Nous étions à la fête de la Pomme organisée en ce 2 septembre 2017 au manoir de la Fortière à Epreville en Lieuvin, dans une douce et agréable verdure, au coeur de la Normandie.

280px_Manoir_de_la_Forti_re

Sous une vaste tente, une assemblée nombreuse est venue écouter ce qui s'est dit sur le podium ouvert sur un pré et ses pommiers chargés de fruits: au fond, derrière les frondaisons de la haie de bocage, une dizaine de chevaux s'étaient aussi rassemblés pour écouter en voisins curieux... Les lieux étaient pavoisés comme il se doit avec nos léopards normands et derrière le pupitre officiel flottaient au vent les drapeaux normand, français et européen.

Nous n'avons pas regretté notre présence car cette journée fut LE moment médiatique et politique d'affirmer qu'une alternative normande et girondine est désormais disponible pour conduire des projets utiles à notre région mais aussi et surtout pour piloter les grands enjeux nationaux qui sont présents sur le sol normand:

herve_morin_pour_une_recomposition_de_la_droite_et_du_centre

Hervé Morin, un président de région heureux d'être Normand et... Girondin !

Le constat a été fait, à plusieurs voix, que la centralisation jacobine, qui consiste à vouloir diriger tout le réel depuis un bureau lointain parisien était en crise et que la renaissance de la France ne pourra venir que des initiatives, des projets et des volontés issus de la société civile vivant et travaillant concrètement sur ses territoires: la Normandie, seule vraie région de France sur la carte, va devenir le laboratoire des alternatives régionales face à cette panne, à la fois, conceptuelle et agissante d'un Etat central bridé par les impondérables de la dette publique et par les injonctions de la Commission de Bruxelles.

Le moment girondin et normand est donc arrivé:

Face au prurit néo-bonapartiste de Jupiter Macron, face à la droitisation de la droite proposée par le chouan du Velay, face à l'option protestataire populiste d'un Jean-Luc Mélenchon chantre de Robespierre, Hervé Morin a décidé d'incarner dans la politique française le retour d'une option qui a été trop longtemps négligée: l'option girondine avec une Normandie qui se prépare à en être le laboratoire territorial national...

Cette option "girondine" et normande a été qualifiée de "libérale" par Hervé Morin dans son discours. Précisons les choses: le libéralisme girondin est politique. Il s'agit de respecter et de défendre la liberté des individus dans le cadre d'un état de droit et de combattre l'arbitraire et tous les abus de pouvoir. Et si l'on applique ce libéralisme politique à l'économie réelle, il s'agit, non pas de tout laisser faire ou de tout laisser passer mais de laisser la liberté d'action aux collectifs et aux territoires directement concernés.

Concrètement, la Normandie avec l'Axe Seine est une région d'intérêt national qui concentre, avec l'Ile de France, près de 41% du PIB de la France.

Hervé MORIN a fait une proposition à Edouard PHILIPPE et à Emmanuel MACRON: que cet enjeu national puisse être gouverné depuis le territoire où il se trouve, à savoir la Normandie et son Axe Seine.

Très concrètement, Hervé Morin veut récupérer la gouvernance des grands ports maritimes normands et dans son allocation très offensive dans le cadre champêtre et bucolique d'Epreville en Lieuvin il a mis en garde le pouvoir parisien jacobin: toute tentative visant à mettre la Normandie hors jeu dans la remise à plat de la gouvernance de l'Axe Seine sera considérée comme "une agression contre le conseil régional de Normandie".

C'est donc clair: face au bilan plutôt désastreux d'une certaine nationalisation des enjeux normands depuis le début des années 1960 (la reconstruction dans la division, la transformation de Rouen en banlieue de Paris, la nationalisation du port du Havre, le retard normand en matière de désenclavement, de formation ou de matière grise, le sous financement ferroviaire depuis plus de trente ans, l'absence de métropolisation régionale, l'inachèvement de la décentralisation) il faut arrêter d'urgence le massacre, cette stérilisation d'une Normandie vue depuis Paris qui, au final, ne profite ni aux Normands ni aux Parisiens et encore moins au reste de la France.

Le moment girondin de "normandiser" les grands enjeux nationaux présents en Normandie est donc arrivé !

(Régionalisation de la SNCF, des grands ports maritimes, mais aussi régionalisation de la formation professionnelle ou de l'innovation pédagogique dans les lycées normands d'une académie normande qui sera prochainement réunifiée depuis Caen)

Et il est heureux de constater que le président de région Hervé Morin a décidé d'en faire un enjeu politique dans le débat national au même titre qu'un Jean-Luc Mélenchon depuis Marseille mais avec une grille de lecture inverse...

Dans les deux cas, l'alternative normande néo-girondine portée par Morin et l'alternative marseillaise d'une assemblée constituante pour une nouvelle République portée par Mélenchon, démontrent que Jupiter Macron comme ultime incarnation d'un bonapartisme arrogant citant Lévinas ("la confiance c'est le problème de l'autre") pour remettre à leur place les élus locaux tout en poussant la monarchie présidentielle actuelle à son paroxysme,  doit redescendre dare-dare sur le plancher des vaches s'il veut terminer son quinquennat:

Morin l'a, d'ailleurs, dit sans ambage dans son discours... L'option girondine normande sera le seul véritable recours pour permettre le redressement du pays depuis ses territoires. Mais s'il ne s'agit que de gérer l'existant sans aucune vision d'avenir ou d'optimiser le fonctionnement actuel (la confusion de la France avec un Grand Paris trop complexe pour agir), Morin avoue craindre le pire...

Cette profession de foi girondine et normande d'Hervé Morin avait d'autant plus de saveur qu'elle fut prononcée après les longues prises de paroles de deux experts qui symbolisent, à eux seuls, le pouvoir parisien dominant non sans nous proposer une vision lucide assez inquiète pour l'avenir dudit pouvoir parisien...

220px_Christianse

L'économiste Christian Saint-Etienne nous a brillamment expliqué que nous étions en présence de la 3ème révolution industrielle de l'histoire de l'Humanité depuis le XVIIIe siècle: cette révolution se caractérise par son extrême plasticité et son instabilité. L'irruption de la nouveauté technologique devient permanente tandis que le numérique permet de reconfigurer à loisir des pans entiers de l'économie réelle en rapprochant des industries ou des activités qui n'avaient jusque là rien à voir entre elles. Cette révolution qui suit le modèle "schumpétérien" de la destruction créative est générée par un archipel métropolitain mondialisé: il y a, plus que jamais, des gagnants et des perdants. Les perdants sont les territoires qui ne sont pas rattachés à cet archipel métropolitain. Paris est une métropole qui stagne et décline faute d'investissements et faute d'une gouvernance politique simple, claire et efficace et Christian Saint-Etienne de préconiser la constitution d'une grande région parisienne de 18 millions d'habitants étendue jusqu'à Chartres et Orléans. Dans son propos et devant un auditoire normand, l'économiste du CNAM s'est bien gardé de reparler du projet Grumbach de fusion-absorption de la Normandie séquanienne au Grand Paris ou de reprendre l'idée de grande région du Bassin Parisien, monstre techno proposé par Jacques Lévy... Mais l'idée est la même et nous la combattons: c'est une fuite en avant dans le très grand sous prétexte d'atteindre la fameuse "taille critique" qui nous vaudrait la réputation et le respect du reste de l'Humanité...

Le seul détour pertinent et normand de Monsieur Saint-Etienne fut de rappeler qu'il y avait nécessité à ce que les villes de Caen, Rouen et Le Havre fassent une métropole régionale normande en réseau en l'absence d'une grosse ville métropolitaine unique: Rouen aurait pu jouer ce rôle mais les bombes des années 1940 et la division normande de l'Après guerre pour que l'Etat prenne le contrôle de l'Axe Seine ont interdit à l'ancienne seconde ville de France de jouer comme Lille, Bordeaux ou Nantes, la carte de la métropole régionale... Enfin, non sans lucidité, Christian Saint Etienne nous a annoncé que l'Etat central parisien français n'avait plus de vision ni de stratégie depuis près de vingt ans: la complexité institutionnelle et les contraintes financières empêchent de réfléchir et de décider. Face à ce constat de mort clinique du volontarisme jacobin, le moment est enfin venu d'essayer autre chose !

1280x720_ndx

Puis ce fut le tour de Laurent Davezies de prendre la parole non sans une arrogance caustique pour se faire mousser chez des provinciaux dans un herbage normand: on connait la méfiance pour ne pas dire davantage, de Davezies pour le fait régional même si l'option régionaliste normande ne saurait être confondue avec la caricature qui rassure le jacobin qu'il peut être, à savoir le régionalisme catalan égoïste qui refuse la solidarité nationale avec le reste d'une Espagne plus pauvre que lui. Car la grande affaire découverte par Davezies en exploitant les données fiscales et démographiques c'est que la plus riche région urbaine d'Europe, la région parisienne en l'occurence, redistribue une part notable de sa richesse vers les autres territoires et régions de France tant par les transferts organisés par les politiques publiques de l'Etat républicain que par les transferts sociaux et économiques de la société civile... Lui aussi pense que le "big is beautiful" et de comparer la ville de Caen à un chihuahua (sic!) alors qu'on y trouve tout de même, le GANIL qui n'a pas encore déménagé sur le plateau de Saclay par le CEA en raison de la querelle entre l'université de Paris VIII et les grandes écoles qui bloquent le projet de super campus du Grand Paris, preuve supplémentaire, s'il en est, que l'hyper concentration grand-parisienne crée une complexité institutionnelle telle qu'elle bloque projets et financements...

chihuahua_6907

D'après Laurent Davezies, Caen est un chihuahua dans la mondialisation... Justement ! Le "big is beautiful" c'est "hasbeen" désormais !

Quand le moment fut enfin arrivé de laisser la parole à l'auditoire, j'ai, bien entendu, pris le micro pour faire remarquer à Monsieur Saint Etienne que sa fameuse 3ème révolution industrielle risque d'être encore plus instable quand il faudra, dans l'urgence, s'adapter aux premières grandes conséquences d'un changement climatique prévu à + 3 °C après 2100. Et de dire que la région d'Alphonse Allais qui met ses villes à la campagne (une ville de 10000 habitants tous les 30 km) qui dispose d'une possible métropole en réseau d'agglomérations de taille humaine semble, a priori, plus résiliente et plus préparée aux défis climatiques qu'une mégalopole devenue invivable pour ceux qui ne sont pas des millionnaires, congestionnée 4 heures par jour avec un prix du mètre carré qui grimple à  plus de 10000 euros dans certains arrondissements parisiens...

Le modèle dominant de l'hyper-concentration et de l'hyper densité métropolitaine qui concentre tous les pouvoirs, toutes les fonctions, toutes les richesses, qui décide de tout pous tous depuis des bureaux lointains est condamné: tant qu'on n'aura pas massivement électrifié le parc automobile ou instaurer la gratuité des transports en commun ou sérieusement encadré la spéculation foncière et immobilière qui empêche de réinstaller de l'agriculture urbaine ou de recréer de la mixité sociale et économique, le modèle hyper-métropolitain n'est pas écologiquement soutenable.

index

Face à l'autoritarisme d'Emmanuel Macron, le départementaliste Jean-Léonce Dupont a défendu avec conviction le projet girondin normand...

Le moment est donc venu d'expérimenter des alternatives, notamment l'alternative girondine normande qui consiste à nous laisser faire là où nous sommes selon le vieux principe de "subsidiarité" rappelé à juste titre par Jean-Léonce Dupont, le président du Calvados, dans une intervention très girondine dénonçant le coup de rabot jacobin dans les finances de collectivités territoriales qui n'ont plus aucune souveraineté vis-à-vis de l'Etat central parisien.

Répondant au sujet de l'enjeu présenté par Christian Saint Etienne de créer une "euro-région Normandie Ile de France autour de l'Axe Seine", nous avons dit: "Oui. Mais il va falloir partager le pouvoir". Cet enjeu majeur qui est celui de la connexion de la France à l'économie maritime mondiale (dont chaque porte-conteneur géant polluerait autant dans un seul voyage entre la Chine et l'Europe qu'un million d'automobiles...) est situé en Normandie. C'est aux acteurs Normands de l'économie maritime et de la logistique de piloter cet enjeu: Hervé Morin espère bien en convaincre un ancien maire du Havre devenu Premier ministre dans un hôtel particulier parisien...

La veille, Hervé Morin avait déjà annoncé la couleur à l'occasion d'un grand entretien accordé au quotidien Paris-Normandie (1er septembre 2017):

moment_girondin_1

moment_girondin_2

moment girondin 3

moment girondin 4

moment girondin 5


 Commentaires et feuille de route normande proposés par Florestan:

Le "big is beautiful" c'est fini ! Le "small is beautiful" plus socialement et plus écologiquement résilient, robuste, c'est l'avenir. Face au défi du changement climatique mais face à une révolution économique aussi radicale qu'inédite, le retour aux échelles humaines maîtrisées, à des activités respectueuses de la "juste mesure" est l'une des grandes conditions pour garantir l'avenir de l'humanité sur une Terre qui peut se passer de nous...

L'avenir n'est donc plus à l'accumulation de toujours plus de matières, d'énergies, de ressources, d'informations, de richesses et de pouvoirs en un lieu central unique hyper-urbanisé mais à de grands réseaux irriguant chaque territoire dans le respect du génie des lieux et des populations. L'avenir est  à la relocalisation, le retour à l'authenticité, à la qualité, au luxe, à la fusion des savoirs ancestraux avec la modernité numérique...

Le modèle hyper-urbain du Grand Paris renvoie finalement à l'ancien monde. La Normandie d'une métropole "jardin" en réseau régional de villes... sous le nez du Grand Paris c'est déjà l'avenir: les gens talentueux et ambitieux souvent montés de la Province à Paris qui sont, de plus en plus nombreux, à déplorer la baisse de la qualité de vie dans la région parisienne sont aussi de plus en plus nombreux à se dire qu'ils peuvent faire ce qu'ils font déjà à Paris depuis un petit village normand ou depuis Caen, Rouen ou Le Havre grâce au réseau numérique: Michel Onfray, philosophe médiatique sur la place de Paris vit et travaille la plupart du temps à Caen ou à Chambois dans l'Orne.

C'est la raison pour laquelle la région Normandie veut s'assurer de la meilleure couverture numérique de l'ensemble de ses territoires en 4G à l'horizon 2022 en investissant massivement aux côtés des cinq départements normands.

Cependant, la prise de conscience chez les grands élus régionaux que la géographie urbaine normande par sa distribution très équilibrée sur le territoire est LA CHANCE MAJEURE de la Normandie dans la 3ème révolution industrielle du XXIe siècle, tarde à venir:

Il ne devrait y avoir qu'un seul pôle métropolitain commun aux agglos de Caen, Rouen et Le Havre au lieu des trois pôles actuels.

La métropole de Rouen tarde à se réveiller: le réveil rouennais est pourtant déterminant pour la suite du réveil normand. Il faudrait pour cela que le maire de Rouen soit, enfin, le président de sa métropole. Que les élus métropolitains soient élus au suffrage universel. Il faudrait que le périmètre institutionnel de la métropole coincide avec le territoire réel de la métropole: certaines communes de l'aire métropolitaine rouennaise devraient fusionner et il ne serait pas idiot de fusionner périmètres et compétences entre la métropole de Rouen et le département de la Seine Maritime sur le territoire concerné.

On sait que Rouen revient de très très loin: de Louis XV aux années 1970 c'est la plus grande dégringolade urbaine de France ! L'ancienne seconde ville de France défigurée après la Guerre devenue une banlieue banale et lointaine de la région parisienne dans les années 1970 est complètement passée à côté du moment de la métropolisation régionale des années 1980 - 2000 qui a réveillé des villes comme Lille, Nantes, Rennes, Bordeaux, Toulouse ou Lyon. L'aire urbaine de Rouen compte parmi celles qui ont le plus perdu en emplois et en richesses ces quinze dernières années: le bilan de la "Fabiusie" cumulé au passif de la division normande est CALAMITEUX !

Il faut donc achever le désenclavement de Rouen (doter l'agglomération d'un vrai périphérique pour la traversée de la Seine et connecter Rouen sur le barreau autoroutier européen Amiens- Orléans qui reste inachevé depuis plus de 40 ans)

Il faut "normandiser" Rouen en l'associant davantage à ce qui se passe du côté du Havre et de Caen pour sortir notre métropole normande du couloir séquanien qui obnubile les têtes dirigeantes rouennaises dans une vision de soumission sans imagination à la région parisienne sous prétexte d'en saisir les opportunités du fait que Rouen c'est près de PARIS alors qu'il faudrait dire l'inverse: Paris c'est près de ROUEN où l'on trouve une qualité de vie qu'on ne trouve plus à Paris !

Il faut donc changer la culture urbaine de Rouen sinon la reconstruire: il faut que les Rouennais se normandisent après avoir été soumis tant d'années durant à une banlieusardisation rampante. Pour que Rouen ne soit pas qu'une seconde Mantes La Jolie qui se prépare d'ores et déjà à recevoir la majeure part de la déconcentration d'une partie du CBD du quartier de la Défense-Nanterre avec l'arrivée d'EOLE en 2023, il faut plus de Caennais à Rouen et plus de Rouennais à Caen...

Il faut donc créer les conditions concrètes, quotidiennes, d'une TRIPOLITAINE normande Caen, Rouen Le Havre.

Comme la SNCF sera entièrement "normandisée" à partir de 2020, il faut créer un RER NORMAND Caen/ Rouen, Rouen/ Le Havre et Caen-Rouen/ Le Havre avec 40 aller-retours quotidiens entre les trois villes et avec une heure de trajet maximum: ce RER doit se connecter avec la LNPN dans un nouveau modèle ferroviaire en France qui rompt avec celui du TGV trop coûteux en voulant concurrencer les lignes aériennes intérieures.

Ce modèle ferroviaire normand c'est celui de la GVP, à savoir la "grande vitesse de proximité" à 260 km/h pour desservir un réseau régional de villes et qui donne envie de laisser sa voiture au parking ou au garage.

Dans cette optique puisqu'au prochain comité de pilotage (octobre 2017) les grands fuseaux de passage de la future LNPN vont être définitivement définis, l'idéal serait que le passage ferroviaire sous-fluvial de la Seine se fasse dans l'estuaire afin de réouvrir une ligne ferroviaire directe entre Le Havre, Caen et un sillon de fret vers l'Espagne: un tunnel par caissons immergés posés au fond de l'estuaire de la Seine coûterait SIX FOIS MOINS CHER que de forer un tunnel ferroviaire profond de près de 7km entre la future gare rive gauche de Saint Sever et le plateau de Caux du côté de Maromme déjà très encombré et entaillé par des infrastructures déjà existantes (lignes THT, autoroutes et voie ferrée actuelle Rouen-Yvetot- Le Havre).

Il faudra aussi lutter politiquement pour obtenir des décentralisations importantes pour Rouen, Le Havre et Caen dans le cadre de l'alternative girondine proposée par Hervé Morin: le président de région doit avoir, impérativement, le soutien ferme et résolu des trois présidents d'agglo de Caen, Rouen et Le Havre pour aller au combat !

Le Havre doit obtenir la direction réelle et concrète de son grand port maritime: HAROPA c'est en Normandie. Pas à Paris. De même la gestion logistique des marchandises doit se faire au Havre au lieu de voir des milliers de camions filer vers Orléans ou GARONOR où les conteneurs sont "dépotés" au lieu de l'être dans un entrepôt havrais ou de l'Axe Seine normand !

Caen doit affirmer son statut TECHNOPOLITAIN normand et se battre pour empêcher le transfert de la direction du GANIL à Saclay !

L'académie de Caen va donc enfin retrouver son ancienne splendeur pour coincider, à nouveau, avec la Normandie comme avant 1960:

https://www.ac-caen.fr/academie/recteur/historique-des-recteurs/

On s'inquiète cependant que la méthode jacobine brutale éjectant sans ménagement la dernière rectrice rouennaise qui avait fait elle-même preuve d'une certaine brutalité à l'encontre des personnels et parents d'élèves de la ci-devant académie de Rouen (voir le lien suivant: http://normandie.canalblog.com/archives/2017/06/03/35349247.html) ne brutalise à son tour la bonne nouvelle du retour à une académie normande unique:

http://www.paris-normandie.fr/actualites/societe/education/les-academies-de-caen-et-rouen-dirigees-par-un-seul-et-unique-recteur-KC10749425

Education. A Rouen, la rentrée se fait sans recteur après l’éviction de Nicole Ménager. Recteur de Caen, et «super recteur» normand, Denis Rolland, attendrait sa nomination.

image_content_22595583_20170831184828

C’est du jamais vu dans l’académie de Rouen et sans doute dans le monde de l’éducation en France. La rentrée scolaire 2017-2018 se fait sans recteur dans l’Eure et la Seine-Maritime après le départ de Nicole Ménager. Une éviction sans ménagement pour cette rectrice et qui aura tenu un peu moins de deux ans à ce premier poste : un coup de fil du cabinet du ministre le lundi 3 juillet lui annonçant son départ et lui interdisant de se rendre à une réunion deux jours plus tard, la confirmation au conseil des ministres le mercredi 5 juillet et un mail d’adieu à ses collaborateurs et partenaires le jeudi.

Une expérimentation

Docteur en linguistique générale, Nicole Ménager est retournée à l’université de Rennes, son poste précédent. Aucun motif n’a été officiellement donné sur les raisons de son départ. En « off », il se murmure que l’ancien maire du Havre, Édouard Philippe, ne l’appréciait guère, ainsi que l’ancien président du conseil départemental de l’Eure, Sébastien Lecornu avec lequel elle s’était affrontée autour de l’annonce de la fermeture de collèges. Le premier est devenu... Premier ministre ; le second secrétaire d’État d’un gouvernement à la couleur politique bien différente du précédent.

Hier matin, lors d’une conférence de presse sur la rentrée scolaire au Rectorat de Rouen la question a été posée. « Nous attendons une nomination... » a soufflé Mostefa Fliou, le secrétaire général et plus haute autorité de l’Académie. Il a rappelé qu’en « l’état actuel, les deux académies existent (N.D.L.R. : depuis le décret de 2015 sur la fusion des régions) avec une région académique. La nouvelle politique ministérielle tend vers une coopération de plus en plus renforcée sur des sujets que le ministre nous indiquera... » Et de citer en exemples, deux services communs aux académies mis en place depuis la fusion : le service interacadémique à l’enseignement supérieur et la délégation interacadémique à la formation professionnelle et continue.

Mais ce que ne dit pas le secrétaire général de l’académie de Rouen, c’est que le ministère veut aller plus loin et tenter une première expérience en Normandie avec un seul recteur pour deux académies. Le sujet a été évoqué lors d’une réunion nationale des recteurs il y a quelques semaines en présence du ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer, puis confirmé au niveau académique à Rouen lors de la réunion de rentrée des chefs d’établissements en début de semaine. Et hier, une nouvelle rencontre a eu lieu à Paris au ministère avec les syndicats. “ Nous rentrons dans une expérimentation - un recteur pour deux académies - qui sera suivie par l’Inspection générale et le conseil d’Etat. Selon les conclusions, il pourrait y avoir une généralisation à la France entière”, a-t-on appris dans la soirée de sources syndicales.

La nomination de Denis Rolland, aujourd’hui recteur de l’académie de Caen, « super recteur » de la région académique Normandie et chancelier des universités, ne fait plus aucun doute.

Des inquiétudes

Cette annonce - une première en France - va faire du bruit. Tant chez les enseignants que les personnels administratifs ou les parents d’élèves.

« C’est inédit, c’est étrange », commentait hier Thierry Patinaux, secrétaire régional SE-Unsa lors d’un point presse. « On ne peut que se diriger vers une fusion mais beaucoup de questions sont sans réponses alors que le ministre Blanquer est omniprésent et multiplie les annonces... Un recteur doit être présent à tous les comités académiques, comment va-t-il multiplier par deux sa présence ? Ce sera qui l’interlocuteur ? » s’interroge-t-il. « Il y a deux ans l’académie était déjà prête à fusionner mais cela ne s’est pas fait. On sait que les choses vont bouger mais nous n’avions pas besoin de cela, l’académie de Rouen n’est pas scolairement brillante. Et puis, si fusion il y a, il faudra anticiper. Le rectorat à Caen c’est 200 personnes, mais la masse administrative est à Rouen avec 450 agents. C’est la méthode qui inquiète. »


Une fois de plus, il va falloir faire preuve de pédagogie normande pour extirper des cervelles ce qui y a été profondément enfoncé par des dizaines d'années de tyrannie jacobine: un petit Paris de province n'est pas utile à notre bonheur normand. Le recteur et son cabinet seront à Caen tout comme le préfet de région et son cabinet sont à Rouen. Il faudra réorganiser les services rectoraux dans une logique d'équilibre normand et de proximité: des fonctionnaires rouennais vont venir à Caen et des fonctionnaires caennais vont venir à Rouen.

une-bombe-de-la-seconde-guerre-mondiale-au-mans

A l'instar d'une grosse bombe de la Seconde Guerre mondiale retrouvée 70 ans après dans les terrassements d'un chantier du futur, le bilan de la division normande nous explose à la figure: il va falloir "pétarder" au plus vite ce nouveau clochemerle pour se concentrer sur la reconstruction de notre région. L'effondrement scolaire faute d'ambition suffisante pour la jeunesse normande en Normandie ces quarante dernières années en raison de la division régionale et de la proximité avec la région parisienne est le problème le plus grave dans le passif de la division normande tout comme la mauvaise qualité ou l'inadaptation de la formation professionnelle proposée dans les bassins d'emplois normands:

La réunification de la Normandie c'est d'abord fait pour que les jeunes Normands aient la possibilité d'avoir leur avenir en Normandie !