Etait-ce, finalement, le bon interlocuteur politique à inviter? Il ne s'agit évidemment pas de remettre en cause la bonne volonté normande de Pascal Martin président d'un paquebot de moins en moins manoeuvrant, le conseil départemental de la Seine Maritime, en l'occurence.

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En effet, les réformes territoriales récentes et l'austérité budgétaire de l'Etat font que le département n'a plus ni certaines compétences (l'essentiel a été transféré à la région) ni certaines finances (l'Etat a taillé dans le vif de la dotation globale de fonctionnement). En outre, le programme d'Emmanuel Macron prévoit de fusionner un quart des départements existants avec le territoire d'une métropole: pour la Normandie c'est son existence même qui est en jeu!  Autre sujet existentiel: le désengagement quasi total de l'Etat du projet d'intérêt national de l'Axe Seine.

L'abandon est total et la place est à prendre: du côté de la métropole de Rouen, la vision du territoire reste vicinale. Et du côté des départements, elle ne peut être que... départementale. On ne sort pas du seul coup de la baguette magique de la réunification normande de plus de 50 années de déclin localiste.

Il ne reste donc que la nouvelle région Normandie et son président Hervé Morin vers qui se tourner pour essayer de construire un avenir normand pour tout ce qui se trouve en aval de Mantes La Jolie: la nature ayant horreur du vide, c'est à la Normandie de prendre la place ! Sous peine de disparaître. Définitivement.

Lire le compte-rendu proposé par le site d'informations Normandie XXL de cette réunion du Propeller club de Rouen, le 28 avril 2017 qui avait invité Pascal Martin à ses réflexions:

http://www.normandiexxl.com/article.php?id=2165

Economie


Les précisions bienvenues de Pascal Martin au « Propeller » de Rouen

Dernière mise à jour 29/04/2017

Lionel Taconet (Propeller Club, société Humann et Taconet), Pascal Martin et Georges Vincent (président du Propeller Club de Rouen)

Economie. Quatre paquebots et leurs quelque 3.000 touristes reçus en cinq jours au port de Rouen (alors que la CGT, au Havre, devait empêcher deux escales d’autres navires de croisière) : invité du Propeller Club de Rouen, le président du département de la Seine-Maritime Pascal Martin pouvait donc admirer vendredi le Seabourn Quest, en attendant les Braemar, Marco Polo et Saga Pearl II. Escales puissamment symboliques pour l’élu rappelant notamment l’organisation, par l’ADAS (nouvelle Association des Départements de l’Axe Seine) de « Fête en Seine », 120 manifestations de l’Île-de-France à Honfleur, les 23, 24, 25 juin prochains.

Pascal Martin traitait, devant les membres du club maritime rouennais, du « Département et de l’Axe Seine ». Or, les départements n’ont plus de compétence économique et, rappelait le président du Propeller Club Gorges Vincent « il n’y a pas de plan de développement de l’axe Seine, faute d’engagement de l’Etat ». C’est donc ce contexte qu’a précisé aux membres du Propeller Club Pascal Martin, dont Georges Vincent disait « il a mené de front une carrière d’élu local avec celle de sapeur-pompier professionnel, corps dont il est aujourd’hui colonel.»

 « Nous avons conservé quelques compétences économiques », explique le Montvillais dont le père, André Martin, succéda en 1993 à Jean Lecanuet à la présidence du conseil général de Seine-Maritime. « Nous avons conservé la gestion des ports du Tréport, de Fécamp et aussi de Dieppe dont la moitié des recettes provient du Transmanche. Nous avons créé Seine Maritime Attractivité, qui a fusionné Seine-Maritime Expansion, le Comité Départemental du Tourisme et l’Agence Technique Départementale. »

Accompagner, autant que possible

Pascal Martin met en avant la volonté du Département « d’accompagner des projets en prenant des positions politiques fermes » au sujet, notamment, de « la ligne Serqueux-Gisors, pour qu’elle se fasse le plus vite possible », poursuivant « nous sommes extrêmement favorables au contournement Est de Rouen, pour qu’il soit réalisé en 2024/2025, au mieux. Nous proposons de construire le barreau d’accès Quincampoix-Isneauville, soit 7 millions d’euros. Pour le Canal Seine Nord Europe, nous demandons que sa construction soit accompagnée par l’Etat d’un plan d’investissement ambitieux sur l’Axe Seine. »

Pragmatique, réaliste car dans le quotidien (« la maintenance informatique dans les collèges va nous coûter 2 millions d’euros de plus cette année »), le président  Pascal Martin développe cette approche dans ses réponses aux questions de la salle. « L’ADAS, par exemple, est une simple association, pas un ‘’machin’’ supplémentaire pour obtenir des subventions. Je sais bien sûr que l’Orne n’est pas concernée directement par le développement de l’axe Seine, mais au moins, entre départements sur cet axe, nous échangeons des idées de bonne pratique, avec humilité, et fin juin, en assemblée générale, nous ferons un premier point de cette action. »

Si l’on ferme le Transmanche, on condamne Dieppe

Et bien sûr, le lien transmanche Dieppe-Newhaven : « Il représente 25 millions par an pour le Département, qui apporte 95% du financement. Il représente 2 millions par mois. Le 1er janvier 2018, nous proposerons la poursuite de la politique de DSP. Le seul dossier qui ne peut pas faire l’objet d’une démarche seulement comptable, c’est le Transmanche. Car si l’on ferme le Transmanche, on condamne Dieppe. »

Quant à la question de la gouvernance des grands ports de l’axe Seine par les régions normande et francilienne, « elle mérite d’être posée », indique Pascal Martin à une assemblée attentive et vivement intéressée, également, par ses précisions ne concernant pas toujours (lire par ailleurs) l’axe Seine…

François Henriot

--- La dette héritée des années de gestion socialiste atteint, a rappelé Pascal Martin, un niveau tel que la Seine-Maritime doit rembourser 150 millions d’euros par an. L’endettement correspond à 1.000 euros par habitant.

--- Revenu de Solidarité Active : « D’autres gens (NDLR : que ceux qui le perçoivent de bon droit) utilisent le RSA pour le détourner de ce que le législateur avait prévu » déplore le président du département, auquel revient la charge de ce RSA. Or, sur un budget départemental d’1 milliard 800 millions d’euros par an, 800 millions concernent les dépenses de solidarité.

Prochain Propeller le 19 juin, invité Nicolas Occis, directeur général d'Haropa-Port de Rouen