Pour nos concitoyens rouennais et normands qui espèrent encore en l'avenir de la ville qui fut, il y a près de deux siècles, la seconde ville de France, la lecture de ce qui suit, à savoir cet entretien donné récemment par Yvon Robert, le maire de Rouen à Thierry Delacourt, journaliste de Paris-Normandie vraiment à court d'idées sur un sujet ... capital, risque d'être assez pénible !

Alors que sur l'avenir de Rouen ainsi que sur cet entretien plane l'ombre non pas d'un aigle mais d'un petit oiseau, les données essentielles du problème rouennais ne sont hélas pas évoquées:

1) Le maire de Rouen n'est pas le président de Rouen Métropole

2) La région Normandie et la métropole de Rouen ont sensiblement les mêmes compétences et une force de frappe budgétaire qui obligent à la coopération.

3) Le journaliste de Paris Normandie ne sait pas ce que peut signifier un pôle métropolitain régional en réseau de villes avec Rouen, Caen et Le Havre... Mais il n'est pas le seul car du côté des élus concernés, au lieu d'avoir UN seul pôle métropolitain réunissant les trois villes, ils préfèrent en avoir UN pour chacune de leur ville, donc TROIS pôles métropolitains.

Clochemerle XXL?

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Trois pôles métropolitains normands, au lieu d'un seul: cherchez l'erreur !


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Entretien. Trois ans après son élection au deuxième tour de l’élection municipale du 30 mars 2014 avec 46,8 % des suffrages, Yvon Robert a accepté de livrer sa vision du chemin parcouru pendant ce mi-mandat et de ce qu’il reste à accomplir jusqu’en 2020.

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L’image est troublante. Dans ce bureau de l’Hôtel de Ville où il a commencé à avoir ses habitudes il y a plus de vingt ans, en 1995, Yvon Robert semble toujours préparer ses interviews avec le même cahier sur lequel il note ses messages à faire passer. Ce vendredi-là, le maire de Rouen a pris le soin d’y inscrire les compétences communales. Comme si, en ces temps de détricotage des compétences des villes par l’intercommunalité, il était essentiel de les rappeler, urgent de s’en souvenir.

Parfois flou sur la réalisation de certains éléments de son programme de campagne (les « Zazimuts de l’emploi », le recueil des eaux pluviales dans tous les quartiers, le label « Made in Rouen » semblent ainsi oubliés), le maire (par intermittence) depuis onze ans se montre offensif sur la défense de l’influence de la « capitale régionale ». Sans rien s’interdire quant à son avenir politique.

Quel souvenir le plus marquant gardez-vous des trois premières années de mandat ? Joyeux ou pas.

Yvon Robert : « J’ai vraiment des moments de bonheur. Il se trouve que depuis trois ans il y a plusieurs grands projets d’aménagement urbain qui sont arrivés à maturité. Inaugurer une nouvelle école, un nouveau gymnase sur la rive gauche, ce fut un vrai plaisir. Avec les inaugurations successives des quais de la rive gauche, j’ai vraiment l’impression que l’on a porté des nouveaux aménagements urbains extrêmement favorables. Je retiens aussi l’inauguration de plusieurs immeubles de Rouen Habitat. C’est la première fois depuis trente ans qu’on inaugure autant de nouveaux logements et dans tous les quartiers. »

« Il en faut pas aller plus viter que la musique »

Vous avez relu votre programme de campagne de 2014 pour mesurer le chemin parcouru à mi-mandat. Quelle part reste encore à accomplir d’ici 2020, certains points sont-ils d’ores et déjà écartés ?

« On ne peut pas juger en termes de pourcentage. Tout n’est pas terminé, il reste des choses en cours, en réflexion. Je n’ai rien à retirer. »

Pour reprendre votre programme de 2014, y figurait la réalisation d’un skatepark sur l’île Lacroix...

« Nous y travaillons, c’est toujours un objectif. Si nous avons mis l’Océade dans les projets de Réinventez la Seine c’est en espérant avoir un projet. »

C’est raté...

« C’est momentanément raté. Mais le fait de l’avoir mis, d’en avoir parlé, fait qu’à la date d’aujourd’hui c’est une réflexion que nous avons toujours. Nous sommes en train de chercher comment avancer. »

Avec un opérateur privé ? Les deux projets sont donc liés ?

« Il ne faut pas aller plus vite que la musique. Nous pensons que cela peut-être une bonne solution pour reconvertir l’Océade ».

Était aussi affiché l’objectif d’intensifier la rénovation des places de Rouen, comme celle de la Rougemare... ?

« La place de la Rougemare est présente au sein du programme Cœur de Métropole. C’est un des lieux emblématiques qui a été identifié lors de la préparation du projet avec la Métropole. Il prévoit la rénovation de la place à l’horizon 2019. »

Sur le plan des événements, il était prévu une fête annuelle sur les quais, « En attendant l’Armada ». Qu’attendez-vous pour la lancer ?

« Il y en aura une en 2017. Une initiative a été lancée (NDLR : par l’association « Normandie en Seine » ). »

Mais ce n’est pas une initiative municipale...

« Non mais en lien avec la Ville. La Ville n’a pas vocation de tout faire. Par contre, nous sommes extrêmement attentifs aux idées, à les soutenir, parfois avec des subventions, parfois avec des moyens logistiques. Toute une série de manifestations et d’initiatives privées ne peuvent exister que grâce au soutien de la Ville. »

Concernant l’Armada, comment se présentent finalement les choses avec les autres partenaires publics ?

« On avance. On dira des choses dans quelques semaines. Pour nous c’est important de communiquer en juin, deux ans avant. C’est un événement forcément partenarial. L’Armada existe s’il y a la Ville, la Métropole, le Département et la Région. Le pilotage n’est que collectif, l’outil est secondaire par rapport à l’accord des collectivités. À un moment donné, il est capital que les collectivités sachent travailler ensemble sans chercher à tirer la couverture à soi. Pour moi, c’est la clé de la vie politique : être ensemble sans dire c’est moi, c’est moi, c’est moi. Ce n’est pas simple mais c’est l’enjeu du futur, c’est la responsabilité collective. L’Armada c’est une fête qui n’est possible que si tout le monde fait ensemble. »

Il avait été question également de la création pendant ce mandat d’un Conseil municipal des jeunes, représentant les 16-25 ans...

« Pour l’instant on a eu les Assises de la Jeunesse, Il y a eu tout un travail de réflexion il y a deux ans. Cela n’a pas débouché sur la création d’un conseil municipal des jeunes. On est toujours en travail avec des associations de jeunes, étudiantes notamment dans le cadre des Zazimuts. Je ne sais pas si notre volonté d’associer plus les jeunes à la politique municipale aboutira à cela ou à autre chose. »

Dans cet esprit de la politique à l’épreuve du temps, quels projets devraient pouvoir être réalisés d’ici la fin de ce mandat en 2020 ?

« Pour moi, l’action municipale c’est aussi la manière de travailler tout au long de l’année, c’est vraiment ma conception : en essayant d’associer au maximum tous les citoyens qui s’intéressent à la vie de la cité. Toute la concertation qui a été menée avec la Métropole dans le cadre du projet Cœur de Métropole a été extrêmement intéressante : avec à la fois des balades urbaines, des forums... Pour moi, il est extrêmement important que ce projet soit achevé avant la fin du mandat. Également de poursuivre la création de quartiers nouveaux comme Luciline. En 2008, il n’y a rien à Luciline. Aujourd’hui, il y a plus de 500 logements et j’espère qu’il y en aura 200 ou 300 de plus. L’objectif c’était 1000, on ne sera pas loin. C’est un quartier nouveau, écologique, en totale mixité sociale, en totale mixité fonctionnelle car il y a des bureaux et des logements. Je trouve aussi que le gouvernement met un peu de temps à nous donner tous les éléments financiers sur le deuxième plan de la rénovation urbaine. J’espère avoir pu lancer une deuxième étape très importante après une première décisive. »

« j’ai été élu pour six ans »

Le basculement à droite du Département et de la Région n’a-t-il pas compliqué la mise en œuvre de projets prévus dans le programme de 2014 ?

« Ville et Métropole, on avait signé un contrat avec la Région avant les élections et Hervé Morin a toujours dit qu’il le respecterait. Il y a des discussions complémentaires actuellement. Nous avions par exemple dans ce projet la rénovation-extension de la patinoire et nous sommes en train de mettre au point le projet définitif. Pour l’instant, cela ne change rien par rapport aux projets de la Ville. »

À mi-mandat, êtes-vous toujours persuadé d’aller jusqu’à son terme en 2020 ? N’est-il pas temps de songer à préparer votre succession ?

« J’ai été élu pour six ans. Je suis totalement disponible. J’ai la chance d’être en retraite. Je consacre à ces fonctions toute ma vie, c’est du lundi au dimanche. Comme je suis en pleine forme, je ne vois pas pourquoi je m’arrêterais avant. »

Pour préparer la succession, lancer un successeur...

« Aujourd’hui, on est en 2017. On n’est pas en train de travailler sur les élections municipales de 2020. Moi, depuis 1994, j’ai toujours préparé les élections municipales collectivement, en temps utile afin que nous proposions la solution la meilleure dans l’intérêt des Rouennais. »

Vous n’écartez pas l’idée de vous représenter en 2020, à 71 ans ?

« Je n’écarte rien. Ce n’est pas le sujet d’aujourd’hui. »

Deux anciens membres du cabinet de Nicolas Mayer-Rossignol à la présidence de la Région viennent de rejoindre votre cabinet. Faut-il y voir un signe ?

« Ce sont des choix personnels qui ont fait partir deux membres du cabinet, Alexandre Canet et Sylvain Ortis. Ensuite, deux camarades, Sylvain Radiguet et Morgan Levarlet, étaient disponibles. J’ai entendu la rumeur qui disait que Nicolas (Mayer-Rossignol) avait placé ses pions. Il était simplement content que ses anciens collaborateurs retrouvent un poste ici. Où est le problème ? C’est aussi simple que cela. »

Est-ce raisonnable de laisser planer le doute sur une candidature en 2020, à 71 ans, alors que l’on parle tant de renouvellement du personnel politique ?

« Aujourd’hui je suis maire, je suis pleinement maire. Bien évidemment, je pense à l’avenir. Mais ce sera une décision collective. Depuis trente ans, j’ai toujours travaillé collectivement. Si je suis là, c’est parce que mes camarades l’ont voulu. C’est un sujet qui aujourd’hui n’est pas utile dans le débat public. La loi sur le non-cumul des mandats change toute la donne de la réflexion élective. Allons jusqu’au bout de la séquence. »

Impôts : « Aucune garantie »

Sur le plan des impôts, la promesse de ne pas les augmenter n’a pas été tenue...
« Je suis parfaitement clair sur ce sujet : je ne voulais absolument pas augmenter les impôts. Quand j’ai écrit et dit cela, je n’avais pas envisagé une réduction des dotations de l’État aussi importante. Les 11 milliards de réductions au niveau de l’État représentent à peu près 11 millions pour la Ville de Rouen. Ces réductions étaient trop fortes pour qu’il n’y ait pas d’augmentation d’impôts. Je l’ai réduite à 2,9 %, au minimum incompressible et je vais tout faire pour que cela ne se reproduise pas. Mais, à la date d’aujourd’hui, dans le contexte des finances publiques de l’État, qui s’est amélioré mais qui reste difficile, j’estime que nous ne pouvons plus donner aucune garantie. Cela ne serait pas raisonnable... »
Rétrospectivement, cela n’était-il pas présomptueux de la faire figurer dans les promesses de 2014 ?
« Honnêtement, je n’avais pas imaginé une telle situation. Je suis élu depuis vingt-huit ans et pendant des décennies on a vécu avec des augmentations permanentes, régulières, des dotations de l’État. Le gouvernement a considéré que les collectivités devaient participer à la réduction des dépenses. J’ai toujours dit que j’étais en phase avec cette orientation générale. Par contre, il est apparu que c’était particulièrement difficile pour Rouen, compte tenu de la situation financière de la Ville en 2008. Avec notamment la question des emprunts toxiques dont il fallait absolument se débarrasser et que malheureusement les élus de la majorité précédente avaient contractés en toute connaissance de cause. Le dernier gros emprunt dont on s’est débarrassé c’est en 2012 ! Et cela a eu aussi un coût. »

« Mais si, Rouen est la capitale régionale ! »

La réunification normande n’a-t-elle pas fait perdre à Rouen un peu de son influence, un peu de son poids, en recentrant le pouvoir politique régional à Caen ?
« Nous considérons que Rouen n’est pas du tout une ville en déclin. Au contraire c’est une ville qui continue à se développer, une ville et une métropole en développement économique et en croissance démographique. Nous avons bataillé pour faire en sorte que les outils du développement économique essentiels restent à Rouen et qu’un élément de l’Agence de développement de Normandie (NDLR : l’ADN) soit ici. »
On se souvient de la campagne, « Rouen, un air de capitale ». Mais Rouen n’est plus la capitale régionale...
« Mais si, c’est Rouen la capitale régionale ! Là-dessus il n’y a pas le moindre doute. C’est là où siège le préfet de région. Rouen est la capitale régionale. Il n’y a pas de problème dans la mesure où il y a d’un côté 250 000 habitants de l’autre 500 000 habitants. Nous sommes par ailleurs pour un développement équilibré, en réseau, que tous les outils : ceux qui dépendent de la Région, ceux qui dépendent de l’État, ceux qui dépendent de la Chambre de commerce travaillent ensemble en permanence. Cela ne m’intéresse pas de batailler. »
N’avez-vous pas le sentiment néanmoins d’un pouvoir d’attraction plus grand de Caen ?
« Non. Par contre, il faut impérativement que tous les acteurs rouennais soient en permanence mobilisés ensemble pour développer leur métropole. C’est un domaine où il n’y a jamais de lauriers définitifs. Aujourd’hui, nous n’avons pas de raison de nous lamenter mais il faut continuer, il faut être vigilant, il faut être actif, réactif, il faut faire des propositions et travailler ensemble. Je ne suis pas dans une guerre de territoires. Il faut être soucieux de toutes les innovations et de toutes les coopérations. »

Grands projets : « Pas de doutes »

Partagez-vous les doutes exprimés avant son départ par l’ex-préfête de Région, Nicole Klein, sur la concrétisation rapide des deux grands projets régionaux : la Ligne Nouvelle Paris Normandie et le Contournement est de Rouen ?
« Je ne me situe jamais dans le doute, je suis dans la construction permanente. Je constate juste que sur le Contournement est, nous voulions qu’il y ait une enquête publique elle a eu lieu et il y a eu un rapport favorable de la commission d’enquête. Aujourd’hui, l’État prépare une déclaration d’utilité publique. C’est grâce à ce gouvernement, grâce aux élus métropolitains que nous avons abouti à cela en liaison étroite avec les services de l’État, de la Région et du Département. Maintenant, j’espère que nous aurons ce décret, soit fin 2017, soit en 2018.
Concernant la LNPN, on a jamais autant travaillé sur un grand projet sur ce territoire. On ne peut pas être dans le spectaculaire car on est dans la mise au point d’un projet qui est complexe, avec des éléments contradictoires. Il faut prendre en compte les avancées du futur et les intérêts de tous les habitants. On est dans la phase de discussion. Des discussions qui peuvent parfois être vives mais c’est le signe que les choses avancent. »
Pas de doutes alors...
« Je ne me situe pas là-dedans. Moi, je travaille. Tous les acteurs travaillent et font avancer leurs dossiers. De la même manière, après vingt-huit ans de fonctions électives, quand je me retourne je constate : que le sixième pont il fonctionne et qu’il a totalement changé le fonctionnement de la métropole, on a un tramway, des bus à haut niveau de service, la circulation automobile s’est réduite, on a toute une série de rénovations urbaines qui ont été faites, les Hauts de Rouen ont totalement changé, le patrimoine historique a été merveilleusement rénové, la cathédrale, le palais de justice, l’église Saint-Maclou : ce sont des réalités que la Ville porte. Pas forcément toutes financées par elle. Mais pour moi l’action de la Ville, ce n’est pas seulement ce qu’elle fait en maîtrise d’ouvrage mais ce à quoi elle contribue, ce qu’elle impulse, ce qu’elle réclame, ce qui se fait sur son territoire. »
N’empêche les communes perdent petit à petit de leurs compétences au profit des métropoles. Ne faut-il pas s’en préoccuper ?
« La Métropole ce sont les élus communaux qui travaillent ensemble. Aujourd’hui on ne peut que travailler ensemble. Il y a une dimension grand projet qui suppose le travail collectif.

D’autre part, la commune ce sont les écoles, la culture, le sport, les services aux habitants, les crèches, les personnes âgées, les aides sociales, le logement, l’environnement, l’entretien de la ville, la proximité, l’urbanisme, les espaces verts, la circulation, le stationnement, la stratégie urbaine. Tout ça, c’est toujours les élus de la Ville. Tout ce qui se fait est porté par eux. Toute la proximité, ce sont des élus de la Ville qui la font. »

  Thierry DELACOURT,  journaliste jacobin, adepte d'un vieux clochemerle et qui ne comprend pas l'idée de réseau urbain régional