On prend ici le pari raisonnable que le 7 mai 2017 au soir, Emmanuel MACRON sera élu président de la République française au terme d'une victoire très serrée, voire une victoire "à la Pyrrhus" qui ne saurait faire d'Emmanuel MACRON notre président ou le président de tous les Français dans un processus électoral aussi inédit qu 'extraordinaire qui doit s'achever par les élections législatives des 11 et 18 juin 2017 (quelle date symbolique !): les institutions de la Vème République montrent, une fois encore, leur plasticité et leur robustesse alors qu'elles sont systématiquement maltraitées par une classe politique "nationale" parisienne et jacobine qui refuse ou ignore la vertu et la culture historique indispensables pour les faire fonctionner de façon idéale: n'est pas le Général de Gaulle qui veut ou qui peut !

Gardons notre sang-froid quel que soit le choix que nous ferons le 7 mai prochain: le pouvoir dominant et sortant crie au loup lepeniste qui rode, plus que jamais, ou bout du pré, tout en nous désignant le bon pasteur idéal afin que les moutons éparpillés et tentés par le libre arbitre dans la prairie de ce printemps 2017, rentrent au plus vite dans la bergerie pour se faire... tondre pendant cinq années de plus !

La combine du front dit "républicain" est connue: elle fonctionne depuis 1983 lorsque François Mitterrand avait lancé le "menhir" Le Pen dans la boutique Chirac. Et ça marche depuis à tous les coups, ou presque, notamment en 2002 ou en 2012, François, le second en pire, ayant bien appris de François le premier. Pour 2017, avouons, néanmoins, que c'est plus risqué. Et qu'à jouer ainsi avec le feu de la colère populaire sinon populiste d'extrême droite, on va bien finir par se faire brûler les doigts: c'est la raison pour laquelle, à toute fin utile, François Hollande et Jean-Pierre Jouyet ont mis en orbite, depuis plus d'un an, le jeune et brillant soldat Macron, le pompier pyromane chargé d'éteindre l'incendie qu'il a contribué à allumer lui-même lorsqu'il était un ministre important dans un gouvernement sortant.

Ouest-France, le quotidien de la propagande ligéro-bretonne a mis en une son candidat favori dans son édition du 29 avril 2017: vous conviendrez sans peine le pathétique de la titraille de notre quotidien préféré quand la une que l'on doit regarder est (volontairement ?) téléscopée par d'autres titres. Au final, la symbolique qui en résulte est plutôt désastreuse !

Macron OF

La une de Marianne (n° 1049, du 28 avril au 8 mai 2017) ne dit pas autre chose. Implicitement, c'est MISSION IMPOSSIBLE ! L'hebdomadaire propose un dossier complet analysant ce que nous avons déjà dit souvent ici: les élections présidentielles 2017 seraient le révélateur que la "fracture sociale" diagnostiquée par le philosophe normand Marcel Gauchet est devenue aussi, 20 ans plus tard, une fracture territoriale. A savoir, le cauchemar Macron métropoles VS Le Pen périphéries...

Marianne macronisée

La une de Marianne dont on pourra relever par le code couleur, le côté funèbre (le noir et le blanc avec la carte de France déchirée en deux avec, la fracture qui divise, à nouveau, la Normandie) ou le côté dangereux (la rayure noire et jaune, code universel et naturel de l'alerte et du danger) se fait aussi ironique par son chapeau: la virilité du jeune impétrant pour être le chef d'Etat de la 5ème puissance économique mondiale est discrètement remise en cause...

Et la Normandie ? Un angle mort territorial et politique ?

En pages intérieures de l'édition de Ouest-France (édition du 29/04/17) on peut donc lire un entretien accordé au grand quotidien breton par Emmanuel Macron puisque le lobby régional breton s'est massivement rangé derrière Macron (Le Drian) et que la Bretagne, de Nantes à Brest, a massivement voté pour lui.

Comme Ouest-France ne fait guère mystère de son soutien à ce candidat, nous vous proposons de lire, assortie de nos remarques critiques, la partie de cet entretien consacrée aux questions territoriales avec, dans un coin de la tête tout en pensant à l'avenir même de la Normandie, son unité et son projet régional, une grande inquiétude existentielle et normande que le candidat soutenant chaudement le Canal Seine Nord Europe et soutenu par MM. Attali, Orsena, Grumbach et quelques autres du même acabit ne peut que susciter...

Si l'on doit considérer que la région parisienne est définitivement LA métropole normande, alors la Normandie n'aura plus de raison d'être !

 

Macron OF 2