Quand on n'a pas d'idées, l'intelligence notamment politique, consiste à prendre les bonnes idées de ses adversaires. Pendant la campagne des présidentielles, c'était Jean-Luc Mélenchon qui avait le programme le plus ambitieux et le plus structuré sur un thème souvent oublié dans la très jacobine capitale parisienne: l'économie maritime.

Aux dernières nouvelles, le nouveau président en marche a un programme pour relancer l'économie de la mer, qui a largement puisé dans les constats et les propositions du candidat de la France insoumise, l'écologie en moins, ou dumoins vue du large à moins que cela ne soit du... littoral

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Voir, à ce sujet, le compte rendu proposé par Normandie XXL:

https://en-marche.fr/emmanuel-macron/le-programme/mer

Le Cluster Maritime Français voit dans Emmanuel Macron un homme qui a compris la mer

 Emmanuel Macron lors de la visite d'un navire

En vue. Pas de doute pour l’association que préside pour Frédéric Moncany de Saint-Aignan, président du Cluster Maritime Français, l’élection d’Emmanuel Macron à la Présidence de la République est une bonne chose pour les activités maritimes.

Pour le président du Cluster, Emmanuel Macron est : « conscient du dynamisme du secteur maritime français et de son potentiel en termes de développement économique durable pour la croissance de notre pays. »

Pour lui le nouveau président de la République souhaite construire une véritable « stratégie  maritime». Il a détaillé sa stratégie notamment en matière de défense et a affiché son ambition pour le développement des ports, des énergies marines renouvelables, de la pêche, du transport maritime et autres secteurs clés de l’économie maritime pour «faire de la France une nation leader pour la croissance bleue » et de nous renvoyer sur le site https://en-marche.fr/emmanuel-macron/le-programme/mer qui donne le programme maritime du nouvel élu.

Le candidat annonçait « Notre espace maritime est le plus vaste au monde… Cette puissance est aussi économique : le secteur de la mer représente 300 000 emplois directs dans le tourisme, la pêche ou les transports. C’est enfin un des réservoirs de biodiversité les plus riches de la planète.

Aujourd’hui, l’économie maritime représente 14% de notre richesse nationale : trois fois plus que le secteur automobile. Pourtant, bien peu est fait pour exploiter au mieux notre espace maritime. La France importe plus de 85% des produits de la mer qu’elle consomme tandis que moins d’un conteneur sur deux arrive sur notre territoire par un port français » et le candidat annonçait un programme décennal dédié à l’exploration et à la valorisation de nos océans.

Devant cette promesse de croissance bleue Frédéric Moncany met à son agenda de rencontrer prochainement le Président de la République.


 

Quelques extraits significatifs du programme Mer Macron:

Nous mettrons en place un programme décennal dédié à l’exploration et à la valorisation de nos océans, il portera sur : nos ports, nos chantiers navals, nos parcs d’énergies marines, notre pêche, la recherche scientifique...

Pour une chaîne logistique intermodale, attractive et écologique, nous prioriserons des actions de modernisation ferroviaire à travers SNCF Réseau et les interfaces avec les voies navigables. Les Grands ports disposeront ainsi de voies d'accès plus efficaces, permettant une meilleure chaîne logistique, particulièrement pour les conteneurs marchandises.

Nous simplifierons la gestion du foncier portuaire pour favoriser l’émergence d’espaces industrialo-portuaires permettant un développement accéléré. Nous créerons une autorisation simplifiée d’installation pour lutter à armes égales avec les autres ports européens.

Nous défendrons la mise en place des quotas de pêche pluriannuels au sein de l’Union européenne pour permettre une pêche durable.

Nous développerons la polyactivité des professionnels de la pêche et de l'aquaculture afin de diversifier et augmenter leurs revenus.

Nous encouragerons les circuits courts pour maintenir une production locale, de qualité et pourvoyeuse d’emplois.

Nous consoliderons les moyens dans les sciences et technologies de la mer, en lien avec la proposition de plan décennal pour la mer et avec l'enjeu européen de croissance bleue et de préservation des océans.

Nous conforterons les deux pôles de compétitivité consacrés à la mer, outils essentiels de partenariats public-privé dans l’innovation maritime. Nous conserverons une expertise scientifique publique française dans le suivi et gestion des stocks halieutiques.

Les contrats de développement durable, passés entre l’Etat et les régions, comporteront un volet maritime sur nos façades.

Ces contrats seront passés sur la base de projets permettant d'améliorer l’empreinte écologique en mer et sur nos côtes (ex : déploiement d’énergies renouvelables, mise en place d’activités de tourisme raisonnées…) et de créer des emplois nets. Ils traduiront localement la “croissance bleue” à laquelle la France aspire.

Nous encouragerons la dynamique enclenchée par le Cluster maritime pour avoir les moyens de construire une French Sea Tech (pourquoi le dire en anglais?). Notre ambition portera sur :

Les 5 filières traditionnelles : transport, pêche, industrie navale/nautique, télécom, ressources énergétiques

Les 5 filières émergentes : ressources minérales, tourisme/nautisme, biotechnologies, nouvelles énergies marines, aquaculture

Les 5 secteurs transverses : environnement, formation, infrastructures, innovation et numérique, services – sécurité / sûreté

Nous conforterons le rôle et les moyens des acteurs de l’Etat en mer pour assurer le contrôle de notre espace maritime et des richesses qu’il contient.


 

Commentaire de Florestan:

Une fois de plus on nous dit qu'on va enfin organiser une logistique rationnelle terrestre et durable pour préserver la compétitivité de nos grands ports maritimes.

Mais il n'y a pas de chiffrage ni aucun fléchage de crédits spécifiques.

On nous dit que l'on va simplifier la gestion foncière des grands ports maritimes afin de favoriser les projets locaux: par exemple, relocaliser sur le port du Havre les grands entrepôts pour éviter d'inutiles retrotransports routiers qui sont coûteux et polluants.

Mais il n'y a aucune allusion à la nécessité d'achever la réforme portuaire en régionalisant la gouvernance et en donnant réellement voix au chapitre à tous les acteurs de la vie du GPM: le jacobinisme techno est une catastrophe !

On nous dit que l'on va conforter les deux pôles de compétitivité consacrés à la Mer et que l'on va développer la recherche scientifique marine.

Mais on ne nous dit pas qu'il faut diffuser et de valoriser le potentiel stratégique en ce domaine de toutes les grandes régions maritimes françaises. Ou qu'il faudrait développer une filière professionnelle spécifique: le cluster Marine ne doit pas se limiter à la seule... Bretagne ou au seul port de... Marseille !

Comme d'habitude, le risque d'oublier la Normandie est grand.

Il manque une dimension d'aménagement du littoral qui n'est évoqué que dans l'idée, intéressante au demeurant, de contrats de développement durable passés avec les régions concernés: les activités stratégiques à haute valeur ajoutée concernant l'économie maritime devraient être confortées partout où elle se trouvent.

Bref! Voilà encore un sujet où il va falloir défendre fermement la Normandie. Et le meilleur moyen de la défendre c'est de lui permettre de développer un projet en tant que l'une des principales régions maritimes françaises.

Pourquoi?

Parce que la Normandie est la seule région maritime française où l'on peut trouver toutes les activités de l'économie maritime: du slip de bain au porte-conteneur géant en passant par la construction navale militaire stratégique, les énergies marines, la pêche, la plaisance, la voile et toute la filière du nautisme, la construction et la réparation navales, la valorisation du patrimoine historique et culturel, l'aquaculture, la conchylicultre, l'ostréiculture, la recherche scientifique marine, etc...