Le CESER, c'est à dire, le Conseil Economique Social et Environnemental Régional, à quoi sert-il?

Sur l'Etoile de Normandie on dira que cela ne sert pas à grand chose surtout ces derniers temps...

On dira aussi, histoire de rester positif, que ça sert à obliger des "conseillers" souvent arrivés premiers dans un concours de circonstances pour représenter les corps constitués et institutions de la société civile régionale, à réfléchir à une idée pour laquelle ils n'avaient souvent aucun intérêt avant de siéger au CESER avec les émoluments afférents.

Cette idée, qui ne va pas de soi, surtout dans un CESER c'est l'idée régionale et c'est tout le paradoxe d'un conseiller au CESER que d'être obligé par son statut à imaginer le présent et l'avenir d'une Normandie dont il se contrefiche comme de sa dernière guigne.

Bref ! Autant demander à une assemblée de végétariens d'avoir une idée sur l'art de bien rôtir une belle pièce de boeuf... Même si pour les plus intelligents, il peut être utile et stimulant d'être payé et sollicité pour avoir quelques pensées pour des réalités qui ne méritent pas tant d'égard !

C'est là le grand paradoxe du CESER:

Celui d'ouvrir grandes les portes à la réflexion et à la prospective régionales à des gens qui se contrefichent de l'idée de région, voire qui s'y opposent par idéologie et de les maintenir fermées à toute personne qualifiée ou aux associations, groupes, organisations et institutions de la société civile régionale qui ont l'intérêt régional normand comme objet d'étude spécifique ou raison sociale.

Si le projet régional manque de consistance, tant par l'histoire que par la géographie (il suffit de voir ce qui se passe ou plutôt ce qui ne se passe pas dans les grands machins néo-régionaux issus de la calamiteuse réforme territoriale de 2014), le CESER consiste à donner des perles aux cochons.

Cette formule quelque peu désobligeante pour le conseiller lambda dans un CESER de province prévaut, hélas, tout particulièrement dans le cas normand. Car la Normandie, contrairement à la pseudo région "Grand Est", présente quelques preuves indéniables de son existence ou de son intérêt pour éveiller la curiosité du plus endormi.

Or, on peine à établir un bilan un tant soit peu convaincant des activités "normandes" du CESER dit de "Normandie" présidé par Jean-Luc Léger depuis le retour historique à l'unité normande. Au point que le président de région, Hervé MORIN, semble se passer des avis et réflexions de cette assemblée consultative pour affirmer, sur les dossiers les plus stratégiques et les plus essentiels pour l'avenir de la Normandie, des positions et des analyses spécifiquement normandes que cette assemblée pléthorique plus jacobine que régionale dans son esprit, serait, dans son état actuel, incapable de formuler et d'assumer...

Le CESER ne sert à rien car le CESER est plutôt... léger sur la Normandie.

La preuve par la symbolique des logos...

Le nouveau logo du CESER de Normandie est bien palichon et a oublié un léopard en cours de route... (Un seul léopard, c'est bon pour la Guyenne ou l'Aquitaine. Pour la Normandie, il en faut au moins... deux !)

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Il ne soutient guère la comparaison avec le logo de la région...

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Puisqu'il est question, ces temps-ci, de réformer enfin ce machin placé au coeur de l'institution régionale depuis qu'elle existe (1972), nous demandons à ce que les organisations, groupes, associations ou institutions de la société civile régionale ayant spécifiquement l'idée régionale pour objet d'étude ou raison sociale soient enfin représentées, à juste mesure, dans le collège des personnalités qualifiées du CESER.


http://www.paris-normandie.fr/accueil/en-normandie-le-conseil-economique-et-social-en-question-LI11087387

En Normandie, le Conseil économique et social en question

«On ne s’adresse pas à M. et Mme Tout le monde » souffle mercredi le président de l’assemblée normande, Jean-Luc Léger. Cela tombe bien ! Car qui connaît, ici et ailleurs, les Conseils économiques, sociaux et environnementaux régionaux (Ceser) ? Pourtant ces instances consultatives sont aussi vieilles que la reconnaissance des régions (1972) et sont censées représenter les « forces vives régionales » de par la diversité de leurs membres : patrons, syndicalistes, associatifs (lire ci-dessous). La société civile, quoi, celle qu’Emmanuel Macron a souhaitée qu’elle soit mieux représentée le 3 juillet dernier devant le Congrès, annonçant vouloir transformer le Cese national en « Forum de notre République », en supprimant au passage un tiers de ses membres. Même s’il n’y a pas de lien direct entre la Parisienne et ces petites sœurs de province dans chaque région, cette volonté réformatrice pourrait faire tache d’huile. Un risque que le président de l’assemblée des Ceser de France, Laurent Degroote (Hauts-de-France), minimise. « Nous avons reçu des félicitations lors de la prise de fonction du Président de la République. Nous, on est dans le concret » se rassure-t-il, alors que Jean-Luc Léger admet lui l’évidence. « Il y a une probabilité pour que cela touche aussi les Ceser. Pourquoi pas, mais il faut d’abord qu’il y ait un débat sur la représentativité, sur les rapports entre la société civile et les élus. Moi, je reste persuadé que la politique a besoin de corps intermédiaires » défend le président normand, membre désigné au titre des associations d’éducation populaire.

Ce vent de défiance souffle aussi sur un terrain particulièrement fragile car peu exposé et donc soumis à tous les fantasmes. Ici, monsieur, tout est dans la litote, outil de tous les consensus : on ne s’oppose pas, on lance sa conclusion sur un prudent « Néanmoins » ; on ne vote pas contre, on « prend acte » d’un projet de politique régionale jugé peu convaincant. De l’eau tiède pour justifier les émoluments de conseillers choisis par leur organisation et qui y consacrent au moins quatre jours par mois contre des émoluments qu’ils lui reversent le plus souvent ?

Non, s’arc-boute Jean-Dominique Wagret, représentant de la filière automobile et président de la commission « Développement économique ». « C’est un lieu d’éclairage absolument unique entre différentes catégories de citoyens qui n’ont pas a priori des intérêts convergents. Ici, on peut tout se dire. » Et là - c’est le petit miracle du Ceser - les syndicalistes lui donnent écho. « Au Ceser, on peut faire avancer nos idées et notre expérience sur les conditions de travail » jauge le secrétaire du Comité régional CGT, Lionel Lerogeron. « On co-construit ensemble, c’est un vrai travail. On n’est pas dans le conflit » surenchérit Christian Delille (CFDT). « C’est une forme de démocratie sociale qui doit fonctionner. Soit on l’écoute, soit on laisse la rue s’exprimer » prévient Christophe Leroy (Unsa), conseiller depuis 2000.

Et même chez les associations environnementales, souvent électrons libres de l’assemblée, le ton est enthousiaste, voire lyrique. « C’est un important regard de la société civile. Là, il n’y a pas d’enjeux de pouvoir, pas d’enjeux d’argent. C’est de la prévention pour mettre de l’huile dans les rouages de la société civile. C’est essentiel pour la démocratie que les gens se parlent » vante Richard Grège (France Nature et Environnement Normandie).

Une méthode qui, à coups d’auditions, de rapports (à l’initiative du Conseil ou de la Région) et d’avis, permettrait à ces acteurs des réalités normandes d’influer sur les politiques régionales et même celles de l’État. Illettrisme, politique portuaire, énergies renouvelables, abattoir du futur, classement des boucles de la Seine, Grand Paris... : les exemples sont allègrement cités. L’ancien président de la Région haut-normande (2013-2015), Nicolas Mayer-Rossignol, confirme : « Dans leur expertise, j’ai trouvé dans les travaux du Ceser des analyses utiles. Mais faut-il encore que le Conseil régional s’en saisisse » juge l’actuel porte-parole de l’opposition régionale socialiste.

Ce que relativise largement Hubert Dejan de la Batie, vice-président de la Région (centriste, maire de Sainte-Adresse). « À partir du moment où vous avez un conseil consultatif et que vous le payez, il faut bien l’utiliser. L’avis qu’il donne, on en fait ce que l’on veut. Est-ce que cela influence nos politiques ? Dans l’ensemble il est rare que le Ceser donne un avis contraire à celui de la Région. Je n’en ai pas souvenir, C’est assez consensuel... ».

Au sein de l’exécutif normand dont l’élu se fait le porte-parole, on ne cache même pas les souhaits de remise en cause de l’assemblée chargée de le conseiller : « Il est évident qu’il faut réformer le Ceser. À partir du moment où il faut simplifier le mille-feuille administratif et faire des économies, il faut regarder aussi du côté du Ceser. Le nombre de ses membres va bientôt diminuer (lire ci-dessous) mais ce n’est pas encore assez. Il n’est pas normal qu’ils soient plus nombreux que les conseillers régionaux (NDLR : 102) Il faut aller plus loin : réduire ses effectifs et clarifier ses missions. »

Emmanuel Macron ira-t-il jusqu’à exaucer ces vœux de rationalisation au nom du principe d’efficacité ? La prochaine séance plénière du Ceser normand a lieu ce jeudi 12 octobre (amphithéâtre de Caen-la-mer). Les débats sont publics...

À l’exemple du Conseil de développement de la Métropole Rouen Normandie, des instances consultatives existent également auprès de certaines assemblées intercommunales.

Composition. Le Ceser compte 156 conseillers répartis en 4 collèges, représentants des entreprises (50), des salariés (50), des associations (50), et personnes qualifiées choisies par le préfet (6).
Indemnités. Les conseillers sont indemnisés à hauteur de 50 % de ce que reçoivent les conseillers régionaux. Soit en Normandie, de 800 € à 1 115 € par mois selon les responsabilités. 2 600 € pour le président.
Budget et effectifs. Le Ceser dispose ici d’un budget propre de 108 000 €, sans compter le coût des indemnités (1,70 M €) et des frais (200 000 €). Et d’un personnel de 11 personnes réparties entre Caen et à Rouen.
Réforme. À partir de janvier 2018, le Ceser ne devrait plus compter que 130 membres, respecter la parité et accueillir obligatoirement deux jeunes de moins de 30 ans.
Commentaire de Florestan:
Il est notoire que Monsieur Léger est proche de Monsieur Mayer-Rossignol et il est encore plus notoire que la régionalisation ou la "normandisation" du CESER de Normandie ne sont pas à l'ordre du jour, tant que l'accès au collège des personnalités qualifiées se fera à la discrétion du... Préfet.
A lire aussi dans la dernière livraison de la Chronique de Normandie (n°509 en date du 9 octobre 2017) on peut prendre connaissance des propositions de réforme du CESER rappelées par Fabienne BUCCIO, la préfète de Normandie.
Confirmation s'il en était encore besoin que le CESER est le joujou régional du jacobinisme de l'Etat central...

10-10-2017 20;25;18