiens qui se contrefichent comme de leur dernière guigne de nos affaires maritimes normandes. Valérie Pécresse présidente de l'Ile de France, n'apporte rien de plus à nos affaires normandes qu'un Jean-Paul Huchon. Vue depuis la mégalopole mondiale parisienne, la Normandie n'est qu'une banlieue en passe de devenir, de plus en plus, périphérique.

On regrettera que dans la position officielle publiée le 7 mars 2017 par le CESER Normandie, il n'y ait AUCUNE ALLUSION au problème essentiel de la gouvernance future de l'Axe Seine.

Pour nous c'est clair:

Si le pilotage de l'AXE SEINE n'est pas normand, s'il n'est toujours pas possible de conduire et de réaliser depuis la Normandie des activités ou des projets stratégiques d'intérêt national, alors l'Axe Seine n'aurait vraiment plus aucune utilité a fortiori quand l'axe Paris-Anvers-Rotterdam est appelé à jouer le premier rôle.

Lire ci -après:

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On prendra connaissance, ci-après, du texte du "pacte" pour l'AXE SEINE présenté le 7 mars 2017. Texte qu'on trouvera bien faible au regard de l'immensité des enjeux géostratégiques: s'en remettre benoîtement au projet Grumbach qui n'est que la ressucée pour le XXIe siècle du projet Delouvrier des années 1960 qui a justifié la division normande afin de mettre sous la tutelle de la région parisienne la Normandie utile du Val de Seine au point de transformer Rouen, l'ancienne seconde ville de France, en banlieue lointaine, c'est regarder l'avenir dans un rétroviseur. C'est ignorer les alternatives à un aménagement métropolisé du territoire.

La Normandie banlieue du Grand Paris ? C'est le triste sort qui fut réservé à la Normandie après 1944 avec le passif que tout le monde connaît !

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Pour le CESER Normandie qui refuse de poser la question fondamentale de la gouvernance de l'Axe Seine, le chemin du Grand Paris risque d'être celui de Canossa... (Pénitence de l'empereur Henri IV d'Allemagne devant le pape Grégoire VII à Canossa, le 25 janvier 1077)

https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9nitence_de_Canossa


 

Un pacte Normandie – Grand Paris – Vallée de Seine

Avant la présidentielle, la société civile affiche sa  détermination

 

D’un côté, un projet d’intérêt national (sic !) , le développement de la Vallée de la Seine, pour lequel les acteurs normands et franciliens sont fortement engagés mais pour lequel l’État est faiblement mobilisé…

 D’un autre côté, l’approche d’une élection présidentielle, avant laquelle des candidats font part de leur projet et de leur vision stratégique de l’aménagement du territoire…

 Toutes les conditions sont donc réunies pour lancer cette initiative : rassembler les forces vives de Normandie et d’Ile-de-France autour d’une lettre d’intention adressée aux candidats déclarés à l’élection présidentielle et à leurs soutiens régionaux, pour connaître leur approche sur ce sujet décisif pour la place de France en Europe et dans le monde.

 Avec 46 signataires, nous sommes désormais en capacité de démontrer l’existence d’une communauté d’acteurs autour de la Vallée de la Seine, unis pour faire aboutir le projet et mettre l’État devant ses responsabilités.

 

Un pacte Normandie – Grand Paris – Vallée de Seine

 Avant la présidentielle, la société civile affiche sa détermination

 Le Grand Paris du XXIe siècle avec sa dimension maritime en Normandie est un enjeu national

 

Construire, autour d’un large axe est-ouest structuré par la Seine, du Grand Paris au littoral normand, un territoire de progrès et d’innovation s’appuyant sur un corridor industrialo-portuaire aux portes du plus grand bassin de vie d’Europe : telle est l’ambition pour le territoire de la Vallée de la Seine.

 Ce territoire est désormais connu. Il a notamment fait l’objet d’études de l’architecte urbaniste Antoine Grumbach, de déclarations du Président de la République au Havre en 2009 sur l’ambition maritime de la France, de colloques organisés par les grandes villes de Caen, Rouen, Le Havre et Paris, d’un rapport « Paris et la mer » de Jacques Attali

 Ce territoire est riche de tous ses atouts « Mer, Fleuve,Terre » : transports maritime–fluvial et ferroviaire ;économies de la pêche, de la plaisance et des plages ; tourisme, industrie, agriculture et patrimoine.

 Antoine Rufenacht puis le préfet François Philizot, chargés d’une délégation interministérielle dédiée, ont tous deux contribué à la signature d’un CPIER « Vallée de Seine » 2015-2020, le seul document contractuel interrégional de portée nationale.

 Les acteurs politiques et les acteurs de la société civile de Normandie et d’Ile-de-France, convaincus de la pertinence de cet enjeu national, (sic ! ) travaillent ensemble depuis des années pour la reconnaissance des atouts de leur territoire.

 De façon non-exhaustive, on citera la structuration d’une coordination interportuaire à travers les ports (HAROPA, 1er ensemble portuaire français, 5e port du range Nord) ou les représentants des entreprises (« Fédération des communautés portuaires de l’axe Seine ») ; la création de l’association Paris-Seine-Normandie des Chambres de Commerce et d’Industrie ; l’action des filières économiques ou des pôles de compétitivité (Mov’éo, NAE, ASTech, LSN, TES, Novalog …)

 L’engagement des acteurs environnementaux ; la mobilisation des acteurs culturels et touristiques ; l’investissement du monde universitaire et de la recherche… et, bien évidemment, les nombreux projets de la mobilité, et notamment celui, crucial, de ligne nouvelle Paris-Normandie (LNPN) pour les voyageurs et le transport de marchandises

 Pourtant, deux questions se posent :

 Si l’État est convaincu que le Grand Paris du XXIe siècle ne peut se concevoir sans sa dimension maritime dans la compétition des « villes-mondes », comment expliquer la faiblesse des engagements financiers qu’il consacre au projet Vallée de Seine (239 millions € dans le CPIER) au regard d’autres projets de développement (ex : Lyon-Turin, 2,2 milliards € sur un coût total de 8,6 milliards € ; le canal Seine-Nord-Europe, 1 milliard € sur un coût total d’environ 5 milliards d’euros)?

Comment impliquer davantage les acteurs du Grand Paris (dont le Conseil régional, les conseils départementaux et les autres collectivités locales) dans leurs coopérations interrégionales avec la Normandie alors même que le développement de la Vallée de la Seine est une nécessité pour que la capitale joue pleinement son rôle de ville-monde ?

La proposition du CESER de Normandie

 1. Nous proposons d’interpeller les candidates et les candidats à l’élection présidentielle sur leur vision de la Normandie et de la Vallée de Seine comme un territoire stratégique de développement pour la France et pour sa place dans le monde, et sur leur engagement d’y apporter, une fois élu(e)s, un soutien sans faille et immédiat à la hauteur de cet enjeu national.

 2. Unis autour d’une déclaration d’intention commune, les signataires appellent à une nécessaire prise de conscience :

        • conscience que seule l’unité permettra de trouver des financements à la hauteur de nos projets ;

        • conscience que la voix des régions ne pourra être audible dans le concert européen qu’à la faveur de synergies puissantes ;

        • conscience que la participation de toutes les organisations représentatives de la société civile (professionnelles, syndicales et associatives) à la gouvernance permettra d’aboutir au consensus nécessaire.

 L’expression de chacun reste libre : les orientations économiques, sociales, environnementales de la Vallée de la Seine ne sont pas figées. En signant, les organisations affirment et affichent leur volonté de peser dans le débat politique à venir.

 Ensemble, faisons de la Vallée de Seine un enjeu politique national et international.


 Commentaire de Florestan:

Le CESER Normandie fournit la robe de bure (un CPIER sous-financé en raison d'arbitrages politiques, une LNPN rejetée dans les Limbes) et la corde au cou (un Schéma stratégique de développement de la Vallée de la Seine qui organise la recentralisation vers Paris des activités stratégiques sous prétexte de coopération territoriale)