La Normandie de par sa géographie devrait être LA région française du réseau, à commencer par la présence d'un réseau urbain très dense qui maille quasi totalement le territoire régional: une ville de 10000 habitants tous les trente kilomètres et trois grandes agglomérations urbaines au lieu de n'en avoir qu'une seule.

Par le réseau, la Normandie permet les complémentarités, les transitions, les nuances, d'un pays à l'autre, d'un bassin de vie ou d'emploi à d'autres. Le réseau tient la mosaïque normande quand bien même la spécialisation autour d'une micro-centralisation demi-régionale tant à Caen qu'à Rouen décidée en 1960 par l'état central parisien a altéré cette belle géographie régionale.

La réunification a enfin recollé les morceaux et l'idée de réseaux normands devient l'évidence même: certes, la division normande nous a fait perdre du temps dans l'équipement des réseaux normands en matière d'infrastructures de transport. (le désenclavement normand n'est toujours pas achevé). En revanche, la numérisation et la digitalisation de ce réseau urbain normand, pensée à l'échelle pertinente par la région Normandie est la grande opportunité historique pour le XXIème: revitaliser les réseaux normands grâce au numérique qui permet la rencontre entre vieilles et nouvelles industries, entre traditions et innovations.

Face, ou plutôt, à proximité de la centralité massive de la région parisienne, la Normandie, un réseau régional de villes à la campagne ou à la mer va pouvoir proposer de solides avantages comparatifs.

Mais pour améliorer le fonctionnement du réseau normand après plus de quarante années de paralysie et de stérilisation localiste dans la division, de gros investissements seront nécessaires...

Lire le point de vue éclairé sur cette question proposé par le géographe rouennais Arnaud Brennetot (membre du collectif des quinze géographes universitaires normands) dans l'édition caennaise de Ouest-France (02/10/17)

A Brennetot