Stendhal, grand voyageur s'il en fut, l'avait surnommée: "l'Athènes du genre gothique..."

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Rouen, notre métropole normande accueille, cette année l'édition 2017 du salon international de profesionnels du tourisme organisé par l'agence "Atout France". C'est un moment important dans le travail de reconstruction de la destination normande qui, avant les bombes de la Seconde guerre mondiale et les modernisations radicales qui suivirent, était la destination française privilégiée d'un tourisme culturel haut de gamme. Il semble donc bien naturel que la région française qui a inventé, il y a plus de 150 ans maintenant, le tourisme culturel et balnéaire reprenne toute sa place, à savoir la première...

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International. Jusqu’à mercredi soir, 2 100 professionnels du tourisme sont attendus à Rouen à l’occasion du salon Rendez-vous en France. Dans un contexte morose, les acteurs locaux se lancent dans une véritable opération séduction pour convaincre les tour-opérateurs du monde entier.

Pour accueillir 2 100 professionnels du tourisme, habitués à conseiller à leurs clients les plus belles destinations, les hôtels les plus confortables, les restaurants les plus fins, les monuments les plus prestigieux, les acteurs locaux n’ont pas lésiné. Le salon Rendez-vous en France est organisé pour la première fois, par Atout France, au parc des expositions de Rouen, demain et mercredi. Mais l’opération séduction commence dès que les invités, triés sur le volet et venus du monde entier, posent le pied à l’aéroport de Roissy. « Un hôtel a été réservé pour certains, avec coach sportif pour les masser et leur passer la fatigue du voyage, avant de reprendre la route jusqu’à Rouen », détaille Yves Leclerc, directeur de l’office de tourisme de Rouen, qui, avec le comité régional du tourisme (CRT) et les comités départementaux normands, se chargent de l’accueil. 200 personnes, dont une vingtaine de bénévoles étudiants en BTS tourisme, sont ainsi mobilisées.

950 chambres d’hôtel et des restos du Vieux-Marché réservés

L’enjeu est de taille pour le territoire. À Clermont-Ferrand, où le salon s’est tenu en 2014, la ville a enregistré une augmentation de 20 % des demandes de tour-opérateurs l’année suivante. Sur le salon, les professionnels sont là pour faire du business : les Français pour vendre leur carte postale de première destination touristique mondiale ; les étrangers pour planifier les prochains séjours qui feront rêver leurs clients. Mais la ville organisatrice a un avantage par rapport aux autres régions qui tiennent un stand au parc des expositions : les tour-opérateurs vont pouvoir tester eux-mêmes les hôtels, les restaurants, et le sens de l’hospitalité rouennais.

Au total, 950 chambres ont été réservées dans le centre historique et dans l’agglomération pour accueillir les délégations étrangères, plus 3 000 nuitées pour d’autres participants, sur des bateaux spécialement affrétés pour l’occasion. Des ambassadeurs chargés d’accompagner les groupes ainsi que les hôteliers ont été formés pour accueillir chaque nationalité dans sa langue. Un pense-bête a ainsi été distribué dans les établissements partenaires, où l’on apprend par exemple qu’il est préférable de servir le café avant le dessert aux Américains, que les Néerlandais mangent leur viande bien cuite, et que hausser les épaules devant un Britannique est extrêmement impoli.

Ce soir, les restaurants de la place du Vieux-Marché, du bistrot à la table gastronomique, sont réquisitionnés. Tous serviront le même menu, décliné selon l’inspiration du chef, avec coquille Saint-Jacques, frisson normand, volaille crémeuse « avec une sauce sans alcool pour plaire à tout le monde », plateau de fromages et dessert à la pomme. 1 200 sacs cadeau ont été distribués dans les restaurants, comprenant notamment une mignonnette de calvados. Les déjeuners seront pris au parc des expositions, avant de conclure par une soirée spéciale, mercredi soir, au Panorama XXL.

Pour toutes ces prestations, chaque tour-opérateur paie un forfait de 500 €. Le salon est financé par les cotisations des 19 CRT de France. Rouen sera représenté, comme le reste de la Normandie, sur un des stands du salon. « Nous présenterons notamment de nouveaux circuits communs avec le Mont-Saint-Michel autour de trois thèmes : le Moyen-Âge, le spirituel et l’impressionnisme », énumère Yves Leclerc. Le calendrier des commerciaux de l’office de tourisme est complet depuis des semaines : 150 rendez-vous ont été calés, avec les tour-opérateurs, durant les deux jours. L’Historial Jeanne-d’Arc, le Panorama XXL, les abbayes de la vallée de Seine, les projections estivales sur la cathédrale, la gastronomie, les 30 millions d’euros prochainement investis dans Cœur de Métropole... En vingt minutes, tous les charmes rouennais doivent être déployés. « Il y a des nationalités, comme les Philippins, que l’on ne voit jamais chez nous. C’est le moment de capter cette clientèle. » Le service promotion de l’office de tourisme a déjà fait ses calculs : en deux jours, c’est dix ans de campagne de pubs d’économisés.

Ce soir, la ville sort ses habits de lumière

Le salon Rendez-vous en France n’est pas ouvert au public et se déroule à l’abri des regards en périphérie de Rouen, au parc des expositions. Cet événement aurait donc pu passer complètement inaperçu aux yeux des Rouennais si les acteurs locaux n’avaient pas décidé d’organiser un spectacle, gratuit et en plein air, ce lundi soir, afin que toute la ville soit en fête. « C’est une première pour le salon, relève Yves Leclerc, le directeur de l’office de tourisme. C’est à la fois l’occasion pour la population de participer à ce rendez-vous professionnel, et pour nous de valoriser le patrimoine, de le montrer autrement aux tour-opérateurs. »
En plein air et gratuit
La manifestation prendra d’abord la forme d’une déambulation, dès 18 h 30, au départ de l’abbatiale Saint-Ouen où seront réunis les invités, puis d’un spectacle de 20 minutes sur le parvis de la cathédrale, à 20 h. « L’idée, c’est de faire découvrir Rouen sous un autre angle, explique le metteur en scène, Sébastien Belliard, qui a fondé avec Fabrice Deperrois la compagnie Oneiric Ways, à Darnétal. On s’est attaché à retracer l’histoire de la ville à travers différents personnages que l’on suit, mais aussi à insuffler de l’imaginaire dans tout ça. »
Trois troupes se succéderont pour enchanter le parcours. Avec Deabru Beltzak, il y aura des percussions et de la pyrotechnie. Avec les Quidams, place à un univers poétique, onirique, aérien. Quant aux Plastiqueurs, ils ont redécoré, à leur manière, les rues Damiette, Saint-Romain et du Gros-Horloge. Le cortège sera accompagné de quinze passeurs de lumière, des danseurs, « des personnages bienveillants qui guideront le public ».
Les déambulations festives sont rares dans le centre-ville de Rouen. Tout le monde a encore en tête la Grande Parade, ce cirque à ciel ouvert avec chars géants, saltimbanques et musiciens, programmé en ouverture de l’ancien festival J’entends des voix... C’était en 2009. Le spectacle de ce soir est donc un réel défi pour la toute jeune compagnie darnétalaise, qui a également dans ses cartons un projet de promenade nocturne en forêt. L’occasion de montrer que, la nuit, Rouen n’a rien d’une belle endormie.

Quand les monuments déploient tout leur charme

Pas un seul nuage dans le ciel. Pour cette visite guidée de Rouen sur le thème du médiéval, hier, les tour-opérateurs présents ne pouvaient pas rêver mieux. « Il faut arrêter avec cette caricature de la Normandie où il pleut sans arrêt, lance Nathalie Maillard, guide conférencière. Moi qui passe mon temps dehors tous les jours, je peux vous l’affirmer : c’est faux. »
La beauté des maisons contre la saleté des rues
Le but de ces « éduc-tours », programmés en amont du salon Rendez-vous en France, est d’appâter les agences de voyages. Alors quand le soleil se fait aussi radieux, la moitié du travail est déjà faite... L’exceptionnel patrimoine rouennais se charge du reste. L’aître Saint-Maclou intrigue, le charme des maisons à pans de bois opère, la cathédrale éblouit. Jusqu’à la place du Vieux-Marché, Nathalie Maillard égrène les principaux monuments, n’omettant pas quelques anecdotes savoureuses sur l’histoire de la ville, se permettant quelques crochets par des rues moins fréquentées, comme ce minuscule passage reliant les rues Saint-Nicolas et Saint-Romain. « Peu de touristes passent par ici et c’est vraiment dommage », glisse, en anglais, la spécialiste du pavé rouennais. La remarque fait mouche. Peut-être ces professionnels du tourisme l’incluront-ils dans leurs circuits ?
Marc Pilcer, qui bosse pour un tour-opérateur basé à Sydney est conquis. Il en est à son troisième séjour dans la capitale normande. « La clientèle australienne est friande d’histoire, de culture, d’architecture typique, de gastronomie. Rouen est tout à fait ce qu’elle recherche. » Bingo ! Sa consœur japonaise est plus difficile à convaincre. Même si elle prend énormément de photos de la cathédrale, cette représentante d’une agence de voyages de Yokohama n’est pas séduite. « Je trouve les rues très sales. Je préfère Etretat. » Farouk Gomati, qui travaille pour un tour-opérateur colombien est moins catégorique. « C’est ma première fois à Rouen et je trouve ça vraiment très beau. Mais ma clientèle recherche plus les plages du Débarquement, le Mont-Saint-Michel... La France, ça fait toujours rêver, mais les séjours passent vite, alors une fois qu’on a fait Paris - incontournable - il ne reste plus beaucoup de temps. Et le handicap, c’est que vos hôteliers parlent très peu espagnol. »
La concurrence est rude, et les vacanciers exigeants. Comme quoi il n’est pas facile de séduire les agences de voyages... Même par une météo clémente.
C. B.

Le tourisme à Rouen, c’est :

- 250 000 personnes accueillies à l’office de tourisme en 2016, soit 67 %de Français pour 33 % d’étrangers.
- Plus de 100 000 croisiéristes fluviaux et maritimes accueillis en 2016.
- 2 165 groupes accueillis en 2016 soit 49 626 participants.
- 1 007 496 nuitées hôtelières en 2016, soit 40 000 de plus qu’en 2015.
- 656 326 visites sur le site www.rouentourisme.com pour 1 508 789 pages vues.
- 178 799 visiteurs au musée des Beaux-Arts de Rouen en 2016.
- 193 791 visiteurs ont poussé la porte de l’église Sainte-Jeanne d’Arc en 2016.
- Selon l’étude sur les retombées économiques sortie en 2015 par le cabinet MKG, le tourisme rapporte 210 millions d’euros au territoire. Le premier poste de dépenses est la restauration (70,1 M€), puis vient l’hébergement (60,1 M€), le shopping (45,3 M€), les visites (19,5 M€) et les loisirs (6,3 M€).
  Céline Bruet