Médiatiquement, sous la forme d'un fantôme impensé, demeure dans la cervelle des journalistes, la frontière mentale sur la Seine entre, d'une part, la Basse-Normandie de Ouest-France, qui, comme son nom l'indique, reste toujours en retrait sinon en méfiance vis-à-vis de Rouen, et d'autre part, la Haute-Normandie de Paris-Normandie, qui comme son nom l'indique, reste concentré sur le seul corridor de la vallée de la Seine entre Paris en amont et ... Rouen en aval.

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Ainsi, le même jour (le 21 juillet 2017) Daphné Cagnard-Budiman de Ouest-France et Marie-Christine Urset de Paris-Normandie ont traité la même information: le rejet par la justice administrative du dernier recours des associations de défense de l'environnement contre le projet de claper les sédiments enlevés au chenal d'accès au "grand port maritime" de Rouen à 20 km au large de Deauville...

Vous lirez, ci-après,  avec intérêt, la version proposée par Ouest-France puis celle de Paris-Normandie de cette affaire sensible qui concerne tous les Normands puisqu'il s'agit, à la fois, de sauvegarder l'environnement de la baie de la Seine, qui est notre mer intérieure et penser à l'avenir du système portuaire normand en faisant en sorte qu'il soit mieux hiérarchisé dans ses activités (Le Havre: grand port maritime et Rouen grand port fluvial) sinon réformé dans son pilotage (régionalisation et mise en oeuvre de la complémentarité portuaire normande en réseau).


 

Les sédiments du port de Rouen vus par la journaliste de Ouest-France: la position des associations de défense de l'environnement de la côte du Pays d'Auge est expliquée en détail de façon claire et pédagogique: le Grand port maritime de Rouen apparait comme une menace tant pour l'environnement que pour la démocratie de la maîtrise d'usage...

SEDIMENTS de ROUEN: la justice tranche.

Cabourg. Mercredi, le juge des référés du tribunal administratit de Rouen a rejeté la requête des associations de protection de l'environnement, contre la gestion des sédiments du port de Rouen.

Quefl est le problème ?

En mai 2017 les préfets de Seine-Maritime, du Calvados ei de l'Eure ont signé un arrêté autorisant le port de Rouen à immerger ses sédirnents de dragage au large de la Côte fleurie. En dix ans, 45 millions de m3 seront "clapés " sur les 7,15 krn, du site du Machu, à moins de 20 km au large de Deauville. Ce nouveau site rerrplace celui du Kannik, tout proche et arrivé à saturaiion. Des associatiorrs de protection de l'environnement et des maires de la Côte fleurie s'inquiètent de l'irnpact écologique de l'irnmersion de ces séclirtents sur le nouveau site.

Qui a porté l'affaire devant le tribunal de Rouen?

Plusieurs associations ont décidé d'agir en référé : le Grouperrrent régional des associaiions de protection de l'environnement de Normandie (Grape) et la Fédération des associations pour la protectiorr de I'environnerrent, du patrimoine, du littoral de ia Côte fleurie sud et de son pays d'Auge.

Quelles étaient leurs demandes?

"GIobalememt, nous souhaitons que le Grand port de Rouen arrête d'exporter de la pollution sur nos p!aqes », explique Henri Luquet, du Grape et de l'Union des rivages de la Touques. Première demande : que Ie port de Rouen mette fin "au Creusement d'un mètre du chenal qui est en cours, et qui coûte 185 millions à la collectivité. " Le port creuse plus profondément cette voie pour permettre aux gros navires de passer.  " Mais Rouen est un port fluvial, pas maritime. Qu'on arrête de polluer la Seine et son estuaire. "

Autre requête : " La rmise en place d'un traiternent industriel des sédiments, qui peuvent être utilisés dans le BTP. Cela éviterait de les enfouir au large de nos côtes".  Seulement, !e grand port n'a qu'un budget de 10 000 € pour rectrercher d'autres solutions, moins polluantes. " Enfin, les associations souhaiteraient que les analyses de pollutions potentielles soient effectuées « par un laboratoire indépendant. Actuellernent, c'est le pont de Rouen qui les mène, et fait donc les questions et les réponses ".

Qu'a répondu le Grand pont de Rouen?

Le port de Rouen a déjà répondu que le projet nespecte les normes françaises ". Des clapages expérimentaux sur Ie sile de Machu ont été réalisés en avril 11012 et février 2013. " Ces sédirnents présentent une qualité chimique inférieure au seuil réglementaire N1, du fait de leur provenance essentiellement maritirne et de leur faible temps de séjour dans le chenal.

Quelle est la réponse du tribunal ?

Dans l'ordornance datée du 19 juillet, Jean-Louis Joecklé, juge des référés, rejette la requête des associations. Chacune devra verser 1 000 € au Grand port rnaritime de Rouen.

L'affaire en reste-t-elle là ? Les associations ne comptent pas abandonner la bataille. " Nous avons agi en référé pour que les citoyens soient rnis au courant. Nlous allons rnaintenant à nouveau présenter l'affaire devant le tribunal administratif de Rouen, rnais pas hors du cadre du référé. Nous aurons le temps d'y développer nos arguments". La date n'est pas encore arrêtée. "Nous porterons aussi le dossier sur la table de Nicolas Hulot. "


Daphné CAGNARD-BUDlMAN.


 

La version proposée par Paris-Normandie: plus expéditive et manifestement favorable au Grand port maritime de Rouen et à ses intérêts. L'article reprend de longs extraits du délibéré du tribunal en faveur du port de Rouen et n'évoque pas les projets des associations: On dirait un communiqué officiel du Grand port maritime de Rouen. Manifestement, sur ce sujet majeur de l'intérêt général normand, la lecture de Ouest-France semble plus indiquée que celle de Paris-Normandie... Mais si Rouen était Rennes, Ouest-France ferait la même chose que Paris-Normandie, à savoir, du localisme métropolitain...

Sédiments: recours rejetté

Calvados- Le recours contre I'immersion des sédiments de dragage du port de Rouen est rejeté.

La requête du Grape (Groupement régional des associaions de protection de l'environnement de Normandie) et de la Fédération des associations pour la protection de I'environnement du patrimoine, du littoral de la Côte Fleurie sud et de son pays d'Auge, déposée le 30 juin devant le tribunal administratif de Rouen, demandant la suspension de l'arrèté du 28 avril dernier, autorisant l'immersion des sédiments de dragage du port de Rouen, sur le site du Machu, situé à 17 km des plages de Deauville et Cabourg est rejeté. L'arrêté accordé pour dix ans autorise I'immersion chaque année de 4,5 millions de m3. Le tibunal a notarnment estimé, dans son ordonnance rendue le 21 juillet, que "l'arrêté attaqué ne fait qu'autoriser la poursuite de cette activité avec un changement dans le lieu d'imnnsion des sédiments (...) Que le seul fait que les opérations de clapage sur le site du Machu aient débuté n'est pas de nature, contrairement à ce que demandaient les associations, à justifier I'urgence à suspendre I'autorisation contestée. Et surtout que  "ni la dangerosité des sédiments dragués, ni le risque d'une pollution de zones naturelles protégées avoisinantes du site de Machu des plages de Normandie et plus généralement des eaux de la Manche aux concéquences désastreuses sur I'environnement, sur la qualité des eaux et la faune piscicole directement liée à l'immersion de ces sédiments, ne sont établis par les pièces du dossier".  Les associations n'ont pas encore indiqué si elles feront appel de cette décision.

MARIE.CHRISTINE URSET