Nicolas MAYER-ROSSIGNOL nous pépie sans cesse des polémiques inutiles qui renvoie ce volatile non pas du côté du passereau philomèle qui enchante nos soirées de printemps mais plutôt du côté d'un désagréable mainate enfermé dans la cage d'une opposition stérile...

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Dernier épisode en date: la polémique suite à la nécessaire suppression, par l'actuelle majorité régionale présidée par Hervé Morin, des podiums de concerts gratuits consacrés au répertoire musical de la poprock, genre musical déjà largement dominant dans la diffusion commerciale, organisés et financés par l'ex conseil régional de Haute-Normandie à Rouen à l'instigation de Monsieur Mayer-Rossignol, avec pour argument définitif sinon démagogique, celui d'offrir aux jeunes la musique qu'ils aiment déjà entendre ou de permettre une scène tremplin pour les groupes normands donnant dans ce genre ultra- dominant de la pop-rock au point que l'on pourrait croire au retour d'un art officiel sinon socialement consensuel.

Deux questions de fond se posent alors...

1) Est-ce à l'argent public d'une collectivité publique de contribuer à la diffusion d'un genre musical déjà hyper-dominant et qui est, de fait, l'un des principaux vecteurs de la transformation de la culture en industrie du divertissement?

Les Zéniths font déjà la même chose en invitant ces grosses machines sonores qui obligent au port des bouchons d'oreille tandis que de nombreux festivals consacrés à la pop-rock existent avec une programmation plus fine, pointue, portés par de nombreuses associations bénévoles qui ne demandent qu'à être aidées et soutenues dans une vraie logique de maillage du territoire normand. Monsieur Rossignol aurait pu choisir dans l'ex Haute-Normandie ce qui a été fait dans l'ex Basse-Normandie: soutenir un réseau de salles de musiques actuelles dans les villes moyennes plutôt que faire un gros Zénith de plus télescopant dans l'agenda régional une programmation déjà pléthorique (cf. Beauregard à Hérouville St Clair ou Evreux).

2) S'agit-il de promouvoir les musiques dans une région considérée comme un simple robinet à subventions publiques pour acheter sur catalogue des musiques que l'on pourrait entendre partout ou nulle part? Ou s'agit-il de donner enfin la priorité des financements aux acteurs normands du spectacle vivant musical normand et à la valorisation du patrimoine culturel normand?

Le 3 mai 2017 au cirque théâtre d'Elbeuf, l'équipe d'Hervé MORIN va présenter enfin le projet culturel normand. Nous y serons et nous verrons si nous aurons les réponses adéquates à nos questions...


 Lire ci-après cet article paru dans les éditions caennaise et rouennais du gratuit "Tendance Ouest" (semaine du 13/04/17):

musique en région


 Commentaire de Florestan:

Dans la promotion des répertoires musicaux, il est urgent que la puissance publique régionale procède à un rééquilibrage dans la diffusion car tout va, ou presque, à la seule pop-rock qui se cache derrière la jolie dénomination de "musiques actuelles".

La musique dite "classique" devient un ghetto culturel avec un public vieillissant, les pratiques instrumentales accoustiques stagnent ou régressent faute d'investir dans le développement des conservatoires, l'enseignement artistique au collège et au lycée est en ruine, tandis que la diffusion des autres répertoires de musiques vivantes accoustiques (musiques patrimoniales savantes, musiques traditionnelles du Monde, jazz, chanson française accoustique, musiques liées au patrimoine culturel régional) est réduite à la portion congrue...

Disons les choses autrement:

Pour d'évidentes raisons de santé publique, faut-il subventionner par les contribuables qui cotisent à la sécurité sociale des pratiques musicales qui nécessitent le port systématique de bouchons d'oreille ou qui provoquent une épidémie de surdité précoce chez les jeunes adultes?

Ou faut-il, au contraire, privilégier la diffusion de tous les répertoires de musiques accoustiques naturelles et authentiques à l'instar des choix actuellement faits en faveur de l'agriculture bio face à une agriculture industrielle dont on connaît les méfaits sur la santé humaine et sur l'environnement?