L'Etoile de Normandie soutient totalement les élus normands du département de l'Eure, à commencer par Guy Lefrand le maire d'Evreux qui s'opposent à une suppression de la taxe d'habitation dont on ne sait comment elle sera compensé financièrement par un Etat central jacobin impécunieux, qui fragilise la continuité des services publics au niveau le plus local et le plus concret et qui détruit le principe même de notre République, à savoir, le consentement à l'impôt.

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Évreux, hier après-midi. « Nous bâtissons symboliquement ce mur contre la technocratie de plus en plus grande et pour protéger la démocratie locale », expliquait le maire (LR) Guy Lefrand

Écharpes tricolores des grands jours, soleil généreux et pancartes « L’État m’a tuée » réalisées spécialement : hier devant l’hôtel de ville d’Évreux, le maire (LR) de la capitale de l’EureGuy Lefrand et l’association des maires et élus de l’Eure, se retrouvaient pour manifester contre la disparition d’une grande partie des recettes générées par la taxe d’habitation ainsi que la baisse des dotations de l’État - lire également p. 19.

« Emmanuel Macron se trompe »

« Nous sommes 200 élus - ils étaient plutôt 150, l’Eure compte 604 communes, Ndlr -, les communes sont en danger, nous sommes la République, le peuple a plus de bon sens que les technocrates », haranguait Guy Lefrand. Lequel a, comme plusieurs communes de l’Eure, fait fermer ses services municipaux en signe de protestation - lire nos précédentes éditions.

« Si l’État veut supprimer les services publics en supprimant les impôts que perçoivent les collectivités, qu’il le dise », s’emportait Guy Lefrand. Applaudissements nourris parmi les élus, essentiellement ruraux, alors que le conseil municipal d’Évreux était loin d’être au complet...

Soutenu par la sénatrice (LR) Nicole Duranton, le sénateur (UDI) Hervé Maurey, Jean-Paul Legendre (LR), président de l’union des maires et élus de l’Eure et vice-président du Département - on comptait peu d’élus départementaux - Guy Lefrand a été rejoint sur le perron de l’hôtel de ville par le président (UDI) de la Région Normandie, l’Eurois Hervé Morin.

L’ancien maire d’Épaignes, qui lui aussi s’est retrouvé sous les feux des caméras des chaînes en continue, s’est adressé au président de la République. « Emmanuel Macron se trompe, il ne pourra pas refonder et transformer le pays seul depuis l’Élysée mais avec les collectivités locales et l’État. Continuons le combat ! », a-t-il lancé devant le mur érigé symboliquement contre « la technocratie et pour protéger la démocratie locale », clamait Guy Lefrand.

Très loin de faire l’unanimité...

Le coup de menton du maire d’Évreux et de l’Union des maires et des élus de l’Eure n’a pas été apprécié par tous les élus du département.
Ainsi, plusieurs communes de taille respectable n’ont pas fermé leurs services publics, à l’image de Bernay, Vernon, Gisors et Conches-en-Ouche. Une rebuffade qui dépasse à la marge les lignes politiques. Évreux, Vernon et Gisors sont dirigées par des maires LR (certes très proches de l’attelage Bruno Le Maire et Sébastien Lecornu) et Conches-en-Ouche par un maire LREM-PS.
Si les communistes de l’Eure cautionnent le coup de gueule et ont fermé boutique (à Alizay ou encore Brionne), pas question de figurer sur la photo de famille : « Nous ne participons pas au rassemblement à l’appel de l’Union des maires de l’Eure. Nous ne sommes pas dans l’hypocrisie de ceux qui disent ‘oui’ nationalement à l’austérité, en soutenant des candidats et des programmes libéraux et qui localement, en dénoncent les répercussions », explique Anthony Auger, président de l’association des élus communistes et républicains de l’Eure et conseiller municipal de Gisors. Pour autant, le maire communiste de Brionne, Valéry Beuriot, avait fait le déplacement hier : « Nous avons tous à cœur de défendre les intérêts de nos citoyens », expliquait-il.
Le coup d’éclat d’hier revêt pour quelques élus un caractère politicien.
Et à droite, la fracture se fait jour. Sébastien Lecornu, secrétaire d’État (LR-macroniste), conseiller municipal, communautaire et départemental, parle carrément de « dérive politicienne. » Et l’homme fort de la droite euroise d’enfoncer le clou hier matin sur France Bleu Normandie : « Je ne comprends pas cette dérive. Il ne faut pas pleurer avant d’avoir mal. Pour la première fois, les dotations de l’État aux collectivités ne vont pas diminuer », explique le benjamin du gouvernement.Et de reprocher (sans le nommer) à son ami politique Guy Lefrand « de raconter n’importe quoi, peut-être pour masquer des problèmes de gestion de finances communales ».
Quand bien même, Sébastien Lecornu reconnaît que « l’héritage de l’ancien maire Michel Champredon est lourd, la taxe d’habitation sera compensée à l’euro près. Il ne manquera donc pas 10 M€ au maire d’Évreux. S’il veut privatiser des services, c’est son choix. Mais pour quelle raison ? Et pourquoi vouloir augmenter des tarifs alors qu’il disposera du même budget ? ».
Les cinq députés LREM de l’Eure dénoncent aussi une connotation politicienne tandis que du côté du PS, favorable à la disparition de la taxe d’habitation « inégalitaire » et à la création d’un nouvel impôt pour la remplacer « plutôt que par des dotations de l’État », Timour Veyri se montre caustique : « Guy Lefrand était le président du comité de soutien de Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances qui portait la suppression de la taxe d’habitation. La droite locale a donc lancé une vaste opération de communication pour se dédouaner des choix qu’elle a elle-même initié. » Là aussi, la Gauche rassemblée que le conseiller municipal d’Évreux incarne, a tourné le dos aux élus en colère.
Le FN n’était pas en reste : « Le Front National est opposé à la suppression de la taxe d’habitation et aux baisses des dotations de l’État. Mais, poursuit le secrétaire départemental du FN, Timothée Houssin, nous regrettons l’action de M. Lefrand qui prend en otage les citoyens, déjà premières victimes des baisses des dotations. » Et le jeune frontiste de parler « d’une tentative de récupération de cet élu qui a soutenu sans réserve Emmanuel Macron et ses candidats aux législatives. » Résultat : pas de FN dans la manif.
Commentaire de Florestan:
Une fois encore, les Normands montrent leur attachement profond à l'état de droit, au respect de la loi et des principes les plus fondamentaux de notre République: le gouvernement du Gribouille néo-jacobin Macron devrait se méfier. La révolte normande n'est peut-être pas bruyante et violente comme tant d'autres (Bonnets rouges bretons, blocages des routiers) mais elle pourrait être plus dangereuse car elle pourrait porter sur l'idée très politique et très essentielle de la défense de nos principes constitutionnels.
Monsieur MACRON doit venir voir le lait normand sur le feu le 11 octobre 2017 à l'invitation du ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert pour voir l'usine des Maîtres Laitiers du Cotentin de Méautis qui fabrique le lait en poudre pour les bébés chinois.
Il serait judicieux d'organiser un COMITE D'ACCUEIL NORMAND pour rappeler à Macronaparte 1er que la Normandie a envie d'exister encore au XXIème siècle et que s'il y a "Nordisation" du Canal Seine Nord il faut exiger la "NORMANDISATION" de l'Axe Seine normand!
... Inutile ! Il ne viendra pas !
En revanche, Edouard Philippe comptait venir à Nantes le vendredi 6 octobre 2017 au congrès de l'Assemblée des communautés intercommunales de France (Ad CF):

Collectivités territoriales

Le résultat?

A lire, ci-dessous, dans la Gazette des communes où l'on voit que le mot "girondin" devient un élément de langage d'un gouvernement jacobin aux abois... On verra aussi que la question très complexe de l'organisation et du financement de la gestion du risque d'inondation dans les bassins versants des rivières et des fleuves (GEMAPI) était au menu des discussions: un sujet que l'ancien maire du Havre connaît très bien.

http://www.lagazettedescommunes.com/527963/edouard-philippe-en-operation-deminage/

Devant l’ADCF, Edouard Philippe en opération déminage

Publié le 06/10/2017 • Par Jean-Baptiste Forray 

Philippe v.3

Edouard Philippe devant l’Assemblée des communautés de France réunie en convention ce 6 octobre à Nantes.

Le Premier ministre a confirmé des assouplissements sur le transfert des compétences eau, assainissement et Gémapi. Il a également ouvert la voie à un système de bonus-malus dans l’octroi des dotations d’Etat. Mais pour l’ADCF qui dénonce les coupes étatiques dans les secteurs de l’eau et du logement, le « pacte girondin » cher au Premier ministre reste à construire.

Changement d’air pour Edouard Philippe. Fraîchement accueilli la semaine dernière à Orléans lors du congrès de Régions de France, le Premier ministre a été, à l’issue de son allocution du 6 octobre 2017, longuement applaudi par les adhérents de l’Assemblée des communautés de France réunis en convention à Nantes. Devant les bons élèves de la classe des élus locaux, le Premier ministre a multiplié les professions de foi intercommunales.

Pour l’ancien patron de la communauté de l’agglomération havraise, les EPCI à fiscalité propre sont définitivement la bonne « maille » pour mener des politiques en matière d’aménagement du territoire, de mobilité, de logement… Elles sont l’une des expressions de « la décentralisation assumée, agile et intelligente » qu’il appelle de ses vœux.

Assouplissements et « clarifications »

Dans le droit fil de l’intervention 24 heures plus tôt, de la ministre auprès du ministre de l’Intérieur Jacqueline Gourault (Modem), le chef du Gouvernement ouvre la porte à des assouplissements à la loi « NOTRe ». Il confirme la mise en place d’une concertation sur le transfert de la compétence « Eau et assainissement » à l’ensemble des intercommunalités. Un groupe de travail sera créé en ce sens, piloté par Jacqueline Gourault dans le cadre de la Conférence nationale des territoires.

Objectif, selon la ministre: éviter que ce secteur ne finisse dans l’escarcelle « des grands groupes financiers ». Il faudra avoir les reins solides pour assumer cette compétence. « Le réseau d’adduction d’eau date souvent des années 1970 et nécessite des travaux », rappelle d’ailleurs Edouard Philippe.

S’il se montre prêt à discuter de certaines modalités du transfert aux intercommunalités, le Gouvernement n’entend pas rendre cette opération optionnelle. Une proposition de loi, destinée à remettre en cause le caractère obligatoire de cette attribution aux EPCI à fiscalité propre, est portée au Sénat par le président du groupe LR, Bruno Retailleau. La chambre haute l’a votée, mais au grand contentement de l’ADCF, la commission des lois de l’Assemblée nationale vient de le rejeter. Conséquence : elle ne sera même pas examinée dans l’hémicycle.

Par ailleurs, le Premier ministre annonce un « certain nombre de  clarifications » sur le transfert de la compétence  « Gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations » (GEMAPI) au bloc commune-intercommunalités. Jacqueline Gourault, toujours elle, avait précisé, le 5 octobre devant la convention de  l’ADCF, que le Gouvernement entendait « légiférer sur les modalités de mise en œuvre, la maîtrise d’ouvrage et le financement » de la Gémapi.

Depuis l’orée de la réforme territoriale, ce chantier titanesque, d’une complexité abyssale, cause des sueurs froides aux édiles. L’Assemblée des communautés de France souhaite que l’essentiel de ce transfert, qui débutera au 1er janvier 2018, se déroule au 1er janvier 2020.

But de la manoeuvre : mieux définir les contours des interventions des établissements publics territoriaux de bassin auxquels communes et intercommunalités subdélègueront une partie de la compétence Gemapi. Il s’agit embrasser des périmètres plus larges que le bloc local, mieux taillés pour la gestion des cours d’eau. L’ADCF veut aussi garantir le financement de ces politiques. Elle souhaite, enfin, faire en sorte que les départements, qui ne seront pas maîtres d’ouvrage sur les interventions liées au littoral et aux grands fleuves, mettent la main à la poche.

Une proposition de loi révisant l’architecture de la Gémapi sans remettre en cause les premiers transferts au 1er janvier 2018, est en préparation. Elle pourrait être portée à l’Assemblée nationale par le président du groupe MoDem Marc Fesneau, qui possède la vertu d’être à la fois un ancien dirigeant de l’ADCF et un proche de Jacqueline Gourault.