On connait les différents modes de propulsion d'un navire dans l'histoire maritime et dans l'histoire des technologies marines.

On a, d'abord, commencé avec la rame. Puis à la rame on ajouté la voile et cela a donné une galère ou un... "drakkar". Puis vint la grande nef pontée à voile carrée pour affronter de longues traversées océaniques entre la Méditerranée et les mers du Nord. Cela ouvrit la voie à la caravelle portugaise de la découverte océanique du Monde bénéficiant du retour d'expériences des marins basques, galiciens, aragonais et des cartographes de Majorque. La caravelle grandit pour devenir l'un de ces gros gallions chargés d'or ou ces "flûtes" hollandaises racées au cul pincé. Et après un XVIIe siècle dominé par des vaisseaux trois ponts patauds et alourdis de décors comme des palais de Versailles flottants, le XVIIIe siècle vit l'apogée de la marine à voile en bois avec le triomphe du plus parfait et du plus beau navire de tous les temps: la frégate de 74 canons conçue en 1739 par l'ingénieur français Sané.

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Depuis deux ans, navigue une réplique historique intégrale de l'Hermione, la frégate qui a emmené La Fayette en Amérique...

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http://www.actunautique.com/2015/04/video-rencontre-en-mer-entre-l-hermione-et-la-fregate-latouche-treville.html

Puis vint la décadence: le métal remplace le bois et le navire fut "à voile et à vapeur" avant de troquer tous ses hauts phares de toile pour des tuyaux de poêle crachant de la fumée noire. Le charbon, fut à la fin du XIXe siècle, progressivement remplacé par le pétrole et mise à part quelques essais redoutables et sous-marins d'une propulsion électro-nucléaire, la marine mondiale continue de patauger dans un océan de mazout.

Certains professeurs Tournesol imaginent encore des modes de propulsion marine alternatifs en utilisant l'énergie solaire ou en revenant à l'évidence des énergies dites "renouvelables": la propulsion éolienne. Donc, le grand retour de la marine à voiles...

Et du côté du grand port de Rouen, que pense-t-on de cette grande question de l'avenir de la propulsion marine?

http://www.armada.org/

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Réponse:

Quand on rame dans une galère et que le vent de l'Océan ne saurait gonfler une voile derrière un méandre entre deux retours de l'Armada, alors que l'énergie du désespoir n'en est pas une, il ne reste que la propulsion à l'énergie de... l'autosatisfaction !


Lire, par exemple, ce compte-rendu de la dernière réunion du "Propeler club" de Rouen (le 19 mai 2017) que nous propose la feuille d'informations Normandie XXL:

http://www.normandiexxl.com/article.php?id=2218

Nicolas Occis au Propeller Club de Rouen : le DG du Port confiant sur le long terme

 Nicolas Occis au Propeller Club de Rouen

Economie. Après « l’année horrible » 2016, comment va le Grand Port Maritime de Rouen (GPMR), Haropa Port de Rouen ? Nicolas Occis, son directeur général, a apporté une série d’éléments de réponse le 19 mai devant les membres du Propeller Club de Rouen et les invités.

Les seulement 21 Mt de trafics (-6,7%) de 2016, dont des céréales en recul de 17,3% et des conteneurs chutant de 26% ont marqué les esprits, après de belles années, en général, depuis le début de la décennie. Nicolas Occis ne cache pas que la campagne céréalière 2016/2017 ne devrait totaliser que 4 millions de tonnes. Mais il insiste : «  Ce recul est plus conjoncturel que structurel, et les opérateurs céréaliers, notamment, continuent d’investir sur le port de Rouen. »

Moins visibles pour le public que l’ascension du nombre d’escales de paquebots (73 cette année aux terminaux croisières du GPMR : 25 à Rouen et 48 à Honfleur), les pourcentages en hausse indiqués par Nicolas Occis sont pourtant rassurants : 11% de tonnages en plus pour les autres vracs alimentaires, 10% pour les engrais. Le DG de Haropa Port de Rouen rappelle également l’importante implantation du logisticien Panhard au droit des terminaux de Port-Jérôme/Radicatel, « un autre témoignage des atouts du Port ».

9 millions d’investissement à Grand-Couronne

Nicolas Occis liste ensuite devant le Propeller Club une série d’actions actuellement en cours sous la houlette du GPMR :

  • ultime marché de dragage pour l’amélioration des accès maritimes du GPMR (185 millions d’euros sur plusieurs années), qui permettra fin 2018 d’atteindre pleinement  l’accroissement d’1 mètre du tirant d’eau maximal sur le chenal de Rouen ;
  • premiers clapages de sédiments de dragage en mer sur le nouveau site de Machu après leur autorisation inter préfectorale et… 8 années de recherches et concertation ;
  • investissement de 9 millions d’euros, par le GPMR, pour l’amélioration des quais de Sénalia à Grand-Couronne ;
  • fin en novembre 2017 de l’amélioration des accès maritimes de l’ancien site de Pétroplus à Petit-Couronne pour permettre aux nouveaux opérateurs de plus tard utiliser la Seine et la voie maritime ;
  • déclaration d’utilité publique de la modernisation de la ligne ferroviaire Serqueux-Gisors permettant, à l’horizon 2020, de libérer des sillons pour les accès à Rouen ;
  • opération « Fret Ferroviaire Axe Seine » menée par Haropa et SNCF Réseau, un travail devant permettre aux opérateurs de réserver très en amont des sillons, avec un effet prévu en 2019 ;
  • démarche « Pégase », une étude menée avec les professionnels pour anticiper les besoins de la région parisienne en granulats.

En mars, aux dernières statistiques reçues la chute du trafic est proche de 20%

Préserver le traitement des conteneurs

Pour conclure, Nicolas Occis rappelle la démarche engagée par le GMPR avec la Métropole Rouen Normandie et l’Union Portuaire Rouennaise au sujet des trafics de conteneurs : « Ce plan d’action est en cours dans le contexte du développement des liaisons fluviales conteneurs avec Le Havre. Ce sont les armateurs qui prennent leurs décisions. Mais nous devons travailler à l’amélioration des liaisons fluviales Rouen-Le Havre car l’important est que le conteneur soit traité ici avec le savoir faire des professionnels de Rouen, et pas ailleurs. Nous devons aussi capter des logisticiens import : nous y travaillons aussi, avec l’UPR et la Métropole. »

Le réel « trou d’air » rencontré par le Port de Rouen n’empêche donc nullement son DG et ses équipes d’agir en faveur et au-delà d’une reprise fermement attendue.

Georges Vincent, président du Propeller Club de Rouen, n’avait pas manqué, en accueillant l’invité, comme en conclusion Pierre-Marie Hébert, directeur de l’UPR, de dire l’inquiétude des professionnels maritimo-portuaires face à la composition du gouvernement Philippe et son actuelle absence de référence à la mer, en écho à la déception exprimée par le Rouennais Frédéric Moncany de Saint-Aignan, président du Cluster Maritime Français. Georges Vincent espère au moins que MM. Philippe et Le Maire, compte tenu de leurs attaches normandes, « donneront une impulsion à de grands projets sur l’axe Seine ». Mais ce vendredi, au Propeller Club, nombreux, dans l’assemblée, s’interrogeaient avec un optimisme pour le moins mesuré quant à un effet favorable de ces nominations : « à suivre » était le mot d’ordre.

François Henriot