Mercredi 26 juillet 2017 aura lieu l'hommage national en mémoire du Père Jacques HAMEL martyr de sa foi chrétienne et des valeurs de paix et d'humanité assassiné voici un an dans son église de Saint Etienne du Rouvray le 26 juillet 2016 à 9h00 alors qu'il célébrait la messe.

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On ne reviendra pas ici sur les circonstances de cette tragédie qui nous a tous rappelé à l'ordre de ce que nous sommes ou de ce que nous essayons d'être au travers de la personnalité de ce vieux prêtre normand mort au service des autres et au service, tout particulièrement, du maintien de ce qu'il y a de plus fragile en ce moment: la tolérance religieuse et la solidarité avec tous les êtres humains.

 Les commémorations de cet anniversaire risquent d'être une épreuve pour la famille, les proches, les paroissiens et les habitants de la petite ville normande comme l'affirme l'analyse pertinente proposée par le quotidien La Croix:

http://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/France/VIDEO-P-Jacques-Hamel-commemorations-representent-vraie-epreuve-proches-2017-07-25-1200865422

Ce 26 juillet 2017, un an après, Mgr Lebrun, archevêque de Rouen et Primat de Normandie a donc le devoir d'accueillir les plus hautes autorités publiques de l'Etat: Emmanuel Macron, le président de la République accompagné d'Edouard Philippe le Premier ministre ancien maire du Havre et natif de Rouen et de Gérard Collomb son ministre de l'Intérieur viennent inaugurer la stèle commémorative dédiée au Père Hamel qui s'élève, désormais, sur le flanc Sud de l'église.

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http://www.paris-normandie.fr/ouverture/demain-l-hommage-au-pere-hamel-en-presence-du-president-de-la-republique-BK10383727?utm_source=Utilisateurs+du+site+LA+NEWS&utm_campaign=582f009131-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_233027d23b-582f009131-137315997

http://www.paris-normandie.fr/region/la-stele-en-hommage-au-pere-hamel-scellee-a-saint-etienne-du-rouvray-CD10137489#

Lire aussi les messages d'amitié adressés aux catholiques de Rouen par les autres confessions religieuses:

L'église protestante unie de Rouen:

http://www.paris-normandie.fr/breves/normandie/hommage-au-pere-hamel-les-protestants-de-rouen-solidaires-de-mgr-lebrun-ML10396965#

ROUEN (Normandie). A la veille des cérémonies-hommages au Père Jacques Hamel, assassiné par deux terroristes islamistes en son église de Saint-Etienne-du-Rouvray le 26 juillet 2016, L’Église protestante unie de Rouen tient à apporter son soutien à Monseigneur Dominique Lebrun qui présidera ce 26 juillet 2017 la messe donnée en hommage au Père Hamel :

Cher Dominique,

“ Au nom du CP, du pasteur James Lowe, des paroissiens, de l’Eglise protestante unie de Rouen, à la veille de l’hommage et de la messe célébrée à Saint Etienne du Rouvray, je souhaite témoigner à nouveau, à la famille du Père Hamel, à l’ensemble de nos frères et soeurs catholiques, à vous-même, toute notre affection fraternelle, notre soutien, par le coeur, par la prière en Christ qui nous unit.

Que la paix et grâce de notre Seigneur soient sur vous.

Que la paix de Dieu soit au coeur de toutes les confessions et croyances, et qu’elle renforce notre vivre ensemble.

Loin de Rouen, sachez que mes pensées seront ce mercredi avec vous tous.”

La communauté musulmane de Rouen:

http://www.paris-normandie.fr/breves/normandie/pere-hamel-les-responsables-musulmans-appellent-a-s-associer-a-l-hommage-JL10396258#

Les responsables du culte musulman en France ont appelé mardi 25 juillet “les musulmans de France à s’associer” à l’hommage qui sera rendu au père Jacques Hamel mercredi, un an après l’assassinat du prêtre par deux jihadistes dans son église.

“Nous incitons tous les musulmans de France à s’associer à cet hommage national pour un homme qui a consacré son sacerdoce à Dieu et au services des autres”, a écrit le recteur de la Grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, dans un communiqué transmis à l’AFP.

“Le père Jacques Hamel a été lâchement assassiné dans son église de Saint-Étienne-du-Rouvray pendant son office par deux individus sans foi ni loi qui ont assumé devant Dieu et devant les hommes leur acte barbare et inhumain”, a-t-il rappelé.

Face à “cette horreur qui soulève encore une profonde émotion nationale (...) nous témoignons que jamais l’islam ne peut tolérer ce type d’acte en violation de la loi divine”, a-t-il ajouté. “La Grande Mosquée de Paris rend hommage au père Hamel, (...) qui au-delà de sa mort, aura semé la graine d’une convergence humaniste de tous les Français soucieux de préserver notre vivre-ensemble.”

Témoignant de “sa totale solidarité” aux proches du père Hamel, “ainsi qu’à l’ensemble des chrétiens de France”, le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) Ahmet Ogras a également appelé les musulmans de France “à s’associer à toutes les manifestations de commémoration de l’assassinat du père Jacques Hamel à travers tout le pays”.

“Rien ne saurait justifier de tels actes barbares qui vont à l’encontre de l’Humanité”, a-t-il ajouté dans un communiqué.

Le 26 juillet 2016, le père Hamel, prêtre auxiliaire de 85 ans, avait été égorgé en pleine messe à Saint-Étienne-du-Rouvray (Seine-Maritime) par deux hommes se réclamant du groupe État islamique, abattus par les forces de l’ordre à leur sortie de l’église.


 L'Etoile de Normandie vous propose de prendre connaissance du texte de l'homélie de Mgr Dominique LEBRUN, archevêque de Rouen, primat de Normandie en l'église de Saint Etienne du Rouvray ainsi que le discours public de l'archevêque pour l'inauguration de la stèle commémorative:

 

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Messe du 1er anniversaire de l’assassinat du Père Jacques Hamel
Saint-Etienne-du-Rouvray – 26 juillet 2017

Homélie par l’archevêque

Lectures : Livre de Ben Sira le Sage (44, 1.10-15) ; Psaume 131 ; Evangile selon saint Matthieu (13, 1-9)

Homélie

« Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! » dit Jésus (Mt 13, 9)

Dans cette église, le Père Jacques Hamel parlait le langage de l’amour. Dans cette église, le Père Jacques Hamel a été réduit au silence. Il ne parle plus.

Or, le Père Hamel parle encore. Sa vie, sa mort parlent bien au-delà de ce qu’il aurait pu imaginer. Sa vie, sa mort, parlent, inspirent mais aussi crient. Sa vie, sa mort s’adressent à chacun d’entre nous selon sa propre vie, selon ses propres questions ou ses convictions.

Tout au long de l’année, nous avons crié quand des images atroces revenaient à notre mémoire, le jour et, parfois, la nuit. Tout au long de l’année, nous avons crié quand nous n’étions plus « les derniers à pleurer » selon la belle espérance de M. Wulfranc (cf. Paroles d’Hubert Wulfranc, 26.07.2016). Tout au long de l’année, nous avons crié car « tuer au nom de Dieu » est inhumain, contraire à l’humain. Comme l’a dit la Maman de l’un des assassins, à nous : « comment Dieu qui nous a créés pourrait-il prendre du plaisir à nous voir nous entretuer ? »

Sa mort, sa vie crient mais elles inspirent. Des hommes et des femmes, j’en suis témoin, cherchent de nouveaux chemins. Ils les cherchent en découvrant et recevant le Père Jacques Hamel dans leur vie : un homme parmi les hommes, un prêtre parmi les prêtres, fidèle, simple, ordinaire. Alors, des artistes se mettent à composer des poèmes, écrivent des livres, réalisent des objets d’art … d’autres choisissent le silence pour mieux entendre le Père Jacques Hamel.

Sa vie, sa mort crient, inspirent et parlent. Elles parlent même doucement. La Parole, dit Jésus, est comme une semence, des grains qui tombent sur le sol. Cela ne fait guère de bruit. Le Père Jacques Hamel parle doucement quand apparaît dans notre cœur non plus des images atroces mais sa discrétion, sa persévérance, sa fidélité, sa générosité, sa vie donnée. Sa vie, sa mort parlent quand, dans notre cœur, nous apercevons les premiers fruits du drame : l’amitié, la concorde, le dialogue, en somme l’amour vainqueur, bien au-delà de ce que nous aurions pu imaginer.

La Parole est comme une semence, dit Jésus. Pour donner du fruit, elle a besoin de la terre. Pour porter du fruit, la Parole, c’est-à-dire en fait l’amour, a besoin de la terre. Dieu a besoin de nous !

Alors, aujourd’hui, Jésus nous interroge : sommes-nous la bonne terre ? Il relève trois obstacles à la fécondité de la Parole, qui est de l’amour.

En premier, le bord du chemin où les moineaux font disparaître la semence. Nous pouvons nous mettre au bord du chemin, celui de l’histoire des autres, celui de l’histoire tout court. Ce peut être une tentation pour les chrétiens, se mettre hors-jeu, en jugeant les autres, en condamnant de notre petite hauteur, en sachant tout. Cela, se mettre hors-jeu, ne produit aucun fruit. L’amour disparaît sans avoir fécondé la terre.

Le deuxième obstacle, c’est le sol pierreux. Comment est notre cœur ? S’est-il endurci devant l’épreuve ou bien la blessure l’a-t-il ouvert pour rencontrer les autres, et d’abord les autres blessés de la vie, quels qu’ils soient ? Sur le sol pierreux, la plante commence à pousser mais elle manque de racines. Beaucoup d’hommes, pas seulement les chrétiens, pas seulement ceux qui se rassemblent dans une communauté savent que la prière permet à l’amour de Dieu de s’enraciner dans le cœur. En fait nous pouvons faire l’expérience que la prière ne comble pas mais creuse le désir de l’amour.

Enfin, Jésus met en garde contre les ronces qui étouffent. Quelles sont-elles sinon l’agitation du monde qui envahit nos meilleures intentions ? Comment ne pas ici vous remercier, Monsieur le président, d’avoir voulu que soit respectée la prière chrétienne. Les ronces, quelles sont-elles sinon ces addictions, ces drogues, ces idéologies qui peuvent emporter les enfants, les jeunes, les plus fragiles dans des cercles de violences incontrôlables ? Quelles sont-elles sinon ces mensonges, ces jalousies, ces désirs de paraître, ces injustices qui étouffent notre joie de vivre ensemble ?

Frères et sœurs, Jésus dira aussi : « Si le grain tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt il porte beaucoup de fruits » (Jn 12, 24). Jésus parlait de sa mort. Il parlait aussi de la mort de tous les hommes qu’il a uni mystérieusement dans sa mort, pour qu’ils vivent avec lui, le premier des ressuscités.  Le Père Jacques n’est pas mort seul. Il est mort avec Jésus dont il venait de prononcer les paroles sur l’autel : « Ceci est mon corps, livré pour vous ». A chaque eucharistie, nous entendons la Parole de Dieu, nous la célébrons dans sa vie donnée en Jésus, pour tous et à tous.

Que notre eucharistie ce matin, frères et sœurs, comme celle que chaque prêtre célèbre avec un seul, comme dans certains pays, ou cinq fidèles, ou bien avec des milliers. Que cette eucharistie nous entraîne à accueillir l’amour, l’amour qui résiste aux ronces, l’amour qui s’enfouit au plus profond de nos cœurs pour donner les fruits tant attendus par notre prochain qui est parfois lointain.

Amen.


 

Discours de Mgr Dominique Lebrun
archevêque de Rouen

Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Premier ministre,
Monsieur le Ministre d’Etat, ministre de l’intérieur,

Monsieur le Ministre ;

Monsieur le Président du Conseil constitutionnel,

Monsieur le vice-président du Sénat

Mesdames et messieurs les parlementaires,

Madame la ministre,

M. le député et M. le Maire,

Mesdames et messieurs les hautes autorités civiles, judiciaires et militaires.

Mesdames et messieurs les élus,

Monsieur le directeur départemental de la sécurité publique,

Mesdames et messieurs, habitants de Saint-Etienne du Rouvray,
croyants ou non, d’une confession religieuse ou d’une autre.

Chère Roseline et chère Chantal,
Chères sœurs,

Chers amis,

La communauté catholique a beaucoup apprécié le désir de M. le maire, d’ériger un monument à la mémoire du Père Jacques Hamel en écho aux souhaits de nombreux Stéphanais et Stéphanaises. Elle est très sensible à votre présence, M. le Président, pour l’inaugurer.

Ce monument prend la forme d’une très belle « stèle républicaine pour la paix et la fraternité, à la mémoire du père Jacques Hamel ». C’est une étape importante. Permettez-moi de dire quelques mots de cette étape avant d’accueillir avec vous le message de cette stèle.

La famille, les témoins de l’assassinat du Père Jacques Hamel, la communauté paroissiale et bien d’autres poursuivent ce que nous appelons trop communément un chemin de deuil. Au fil de l’année, j’ai vu une succession d’ombres et de lumières. L’ombre de la disparition et de la tristesse, la lumière d’une présence jamais aussi forte ; l’ombre des regrets, inquiétudes, peurs, la lumière de l’affection qui fait vivre ; l’ombre du souvenir tenace de la violence, la lumière des amitiés consolantes ; l’ombre des soupçons et des accusations, la lumière du pardon toujours recherché ; l’ombre d’interrogations demeurant sans réponse, la lumière de la foi.

La vie personnelle comme la vie commune est jalonnée par ces passages, de l’ombre à la lumière. Il ne serait pas responsable de tenir pour acquise la lumière. Saint-Etienne du Rouvray, pas plus que Jérusalem, New York, Djarkarta, Kinshasa, Alger, Rio de Janeiro, la Lybie ou Rouen ne peuvent se dire une ville sans ombres ni … lumières ! Il n’est pas plus responsable et, encore moins chrétien, de penser être dans la lumière, et de juger et condamner les autres aux ténèbres. Pire encore, de penser que nos cœurs sont habités par la seule lumière tandis que d’autres, les autres, seraient les acteurs de l’ombre. C’est vrai dans une famille, dans une communauté, dans un pays, dans le monde.

Des attentats, hier, la profanation de tombe ou de lieux de culte, aujourd’hui encore, même accomplie par des adolescents, sont une ombre pour toute notre société. Notre société qui ne sait plus où elle va après la mort, et se croit libre de faire tout ce que chaque individu souhaiterait, y compris abréger sa vie ou l’empêcher de naître ; c’est une ombre pour notre société qui met de côté des ressources spirituelles en chargeant la loi d’établir la morale alors que celle-ci, la loi, ne peut qu’être qu’une aide et que la morale, elle vient du profond de notre humanité.

L’aide au développement, le secours des migrants, l’appui aux Etats du Moyen orient qui redonne espoir aux chrétiens de pouvoir rester chez eux, comme dans la plaine de Ninive, sont, parmi d’autres, des lumières pour toute notre société qui sait qu’elle ne peut pas vivre bien à côté de ceux qui vivent mal. C’est l’honneur de la France d’être engagée largement sur cette voie. Comment ne pas relier ce que nous vivons, aujourd’hui à l’entrée dans Mossoul hier du Patriarche chaldéen accompagné de trois évêques de France et d’un prélat français ?

Dans une ville, comme dans une église, nos cœurs n’en finissent pas de passer du côté de l’amour. Permettez-moi, au nom même de Jacques Hamel, de lancer cet appel à ceux qui hésitent encore : quittez l’ombre de la haine, passons ensemble vers la lumière de l’amour ! Quittez l’ombre de la division et passons ensemble à la lumière de l’unité ! Quittez l’ombre des mensonges, des égoïsmes et des égos, passons ensemble à la lumière de la vérité et de la fraternité ! Quittez l’ombre de la guerre, passons ensemble à la lumière de la paix !

La stèle que nous inaugurons porte des figures qui semblent être un peu dans l’ombre. Elles semblent chercher la lumière. Puissions-nous nous retrouver tous parmi ceux qui passent de l’ombre à la lumière, de l’ombre de la mort, à la lumière de la vie. Comme le Père Jacques Hamel, je le crois, est passé définitivement de la mort à la vie, à la vie éternellement bienheureuse.

La stèle porte un défi, celui - nous l’avons entendu - de l’universel où la lumière ne peut rejoindre quelques-uns au détriment des autres. Tel est le sens d’une déclaration universelle des droits de l’homme. Ayons l’ambition de la fraternité universelle inscrite dans le premier article de la déclaration de 1948 : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ».

Les chrétiens ont une responsabilité immense. Pour eux, la fraternité n’est pas une option. Jésus a révélé le nom de « Père » comme le nom propre de Dieu. Qui sommes-nous alors, sinon des frères et des sœurs ? Pouvons-nous appeler Dieu « Père » sans regarder l’autre et tous les autres comme un frère, comme une sœur ? La famille humaine a brisé le lien fraternel lorsque Caïn tue son frère Abel, se séparant ainsi du grand projet divin. Jésus vient restaurer la fraternité, véritable dignité des êtres humains. Il l’a fait au prix de son sang qui crie plus fort que le sang d’Abel pour appeler à la fraternité. Le sang du Père Jacques Hamel est de la même composition que le sang de Jésus ; il crie avec tous les martyrs. Il appelle à la fraternité, sans exclusion, comme en témoigne le rassemblement de ce matin.

Monsieur le Maire, Monsieur le député, M. le Président, chers amis non croyants ou croyants de diverses confessions, nous pouvons avancer ensemble, dans le respect de nos responsabilités, dans le respect de nos esprits et de nos âmes, si divers et si semblables, dans la fraternité !

Le visage du Père Jacques Hamel, en bas de la stèle semble regarder vers l’article 18 de la déclaration universelle : « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites) ».

Ce regard du Père Jacques Hamel tourné vers l’article 18 de la déclaration universelle est-il un hasard ? Vous pouvez penser que je crois plus à la providence qu’au hasard ! Quoi qu’il en soit, c’est pour moi l’occasion de remercier tous ceux qui comprennent que la communauté catholique peut et veut participer à la vie commune, par ses membres et en tant que communauté. Elle n’a pas d’autre vocation, car elle croit que sa mission est sur terre comme au ciel, sur terre pour le ciel, où nous attend le Père Jacques Hamel. La communauté catholique est aujourd’hui fière de l’exemple donné par le Père Jacques Hamel, frère, oncle, citoyen et chrétien, prêtre catholique. Si l’un de ces aspects pouvait apparaître en premier selon les circonstances, il n’était jamais séparé des autres. L’hommage qui lui est rendu sur cette place et par ce monument en témoigne.

Merci aux artistes Marie-Laure Bourgeois et Vincent Bécheau. Merci de tout cœur M. le maire, - avec un « s » - pour votre geste, merci aussi pour votre amitié. Nous la devons au Père Jacques Hamel. Soyons-lui fidèles aussi en cela !

Je vous remercie.


Lire pour finir le compte rendu de cette journée d'hommage du 26 juillet 2017 proposée par Ginette Bléry pour la feuille d'informations Normandie XXL:

http://www.normandiexxl.com/article.php?id=2367

Père Hamel : une mémorable commémoration

Dernière mise à jour 26/07/2017

Mgr Lebrun et Emmanuel Macron avec à sa gauche Joachim Moyse

Collectivités. Mercredi 26 juillet, la France a rendu hommage au père Jacques Hamel, égorgé, il y a un an, par deux djihadistes dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen. Un acte qui avait bouleversé le pays. Aujourd’hui grand rassemblement à l’église avec le Président de la République Emmanuel Macron accompagné du Premier ministre, Edouard Philippe, et du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb qui ont assisté à la célébration. A l’issue de la messe, a été inaugurée une stèle républicaine pour la paix et la fraternité, à la mémoire du père Jacques Hamel, érigée à l’initiative de la mairie de Saint-Etienne du Rouvray (lors de l’attaque le maire était Hubert Wulfranc, élu député il est remplacé par Joachim Moyse). Sur cette stèle figure le texte de la déclaration universelle des droits de l’homme.

A l’issue de cette cérémonie, Gérard Collomb a décoré à la Préfecture de Rouen les forces de l’ordre qui ont sauvé un des participants blessés et mis fin à l’attaque.

« La haine n’a pas triomphé »

Mgr Dominique Lebrun et Emmanuel Macron ont choisi de s’exprimer tous deux face à ce drame dans le registre de la paix et de l’amour. Pas une seule fois le mot islam ne fut prononcé et on parla de terroristes. L’esprit d’amour de la Charité chrétienne a coulé à flots.

Dans sa salutation Mgr Lebrun a d’abord déclaré : « Non, la haine n’a pas triomphé et elle ne triomphera pas » et lors de son homélie il va encore plus loin : « ….nous apercevons les premiers fruits du drame : l’amitié, la concorde, le dialogue, en somme l’amour vainqueur, bien au-delà de ce que nous aurions pu imaginer. »

"La loi n’est pas le fondement de la valeur"

Mais dans son discours à l’extérieur de l’église, devant la stèle il n’hésite pas à rappeler la vision du monde selon les valeurs chrétiennes : « Notre société qui ne sait plus où elle va après la mort, et se croit libre de faire tout ce que chaque individu souhaiterait, y compris abréger sa vie ou l’empêcher de naître ; c’est une ombre pour notre société qui met de côté des ressources spirituelles en chargeant la loi d’établir la morale alors que celle-ci, la loi, ne peut qu’être qu’une aide et que la morale, elle vient du profond de notre humanité ».

Petit pavé dans la politique sociétale du Gouvernement qui ne l’empêche pas d’adhérer aux valeurs républicaines et il trouve que de n’est pas un hasard si l’artiste a mis le visage du père Hamel en regard de l’article 18 de la déclaration universelle : « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites».

« Une part qui ne se négocie pas »

Emmanuel Macron, que l’Esprit Saint visitait en ce jour, s’est félicité de l’esprit de paix qui a régné à Saint-Etienne du Rouvray après l’attentat « En ces temps troublés où tant de vos frères, où tant de nos concitoyens subissent le terrorisme, pour certains la persécution, vous restez d’inlassables artisans de la paix. Et l’exemple d’apaisement que vous avez offert à la France appelle toute notre gratitude. »

« Ces deux meurtriers voulaient non moins certainement exacerber la peur des Français, déjà tant éprouvée par l’attentat du 14 Juillet à Nice. Grâce à vous, là encore ils ont échoué. Mieux, ils ont rappelé à tous les Français que la République n’est pas le règne du relativisme. Au coeur de nos lois et de nos codes forgés par l’Histoire, il est une part qui ne se négocie pas. Il est une part sur laquelle on ne porte pas la main. Une part, j’ose le mot, sacrée. »

Le président apporte la vision d’une République accueillante pour les religions : « La République n’a pas à combattre une religion, ni à vouloir se substituer à elle. ».Pour lui le martyre du Père Hamel n’aura pas eu lieu pour rien : « Un an après, nous en discernons le sens et la leçon. C’est de nous avoir rendu, chacune et chacun, plus fidèles encore à ce que nous sommes, plus fidèles encore à ce qu’ils ont voulu abattre, plus fidèles encore à ce que nous ne concéderons jamais. »

Gérard Collomb ou le retour à la réalité

Après ce temps éthéré Gérard Collomb à la Préfecture, ayant rappelé le courage et la célérité des forces de l’ordre qui ont permis de sauver Guy Taponet, grièvement blessé par les assaillants, remet la situation en perspective.

Malgré le recul de Daesh sur le front irako-syrien la menace reste élevée comme en témoignent les derniers attentats de Londres, Manchester et Paris avec la mort de Xavier Jugelé lors de l’attaque de la voiture de police sur les Champs-Elysées. La menace vient désormais autant de l’intérieur que de l’extérieur du pays. Et de rappeler que :

« Les effectifs de la DGSI sont passés de 3.300 à 4.480 personnes

« Au cours du quinquennat 2.000 personnes seront recrutées dans les services de renseignement

Pour la mise au point de la coordination nationale du renseignement placée sous la responsabilité de Pierre Bousquet de Florian rattaché au Président, il annonce la fusion des services de l’UCLAT (Unité de coordination de la lutte antiterroriste) et de l’EMOPT (Etat major opérationnel du terrorisme) au sein du ministère de l’intérieur).

Pour lui comme pour le Président les ambitions ne manquent pas : « si le combat mené est celui pour la sécurité c’est aussi celui pour nos valeurs, celles de la devise de la République : liberté, égalité, fraternité. »

Ginette Bléry