On a l'époque qu'on mérite et l'autre disait (Sartre je crois...) que "l'Argent n'a pas d'idées". Nouvelle confirmation avec l'un des fleurons du patrimoine architectural normand, à savoir le Palais Fontette qui, depuis 1787, abritait les tribunaux à Caen. Depuis l'année dernière, la Justice n'est plus en ses anciens murs car pour des raisons sèchement comptables, le ministère de la Justice à l'époque dirigée par la garde des sceaux (la garde des sots?) Rachida Dati a estimé qu'il était moins coûteux de construire un machin tout neuf en architecture con-temporaine dans une friche portuaire pour rendre la justice et affaiblir, une fois de plus, la densité symbolique de nos centres villes anciens.

Après le "vaisseau de Dark Vador" tout noir, tapis derrière les grands platanes de l'avenue de la Préfecture qui abrite, depuis près de 20 ans maintenant, la Cour d'Appel et qui nous fait croire, par son architecture désagréable et inquiétante de mauvais film d'anticipation, que la peine de mort a été rétablie dans notre belle république...

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Après le nouveau Tribunal de Grande Instance inauguré en 2016, isolé et perdu au bout d'une pelouse de la Presqu'île et dont les dispositions architecturales et l'inconfort général indisposent les juges, les avocats tout comme les justiciables, notamment cette galerie en forme de vitrine qui fait le tour complet du bâtiment et qui expose aux yeux de tous, tel un pilori moderne la souffrance ou la misère sociale en attente debout ou sur des bancs trop étroits faute d'avoir aménagé une vraie salle des pas perdus...

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Après cette indécence et ce manque le plus élémentaire d'humanité qui s'étaient nichés jusque dans la "vue d'artiste" proposée par le cabinet d'architectes qui nous inflige cette médiocrité morale avant qu'elle ne soit architecturale car les vrais justiciables normands qui fréquentent les audiences rendues dans ce non lieu ne ressemblent évidemment pas à cette demoiselle sexy sortie tout droit des beaux quartiers de Paris...

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Voici qu'on apprend à la lecture de l'article qui suit que le Palais Fontette pouvait être rénové et modernisé pour un coût relativement modique, avec le maintien de la justice en ses murs.

Une fois de plus, un crâne d'oeuf dans un ministère parisien de notre république jacobine aura décidé d'accuser son chien de la rage pour l'euthanasier ! Comme d'habitude, l'avenir de ce grand et magnifique patrimoine qui s'abîme faute d'entretien et d'usage, retombe sur les bras des collectivités territoriales qui ne savent pas quoi en faire. Et comme de nos jours la seule chose qui compte sont les idées qui doivent rapporter de l'argent, on vous laisse deviner la suite de l'histoire qui aura pour conséquence, un nouvel appauvrissement de la seule vraie richesse: la signification symbolique de nos espaces publics centraux et urbains où l'architecture se fait noble pour être à la hauteur de toutes ces grands principes qui ne sont pas dans le commerce...

Aux USA une ville et un centre commercial c'est la même chose. Ce n'est pas le cas en Europe où la ville fait le centre commercial et non l'inverse. Il faut craindre, hélas, que cela soit de moins en moins le cas notamment dans l'imaginaire de celles et ceux qui prétendent nous gouverner.

https://actu.fr/normandie/caen_14118/patrimoine-ancien-palais-justice-caen-est-rachete-par-ville_734581.html

Patrimoine. L’ancien palais de justice de Caen va devenir un lieu d’accueil du public

L’ancien palais de justice de Caen, ce bijou architectural situé en centre-ville, va être racheter par la mairie. La Ville souhaite en faire un lieu qui accueille du public.

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L’ancien palais de justice, le palais Fontette, sera vendu à la Ville de Caen (Calvados), en juin 2017. (©Grégory Maucorps/Liberté le bonhomme libre)

En 2015, le palais Fontette, qui accueillait le tribunal de grande instance de Caen (Calvados), a été abandonné au profit du nouveau tribunal, flambant neuf, construit sur la presqu’île.

Désaffecté depuis juillet 2015, ce bijou architectural construit au XVIIIe siècle, sous Louis XVI, devrait bientôt avoir une nouvelle vie. La Ville de Caen va le racheter mais pas « contre un euro symbolique comme c’était prévu », explique à nos confrères de Liberté le bonhomme libre, le maire, Joël Bruneau.

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Nous allons l’acquérir en juin 2017 pour deux fois 50 000 euros, à l’État et au Conseil départemental. L’euro symbolique n’était pas possible parce qu’il aurait fallu une dérogation législative. Même si c’est le dernier palais de justice du XVIIIe siècle qui existe en France, on n’allait pas exiger une loi.

Pour ne pas perdre de temps, la Ville de Caen a déjà « diligenté une étude sanitaire qui démontre que l’état n’était pas aussi catastrophique qu’on voulait bien le dire. Pour le remettre à l’état existant, sans changer la disposition des pièces, il y a 12 millions d’euros de travaux. Pour 7 000 m2, ce n’est pas surréaliste. » 

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Un appel à projets va être lancé d’ici la fin de l’année avec « un cahier des charges laissant ouvertes toutes les propositions mais avec une orientation forte sur des activités qui ramènent de la fréquentation vers le centre-ville et la place Saint-Sauveur », précise à Liberté le bonhomme libre, le maire de Caen.

En faire un lieu qui draine du public

Cette opération immobilière et patrimoniale a pour objectif de faire de ce bâtiment particulièrement bien situé, tout près de l’Hôtel de Ville et de la place Saint-Sauveur, un lieu qui draine du public  :

Avec des projets d’hôtellerie et accueil de séminaires. Les propositions spontanées que nous avons aujourd’hui émanent des groupements qui associent une entreprise de rénovation de patrimoine avec une entreprise de création et exploitation d’hôtels.

Le projet devrait aboutir à l’horizon 2020-2021.